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Comment je suis devenue végane (1/2) : quand j’étais végétarienne


Publié le 17 avril 2017 par Lutine Chlorophylle

Devenir végétarienne : la décision

À 16 ans, je suis devenue végétarienne. Ça me trottait dans la tête depuis un moment. Quatre raisons me poussaient à faire ce choix :

  • L’énorme demande de viande est la cause de la production industrielle, source de nombreuses dérives (mauvais traitements principalement). Du coup, en arrêtant d’en manger, je supprimais une part de la demande. Infime, mais réelle. Les industriels ne peuvent rien contre le boycott !
  • Sur Terre, il y a de quoi nourrir toute la population humaine très largement… Seulement, une bonne partie des cultures sont destinées à nourrir les animaux d’élevage, qui, eux, seront mangés par des privilégiés. En consommant directement plus de végétaux, on peut nourrir tout le monde !
  • L’élevage est une source très importante de pollution.
  • Par honnêteté envers moi-même. J’aurais été incapable de tuer un animal (bon OK, sauf un moustique). Voir un animal se faire tuer m’aurait été insupportable. Savoir que ça allait arriver, juste à côté, m’était déjà pénible (nous avions des poules et il arrivait que mon père en tue).

Mes parents étant des écolos de la première heure, les milieux dits alternatifs n’avaient rien de bien exotiques : le végétarisme ne faisait pas partie de ma vie jusque-là, mais n’avait rien d’extraordinaire pour moi.

Et puis, on ne mangeait pas beaucoup de viande. Ce serait facile.

Un jour, j’ai sauté le pas. Je n’ai jamais été tentée de craquer. Et pourtant, je me suis aperçue qu’en vérité, de la viande, on en mangeait beaucoup plus que je le croyais !

J’en suis restée là pendant longtemps. Oh, je voyais bien les stands des associations végétaliennes et véganes. Mais je ne comprenais pas trop leur délire.

Le problème des œufs et du lait

Après plusieurs années, j’ai commencé à entrevoir le problème des œufs et des produits laitiers. Voici ce que j’ai appris :

Pour produire du lait, une vache doit avoir un veau. Sitôt né, le veau est séparé de sa mère.

Si c’est un veau mâle, après quelques mois (durant lesquels on l’aura volontairement anémié afin que sa chair garde une couleur claire, le consommateur désirant une viande blanche), il partira pour l’abattoir et finira en blanquette.

Si c’est une femelle, elle pourra suivre le même sort que ses congénères mâles.

Ou alors, elle deviendra adulte. On l’inséminera, on lui enlèvera son bébé, on lui prendra son lait. Au bout d’un an maximum, on la fera se reproduire à nouveau, pour relancer sa lactation.

Après deux ou trois de ces cycles, elle partira à l’abattoir à son tour, et finira en pot-au-feu.

C’est ainsi que le lait contribue à l’industrie de la viande.

élevage vaches problème lait devenir vegan

Crédit photo : Alexas_Fotos

Pour produire des œufs, il faut d’abord… Des œufs (qui de l’œuf ou de la poule…?). Il est actuellement impossible de connaître le sexe du poussin avant éclosion.

Rapidement après être sortis de l’œuf, les poussins sont donc sexés. Les mâles ne sont d’aucune utilité, ils sont donc immédiatement… Broyés. (Les poules élevées pour leur chair sont de race différente.)

Les femelles deviendront des poules pondeuses. Après une année à pondre, elles partiront pour l’abattoir et finiront en nuggets.

C’est ainsi que les œufs contribuent à l’industrie de la viande.

(Je te passe le chapitre sur les conditions d’élevage industriel – qui concernent une écrasante majorité d’animaux –, mais si tu veux en savoir plus, voici de petits topos concernant les vaches laitières, les veaux et les poules pondeuses. Il y a également les conditions d’abattage qui sont effrayantes, comme tu as pu l’apprendre via de nombreux partages de vidéos récemment.)

Se passer de lait et d’œufs ? Trop compliqué !

