Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je n’appartiens qu’à moi


Publié le 6 mars 2020 par Freesia

A l’heure où le monde s’indigne, s’embrase et ouvre sa gueule, j’ai décidé d’ouvrir la mienne.

Mon rapport au sexe et à mon corps a toujours été un brin conflictuel, presque tabou (mon rapport aux autres aussi d’ailleurs). On ne m’a jamais dit que j’étais jolie, on disait plutôt « heureusement que ton visage est harmonieux »; je n’ai pas honte de mon corps mais il ne convient pas aux standards avec mon solide 46 et mon cul bombé. Ma mère, célibataire, deux petites filles à élever, a toujours eu une parole libre, presque libérée avec nous. J’ai su très tôt pour les règles, pour sa première fois (elle a attendu 19 ans, et une relation avec mon père depuis 8 mois), comment ça fonctionnait mécaniquement, le sexe. En fait, ce qui était tabou, c’était le plaisir, la liberté et le consentement. Ça, on n’en a jamais parlé. Ça n’existait pas. J’ai toujours été quelqu’un de réservée, droite, révoltée devant l’injustice et conciliatrice. Pas de vague, dans d’autres circonstances, ça aurait pu être mon « blaz » pendant longtemps (sans jeu de mots politique bien sûr). C’était ce qu’on attendait de moi.

Crédit photo (creative commons) : This is my url

J’ai vu ma mère se faire violer lorsque j’étais en primaire. J’ai des bribes qui me reviennent mais le cerveau est intelligent, il a obscurcit le plus violent. Je me souviens avoir été en colère. Contre l’homme ? Non, contre ma mère. Je me souviens, du haut de mes 7 ou 8 ans avoir envie de hurler, insulter ma mère de salope et de pute par écrit. Je me souviens qu’elle a trouvé ces écrits. Et plus que tout, je me souviens de sa réaction. Elle n’était pas en colère, non. Elle était désemparée. Désœuvrée. Abattue. Soumise. Elle n’a rien ajouté ce jour-là, elle a juste encaissé. Ce n’était pas de sa faute mais moi, sa propre fille, la chair de sa chair, je la rejetais pour quelque chose qu’elle avait subi.

A 8 ans, les garçons jouaient à soulever les robes, les jupes, les t-shirts. A qui se plaindre ? A ceux qui nous rétorquaient que ce n’était pas grave, que c’était des jeux d’enfants, qu’il fallait vraiment pas s’en faire pour si peu ? Je m’en voulais quand ce garçon, plus jeune que moi, me touchait la poitrine. J’ai fait une bêtise, je me disais.

L’été de mes 11 ans, une proche s’est suicidée. Elle se faisait violer par son père depuis ses 7 ans (elle en avait 16). Elle se faisait violer par les amis de son père qui la « prêtait ». Elle a porté plainte, écrit une lettre. Il n’a rien eu. C’était sa parole contre la sienne. Elle a voulu protégé ses petites sœurs, il en a obtenu la garde. Elle a décidé de partir plutôt que de subir, impuissante. Je n’ai compris certaines de ces remarques qu’après. Je m’en veux encore.

A mon arrivée en sixième, moi, petite fille sage, timide, sensible et introvertie, j’ai dû faire face aux remarques de garçons (curieux comme 20 ans plus tard, je me souviens encore de leurs noms). Je me « doigtais », je « bouffais du foutre ». Je ne savais même pas ce que ça voulait dire, mais je voyais bien leurs réactions. Ce n’était pas « bien ». J’ai déduit le sens des mots accusateurs qui m’ont suivi bien des années mais je ne disais rien. Ça ne servait à rien. A quoi ça aurait servi ? Moi, petite fille timide et introvertie qui n’avait aucune idée qu’on pouvait mettre ses doigts à l’intérieur de soi, et surtout que ce n’était pas grave, que ça faisait du bien.

