Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Cueillir ses repas : mode d’emploi


Publié le 1 septembre 2017 par Nya

Cueillir des cerises, des champignons, des pommes… En discutant avec des amies, je me suis rendue compte que cueillir des plantes en pleine nature ne coulait pas forcément de source pour tout le monde. Quand j’étais gamine, on mangeait souvent des salades de pissenlits du jardin, les cerises et abricots chipées au voisin, des épinards sauvages des montagnes (dont j’avais horreur tant c’était amer), nos propres châtaignes, les champignons en automne, l’ail des ours… Une vraie famille de glaneurs qui avait fait de la forêt son vivier (en partie, parce que j’aimais bien les speculoos et le chocolat, aussi, et ça, ça ne pousse pas dans la forêt !).

Mais quand personne ne nous a jamais expliqué comment faire, ni comment reconnaître ce qui peut être mangé sans crainte de finir aux urgences, je comprends qu’il soit facile d’être méfiant envers ces produits de la terre qui ne sont pas tout propres, prêts à consommer, bien emballés sous plastique.

Comme j’adore aller ramasser mes desserts dans la nature, je te donne quelques bases pour commencer.

Que ramasser

Le plus simple, ce sont les fruits, parce qu’ils sont en majorité bien reconnaissables :

  • pommes, poires, pêches, abricots, châtaignes, rhubarbe
  • fruits rouges comme les mûres, framboises, myrtilles, cerises

Il y a aussi les champignons, évidemment :

  • chanterelles (girolles), bolets (cèpes), cornes d’abondance, mousseron, morilles…

Et quelques plantes à mettre dans des plats salés :

  • pissenlits, oseille, épinards sauvages, orties, ail aux ours…

Attention ! Si tu as le moindre doute, abstiens-toi ou va montrer ta récolte à un pharmacien, quitte à avoir l’air bête deux minutes. Difficile de se tromper avec une pomme, mais certaines baies ressemblent fort à des myrtilles et sont toxiques… Et rien ne ressemble autant à un champignon qu’un autre champignon ! Perso, je continue les cueillettes au Canada, mais je n’ai plus touché à un seul champignon car ici, les pharmaciens ne sont d’aucune aide pour valider une récolte.

Les cerises de Virginie de mon jardin : comestibles mais le noyau est toxique. Il est important de bien se renseigner avant de manger !

Comment faire

Quand je vais me promener dans la Nature, j’ai toujours un sac plastique pour ramener les éventuelles trouvailles. Il m’arrive aussi d’aller me balader dans le but de ramasser des mûres et des myrtilles, qui poussent en abondance le long du chemin derrière chez moi. Dans ces cas-là, je me prépare mieux : chaussures fermées, pantalon et manches longues sont de rigueur pour aller dans les buissons épineux. Sans oublier l’anti-moustique et les Tupperware qui ferment bien.

Regarde bien les fruits, choisis les plus beaux, et c’est tout ! Ils seront sûrement moins beaux qu’au supermarché, un peu difformes, avec la peau plus épaisse, voire un peu sale… Mais je t’assure qu’ils seront tout aussi bons.

L’important, c’est bien les laver en rentrant. D’ailleurs, au bord des sentiers, évite les fruits au ras du chemin, probablement imprégnés d’urine de chien. Je les ramasse généralement à partir d’un mètre de haut et/ou à un mètre du chemin, pour être sûre.

De retour d’une récolte derrière chez moi l’an dernier ! En ce moment (fin juillet), c’est la saison des myrtilles et bientôt des framboises et des mûres.

Où ramasser

Un peu n’importe où. On trouve bien sûr des arbres fruitiers en forêt et à la campagne, mais aussi sur les aires d’autoroute, dans les villes… À Lyon par exemple, on trouve des figuiers le long des quais du Rhône avant le parc de Gerland, et je me souviens d’une belle brassée de poires ramassée sur une aire d’autoroute du Centre.

Tu peux ramasser les pommes tombées de l’arbre de ton voisin, ou celles encore sur l’arbre dans le champ abandonné. Mais évite les grandes récoltes dans les champs qui appartiennent manifestement à quelqu’un (même si personne ne t’en voudra de prélever deux cerises), et les exploitations agricoles sont vraiment hors limites.

Attention ! Selon les régions, et notamment pour les champignons, il arrive que les gens aient « leur coin », endroit qu’ils s’approprient par la sainte autorité de « ‘c’est moé qui l’ai trouvé en premier, vindieu » ou « mon grand-père viendait déjà ramasser ses champignons là »… Il serait mal vu d’aller piller ces endroits qui sont chasse gardée. Renseigne-toi avant auprès de gens du pays, si tu peux, sinon, plaide l’ignorance si quelqu’un débarque avec une fourche.

