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Pourquoi j’ai finalement changé de job


Publié le 15 février 2016 par Miss Chat

Peut-être as-tu lu il y a quelque temps l’article où je te décrivais mon métier de recruteuse ? Je l’avais conclu en disant que je finirais tôt ou tard par changer de job.

Il s’avère que ça a été plutôt « tôt » que « tard », car j’ai changé en décembre 2015 !

Quand on me demande pourquoi, je réponds toujours que c’était pour être plus présente pour ma fille. S’il est vrai que c’est la raison qui m’a réellement décidée à franchir le pas, c’est loin d’être la seule.

J’ai toujours voulu avoir une belle carrière, dont je serais fière. J’avais même choisi mes premières études en fonction de ça (« Je ferai ce que je veux après une école de commerce. ») ! Même après m’être réorientée, je visais toujours le même domaine, et je choisissais tout en fonction de ça : université, options, master, stage…

Mon stage, justement, m’a convaincue que je voulais être recruteuse externe, et j’ai trouvé un job dans ce secteur deux mois seulement après la fin de mes études. C’était une boîte qui semblait prometteuse, avec des collègues géniaux et un boss adorable, qui m’avait engagée malgré le fait que j’étais enceinte. Je venais de me marier, ma vie me paraissait idéale et magnifique (mouais, carrément).

Ça a duré six mois, puis je suis partie en congé maternité, et j’ai eu ma merveilleuse petite fille (je dis ça très objectivement, bien sûr !). C’est en revenant au boulot en juillet 2015 que les problèmes se sont peu à peu accumulés, lentement mais sûrement…

De la difficulté d’être recruteur externe

Je l’ai souligné dans mon article précédent, être recruteur externe dans une agence (ce que je faisais, donc) est un job particulièrement stressant. La pression des résultats est permanente, car nous sommes évidemment les seuls à générer le chiffre d’affaires. La survie de la société dépend donc entièrement de notre travail, surtout dans une petite structure comme la nôtre. C’est une responsabilité difficile à porter, surtout quand on est débutant et qu’on est donc pratiquement inutile les premiers mois.

C’est également un job pour lequel la reconnaissance obtenue est très « aléatoire ». Personnellement, j’ai besoin de savoir que le travail que j’ai effectué a été bien fait. En recrutement, tu places peut-être un candidat sur dix, quinze ou même vingt rencontrés, ce qui veut dire que pour tous les autres, tu as travaillé POUR RIEN. Et évidemment, si ton travail n’a servi à rien, personne ne va te dire qu’il a été bien fait, même si objectivement, tu as fait tout comme il fallait. C’est presque ça le plus difficile : oui, tu as bien bossé, mais c’est comme si ça n’avait jamais existé. Au bout d’un an et demi, je ne supportais plus cette déception.

Beoin quitter travail

Crédits photo (creative commons) : amayaeguizabal

De la difficulté des conditions de travail

Autre charmante conséquence du métier de recruteur externe, j’ai nommé les horaires. Enfin non, justement : un recruteur n’a pas d’horaires. Dans ma boîte en particulier, il ne compte pas ses heures. Littéralement, j’entends. Avec du 9h-19h30 minimum et deux heures de trajet aller-retour par jour, mes journées étaient pour le moins costaudes ! Avant bébé, pas de souci, je m’éclatais dans cette vie de femme active sans enfant. Après bébé… c’est devenu une autre histoire.

Mon patron autrefois si conciliant et prévenant s’est brusquement transformé en dictateur incohérent ! « Tu as fait sept heures supp’ la semaine passée ? C’est normal. » « Tu arrives cinq minutes en retard parce que ta fille est malade ? Ce n’est pas professionnel, tu ne t’impliques pas assez. » Autant te dire que mes demandes répétées pour adapter (je dis bien « adapter », même pas « diminuer ») mes horaires de travail ont été systématiquement refusées.

J’avoue avoir eu énormément de chance en trouvant un job alors que j’étais enceinte (de 3 mois quand j’ai commencé à travailler). Toutefois, ça ne s’est pas fait « sans conditions » : j’étais en fait indépendante (l’équivalent de l’auto-entrepreneur français), avec un contrat de collaboration privilégiée avec la boîte. Ça m’a permis de bosser pendant ma grossesse. Mais depuis le départ, il était convenu que je deviendrais employée à mon retour de maternité, car je ne voulais pas garder le statut d’auto-entrepreneur et l’insécurité qu’il supposait.

Tu me vois venir, évidemment (pourquoi est-ce que moi je ne l’ai pas vu venir, c’est là la question !) : quand je suis rentrée, mon boss a repoussé le précieux sésame de mois en mois, jusqu’à, un jour, me dire carrément que si je ne montrais pas plus d’implication, je ne l’aurais tout simplement pas. Je suis restée bouche bée. Ça faisait des mois qu’il savait que la situation était critique, que ce soit au niveau du contenu de ma fonction ou des horaires, et que ma motivation n’avait donc jamais été aussi basse. Et d’un coup, il me demandait plus ou moins de faire un choix : ma fille ou mon futur chez eux. Pour moi, la confiance était irrémédiablement brisée.

