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Comment je suis devenue végétarienne


Publié le 6 mars 2017 par Nya

À l’instar de ma chronique sur la façon de faire pour créer son entreprise, j’avais envie de compiler ici une série d’échanges avec des amis qui s’engagent sur la voie du végétarisme.

Cela fait dix ans que je suis devenue végétarienne. Ou plutôt, flexitarienne, puis végétarienne. J’ai eu pas mal de temps pour mûrir ma démarche, mon engagement et j’aimerais partager cela avec toi, qui te demandes si tu ne deviendrais peut-être pas végétarienne. Tout le monde ne souhaite pas se lancer dans l’aventure et je ne cherche à convaincre personne, mais si tu cherches déjà des pistes en cette direction, cette chronique pourra peut-être t’aider.

D’où te vient ta décision de devenir végétarienne ?

En 2007, mon homme s’est retrouvé en fauteuil roulant pendant deux mois et est rentré dans sa famille pour sa convalescence, histoire de ne pas déprimer tout seul dans notre appart au 4e sans ascenseur.

Livrée à moi-même, j’ai réalisé que je ne mangeais jamais de viande seule. Et je me suis renseignée sur les « végétariens », cette engeance étrange. Tout est parti de là.

De « personne qui ne mange pas de viande », je suis devenue « végétarienne », la terminologie fait la différence. Je ne me retrouve pas dans les pratiques agro-alimentaires actuelles. Mon végétarisme, c’est d’abord un choix écologique, et en faveur de la cause animale.

Avec le temps, j’ai désappris le goût de la chair que je trouve désormais écœurante quand je mords par erreur dans des aliments d’apparence inoffensive, et même si un animal était tué de manière éthique, je refuserais d’en manger, parce que je n’aime plus la viande, tout simplement.

As-tu procédé par étapes ou du jour au lendemain ?

J’ai arrêté la viande en premier, en gardant le poisson et les œufs. On ne peut pas dire « du jour au lendemain » puisque j’ai arrêté AVANT de me dire végétarienne. Mais après avoir « décidé » de devenir végé, j’y suis allée franco.

Pour info, le mot « végétarisme » regroupe pas mal de courants : des personnes qui ne mangent pas de viande, ni viande ni poisson mais des œufs (« ovo-lacto-végétarisme »), ni viande ni poisson ni œufs. Au-delà, on verse dans le végétalisme, le véganisme étant une démarche dépassant l’alimentation.

J’ai arrêté le poisson deux ans plus tard, dans un souci de cohérence dans ma démarche. C’était plus dur d’arrêter le poisson car j’aimais ça (faire une croix sur les sushis : le passage le plus dur !), contrairement à la viande que je mangeais plus par habitude. Je crois que j’ai commencé à assumer mon végétarisme à ce moment-là.

En ce moment, j’essaie de réduire les œufs et le lait, mais c’est difficile physiquement.

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Salade de têtes de fougères, canneberges et betteraves. Pour la recette, voir ici (photo : Les Néo-Brunswickois)

D’ailleurs, en quoi consiste ton régime végétarien exactement ?

Je suis ovo-lacto-végétarienne. Pour préciser à quel courant végétarien j’appartiens, je dis souvent « pas de viande, poisson, fruits de mer ni insectes ! ».

Pour manger équilibré, j’essaie de manger des légumineuses avec des légumes le midi, et des féculents avec des légumes le soir (sinon le matin je n’ai pas d’énergie). Mais il arrive aussi bien souvent que j’enchaîne les repas de pâtes/riz et légumes.

Je ne considère pas mon alimentation comme plus ou moins bien équilibrée que celle d’un omnivore. On s’inquiète souvent de mon « équilibre alimentaire », comme si la présence d’un steak ou d’une cuisse de poulet dans une assiette était la panacée. J’étais anémiée avant d’être végétarienne, je le suis sûrement toujours.

Tu trouveras des idées de recettes ici.

Est-ce que certaines saveurs te manquent ?

À part la viande des Grisons, non. Et même si l’odeur du poulet rôti et du barbecue peut me sembler alléchante, je n’ai presque jamais envie de consommer de la chair animale.

Quelles ont été les réactions de ton entourage quand tu es devenue végétarien-ne ? Comment se comportent les personnes qui t’invitent à dîner ?

C’est là où le bât peut blesser. Les générations précédentes, sauf si elles sont un peu baba cool, sont rarement végétariennes. La viande, c’est la vie ! Personnellement, j’ai eu un peu de mal à assumer d’être végétarienne et de prononcer ce mot qui fait peur (ou rire…) avec les parents. Je disais « je ne mange plus de viande », du coup les gens croyaient que je manquais de conviction et essayaient de me faire flancher.

