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La cigarette et moi


Publié le 14 janvier 2020 par Bibi

Je fume. Depuis 15 ans, je dépense beaucoup de sous pour me pourrir la santé et celle de mes proches. Retour sur mon addiction.

Commencer

J’ai commencé à fumer parce que mon petit ami de l’époque fumait. Plutôt que de continuer à avoir l’impression d’embrasser un cendrier froid, j’ai préféré rendre la pareille. J’avais 20 ans. J’ai commencé doucement, quelques cigarettes de temps en temps, puis de plus en plus régulièrement, jusqu’à être à 15 cigarettes par jour.

C’était une période pleine de soirées, de sorties, pendant laquelle je fumais dans mon petit appartement, celui des autres, sur la rue, au boulot, à la sortie des bars. J’enchaînais les paquets et ne me posais pas de questions, sauf quand je voyais l’état de mon compte bancaire à la fin du mois. J’étais entourée de fumeurs, et tout le monde partageait ses clopes, sa fumée, cette odeur. Fumer faisait de moi l’une de la bande, à partager nos pauses dehors. Au final, pendant cette période, les non-fumeurs étaient rares et étaient toujours ceux qui restaient à l’intérieur (au chaud, mais seuls) pendant que nous faisions nos contre-soirées à 15 sur le petit balcon, les mains congelées mais tous ensemble dans notre addiction commune.

Crédit photo (creative commons): Ralf Kunze / Pixabay

Puis, petit à petit, la vieillesse maturité nous a frappés. Ça a commencé quand Machin a déménagé et a décrété son appartement non-fumeur. Puis Bidule s’est arrêté parce que son père venait d’être diagnostiqué d’un cancer des poumons. Peu à peu, les rangs des non-fumeurs ont augmenté. J’ai changé de copain, mais pas ma sale habitude. J’ai déménagé, et décrété que je ne fumerais dans mon nouvel appart QUE si la fenêtre est ouverte. C’est la période où peu à peu, je me suis enfin admis à moi-même que la cigarette, c’est dégoûtant… Mais c’est trop bon pour arrêter.

Arrêter

Arrivée proche de la trentaine, une chose était certaine: il fallait que j’arrête de fumer. J’a acheté le livre d’Alan Carr, grâce auquel je n’ai pas fumé pendant deux semaines. Le déclic ne se faisait pas. J’ai cependant beaucoup diminué ma consommation, pour rester autour de 5 cigarettes par jour (ne fumer que dehors est un bon moyen d’en fumer moins, surtout en hiver!).

Je faisais souvent la blague qu’arrêter de fumer, c’était facile: la preuve, je l’ai fait au moins une centaine de fois! Mais la vraie vérité c’est qu’aucun argument (et pourtant, il y en a tellement!) ne me motivait réellement pour écraser ma dernière cigarette.

Crédit photo (creative commons): Matt Trostle

Jusqu’à ce qu’un jour débarque une raison plus valable qu’un millions de discours: un petit trait positif sur un test de grossesse. Du jour au lendemain, j’ai jeté tous mes paquets et, même si l’envie me tiraillait, n’ai pas fumé. Après mon accouchement, je n’ai pas rallumé de cigarette. En fait, pour te dire la vérité, à la sortie de la maternité, mon mari m’a gentiment invité à profiter d’une de ses cigarettes. J’ai accepté, tiré une taffe, trouvé ça immonde, et ai juré que cette fois, c’était vraiment fini, je ne fumerais plus jamais, victoire !

Mais il ne faut jamais dire jamais. Malheureusement. Après 9 mois de grossesse et 6 mois d’allaitement sans une seule cigarette, j’ai craqué. Une journée particulièrement difficile avec un bambin qui pleure constamment dans mon oreille, et toutes mes bonnes résolutions sont parties en fumée (c’est le cas de le dire).

Continuer

Aujourd’hui, je fume toujours. Avec toujours la décision ferme d’arrêter, bientôt, à la fin de ce paquet, à la fin de cette semaine, quand je rentrerais de vacances, quand je serais en vacances…. Bref, je vais arrêter. Mais voilà, mon problème c’est que ça me fait peur. Ces cigarettes quotidiennes, volées pour un moment loin de mes responsabilités, sont une béquille à laquelle je me raccroche quand je ne me sens pas bien. Que faire sans elles?