De la difficulté à concilier vie de famille et vie professionnelle

Avant, je me voyais comme une super guerrière, qui pourrait concilier privé et professionnel de manière optimale. Je me suis rendu compte en revenant de mon congé maternité que j’avais en fait mes limites, et surtout, que j’avais des priorités. Ma fille en fait évidemment partie.

En quatre mois, je pense que j’ai dû lui donner trois fois le bain en semaine. Ça me rendait de plus en plus triste de ne pas la voir, mais je ne réalisais pas vraiment l’impact que ça pouvait avoir sur elle.

Peu avant l’ultimatum lancé par mon boss, il y a eu un jour où j’ai pu rentrer plus tôt. Ma fille, âgée de presque 7 mois, a eu un véritable bug en voyant que c’était moi, et non son papa, qui venais la chercher. Pour la première fois, elle s’est débattue pour aller dans mes bras, en poussant des cris de joie, et m’a fait un énorme câlin ! J’en ai été très heureuse, évidemment… mais ça m’a aussi complètement déprimée. Ma fille de 7 mois se rendait compte que sa maman n’était pas là pour elle… Ça a sonné comme un terrible signal d’alarme.

Mon mari, évidemment, a dû encaisser aussi, car il était seul à s’occuper de notre pitchoune, seul avec son job à temps plein aussi, seul face à sa femme tout le temps triste et épuisée…

On a fini par en discuter réellement, par mettre à plat nos sentiments respectifs, notre sensation de solitude face à cette situation. Il a fini par m’avouer qu’il pensait que je devais quitter cette société, et qu’il n’avait pas osé me le dire avant, de peur de m’influencer. Mon mari est une personne rationnelle et objective, qui ne fait rien à la légère : son avis était donc crucial pour moi. Maintenant que je connaissais son opinion, je ne voyais plus aucune autre issue que de trouver un autre job.

Et j’ai finalement changé…

J’ai cherché pendant deux mois, sans grand résultat, car j’essayais de me réorienter un peu. J’ai fini par avoir de la chance, car grâce au bouche-à-oreille, on m’a proposé un mi-temps dans mon domaine, dans le secteur des ONG (moi qui bossais principalement pour des banques et des multinationales, ça m’a fait du changement).

J’y fais principalement de la gestion du personnel. On me demande de traiter un dossier, je traite le dossier, je le renvoie, on me dit merci. Mon travail est enfin reconnu !

Je consacre les deux jours restants à mon activité d’auto-entrepreneur, dans une entreprise dont je connais bien les patrons. Mes attributions comportent de la traduction, de l’organisation d’événements et du recrutement, d’autant plus appréciable qu’il est ponctuel. Tous mes boss ont des enfants et savent donc que les horaires sont sacrés : à 17h, je suis à la maison, avec ma puce, et ma journée est terminée.

J’ai mis deux mois, après mon retour de congé maternité, à prendre la décision de chercher ailleurs. Il m’a fallu ça pour me rendre compte que je ne devais rien à personne et que j’avais le droit de changer de job, sans éprouver de culpabilité. Il en allait de la survie de ma famille, de mon couple, de moi-même. On passe déjà tellement de temps au travail, autant faire en sorte qu’il ne nous gâche pas la vie !

Et toi ? Tu as renoncé à occuper un poste qui t’intéressait ? Quelles étaient tes raisons ? As-tu pu trouver quelque chose de plus adapté à ton mode de vie ? Viens nous raconter…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

On a un métier totalement différent et pourtant je me trouve énormément de similitudes avec ce qui t’a motivé dans ta décision.
Comme toi j’ai été dans une petite structure où de ta performance dépend l’avenir de la boite. Du moins c’est ce que l’on m’a rabaché. Colle toi j’ai eu des promesses à l’embauche qui ont vite été balayées. Une absence complète de souplesse niveau horaires où du moins dans un seul sens et une absence complète de reconnaissance.
Je n’ai pas d’enfants mais ça m’angoissait d’en avoir un dans ces conditions.
Comme toi j’ai changé et maintenant je le sens beaucoup plus sereine sur ce point. Comme tu l’ecris si bien on passe beaucoup de temps au travail autant être heureux là bas.

le 15/02/2016 à 07h40 | Répondre

Miss Chat

Oui, comme tu dis, c’est vraiment un problème inhérent aux petites structures, c’est dommage parce que ce sont celles qui devraient pouvoir offrir le plus de flexibilité à leurs employés ! Je vois que tu as effectivement eu un parcours très semblable. Ravie de voir que ça se passe bien aussi pour toi 😀
Si je me souviens bien, tu travaillais dans la recherche scientifique non ?

