Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’ai testé pour toi : le taï-chi


Publié le 16 juin 2016 par Kitsuné

Je suis une jeune femme (très) active, sportive, en couple, mais pour l’instant, sans enfant. J’ai la chance d’avoir un peu de temps libre. Ah oui, et je suis aussi très curieuse de nature.

Du coup, depuis quelques années, j’essaie de mettre à profit tous ces avantages pour me « cultiver ». En d’autres termes : m’occuper de moi (ça fait un peu auto-centré dit comme ça… mais j’assume !). Bref, je teste plein de « trucs » de développement personnel.

Pourquoi le taï-chi ?

Tout a commencé il y a un peu plus de deux ans : avec un boulot trépidant et physiquement éprouvant, j’ai souvent mal au ventre, mal au dos, et du mal à dormir. Je fais beaucoup de sport, mais toujours un peu la même chose : de la course à pied, de la muscu, de la natation. Monotone, et toujours « en force ».

Grande lectrice de magazines féminins, je suis alors tentée d’essayer le yoga. Développer sa souplesse, sa respiration, sa posture : bingo, exactement ce qu’il me faut !

Oui mais. Dans ma petite ville, pas facile de trouver des cours de yoga à des heures compatibles avec un travail à temps plein. Étrangement, le mardi matin à 10h, je travaille… Et le jeudi à 15h, aussi !

Qu’à cela ne tienne : à force de fureter dans les annuaires d’associations, je trouve un cours de taï-chi-chuan (« style Chen », est-il précisé), à des heures « normales » (le vendredi à 18h15). Taï-chi, yoga, c’est un peu pareil, non ? (En fait, non. PAS DU TOUT. Mais ce n’est pas grave.)

Le premier cours

J’ai suivi les conseils : je porte un pantalon large, un simple tee-shirt, et juste une paire de chaussettes (on peut aussi pratiquer pieds nus – mais ça fait froid aux pieds –, avec des ballerines ou avec des baskets). Le cours a lieu dans une ancienne salle de classe, pas très grande, et vide. Le public est assez mélangé, mais la plupart a la quarantaine passée.

Le prof m’accueille gentiment, et m’explique le déroulement de la séance. Apparemment, quand nous aurons fini l’échauffement, nous allons « faire la forme », et je risque de ne pas pouvoir tout suivre, mais ce n’est pas grave : je ferai ce que je pourrai, et ce sera bien.

Nous nous alignons en plusieurs rangs, face au prof, et c’est parti. Nous faisons de très doux mouvements d’échauffement : la tête, les épaules, les poignets… Puis les mouvements se compliquent : main sur la hanche, nous devons décrire un cercle devant nous avec l’autre bras. La main doit être positionnée d’une façon particulière.

Ça a l’air facile, mais pour faire le mouvement à la perfection, il faudrait des heures d’entraînement ! J’ai l’impression d’être une danseuse qui doit répéter le moindre geste avec précision. Pour moi qui, d’ordinaire, me préoccupe surtout de courir en respectant mon chrono, c’est nouveau… et pas désagréable.

taï-chi

Crédits photo (creative commons) : Senado Federal

Une discipline tout en maîtrise

Au fil des exercices, je comprends combien les gestes et postures sont complexes. Il s’agit notamment de bien placer son poids de corps sur l’un ou l’autre pied (au taï-chi, il n’arrive presque jamais que ton poids de corps soit « au milieu » de tes deux pieds). Les genoux doivent être bien vers l’extérieur, la main comme ceci, l’épaule comme cela.

Les mouvements sont lents, tout en maîtrise. Les pieds glissent ou frappent le sol, les mains repoussent un ennemi imaginaire, s’abaissent ou se ferment en coup de poing : c’est aussi assez ludique. Il n’est pas question explicitement de contrôler sa respiration, mais on ressent vite que c’est une obligation. Si on ne respire pas bien, c’est le point de côté assuré !

À ma grande surprise, je constate aussi que moi la grande frileuse, je n’ai pas froid. Mes mains sont même toutes chaudes, et ça, c’est super rare ! Un puriste du taï-chi te dirait peut-être que c’est l’énergie qui circule en moi… Mon côté très cartésien me pousse plutôt à penser que les mouvements amples et lents font bien circuler le sang jusque dans les extrémités (c’est un peu la même chose, au final, non ?).

« La forme »

Nous voilà arrivés au cœur du sujet : « la forme ». Qu’est-ce que c’est ? C’est une sorte de chorégraphie qui enchaîne plein de mouvements, lentement, dans un ordre précis.

Il faut savoir que le taï-chi est, à la base, un art martial : on mime en fait un combat à mains nues avec un ennemi. Pour ceux qui ont un niveau confirmé, on peut ensuite travailler avec un sabre, un bâton, etc. Mais pour moi qui débute, il s’agit d’abord de mémoriser les premiers enchaînements, et de bien exécuter les mouvements… et c’est dur !