La cigarette, c’est mon moment à moi, de calme, de décompression, sans avoir à gérer un enfant, une lessive, une course. C’est ma bouffée d’air dans la journée (et oui, je sais à quel point cette phrase est ironique). C’est ma raison de faire une pause, de souffler, et de penser à moi. Avec un enfant à la maison, ces occasions sont limitées, et je ne fume que quand elle dort (donc généralement 3 cigarettes par jour). Sans cette excuse pour me reposer, déstresser, comment réussir à avoir un peu de temps pour moi, pour me recentrer, regagner ma sérénité et pouvoir me relaxer rapidement?

Sauf que maintenant, chaque cigarette est définitivement un acte purement, stupidement égoïste. Je me fais plaisir pendant 5 minutes, mais je détruis mon futur et potentiellement celui de ma fille. Malheureusement, ce sentiment de culpabilité n’arrive pas encore à déclencher le déclic nécessaire. Je pense que, mon mari étant un fumeur lui aussi, j’attends que ce déclic se produise à deux, car je suis absolument incapable de ne pas fumer quand mon amoureux le fait. C’est de la lâcheté, de la faiblesse, tout simplement. Et je le sais. C’est de l’addiction, non seulement physique, mais psychologique.

Avoir autant essayé d’arrêter est aussi, paradoxalement, un facteur de non-réussite. J’ai échoué tellement de fois que je suis presque persuadée de ne jamais réussir. Comme le dit Die Franzoesin si justement, je suis une fumeuse et resterais une fumeuse toute ma vie. Alors pourquoi me priver ? (A part les raisons de santé, de finance, d’odeurs, bref, toutes ces choses raisonnables et sensées?)

Au final, cette habitude que j’aime tant me fait aussi me sentir honteuse, coupable et parfois dégoûtante. Et je sais qu’un arrêt est impératif pour le bien de ma famille. Mais juste après celle-là, d’accord?

Et toi, tu fumes? Tu as réussi à arrêter?


Commentaires

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Pitch

Je comprends sans complètement comprendre, je ne suis pas fumeuse (hors cas exceptionnels en soirée …) mais mon mari oui et est dans le même cas que toi. Il avait promis juré qu’à 30 ans finito la clope… mais ça c’était avant. A 34 ans il ne décroche pas et comme il le dit, il aime ça. Chacun son plaisir coupable, pour lui c’est la clope quand d’autres c’est les fringues ou les chaussures au bilan carbone effrayant.
Mais depuis quelques temps il a troqué ses cigarettes ultra nocives pour un autre produit, l’iQOS. Un plaisir un peu différent, mais il aime bien et surtout plus d’odeurs ! tu as regardé du côté des produits alternatifs pour t’aider à arrêter ?