L’un des problèmes est que je refuse de manger à la fois ce qui a le goût de viande et ce qui contient des produits dérivés d’animaux comme la gélatine ou la présure (même si tous les végétariens ne réagissent pas comme ça) : le jus de viande, les bonbons gélifiés, les œufs en gelée, le jus de fruit à la cochenille, certains fromages. Pas facile de faire accepter à beau-papa que je refuse de son gratin dauphinois arrosé de jus de gigot…

Autant chez les omnivores que les végétariens, certaines personnes sont ouvertes, et d’autres sont des plaies, à railler mon choix en public. C’est comme ça. Les copains sont plus soucieux de mon bien-être et me posent plein de questions sincères, auxquelles je réponds avec plaisir. Au pire, je propose d’apporter un plat végétarien ou je mange un peu avant d’aller chez eux !

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Repas végétarien à Légende chez la Tanière, excellent resto à Québec. Pour la critique, voir ici (photo : Les Néo-Brunswickois)

En couple, ça se passe comment ?

Mon homme ne se réclame pas du végétarisme. Il mange souvent végétarien mais aime la viande. Tout simplement, si je fais à manger, je ne cuisine pas de viande parce que je ne sais pas faire. Il a souvent la flemme d’en préparer pour lui et se retrouve donc assez souvent à manger végétarien.

Je ne suis pas extrémiste de la cuisine et quand je fais un gratin ou une tartiflette, je lui mets des lardons dans une moitié du plat. Pas de quoi en faire un drame. Ma limite, c’est s’il a cuisiné de la viande dans une poêle : je la lave avant de cuisiner autre chose dedans.

Est-ce que tu te considères « militante » ? 

À nouveau, c’est différent pour chacun mais je n’aborde jamais la question du végétarisme sous un angle politique de moi-même dans la vraie vie (si on part dans un débat d’idées, il est évident que je vais m’exprimer, par contre !). Je m’explique s’il le faut pour des raisons pratiques, et je m’en tiens là. Si la personne veut en savoir plus dans un bon esprit (pas les gens qui me posent des questions avec l’envie d’en découdre plein les yeux, comme on demanderait à un cheminot s’il aime faire la grève…), je réponds avec plaisir : c’est l’occasion ! Sinon, chacun son choix, je suis végétarienne, pas évangéliste. Je veux juste vivre en accord avec mes convictions et pas convaincre les autres d’adhérer à mes valeurs.

J’aurais plus tendance à parler de mon sac en cuir végane que j’adore que de mes préférences alimentaires, ne serait-ce parce qu’on parle une fois d’un sac, tandis qu’on mange trois fois par jour, qui sont autant d’occasions de prises de tête quand on est avec des gens.

Trouves-tu qu’il faut faire preuve de davantage d’imagination pour cuisiner ?

Pas spécialement. Je mange plus de légumineuses mais c’est tout. Comme avant, je tourne avec mes cinq recettes préférées et voilà. Les magazines féminins aiment à faire croire que pour manger végé, il faut manger comme un lapin et se faire tous les jours des jus de chou frisé au sucre de coco et du quinoa aux graines de lin avec des brisures de cerises açai… (ce qui doit être très bon, cela dit !) mais dans la vraie vie et sur le long terme, c’est plutôt du riz aux poivrons, des pâtes aux tomates, des lentilles aux brocoli, du cake aux épinards… Pas glamour mais j’ai besoin d’énergie !

As-tu des lectures à me recommander pour poursuivre ma réflexion ? (bouquins, articles de blogs ?)

Tu peux aller du côté de végétarisme.fr, c’est un bon début !

Des conseils pour devenir végé ?

Les légumineuses sont tes amies : lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots rouges… Elles remplacent la viande facilement dans l’assiette. J’aime assez le goût du tofu mais je n’en abuse pas, car le soja est généralement OGM et sa culture, loin d’être respectueuse de l’environnement.

Vas-y à ton rythme. Arrête la viande un jour sur deux, un repas sur deux, si tu préfères. Quand tu es à l’aise, augmente la fréquence des repas sans viande. Tu peux y aller franco du jour au lendemain, mais il n’y a pas d’obligation.

Si un jour tu meurs d’envie de manger un steak, mange ton steak. L’important si tu veux devenir végétarienne, c’est de diminuer ta consommation de viande globale. Tu reprendras ton cheminement vers le végétarisme après le steak. Il n’y a pas de police végétarienne qui va venir t’arrêter.

Ton corps peut aussi te réclamer des protéines animales (chez moi, ce sont les œufs qu’il me réclame)… écoute-le quand même. Je ne pense pas que ta conviction doive t’amener à te faire violence ou à mettre ta santé en danger.