le 16/02/2016 à 10h26 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Tu te souviens bien. J’ai quelques peu évoluer pour quelque chose de plus dirigée vers l’administration de la recherche.

le 16/02/2016 à 17h54 | Répondre

Flora

Des fois la vie nous réserve de bonnes surprises là où on ne les cherchait pas forcement 🙂 Si tu aimes bien ton nouveau boulot et qu’il te permet de passer du temps avec ta merveilleuse fille (je n’en doute pas) alors profite! Tu as encore toute la vie pour la construire ta super carrière 😉

le 15/02/2016 à 10h05 | Répondre

Miss Chat

Merci de m’encourager dans la « merveillosité » de ma fille hihi. Disons que je n’ai plus vraiment envie de faire carrière en tant que tel, du moment que je fais quelque chose qui me plaît, je suis contente !

le 16/02/2016 à 10h28 | Répondre

Virginie

Je pense vraiment tout comme toi, vu le temps qu’on y passe, s’il ne nous plaît pas, c’est la fin de tout. Par ailleurs, je trouve normal que, à un moment de la vie, on doive se consacrer davantage à sa famille. Je le dis toujours : à chaque âge, ses plaisirs. Il arrivera peut-être un moment où tu auras besoin de te recentrer sur ta carrière… mais ce n’est pas le moment. Si tu as la chance de pouvoir adapter ton job à tes besoins, il ne faut surtout pas hésiter !

La reconnaissance ! Si seulement les hiérarchiques comprenaient une bonne fois pour toutes que c’est hyper important. Mon mari essaie assez désespérément de l’expliquer à ses collègues, leur réponse ? « ils font leur boulot pourquoi tu veux qu’on les remercie ? » Résultat : les équipes préfèrent systématiquement bosser avec mon mari. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ça rentre pas dans la tête de tout le monde que c’est vital ?

le 15/02/2016 à 12h06 | Répondre

Miss Chat

J’ai lu récemment qu’en Europe, 78% des femmes sont mamans. Je trouve donc particulèrement étonnant qu’il ne soit pas plus facile de concilier privé et professionnel dans ces conditions !
Si je savais pour la reconnaissance… Ah cette réflexion « ils font juste leur boulot », ça me hérisse le poil ! Comme si c’était une raison suffisante pour ne pas dire merci ou pour en profiter ! Bouh !

le 16/02/2016 à 10h32 | Répondre

Virginie

D’après ce que je constate autour de moi, clairement rien n’est fait pour que les mamans retournent au boulot. C’est à se demander si ce n’est pas fait exprès pour libérer les places et baisser le chômage.

le 16/02/2016 à 10h48 | Répondre

Mlle Moizelle

Bravo pour ce changement salvateur! 🙂

le 15/02/2016 à 14h39 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Je suis sure que tu ne regretteras pas ton choix ! Les premières années avec son enfant, ça ne se rattrape pas… En tout cas c’est ma façon de voir les choses aussi. Et en plus le comportement de ton ancien employeur n’était vraiment pas correct.

le 15/02/2016 à 14h50 | Répondre

Miss Chat

Je pense comme toi, le temps passé avec ton enfant est inestimable et à cet âge-là, ce temps passe trop vite que pour passer à côté !

le 16/02/2016 à 10h40 | Répondre

MlleMora

La dure loi des cabinets de recrutement… pas du tout adapté à la vie de famille.
Tu as bien fait de changer, tu peux profiter de ta fille et t’épanouir dans ton travail, bravo !

le 16/02/2016 à 10h16 | Répondre

Miss Chat

Non, en effet, c’est très difficile de concilier les deux 🙂 Merci !

le 16/02/2016 à 10h41 | Répondre

lafamilydemary (voir son site)

moi aussi je suis dans le recrutement, mais j’ai débuté en CDD dans de grands groupes. L’attractivité de l’entreprise me permet d’échapper aux entretiens le soir et avec un bébé c’est précieux. Seulement, pour avoir un CDI dans un grand groupe (dans ma région) il y a peu ou pas d’offres dans mon domaine. Ceux qui offrent des cdi sont les agences et les cabinets. J’ai refusé 2 propositions: l’une dans une agence type PME avec une ambiance et une organisation douteuse, l’autre dans un SSII connue mais avec des horaires incompatibles avec ma vie familiale. Je suis très bien là où je suis mais je m’approche des 18 mois de contrat donc ce sera définitivement finit pour moi. C’est difficile, je stresse. Je souhaite un CDI pour que l’on puisse poursuivre nos projets de famille mais ce n’est pas pour la sacrifier au quotidien

le 30/04/2018 à 11h17 | Répondre

Miss Chat

Je vois seulement ton message, désolée. Je suis curieuse de savoir ce qui t’est arrivé dans les mois suivants du coup 😉
L’environnement de travail est crucial. Je suis toujours à la même position depuis bientôt 3 ans et je suis chaque jour plus reconnaissante de ce changement !

le 01/10/2018 à 13h13 | Répondre

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