Comment les manger

Exactement comme les fruits du supermarché ! Mais si toi ou ta famille avez un blocage psychologique lié au fait que ces produits n’ont pas été rincés au chlore, tu peux les faire cuire. Cela éliminera les bactéries. Tu peux faire des compotes, des confitures, des tartes, des quiches, des soupes…

N’hésite pas à éplucher si tu veux, ou à faire une compote avec les fruits les plus tordus. Pour les pommes, il arrive qu’elles soient très acides : un peu de sucre dans une salade de fruits et le problème est résolu.

Et voilà ! Ce n’est pas plus compliqué que ça ! Il n’y a plus qu’à se lancer.

Toutes photos : clichés personnels

Et toi, tu aimes ramasser tes repas dans la Nature ? Tu n’oserais jamais ? Raconte-moi tout !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Claudia

Je plussoie la nécessité ne ne manger que les fruits cueillis en hauteur. Attention aux risques d’échinococcose https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chinococcose

le 01/09/2017 à 11h02 | Répondre

Nya (voir son site)

Tu fais bien de le rappeler !

le 04/09/2017 à 22h10 | Répondre

Croco

Je rajouterais à ta listes, les noix, noisettes et pignons de pin qu’on trouve souvent en forêt… ou sur les trottoirs (les pins maritimes ont la côte dans les villes balnéaires françaises) !
En revanche, pour les lieux de récoltes, en France il est interdit de ramasser quoi que ce soit sur une propriété privée sans l’accord du propriétaire (même si celui-ci vous en voudra rarement si vous ramasser quelques mûres ou fraises de bois en bord de chemin, mais les champignons, c’est une autre histoire et l’amende peut aller jusqu’à 750€ pour une récolte de moins de 10 litres, ce serait dommage). Donc privilégiez les terrains communaux de votre commune, ou les forêts publiques, sachant que certaines cueillettes peuvent être interdites par arrêté préfectoral par exemple… pas si simple ! (Autre solution : demander gentiment au voisin dont les arbres croulent sous les fruits s’il accepte que vous en cueillez quelques uns et le remercier en lui apportant un pot de compote ou de confiture fait avec la récolte, ou simplement en l’invitant à boire un café !)

le 01/09/2017 à 13h23 | Répondre

Nya (voir son site)

Je plussoie le fait de demander au voisin et surtout d’apporter quelque chose en échange : soit les fruits frais, tout bêtement (surtout si la personne est âgée), des confitures ou gâteaux, ou de l’aide pour ratisser les feuilles en automne… Chez ma mère, on a une quinzaine de châtaigniers : bien trop pour notre consommation personnelle, évidemment, ce n’est pas un problème de laisser le village en ramasser. Mais quand il faut préparer le terrain pour l’hiver et ratisser les feuilles, on n’a pas souvent d’aide :/

le 04/09/2017 à 22h09 | Répondre

Croco

C’est vrai que je n’avais même pas pensé à apporter des fruits juste cueillis au propriétaire de l’arbre, alors que je le fais pourtant tout le temps chez mes grands-parents. Il faut dire que pour le moment, le seul voisin chez qui je récupère des fruits aurait plutôt tendance à me remplir un cageot de pomme pour me le donner tout prêt… donc je préfère le remercier avec un café ou de la pâte de coing faite avec les fruits du jardin de mes parents ! (Et si notre noyer donne des noix et qu’elles ne sont pas toutes ramassées par les écureuils avant notre passage, je lui en apporterais surement quand on les aura ramassées !)

le 05/09/2017 à 09h01 | Répondre

Julie

Moi je me méfie des cueillettes en nature à cause des possibles maladies (j’ai aussi la rage en tête). Donc il suffirait de prendre en hauteur pour les éviter?
Les cueillettes de jardin sont bien évidemment courantes dans le voisinage de mes parents: ils cueillent leurs cerises et les apportent aux voisins / famille et reçoivent des coings, kiwis etc. Quand on a un arbre à la maison on en a assez d’en manger ou préparer tous les jours 😉

le 01/09/2017 à 19h53 | Répondre

Nya (voir son site)

Je suis à peu près certaine que la rage ne se transmet que par contact direct avec la salive d’un animal enragé, pas par l’intermédiaire d’un fruit qui aurait été léché par un animal. Ce qui n’empêche pas d’autres maladies, évidemment, même si avec des précautions d’usage comme bien laver, faire cuire, etc., il ne devrait pas y avoir de soucis. Mais les cueillettes entre voisins, c’est bien aussi !

le 04/09/2017 à 22h14 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?