Qualifie-toi de végétarien.ne quand tu seras prêt. Si tu penses manger de légitimité, dis « flexitarien », ça te laisse une porte ouverte si tu fais des « écarts ». Assumer le regard des autres peut être dur, mais ils s’y feront.

Bon courage ! Si tu as des questions, je suis là en commentaire 🙂

Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

sarah (voir son site)

Merci pour cet article ! Je suis moi même actuellement dans une démarche pour une alimentation plus éco-responsable, mais de là à devenir complétement végétarienne … mmm difficile 🙂 disons que la viande de tous les jours ne me manque pas, je peux passer 2-3 semaines sans viande, par contre occasionnellement quand c’est un bon plat et de la ‘vrai’ viande (j’entends du non sou-vide, acheté chez le boucher ou directement chez le producteur) je ne dis pas non. Mon plus gros soucis en fait c’est que je n’ai jamais eu l’habitude de manger des féculents et encore moins des légumineuses (j’ai découvert le quinoa il y a un an et les lentilles il y a 6mois …) du coup pour le moment je ne pense pas à en inclure dans mes plats, et surtout je ne sais pas comment les accompagner à part avec de la viande ! mais je vais regarder le site que tu suggères, il m’apportera peut être des réponses 😉

le 06/03/2017 à 08h36 | Répondre

Nya (voir son site)

Dans ma famille, on mange très peu de féculents (les pâtes ? Hérésie !) et quelques légumineuses aussi, ce qui fait que quand j’ai arrêté la viande, j’ai dû revoir certaines pratiques : bonjour la baisse de forme. J’ai réellement ajouté les légumineuses à mon alimentation il y a quelques années, bien après être devenue végétarienne. Je pense que sauf à venir d’une famille végétarienne, on tâtonne tous sur l’équilibre alimentaire 😉 Pour tes accompagnements, tu n’aimes pas les féculents ou tu n’y penses pas ? Les pommes de terre et le riz calent bien, donnent de l’énergie et vont avec presque tout !

le 07/03/2017 à 15h17 | Répondre

Podencaia

Super ton article. Je suis aussi végé et me reconnais tellement dans ce que tu écris!

le 06/03/2017 à 09h23 | Répondre

Miss Chat

J’ai l’impression de me répéter à dire à chaque fois que tes articles sont intéressants… :/
Je ne veux pas devenir végétarienne pour différentes raisons mais mon mari et moi essayons de toujours réduire notre consommation de viande (poisson et oeufs par contre, non). Ici on mange végétarien en moyenne 2 fois par semaine, ce serait bien qu’on le porte à 3 fois minimum : on adore les légumineuses mais je trouve quand même difficile de trouver des recettes végé suffisamment savoureuses, je dois dire. Riz au poivron par exemple, j’aime bien, mais ça me laisse un goût de trop peu. Du coup, on s’emballe toujours sur des recettes un peu élaborées, qui forcément prennent du temps et peuvent décourager…

le 06/03/2017 à 09h52 | Répondre

Mme Expat

Merci de ton article.

En 2000, j’ai passé 9 mois en 2000, et j’en étais revenue végétarienne (je mangeais des oeufs mais ni viande ni poisson) et sur place, c’était très simple à vivre (dans les restos, les plats végétariens étaient bien identifiés. Le retour en France a été difficile: trouver des plats végé dans les restos lyonnais à l’époque… Je m’étais remise petit à petit à remanger de la viande.

Depuis 13 ans, je suis en Allemagne et maman d’un jeune homme de 11 ans. Nous mangeons de la viande mais avons considérablement baissé notre consommation. Pour des raisons écologiques, éthiques et financières. Nous mangeons de la viande à un repas (2x maximum) par semaine, et du poisson à 1 voire 2 repas par semaine. C’est surtout mon fils qui apprécie de manger de la viande (et du poisson aussi).

Le poisson me manquerait si je n’en mangeais plus, la viande non, c’est surtout la charcuterie que j’aime mais je n’en mange que très rarement (1x par mois environ), par plaisir gustatif. Mes origines lyonnaises ressortent, parce que clairement, je suis la seule à la maison à apprécier la charcuterie (mon fils n’aime que le jambon blanc)!