L’été de mes 15 ans, ma mère me laisse en vacances chez ma tante, qui me donne la liberté d’aller et venir sans me surveiller. J’en ai profité. Il y avait ce garçon. Pendant des jours, on s’est embrassé, caressé. Je l’ai laissé faire. J’avais envie de savoir ce que c’était ce truc dont tout le monde faisait grand cas. J’en ai pleuré. Mais je ne devais rien dire, parce qu’on ne doit pas coucher comme ça, ça ne se fait pas.

Au lycée, moi, jeune fille, timide, réservée, j’ai accusé les brimades, les insultes. J’avais raconté mon été à une seule personne, qui, pour se faire accepter, avait tout répété. J’étais la salope. Mais je ne disais rien. Je recevais de faux SMS sous le nom du garçon en question, on me harcelait. Je voulais qu’on me laisse tranquille avec le sexe. Ce n’était pas pour moi. Et puis, ce n’était pas si bien. A moins que je ne sois frigide ? Ils avaient sûrement raison alors, les autres élèves. J’étais une coincée. D’ailleurs, c’est pour ça que j’étais gênée quand j’ai vu un homme se masturber dans le parc à côté de nous. Ça faisait pourtant rire les autres. Et puis, tous ces garçons sur MSN qui me demandaient des photos, des vidéos pendant que je me touchais ? Comment leur dire que je ne sais pas faire … J’éludais et j’avais honte.

A la fac, loin des autres, proche de la seule qui comptait (ma meilleure amie), j’ai décidé de me réinventer une vie. Ici, on ne me connaissait pas. Alors j’ai fait tomber ma carapace, petit à petit. Je me suis construite une personnalité sociable, enjouée, plus avenante et ouverte. Mon bien-être en dépendait, j’en avais marre de faire tâche. Il y a eu des remarques dans la rue, des quolibets en soirée, même une gifle dans la rue parce que je ne répondais pas, mais ils ne m’atteignaient pas. J’évitais les garçons comme la peste pourtant.

Et il y a eu ce 2 mars. C’était un mardi. Je m’en souviens parce qu’on avait cours jusqu’à 20h avec une amie. Elle voulait aller au cinéma avec d’autres amis mais ne voulait pas se rendre en centre-ville seule. Je l’ai accompagnée. C’est ce qu’on fait entre amies. Elle, mignonne, elle était une cible. Moi, pas forcément apprêtée, un peu grosse, avec mes lunettes et mes converses aux pieds, je n’intéressais pas. C’est pour ça que je l’ai accompagnée. Je n’avais pas d’argent pour aller au cinéma, mais je ne pouvais pas la laisser prendre les transports en commun seule. Tu comprends, on ne sait jamais.

Alors je l’ai accompagnée. Puis, une fois entre de bonnes mains, j’ai refait le trajet jusqu’à ma résidence universitaire. Il était encore tôt, même pas 21h. Je me suis assise dans ce bus. En quelques minutes, celui-ci s’est rempli et un groupe d’hommes s’est placé près de moi. Ils parlaient de moi mais je n’y prêtais pas attention. Je n’y prêtais jamais attention. J’ai senti une main sur mon genoux, je me suis écartée. La main est revenue à la charge et je l’ai repoussée. Et j’ai senti une main sur ma cuisse. Là, j’ai réagi. Je me suis levée et je leur ai dit d’arrêter de me toucher en criant presque. Je me tournais dans le bus à la recherche d’un regard qui aurait pu m’aider. On me regardait, comme si je gênais. Je me suis rassise mais très vite, alors que les commentaires se dégradaient, je me suis enfuie, honteuse. Ce n’était pas mon arrêt. Mais je suis partie, je ferais les 20 minutes de trajet à pied, c’est pas grave. On m’a rattrapé à l’arrêt suivant, suivie et agressée. Oh, je n’ai pas été violée, point de pénis dans mon vagin. Mais des doigts qui s’arrêtaient sur des endroits qu’ils n’auraient jamais dû toucher, ni dans lesquels ils n’auraient jamais dû se faufiler. Je me souviens du bandana, des chaussures qui crissaient. Je me souviens de la poubelle pas loin et de la marche qui me niquait la hanche. Je me souviens de la pression de ses mains et de son parfum. Je me souviens être tombée et avoir abîmé mon leggings au genoux, je me souviens être tétanisée, je me souviens de rien dire. Ne rien pouvoir faire. Il est parti, je suis rentrée. Je me suis déshabillée et je suis restée sous la douche à me brûler la peau jusqu’à trois heures du matin, heure à laquelle j’étais quasi sûre de ne croiser personne jusqu’à ma chambre. Je ne suis pas allée en cours le lendemain. Ni le surlendemain. Je ne pouvais pas. Je tremblais à chaque pas dans le couloir. Je me sentais sale, honteuse. Et abandonnée.