Ça fait des années que je n’ai pas eu à mémoriser des gestes comme ça. Je suis contente, car ça fait travailler mon cerveau aussi. Placée au fond de la salle, j’imite ceux qui m’entourent. Même si je loupe quelques gestes (et plein de subtilités, j’en suis sûre), j’arrive à suivre le plus gros. C’est ludique et motivant. Je suis conquise.

À savoir : « la forme » du style Chen dure dix-huit minutes quand elle est exécutée d’une seule traite. En six mois, j’en ai appris environ cinq minutes (et encore, avec des gestes imparfaits !). Il faut donc des années de pratique pour vraiment maîtriser cette forme. Autant dire qu’on ne s’ennuie pas !

Bilan après quelques mois

J’ai commencé à prendre beaucoup de plaisir à mes séances du vendredi soir. Déjà, parce que le prof est super, pédagogue et motivant (J-No, si tu me lis : merci !), et parce que je rencontre des gens sympas et très détendus.

Mais aussi, et surtout, parce que je me sens progresser. Je travaille des tas de choses en moi qui avaient été laissées à l’abandon jusque-là : la maîtrise fine de chaque geste, la mémoire corporelle, la posture, la lenteur. À la fin d’une séance, je sens que « ça a travaillé ».

Et surtout, surtout : c’est mon sas de décompression « fin de semaine ».

Quand j’arrive (souvent à la bourre), c’est plus fort que moi, mon cerveau tourne en boucle : « Ah mince j’ai pas étendu ma lessive et d’ailleurs faut que je lave mes pulls en laine j’ai pas rappelé Maman il m’a bien gonflée au boulot celui-là et qu’est-ce que je vais faire comme gâteau pour samedi soir lundi faudra que je parte super tôt faut encore que j’appelle l’ophtalmo est-ce que j’ai donné assez de croquettes au chat… »

Et, magie, au bout de vingt ou trente minutes de taï-chi, ce qui tourne dans mon esprit, c’est : « Genoux dedans… Ah mince, encore plus dedans… Épaule basse… Genoux dedans… … Poids du corps à gauche… Lever la main… Genoux dedans… … … Genoux dedans…. …. …. … Genoux dedans… »

Bref, c’est super efficace pour vider son esprit et ré-apprendre à se concentrer.

Malheureusement, une mauvaise entorse (absolument pas due au taï-chi, je te rassure) est venue stopper net mes séances du vendredi soir. Plus tard, missions et déménagement m’ont empêchée de reprendre… Bien à regret, crois-moi. Depuis, je cherche un nouveau cours dans la ville où j’ai été mutée.

Psssst : si tu habites dans les Ardennes et que le taï-chi te tente, tu peux essayer l’IDCT ! (Article absolument non sponsorisé !)

Et toi ? Tu pratiques une activité pour te détendre ? Laquelle ? Tu as déjà essayé le taï-chi ? Viens nous raconter !

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Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Myriam

C’est intéressant de lire ton expérience parce que je n’avais pour ma part pas accroché du tout avec mes séances (un trimestre). Plusieurs raisons à cela mais la principale était un prof peu disponible. Il allait très vite, un comble pour ce sport que j’avais choisi pour sa lenteur. On m’a dit qu’il faisait ça pour se débarrasser du plus de monde possible. J’ai vite été larguée puisqu’à cause de mon travail, je ne pouvais pas assister à toutes les séances. J’en suis restée déçue, frustrée et lestée de ma cotisation annuelle ! Bonne journée

le 16/06/2016 à 12h23 | Répondre

Virginie

je plussoie ! j’ai essayé le tai chi car je cherchais un genre de gymnastique douce qui ne fasse pas trop grand mère pi un truc un peu spirituelle, qui me détende mais qui ne soit pas du yoga (j’ai essayé, je me suis ennuyée), j’ai donc tenté le tai chi. Je n’en ai fait qu’un an (j’ai déménagé 2 fois, changé de boulot, etc.) mais j’y reviendrai.
Ma prof nous faisait aussi beaucoup travailler la respiration pour bien la placer quand tu donnes les « coups » dans la forme. Et ça, ça m’a sauvé la vie lors de certains épisodes migraineux.
Par ailleurs, j’ai quelques points d’arthrose qui m’ont vraiment laissée tranquille quelques temps à la suite des cours de tai chi.

Pareil, j’arrivais en courant… et je repartais zen, recentrée. ça, c’est vraiment important. C’est l’impression de poser les valises une fois par semaine, c’est un soulagement.

le 16/06/2016 à 12h57 | Répondre

Nya (voir son site)

Je n’ai pas essayé le tai-chi mais le kung-fu, et si les disciplines n’ont pas grand chose à voir, le kung-fu prévoit aussi des enchaînements de mouvement appelés kata (plus explosifs qu’au tai-chi j’imagine) et je confirme que le cerveau n’a d’autre choix que de faire le vide pour se concentrer si on veut arriver à quelque chose !

le 16/06/2016 à 15h45 | Répondre

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