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Se remettre sur pied après un burn out


Publié le 11 juin 2015 par Mme Alenvers

Je t’ai laissé la dernière fois alors que je sortais de chez le médecin avec mes somnifères et mon arrêt de travail, en pleurant.

Mon moral était au plus bas, surtout que mon arrêt de travail tombait en même temps que les vacances de mon manager, pendant lesquelles je devais le remplacer sur certaines tâches. Et je culpabilisais de laisser tomber mes collègues alors qu’une nouvelle période intense commençait.

Et puis je me demandais bien comment j’allais pouvoir m’occuper pendant 15 jours. 15 JOURS ! Autant dire des siècles, pour moi qui ne suis jamais restée plus de 2 jours chez moi.

Finalement, passé les premiers jours à dormir 15h, je me suis vite trouvée des activités. J’en ai profité pour prendre des rendez-vous administratifs que je repoussais depuis des mois, et pour faire toutes ces choses qui s’accumulaient sur ma liste, mais pour lesquelles je ne trouvais jamais le temps : lire des bouquins commandés il y a 6 mois, trier des photos, faire des loisirs créatifs… De quoi m’occuper pour me faire plaisir à moi, et sans obligation aucune.

À la fin des 2 semaines, j’avais récupéré physiquement, notamment de mon manque de sommeil. J’arrivais à m’endormir sans somnifère et le travail commençait à me manquer ! C’est donc reposée et motivée que j’ai repris.

Tu te dis peut-être, 15 jours de repos et elle reprend le travail ? Tout ça pour ça… Alors oui, j’ai repris le travail, mais non, ma rémission n’était pas terminée. Elle commençait juste, à vrai dire.

pages d'un livre - se remettre après un burnout

Crédits photo (creative commons) : Denise P.S.

En effet, les symptômes physiques tels que les problèmes de sommeil ou les maux de ventre, sont les plus faciles à soigner et ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Le partie immergée concerne le mental. Et pour cette dernière, j’ai été voir un psychologue spécialisé dans les Thérapies Comportementales et Cognitives (ou TCC), conseillé par mon médecin.

L’objectif de cette thérapie étant de trouver le pourquoi du comment j’ai fait un burn out. Ou pourquoi est-ce que je stresse autant, si facilement, et quelles sont les causes de ce stress. Mais ces séances avaient aussi pour but de me donner des conseils pratico-pratiques sur la gestion de mon stress au travail et sur les causes de ce stress afin d’éviter qu’un nouveau burn out se produise. Car oui, même après 15 jours de repos, je sentais que j’étais encore « fragile » et qu’un rien aurait pu me faire sombrer de nouveau.

Ayant un profil scientifique, j’ai tout de suite adhéré à ce fonctionnement très rationnel, avec des exercices à faire chez moi entre chaque rendez-vous. L’avantage indéniable du psychologue, c’est de pouvoir parler avec quelqu’un qui ne va pas te juger ou te donner de faux conseils. C’est un inconnu à qui tu peux tout dire, qui a un œil extérieur sur ta situation, et un œil de professionnel qui sait ce qu’il faut faire pour améliorer la situation. Et ça m’a aussi aidé, notamment pour mon couple, car en laissant Chéri en-dehors de mes problèmes, ça lui a aussi enlevé du stress à lui.

Le psychologue m’avait prévu environ 10 séances. À l’heure où je t’écris, soit 8 mois après mon burn out, j’en ai réalisé 7. Alors que j’étais assez dubitative sur le résultat, je me rends compte que ça m’a beaucoup aidé à me comprendre et m’a fait réfléchir sur ma vision de la vie en général. Dans mon cas, je suis une maniaque du contrôle, une vraie, qui planifie tout, tout le temps. Et dès que les choses ne se passaient pas comme prévu, j’angoissais. J’ai l’habitude de peser le pour et le contre de toutes les situations, et parfois je préférais ne pas choisir plutôt que de prendre le risque d’être déçue.

Alors le traitement pour ce problème « mental », c’est de faire attention tous les jours à mettre le contrôle de côté, et ne pas me laisser submerger par mon stress. Ce n’est pas facile, mais maintenant que je sais d’où ça vient, c’est aussi plus facile à gérer dans mon travail. J’ai pris conscience que même en faisant du mieux qu’on peut, on ne pourra jamais mette 3 litres d’eau dans une bouteille d’1 litre.

Et mon travail d’ailleurs, j’en suis où ? Je fais toujours le même travail, mais je note mes heures et je pars le soir à 18h maximum ! Je ne fais plus le travail de mes collègues, je ne réponds plus à mes emails le soir ou le weekend, et j’ai finalement eu cette fameuse promotion ! Mais désormais, je me promets à moi et à ma santé de ne pas tirer sur la corde et de revoir mes priorités. Nous ne sommes pas tous égaux face au stress, nous ne le gérons pas de la même façon, et si nous ne disons pas STOP, ce ne sont pas les autres qui le feront à notre place…

Je voudrais terminer cet article en te donnant quelques conseils si tu vois qu’un de tes proches ou collègue est sur le point de craquer :