Je ne sais pas comment se sont écoulées les semaines qui ont suivies. A priori, j’ai dû jeter mes vêtements parce que je ne les ai jamais retrouvés. Je faisais la cuisine dans la nuit pour ne croiser personne. Je n’ouvrais pas quand on frappait à ma porte. Je vivais dans le noir. Brisée. Seule.

Au bout de deux semaines, j’ai dû aller faire des courses. Je n’arrivais pas à prendre le bus, c’était trop. Alors j’ai marché. Mais sur le chemin, il y a eu cette effluve « familière » et j’ai vomi sur le trottoir. On m’a insulté de salope bourrée. Je le savais que ce n’était pas vrai mais qu’est-ce que je pouvais dire… J’ai vu qu’un groupe s’approcher de moi. Avec le recul, je suppose que c’était pour m’aider. Mais je me suis enfuie. Seule.

Les mois suivants ont été difficiles, j’étais dans un brouillard. Je devais faire illusion auprès de la famille mais certaines marques ont eu raison de mon silence. Je n’en ai pas parlé à ma mère non, mais elle l’a su. Elle n’a rien dit, seulement reproché de ne pas lui en avoir parlé. Je me suis sentie seule.

Cet été là, j’ai joué à la facilité. Je plaisais à un homme. Je me suis laissée faire. Après tout, mon corps ne m’appartenait plus. A la rentrée suivante, j’en ai rencontré un autre. Puis un autre. Que ce soit des pseudos relations amoureuses, des plans culs ou des coups d’un soir, je me donnais. Ils auraient eu tort de s’en priver. Je ne m’appartenais plus. Je voulais exister. Je faisais illusion. J’étais seule.

Il m’a fallu du temps et de la patience pour réapprendre.

Crédit photo (creative commons) : Ithmus

Depuis, je remarque tout. Les sifflements, les frottements, les attouchements, les mots, les propositions, les insistances.. Les femmes seules. Et je m’insurge. Chaque jour.

Je m’insurge quand je remarque qu’on doit partir d’un café pour qu’on nous laisse tranquille. Je m’insurge quand, alors que je raconte à mon copain qu’un homme a lourdement insisté pour une pipe à 50 balles, ses copains rigolent et se foutent de moi. Je m’insurge quand je remarque que je baisse la tête de honte lorsque des hommes me sifflent ou me klaxonnent. Je m’insurge quand je reçois des photos de parties génitales non demandées. Je m’insurge quand je remarque des comportements prédateurs autour de moi. Je m’insurge quand un homme devient violent parce que je n’ai pas monnaie à lui donner, que « c’est bien connu que les mijaurées comme [moi] dépensent tout en shopping ; mais qu’à la limite, [je] peux payer en baiser ». Je m’insurge quand j’entends mes propres élèves user de propos sexistes. Je m’insurge quand j’entends « j’avais pas trop envie de faire l’amour hier soir, mais tu comprends, il en avait envie, c’est mon mari après tout ». Je m’insurge quand des gens inconnus ou connus te touche sans te demander d’abord, la joue, le bras, les hanches, le ventre (ah, la plaie enceinte). Je m’insurge quand on me rétorque que de toute façon, c’est mon rôle de « faire à manger/m’occuper de mon fils/penser aux RDV/prévoir la semaine/ranger la valise qui traîne dans le salon depuis une semaine » (aucune mention à rayer). Je m’insurge quand je vois qu’on reproche à une jeune fille de 12 ans de porter un jean skinny alors qu’un homme de 45 ans vient de la peloter en pleine rue. Je m’insurge quand on juge une femme sur un avortement. Je m’insurge, quand, de ma propre famille, j’entends des propos totalement idiots, incohérents et sexistes sur mon fils aux cheveux longs ou quand on sexualise une trop jeune fille. Je m’insurge quand je vois une victime se faire traîner dans la boue et l’agresseur soutenu par des centaines voire des milliers de personnes.