Je me suis donc dit qu’il fallait devenir végétalienne. Mais la tâche m’apparaissait bien plus compliquée que de se passer de viande !

En effet, pour ne plus manger de viande… Il suffit de ne plus manger de viande. (Oui, jusque-là, c’est logique.) Mais les produits laitiers et les œufs entrent dans la composition de tant de choses !!! Ce sont les viennoiseries, les biscuits, les quiches, les cakes, les omelettes… Pour faire une quiche sans viande, il suffit de ne pas mettre de lardons, et basta. Mais sans lait ni crème ? Diantre !

Et puis le fromage… Rha, le fromage. J’aimais décidément trop ça !

Alors, j’ai gardé en tête l’objectif de devenir végétalienne, un jour. Un jour.

Je me contentais de râler quand mon mari ajoutait un œuf dans les galettes de sarrasin, puisque ça ne sert pas à grand-chose. Ou d’essayer vaguement de ne pas manger plusieurs produits laitiers dans un repas. Et puis, j’achetais des œufs de poules « élevées en plein air ».

Ma vision des choses à ce moment

Pour autant, à cette époque (il y a un an et quelques de ça), je n’étais pas contre le principe de la viande. Après tout, c’est tout à fait naturel d’en manger !

La viande, d’accord, si les animaux qui en sont à l’origine vivent dans de petits élevages de plein air, et qu’ils sont abattus rapidement, sans douleur, et sur place (afin de supprimer le stress dû au transport et à l’attente dans un lieu qui sent la peur).

De même, la chasse ou la pêche pouvaient à mon sens être « bien » pratiquées. Ceci à des conditions impossibles à ce moment donné, en raison de la demande. Mais je pouvais imaginer que ça le soit.

Par contre, tant que ces méthodes « humaines » n’étaient pas la norme, je considérais qu’il n’était pas éthique de consommer de la chair animale. (De telles méthodes d’élevage ne pouvant être généralisées qu’avec une consommation de viande et poisson n’excédant pas une ou deux fois par semaine.)

En quelques sortes, pour schématiser, je me « sacrifiais » en décidant de ne pas être (… trop) responsable de ce désastre éthique et écologique. (Appelle-moi Jésus.)

Une ouverture…

Puis, c’est en parcourant le blog d‘Insolente Veggie que je suis tombée sur un concept dont j’entendais parler pour la première fois : le spécisme.

Et cette idée très simple : élever des animaux crée de la souffrance. Il est possible de vivre en parfaite santé sans aucun produits animaux. Alors, n’en consommons pas.

C’est si simple qu’on a envie de compliquer la chose, en la justifiant par mille raisons. Mais tout ça, je t’en parlerais la prochaine fois !

Et toi ? Tu as déjà eu envie de devenir végétarienne ? Végétalienne, même ? Qu’est-ce qui te motive ? Viens en discuter !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

Merciii pour cet article que j’attendais avec impatience ! Je suis très admirative des personnes vegan parce que c’est une démarche qui a du sens à mes yeux. Et pourtant je ne m’y suis pas (encore ?) mise, principalement par paresse et par tradition sans doute. Ma seule petite fierté est d’avoir convaincu mon mari de ne manger viande ou poisson qu’une fois par semaine (le week-end) et d’acheter principalement des produits bio ou labellisés. Il était très réticent au début et est maintenant très convaincu ! Les soirs de semaine nous avons découvert la cuisine végétarienne et même si comme toi j’ai rapidement réalisé que la viande se cachait un peu partout (Ah les lardons dans la quiche et le jambon dans les gratins !) nous arrivons désormais à nous en passer et donc à ne pas non plus transmettre cette habitude à notre fils. J’attends la partie 2 de l’article avec impatience 🙂 .