Je suis généralement effarée quand je regarde dans les autres caddies au supermarché: les quantités de viande/charcuterie que les gens achètent m’affolent. Alors on limite au maximum, avant de franchir le pas du végétarisme un de ces jours.

le 06/03/2017 à 10h54 | Répondre

Flora

Très chouette article !
J’ai essayé de devenir flexitarienne il y a un an mais mon expérience a tourné court à cause de ma chute de ferritine en quelques mois (je suis souvent dans le rouge aussi mais là les niveaux frôlaient le zéro et mon corps tournait au ralenti).
Je dois dire que je manquais sans doute de motivation parce que j’aurais pu changer autres choses comme ma consommation excessive de thé ou me mettre à manger des haricots rouges à tout les repas comme mon père le faisait, mais j’ai lâchement décider de réintroduire la viande dans mon régime.
On fait plus attention à la qualité et la provenance et l’effet dissuasif du prix suffit à nous faire réduire notre consommation. Pour le moment j’essaie plus de réduire ma consommation des produits venus du bout du monde, crevettes et gambas par exemple, et pour le reste je vis bien ma vie de carnivore modérée.

le 06/03/2017 à 11h57 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Merci une fois de plus pour cet article intéressant et éclairant. Comme le commentaire précédent, je pense que j’aurais énormément de mal à me passer de viandes lors des repas chez mes parents (quand tu viens du sud ouest et surtout que j’adore le canard, c’est un peu compliqué. Après ma mère achète pas au supermarché mais à des producteurs. Au quotidien, si je suis honnête, je n’en mange pas tant que ça car je ne cuisine pas beaucoup donc ça se limite au steack ou filet de poulet. Finalement, il n’y a que là où je suis enceinte où je mange de la viande très régulièrement, mais en temps normal c’est plutôt 2 à 3 fois par semaine.

le 07/03/2017 à 09h21 | Répondre

Madame Pinpon

Bonjour Nya !
Merci pour cet article où je me retrouve beaucoup.
Fléxitarienne depuis 3 ans environ, je ne mange pas de viande chez moi ou au restaurant, mais je la mange quand je suis invitée chez des gens. Parce que je n’assume pas trop de dire non (et aussi parce que j’aime le goût, et de l’avoir sous le nez c’est plus difficile que quand on n’aime pas ça).
Je dirais que je mange de la viande une à deux fois par mois, quand je suis invitée donc. Sinon, du poisson une à deux fois par semaine.
Dans l’absolu, j’aimerais arrêter tout ainsi que le lait, car je sais la souffrance qu’il y a derrière cette industrie, mais je n’ai pas encore cette volonté. Mais en trois ans j’ai déjà fait pas mal de chemin, bien acquis, et je ne compte pas m’arrêter là 🙂

le 09/03/2017 à 09h55 | Répondre

Madame Pinpon

Ah et j’oubliais, j’ai aussi adopté certains principes vegan, comme la vérification de l’absence de tests sur animaux lors de mes achats, l’absence de cuir au maximum ainsi que de laine (surtout angora)…
Voilà voilà !

le 09/03/2017 à 09h57 | Répondre

Marina

Pour reprendre cette terminologie que je ne connaissais pas, je suis flexitarienne.Dans un premier temps, pas du tout par conscience politique ou écologique mais simplement par goût. Chez mes parents c’était cuisine traditionnelle, pas des viandards du steck saignant mais confit (Sud Ouest oblige !), blanquette, pot au feu, gigot, rôti… le genre de plats que tu fais facilement quand tu es étudiant dans ton 15 m2 hein ! Donc par nécessité et flemme, étant étudiante je me nourrissais beaucoup de plats préparés,, pâtes, riz… quand les enfants sont arrivés je me suis remise à manger plus diversifiée mais le goût de la viande m’avait passé. Je ne sais pas bien la cuisiner en fait ; mon mari et les enfants, çà ne les dérangent pas de manger un blanc de poulet, une escalope de veau, une côtelette de porc juste cuit à la poele, mais moi je trouve çà mauvais : juste de la viande morte en fait. Je me force de temps en temps mais comme je suis souvent seule à midi, je me passe de viande et je me mets à la cuisine végétarienne ; j’ai redécouvert la cuisine indienne et j’ai fait des stocks de curry de pois chiches et de dhal de lentilles faits maison et congelés. Pas de poisson non plus, je n’aime pas çà.
Et ces dernières années, comme on en parle beaucoup maintenant, j’ai découvert que mes habitudes alimentaires faisaient du bien à mes artères et à la planète donc c’est parfait !
Pour autant je me fais plaisir de temps en temps au restaurant avec… un bon tartare de boeuf bien assaisonné (non ce n’est pas de la viande morte, c’est tout frais :-D) , un magret de canard, un steack avec une bonne sauce maison…
Mais je n’ai pas plus de principes que çà : rien de vegan, pour rebondir sur le dernier commentaire de Madame Pinpon !

le 09/03/2017 à 14h02 | Répondre

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