Ma vie m’appartient.. Mon corps m’appartient. Pas à toi, l’inconnu.e de l’arrêt de bus, pas à toi membre de la famille qui pense avoir ton mot à dire, pas à toi l’homme qui se colle à moi dans ce tram bondé ou dans ce bar salsa, pas à toi mon mari. Non, il n’appartient qu’à moi.

Alors, justement, j’ouvre ma gueule.

Ça fait dix ans que j’ai compris qu’il fallait ouvrir sa gueule. Mais que même en ouvrant sa gueule, les gens restaient indifférents. Alors quand je vois une gamine, une femme, une mère se faire insulter, se faire violenter, oui, j’ouvre ma gueule, je ne reste plus les bras ballants, j’interviens. Je ne laisse plus une femme seule dans sa détresse. Ce 2 mars m’a détruit mais il m’a aussi appris. Je ne suis pas une pute. Une gamine de 14, 16, même 20 ans peut sembler consentante sans l’être vraiment : elle est tétanisée. Une victime ne l’a JAMAIS mérité. Et ceux qui font ça sont de sacrées ordures. Pas toi. Non, pas toi. Surtout pas toi.

Je suis féministe, non pas parce que c’est la tendance, que c’est de la faute à pas-de-chance, que je suis coincée du cul ou au contraire une libérée du mamelon. Je suis féministe parce que j’y suis obligée. Je suis féministe parce que je me le dois. Vous êtes féministes parce qu’on vous vous le devait.

Battez-vous. Pour vos droits. Pour votre vie. Pour votre corps. Pour vos désirs. Pour votre liberté. Pour ne pas avoir peur de prendre le bus passé 21h.

N’ayez pas peur de vous lever, de hurler. Parlez. Même si ça fait mal. Ne les laissez pas vous déstabiliser. Soyez outrée par ce qui se passe. Ne laissez pas passer ça. Ne laissez surtout pas passer ça.

On ne doit pas se taire. Ensemble, on n’est plus seule. Alors, viens, ouvre ta gueule toi aussi.

PS : Maman, excuse-moi, je ne savais pas.


Commentaires

24   Commentaires Laisser un commentaire ?

Liligreen

Tout mon soutien à toi Freesia. Merci de ne pas te taire. Merci de cet article courageux. À l’occasion de la journée des droits de la femme, certains osent dire que le boulot est fait alors qu’il est si évident par exemple que la rue est un territoire d’hommes… Combien de fois j’ai eu peur et combien de fois j’ai été en colère d’avoir peur…

le 06/03/2020 à 09h11 |

Freesia

Tu mets le doigt sur ce qui est encore plus dérangeant. On a peur, et on a honte d’avoir peur, et on est en colère d’avoir honte d’avoir peur. Alors que pour le coup, rien ne vient de nous…
Merci pour ce commentaire. 💪

le 06/03/2020 à 21h39 |

Rosa Evril

Ton témoignage m’a bouleversée… Merci d’avoir partagé cela avec nous

le 06/03/2020 à 09h15 |

Mme tracteur

Ton message me parle énormément, j’ai été victime également, c’est peut être pour ça.
J’essaye d’ouvrir ma gueule aussi, une autre raison peut être.
Je ne sais pas comment il faudrait réagir pour faire cesser ces comportements inacceptables, le dire haut et fort dès qu’on les voit est déjà une bonne idée, même si c’est très dur.
Pour commencer, je trouve indispensable d’arrêter de dire  »elle s’est fait violer/agresser… »
Non, elle a été.
Elle n’y est pour rien.
Elle s’est brûler en écoutant les pâtes en mettant son bras au dessus de la vapeur, oui, elle ne s’est pas brûler quand quelqu’un a mis une flamme en contact avec sa peau.
C’est pareil. Elle n’y est pour rien, commençons a le faire savoir par les mots.