  • Surtout, ne pas le faire culpabiliser ! Je crois que dans notre société où il faut être le meilleur partout et ne pas montrer ses faiblesses, c’est la principale raison qui nous empêche d’aller voir notre médecin à temps. Je conseillerais à cette personne de ralentir le rythme, voire prendre quelques jours de repos, en la rassurant que ce n’est pas parce qu’elle ne sera pas là que le monde arrêtera de tourner. Personne n’est indispensable. Et si c’est le cas, alors c’est un problème de ressources interne dans la société, dont seuls les managers sont responsables.
  • Si c’est quelqu’un de proche, propose-lui de sortir un soir, d’aller se détendre, de faire du sport, une activité entre amis. Les personnes en burn out ont tendance à s’isoler, il faut au contraire qu’elles sachent qu’elles ont des amis sur qui compter
  • Si c’est un(e) collègue, essaye d’en parler à son manager. C’est pas ce qu’il y a de plus facile car on n’a pas envie de passer pour celui ou celle qui se mêle de ce qui ne le regarde pas… Mais en même temps en imaginant le pire, il vaut mieux prévenir, car on ne pourra rien faire pour guérir.
  • Et si la personne est déjà en arrêt, prends de ses nouvelles ! Peut-être qu’elle angoisse de son retour au travail : lui montrer que quelqu’un s’inquiète pour elle la rassurera.

Et toi, tu as vécu un burn out ? Comment l’as-tu surmonté ? Tu as eu à accompagner une personne en burn out ? Viens en discuter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Je me reconnais totalement dans la source de mon burn out au niveau de ton témoignage. A la différence près, que je ne pense pas pouvoir me considérer complètement guérie tant que je n’aurais pas changé de travail. Comme toi, je note mes heures, je fais juste ce qu’on me demande sans essayer d’en faire plus.

le 11/06/2015 à 09h10 | Répondre

Mme Alenvers

c’est vrai que j’ai la chance de vraiment aimer mon travail et que l’ambiance avec mes collègues est très sympa, c’est principalement ce qui fait que je tient encore debout à l’heure actuelle. La même pression et charge de travail dans un climat désagréable ce ne serait vraiment pas possible. Je te souhaite de retrouver un travail ou tu puisses t’épanouir

le 11/06/2015 à 21h03 | Répondre

Virginie

tu ne parles pas beaucoup de ton conjoint, comment a-t-il vécu ça ?
C’était ma grande angoisse en fait, que mon conjoint pense que je ne puisse pas assurer sur tous les fronts. En réalité, c’est lui qui a fini par me dire « stopppppppp !!! »

le 11/06/2015 à 11h43 | Répondre

Mme Alenvers

Mon conjoint ne se rendait pas vraiment compte de ce qui n’allait pas, il voyait que je travaillais beaucoup mais j’évitais de trop lui en parler, quand on rentre le soir on ne parle pas trop boulot. il a commencé à s’enerver quand j’ai emmener mon téléphoen pendant notre VDN, mais en même temps comme il savais qu’il y avait une promotion à la clé il m’encourageait à bien faire mon travail. c’est vraiment quand j’ai commencé mes crises d’angoisses qu’il s’est senti tellement impuissant face à ma détresse, qu’il m’a conseillé d’aller voir le médecin pour prendre un arrêt, surtout que ca coincidait avec le début de son nouveau travail et il ne pouvait pas gerer mes angoisses et le stress de son nouveau taf.

le 11/06/2015 à 13h33 | Répondre

Madame Vélo

Ah ah je me reconnais un peu dans ta description de maniaque du contrôle. Eh bien si je peux donner un conseil basé sur mon expérience pour lâcher du lest : faire un gosse lol ! Depuis que Bébé est né je n’ai pas le choix, je suis bien obligée de revoir mes priorités, et quand t’as aucune idée de l’heure à laquelle il va manger, dormir, combien de temps, etc… bah tu peux rien planifier du tout ! C’est angoissant mais finalement t’apprends à faire avec.
« parfois je préférais ne pas choisir plutôt que de prendre le risque d’être déçue. » Là l’important c’est d’être bien entouré et d’avoir toujours quelqu’un (conjoint, parents…) qui te pousse au bon moment. Je mesure ma chance d’être bien entourée, je serais passée à côté de beaucoup de choses sinon.
En tout cas je suis ravie de voir que tu vas mieux maintenant, et merci pour ton témoignage, le burn out est un vrai fléau aujourd’hui, et encore mal compris et mal appréhendé.

le 11/06/2015 à 13h35 | Répondre

Mme Alenvers

aha, justement quand je disais que je préférais ne pas choisir, je pensais justement aux enfants 😉 c’est la raison principal pour laquelle je ne veux pas d’enfant ou que je ne me sens pas prête, il faudrait que je lache le controle vraiment et pour le moment je ne me sens pas prête, toujours ces question, et si il a un handicap, et si il meurt, et si je meurs et que je laisse un orphelin, et s’il est malheureux dans la société… et si et si ? bref je travaille dessus 🙂

le 11/06/2015 à 14h12 | Répondre

MlleMora

Bravo pour tes démarches pour retrouver la santé physique et le suivi psy, c’est certain que ça doit te faire du bien. Arriver à se comprendre soi-même c’est déjà une grosse partie du boulot pour éviter de déraper par la suite.
Plein de bonnes choses pour toi pour la suite (et bravo pour ta promotion aussi ! :))

le 12/06/2015 à 12h37 | Répondre

Virginie

C’est vrai ça, félicitations pour ta promotion !!!

le 12/06/2015 à 12h49 | Répondre

Mme Alenvers

Merciiii 🙂 et oui le psy je confirme ca m’a fait énormément de bien.

le 12/06/2015 à 18h37 | Répondre

Dine

Re coucou !
Bon tu reprends le dessus c’est super !
Dis moi en quoi consiste ton travail exactement ?
Bises

le 13/07/2015 à 10h55 | Répondre

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