le 17/04/2017 à 08h22 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Moi j’avais l’impression de manger peu de viande parce que mes parents font peu de cuisine, en fait on mangeait uniquement de la charcuterie (en plus le truc sans aucun apports intéressants), et de temps en temps les seuls truc « avec cuisson », du poulet ou du saucisson à cuire ou des saucisses… Mais de la charcuterie, j’en consommais pratiquement à tous les repas ! Les repas étaient souvent faits de bric et de broc, du coup c’était une tranche de jambon par si, un bout de pâté en croûte par là… Et finalement, ça fait beaucoup ! 😮

Petit conseil santé puisque tu consommes peu de viande (et a fortiori peu de produits animaux, mais c’est peu présent dans les œufs et le fromage) : ça serait bien de vous complémenter en vitamine B12, ça ne coûte pas cher et c’est important. 🙂
En voici un conditionnement par exemple (moins cher qu’en pharmacie en plus, à ma connaissance celle-ci est même la moins chère du marché) : https://www.amazon.fr/Natrol-Vitamine-Dissolution-Rapide-Comprimés/dp/B00C43H9KU/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1424201148&sr=8-1&keywords=b12+natrol
Les quantités indiquées sur la boîte sont pour une cure, mais en prise sur le long terme, avec ce dosage à 5000mcg, c’est une toutes les 2 semaines (pour les personnes de plus de 12 ans, en-dessous, une demi-dose à même fréquence. Avant 2 ans ça peut même être un quart de dose, avec le comprimé réduit en poudre, qu’on peut donner dans une cuillerée de compote par exemple (ou nature en buvant une gorgée d’eau ensuite !). (Note : la surdose de B12 est sans danger et évacuée dans les urines.)
On peut trouver plus d’infos sur le sujet sur le groupe facebook public « Vive la B12 ».

Je n’ai pas encore écrit la suite qui sera un peu plus compliqué pour moi, à la fois pour faire passer le message sans trahir ma pensée, mais sans braquer. Et aussi parce qu’il y a tant à dire, mais je voudrais essayer de rester synthétique ! Mais je vais m’y mettre ! 🙂

le 17/04/2017 à 11h00 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’attendais également avec beaucoup d’impatience cet article. Pas forcément parce que je suis tentée par un passage à l’acte, mais parce que je trouve très intéressant ce type de démarche et que je cherche à comprendre pourquoi on peut en venir à ce mode d’alimentation (j’ai l’impression que dans certains milieux le veganisme est plus une mode).
Mais en te lisant, je comprends déjà beaucoup mieux certaines choses notamment sur la production de lait et d’oeufs. Cela me fait réfléchir sur ma consommation. Merci 😊

le 17/04/2017 à 12h07 | Répondre

Nya (voir son site)

J’ai entamé une démarche vers le véganisme, mais je sais déjà que ce ne sera pas un grand saut comme l’a été mon végétarisme ; plutôt un chemin de mille pas.
J’ai déjà banni le lait, les yaourts de mon alimentation pour entamer la transition vers le végétalisme. J’ai plus de mal avec les œufs, mais j’ai drastiquement réduit ma consommation. J’essaie de bannir le cuir, mais la laine viendra plus tard. Plus je creuse, plus je trouve des horreurs (que ce soit sur les œufs, la laine, la soie…). Je n’ai pas envie d’encourager ces industries. Bravo pour ta démarche.

le 17/04/2017 à 15h24 | Répondre

MlleMora

J’admire ta démarche ! Comme tu le dis, je crois que devenir végétarienne, je pourrai y arriver (avec quelques efforts quand même), mais me passer de lait et d’oeufs ça serait vraiment très dur pour moi, même si je comprends parfaitement le pourquoi du comment.
Je me contente de réduire ma consommation de viande au maximum, c’est mon humble participation. Parce que même si je suis contre des tas de choses, je ne m’en prive pas pour autant.
J’ai hâte de voir la suite de ton article pour en apprendre un peu plus, et je te rassure, je ne me sens pas visée ou jugée en te lisant, c’est très instructif !

le 24/04/2017 à 14h42 | Répondre

Charlotte

Merci pour cet article! J’attends également la suite avec impatience 😉
Désolée d’avance pour le roman mais on est justement en pleine réflexion sur ce sujet depuis quelques semaines/mois.