Merci pour toutes celles pour qui tu l’a ouvert, merci pour toutes celles qui oseront parler, dénoncer, témoigner grâce a toi .
Et courage pour continuer à te reconstruire, j’ai l’impression que c’est sans fin comme travail.

le 06/03/2020 à 09h34 |

Freesia

Effectivement la syntaxe est importante. On est agressée. Elle démontre également du malaise réactionnel qui entoure tout ça. Même moi, je l’utilise parfois alors que je suis alertée des enjeux.
Que faire ? Effectivement en parler est déjà un grand pas. Suffit de voir le fait que les médias parlent du fameux virus à tout bout de champs pour que tout le monde se sente concerné et agisse en conséquence (alors que se laver les mains est par exemple dit et redit depuis… Toujours ?).
Merci pour ce commentaire ❤️💪 beaucoup de force pour la (re)construction.

le 06/03/2020 à 21h45 |

Virg

En te lisant, je mesure la chance d’avoir eu mes parents. J’ai connu quelques situations similaires mais, justement, j’ai toujours ouvert ma gueule comme tu le dis. Le connard qui essaie de profiter de toi quand t’es bourrée, l’exib qui se masturbe devant toi dans une rame de RER, les sifflets, les insultes, les remarques déplacées, l’exib encore qui se montre à toi sur le chemin de l’ecole…. tout ça me parle beaucoup, et décrit une ambiance que je connais bien.
Contrairement à toi, mes parents, mon père surtout m’a donné les armes : ton corps t’appartient, tu feras ce que tu veux de ta vie; un adulte ne doit pas te toucher, les hommes doivent te respecter. Tout ça est dans l’ADN de mon éducation. Quand mon mari dit « tu es à moi » je me hérisse et corrige « non je suis avec toi ». Pour moi, ça fait toute la différence, je choisis d’être avec lui, je ne le subis pas.
Si ta maman nous lit, sachez Madame que vous n’y êtes pour rien. On vous dira certainement que vous auriez dû gérer ce viol et votre fille autrement, lui expliquer mais vous n’étiez tout simplement pas en capacité de le faire.
Freesia, ne t’en veut pas non plus de lui en avoir voulu. Tu as des enfants maintenant, tu sais que c’est une simple réaction de rejet due à la peur de voir son référent, son roc en situation de faiblesse. Quoi ? Mon adulte adoré qui est mon rempart contre le monde se laisse agresser ? Comment pourrait-il me protéger dans ce cas ?
Je suis désolée de lire ce type de témoignage et ça m’énerve aussi. En fait, ça me met HORS DE MOI. Voilà, fallait que ça sorte. Un gros câlin à toutes les deux et merci pour toutes celles qui témoignent, ça aidera d’autres mamans, les futures petites filles à vivre dans un monde où être une femme ne sera pas forcément similaire à vulnérable et open bar.

le 06/03/2020 à 09h36 |

Freesia

Oh ❤️ ton commentaire m’a bouleversé. Je te remercie du fond du cœur pour tes mots.
Du coup, je suis toute perdue dans mes pensées. Mais un gros bravo pour ouvrir ta gueule aussi.

le 06/03/2020 à 21h47 |

Erica Tcharb

Je suis bouleversée par ton témoignage. Et aussi impressionnée par ta force et ta résilience.
J’ai lu que la ligne de défense de l’avocate de Weinstein reposait sur le message suivant aux femmes : vous avez le choix, vous êtes fortes, ne vous mettez pas en position de victime et vous ne serez pas agressées. Ca, ça me met vraiment hors de moi. Tout le monde ne peut pas être fort tous les jours. Et une victime n’est jamais responsable.