le 14/01/2020 à 08h30 |

Manon

Alors moi je suis une de celles qui ont arrêter de fumer et je vais t’expliquer comment j’ai fait on sait jamais si ça peut t’aider! J’ai fumé de mes 15 à 24 ans, j’avais lu un truc quelque part que les poumons arrêtaient de se régénérer après 25 ans alors dans ma tête je me suis toujours dit qu’il fallait absolument que j’arrête avant mes 25 ans pour éviter les problèmes de santé. J’étais à une quinzaine de cigarettes par jour, et j’avais fait beaucoup de tentatives pour arrêter par le passé, mais ça ne durait pas plus d’un mois, à la moindre baisse de moral je replongeais. Bref, l’année de mes 24 ans, un matin j’ai retenté d’arrêter (une personne de mon entourage a vraiment insisté pour que j’arrête en brandissant la raison de la santé et le message a fait son chemin dans ma tête). Le plus important dans la réussite à mon avis c’est d’abord de trouver un paliatif, pour moi ça a été le sport. C’est la cigarette d’après le boulot qui me manquait le plus, du coup j’allais courir une vingtaine de minute avec mon chien vers 18h et quand je rentrais je n’avais plus qu’à prendre ma douche, manger et aller me coucher tellement j’étais crevée 🙂 Le sport m’a vraiment permis de tenir bon. J’étais célibataire et sans enfant donc j’avais le temps tu me diras mais il existe des petites vidéos très courtes, faire quelques abdos, des pompes, des squats, bref quelques chose à faire pendant ces 5 minutes! Certaines personnes préfèrent la méditation par exemple… pourquoi pas mais bon moi j’avais besoin d’évacuer physiquement les tensions de la journée!
J’ai l’impression que c’est pas tant la nicotine qui va te manquer (surtout que tu ne fumes plus beaucoup de cigarettes donc utiliser des paliatifs ne me semble pas forcément nécessaire) mais ce petit moment rien qu’à toi, le geste et l’aspect social du truc. Trouve quelque chose à faire en 5 minutes qui t’épuise et te coupe l’envie d’en griller une, fait monter le cardio (je sais pas tu peux danser et sauter partout pendant 5 minutes, faire des aller/retour dans l’escalier ou autre).
Et surtout SURTOUT ne t’arrête jamais d’essayer d’arrêter!! Même si c’est juste une semaine, une journée, un mois, au bout d’un moment ta tentative sera la bonne!
Pour moi la période la plus difficile a été 2-3 mois après, là c’est le moment critique où je pouvais replonger à tout moment. Une fois les premiers mois passés la tentation est beaucoup plus facile à gérer. Mais malheureusement on est jamais complètement guérit, une addiction c’est à vie, comme un alcoolique, ça fait 8 ans que j’ai pas touché une cigarette, l’envie diminue avec le temps mais il m’arrive encore de me dire (très très rarement) « ah tient là j’aurais pu fumer une cigarette » mais cette toute petite voix elle s’éfface vite maintenant.
Allez courage, c’est tout à fait faisable, fait le bilan de toutes les raisons qui te poussent à arrêter, profite à fond de ta dernière clope et jette moi ce paquet vide à la poubelle!!! 🙂 🙂 🙂

le 14/01/2020 à 18h06 |

Athéna

Je suis non fumeuse, je n’ai jamais fumé, je n’ai même jamais « tirer une taf juste pour essayer »…
J’ai toujours trouvé ça dégueu, ça pue, ça rend les dents et les ongles jaunes et en plus ça coûte une blinde, pour un truc qui part littéralement en fumé et qui n’a aucun intérêt (j’entend par la que ce n’est pas pas vitale).
J’ai aussi la chance d’avoir à la période ou la plupart des jeunes ce mettent à fumé, été entourer par quasiment que des non fumeurs. Collège et lycée, très peu de mes amis fumait. On n’avait pas vraiment les moyens de toute façon, perso mon argent de poche partait dans les livres et les magasines.
Plus tard en grandissant malgré les fumeurs présent dans mon entourage, j’ai continué à ne pas être tenté et d’ailleurs chez moi il est interdit de fumer à l’intérieur.

Pour se qui est d’arrêté, je pense qu’un jour tu aura un vrai déclic et se jour là se sera gagner.
Mon papa quand j’étais enfant fumait des gauloise roulé, je m’en souvent très bien car j’adorais rouler ses cigarettes dans sa ptit boîte à rouler 😉
Il a arrêter à plusieurs reprise et à repris à chaque fois (bizarre d’ailleurs que mon frère, ma sœur et moi même n’ayons jamais fumé du tout 🤔).
Le jour où ma belle sœur est tombé enceinte pour la première fois, mon père était tellement heureux d’être papi qu’il a dit mot pour mot « je refuse d’empoisonner mon petit fils », il a écrasé sa clope et n’a plus jamais fumé, c’était il y a 16 ans.
Et il n’a jamais été retenté depuis, d’ailleurs maintenant l’odeur l’ecoeur.

le 15/01/2020 à 21h15 |

Marie

Merciii pour cet article ! C est drôle, j aurais pu écrire la même chose quasiment mot pour mot ! Je suis d ailleurs actuellement entre deux arrêts… ça va venir ! En tous cas, on se sent moins seule !

le 17/01/2020 à 18h44 |

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