On a des amis vegan et au début on s’est dit « c’est une mode/lubie » mais ils nous ont expliqué leur démarche et c’est ce qui a permis le déclic donc on a commencé à se documenter.
Résultat on a pris conscience très récemment de l’impact de la consommation de la viande sur l’environnement : monoculture intensive pour nourrir les animaux (donc pesticides), déforestation pour les champs et l’élevage, consommation d’eau énorme et émission de méthane (qui est encore plus à effet de serre que le C02 mais on n’en parle pas lobbies obligent!).
On a aussi été brutalement reconnecté à la réalité sur les conditions animales : ce qui paraît tellement évident une fois énoncé ne l’était pas car par exemple on nous a appris (fait croire je dirai même) dès le plus jeune âge que la vache produit du lait comme si c’est une caractéristique propre à cette espèce alors que comme tu le mentionnes elle n’en produit que pour nourrir son veau (comme je produirai du lait le jour où j’aurai un enfant). Et je ne parle même pas des publicités mensongères sur les bienfaits du lait (quel autre mammifère mange/boit du lait après les premiers mois/années de sa vie et qui plus est d’une autre espèce?).

On a donc décidé de changer (petit à petit) notre consommation.
Contrairement à beaucoup qui sont dans cette démarche on a toujours aimé la viande donc on n’est pas végétarien et par définition encore moins végétalien/vegan. Par contre même si comme tu le dis il est naturel de manger de la viande, on a effectivement clairement pas besoin d’en manger autant et c’est cette consommation excessive qui impliquent les conditions actuelles et l’impact actuel qui ne sont pas compatibles avec nos valeurs.
Tout ça pour dire que je ne peux pas dire à l’heure actuelle si nous pourrons un jour nous passer totalement de viande, d’oeuf et de fromage mais pour l’instant on réduit notre consommation en ne mangeant presque plus de viande à la maison (on se réserve pour certaines occasions/ moments de partage et au resto), on a presque supprimé le lait /la crème / le beurre (d’origine animal.e) et on commence à réduire les oeufs en le remplaçant dans des préparations (bon d’accord pour l’instant j’ai juste testé sur une recette de cookies mais c’était vraiment concluant!). Pour le fromage c’est le plus dur pour nous car même si on avait déjà un peu réduit on en mange presque tous les jours (au lait cru bien sûr) donc il faut le temps que je trouve des idées de repas rapide le soir pour le réduire de notre consommation quotidienne (et se réserver que pour certaines occasions). Si vous avez des idées de recettes vegan rapides et avec des ingrédients que l’on peut trouver en grande surface (les recettes avec les 3/4 des ingrédients dont je ne connaissais même pas l’existence me découragent), je suis preneuse.

On ne cherche donc pas à compenser ce que ne font pas les autres mais j’essaye de commencer à en parler autour de moi car si chacun fait sa part, on peut revenir à des consommations qui ne mettent pas en péril notre planète!

le 28/04/2017 à 11h11 | Répondre

Raphaelle

Merci pour ce partage de ton expérience! Mais je dois dire que je trouve ce type d’article assez décourageant en fait.. Autant je suis très admirative de ta démarche, autant cela me donne l’impression qu’il s’agit d’une révolution de vie à adopter à fond ou à laisser (et à être « lâche »).. Même si je suis d’accord avec le fonds je pense que pour protéger notre planète, parfois ne pas aller « à fond » c’est aussi pas si mal (et ça permet à beaucoup des « lâches » parmi nous d’avoir un vrai impact sur le long terme et de ne pas laisser tomber au bout de deux semaines pour cause de craquage). Par exemple je trouve le fait d’être flexitarien assez intéressant. Pour ma part je mange vegan 5 jours par semaine, et je suis omnivore les deux autres (non que je ne fasse d’orgie pour compenser hein ;)).

le 03/05/2017 à 15h10 | Répondre

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