le 06/03/2020 à 10h51 |

Freesia

Argh. Ça me débecte.
« Comment ça, tu as été agressée ? Bah alors, fallait peut être y penser avant de prendre le RER à cette heure là ! Comment ça tu avais. Une réunion importante. Nan mais tu penses à ta famille ? Allez, retourne dans ta cuisine, tu verras, tu risques rien »
J’ai tellement des grosses discussions à ce sujet avec certaines personnes de mon entourage… L’impression de vivre en 1950. Eh oh les gars, on se réveille. On a le droit de vote, OK. La contraception : cool (quoique penser à en créer des masculines et à les commercialiser serait pas mal comme idée, non ? Tu sais, pour éviter cette fameuse charge mentale…). Mais alors là liberté de notre corps, malgré la libération sexuelle des années 70, pas sûre que ce soit déjà acquis. On ne demande pas à être supérieure, juste être reconnue pour ce qu’on est : des êtres humains, avec des droits, des competences et qui méritent le respect. Raaaa… De la même manière qu’on milite pour que les hommes ne subissent pas de discrimination parce qu’ils pleurent ou portent du maquillage. Putain mais stop les stéréotypes de genre.
(je ne sais pas si c’est de saison, outre l’affaire P. Et le 8 mars qui approche mais les débats font rage en ce moment !).
Bref, je me suis perdue dans mon commentaire et je ne sais plus où je voulais en venir. Tous les commentaires ont été si bienveillants que je suis toute chamboulée. En tout cas : merci.

le 06/03/2020 à 21h56 |

Freesia

❤️💪

le 09/03/2020 à 11h51 |

Joy

Parce que j’ai connu ce climat oppressant (les sifflements, les remarques, l’ambiance sexiste…) mais sans jamais subir d’acte traumatisant, c’est une grosse claque de lire ton article. Ça contribue encore et encore à me faire ouvrir les yeux sur la place de la femme dans notre société. Aussi enviable paraisse t’elle, il y a tant à faire pour faire disparaître cette différence de considération vis à vis des hommes.

le 06/03/2020 à 12h51 |

Freesia

Exactement 💪

le 06/03/2020 à 21h56 |

Welna

Merci …
OUI ton corps n’appartient qu’à toi. Moi aussi j’ai mis du temps à en prendre conscience, même sans avoir été victime d’agression sexuelle. Mais les réflexions sexuelles (harcèlement ?) dont j’étais l’objet m’ont fait justement devenir cet objet-là …
Merci d’ouvrir ta gueule et de nous ouvrir encore un peu plus les yeux par la même occasion.
<3

le 06/03/2020 à 14h32 |

Freesia

De rien Welna.
C’est pas évident de se construire dans le monde actuel… Tout nous tend à penser qu’on a pas le choix, que c’est comme ça… Je rêve vraiment que mes cousines, ma nièces, toutes les jeunes filles en devenir n’aient jamais à penser ça. On s’appartient.
❤️💪

le 06/03/2020 à 21h59 |

Azu

Fighting spirit !

le 06/03/2020 à 14h54 |

Freesia

(jai la chanson de Carl Douglas « Kung fu fighting » en tête a cause de toi ahah)

Mais oui. On ne se bat pas pour nous, mais pour les générations futures. Let’s fight!

le 06/03/2020 à 22h01 |

Madeleine

le 06/03/2020 à 15h11 |

Vee

Moi aussi ton témoignage me bouleverse, merci d’ouvrir ta gueule en effet, y en a marre de devoir avoir peur de juste sortir, et qu’on dise encore que c’est pas grave ou de notre faute. Plein de <3

le 06/03/2020 à 17h34 |

Freesia

On doit sortir la tête haute, pas les yeux baissés.

Merci pour ce commentaire. Plein de bisous ❤️💪

le 06/03/2020 à 22h02 |

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