Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Confinement : une histoire d’émotions


Publié le 23 avril 2020 par Joy

Chère lectrice, à mon tour, je viens ici te parler de confinement. C’est un tel changement de vie, un tel afflux d’informations, d’opinions, d’injonctions, d’avis contradictoires, qu’il est difficile de passer à côté. Par avance, je te présente mes excuses pour ce sujet mille fois ressassé et pour le côté fourre-tout de cet article.

En ce qui me concerne, ce confinement soulève plein de questions : pourquoi est-ce que ça passe comme ça, quand est-ce que ça s’arrête, et après ?, quel effet cela a t’il sur les gens… Ça me bouscule dans mes habitudes, ça me secoue, ça me fait peur.

Pour te donner une idée du contexte et comprendre mes préoccupations, mon confinement, c’est la version confortable : jardin, enfants pas encore scolarisés et gardés par le papa qui est maintenu à la maison. De mon côté, je travaille en présentiel dans un secteur relatif à la santé. Nous sommes convaincus de la nécessité de freiner la circulation du virus et nous faisons de notre mieux pour jouer le jeu. Hormis mes déplacements pour le travail, nous essayons de restreindre un maximum nos déplacements et nos contacts.

Tu constates donc que je ne suis pas confrontée à un certain nombre de problématiques parmi les plus compliquées, comme le télétravail avec enfants, la vie dans un espace confiné, la solitude, l’absence de revenus financiers ou encore la gestion de la maladie (pour l’instant).

Et pourtant…

Même si je jouis d’un grand confort, j’ai été bouleversée par l’entrée dans le confinement.

A cause de la crainte de ce virus, qui est passée de nulle le jeudi 12 mars à menace sérieuse le 16 mars.

A cause du travail. Nous avons dû décider et mettre en place une nouvelle organisation en crash, tout en essayant de sécuriser et rassurer un maximum les équipes (avec les moyens que tu sais) et en gérant les urgences qui ont explosées.

Et le corollaire de cet énorme stress, c’est la peur de ramener le virus à la maison.

A cause de l’organisation de notre nouvelle vie à la maison. Il nous a fallu quelques jours pour comprendre ce que confinement voulait réellement dire et ça a pu occasionner des tensions entre mon mari et moi.

Et enfin, à cause des gens !

HAAAAAAAAA LES GENS !!!!!!

Crédits photo (creative commons) : WikimediaImages

Voilà, ça c’était moi au début de la crise. Les autres m’ont rendue dingue. Par exemple, et la liste n’est ni rationnelle ni exhaustive : ceux qui ont mis plus longtemps que moi à comprendre qu’il fallait rester à la maison et que maintenant on ne plaisantait plus. Ceux qui prennent des libertés. Ceux qui pensent que ça ne les concerne pas. Ceux qui font la leçon aux autres. Ceux qui s’enflamment sur un sujet qu’ils ne maîtrisent pas (au hasard… la chloroquine ?). Ceux qui n’ont pas bien géré la crise. Ceux qui nous mènent en bateau.

J’ai éprouvé tellement de colère que ça m’a fait mal. J’ai été perdue à cause du torrent d’émotions que les actions des autres faisaient naître en moi. J’ai détesté ce ressenti car ce n’est pas mon habitude d’être aussi confuse. Alors, j’ai réagi pour me préserver : je me suis coupée de ce qui m’énervait, j’ai limité les infos, j’ai arrêté de réagir sur les réseaux sociaux. Je me suis recentrée sur mes proches, sur ceux que j’aime quoi qu’ils fassent.

Il m’a fallu trois semaines pour me calmer. Mes incompréhensions ne me mettent plus en fureur. J’entends les avis différents, même si je ne les accepte pas. Mieux, ils ne me blessent plus. Et put*** que ça me fait du bien.

Effet positif du confinement, j’ai retrouvé le goût de l’effort. Ainsi, j’ai arrêté de me ronger les ongles. C’est une résolution que j’avais en tête depuis longtemps mais ce sont les consignes pour limiter la transmission du virus (ne pas se toucher le visage) qui m’ont poussée à franchir le pas. Je me suis aussi mise à faire plus de sport à la maison.

J’espère que j’arriverais à maintenir ces petits progrès personnels dans le temps.

Pour finir, j’aimerais dire bravo

Chacun vit le confinement à sa façon. On parle beaucoup de ceux qui ne le respectent pas. Mais il y a plein d’autres personnes qui font de grands efforts, souvent dans l’ombre. Les soignants et toutes les professions qui continuent à travailler par obligation. Ceux qui acceptent de rester chez eux et de limiter les sorties le plus possible. Ceux qui acceptent de mettre leur activité à l’arrêt malgré la crainte de lendemains difficiles. Ceux qui prennent soin des autres et se montrent solidaires.

Tous ceux qui acceptent la situation et s’y adaptent. Je me dis que même si le confinement n’est pas aussi parfait qu’on aurait pu le rêver, c’est toujours ça de pris et que grâce à ces personnes, la crise est moins forte.

Je suis convaincue que ceux qui respectent le confinement sont en train de progresser, dans la difficulté. Ils se sont glissés sans transition dans une vie à réinventer. Ils domptent leurs peurs et leurs envies. Ils réapprennent la frustration et comment ne pas se laisser gouverner par elle.

A l’arrivée, cet épisode va leur apporter un supplément de force morale, un petit quelque chose en plus qui les différenciera. Ils peuvent être fiers d’eux. Alors bravo et merci.

Commentaires

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?