Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Comment je suis devenue écolo


Publié le 22 juillet 2019 par Padma

J’ai grandi avec l’idée du réchauffement climatique. Je me rappelle qu’à l’époque, il y a 20 ans, on prédisait 1 ou 1,5 degré de plus pour la fin du siècle. Ça me faisait peur mais je me disais aussi qu’on avait le temps, que ce serait pour mes enfants et que d’ici là, on aurait bien trouvé une solution. J’ai grandi confiante, mais j’ai toujours eu la fibre écolo. Je triais mes déchets, j’éteignais la lumière, j’économisais l’eau. J’avais l’impression que ça suffisait, et puis le quotidien était là pour me rappeler à d’autres urgences. J’étais tout de même adhérente à Greenpeace et je suivais leurs actions, de loin.

Les débuts de l’éco-anxiété

Et puis, j’ai basculé. Nicolas Hulot a démissionné, et dans son sillage, des scientifiques et des voix de tout bord se sont fait entendre de plus en plus fort. Ou en tout cas, ça a été plus dur de ne pas les écouter. J’ai commencé à lire des livres, à enchaîner les podcasts, regarder des films. Jusqu’à l’overdose.

Aujourd’hui, j’apprends à vivre avec l’idée des ces catastrophes imminentes. Et surtout, je change mon regard sur le monde, sur mon quotidien. Je me bagarre avec mon cerveau pour changer de paradigme, c’est-à-dire la façon dont il a été formaté par notre culture commune et notre éducation. C’est dur, c’est fatigant, c’est bourré de paradoxes, mais c’est aussi exaltant et libérateur. C’est de tout ça que j’aimerais parler avec toi. Est-on assez écolo si on cuisine de saison, bio, et qu’on prend de temps en temps des plats à emporter au restaurant, servis dans des barquettes en plastique à usage unique ? Est-on assez écolo si on prend les transports ou son vélo tous les jours mais qu’on prend la voiture pour se rendre au centre commercial le samedi ? Comment arrêter de culpabiliser, de penser qu’on n’en fait pas assez ? Que tout ce qu’on fait n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan (rempli de plastique) ?

Fraises

Les réponses à ces questions, je ne les ai pas vraiment. Je crois que ce qui compte vraiment, ce n’est pas d’être parfait. J’aime bien dire qu’un bon écolo est un écolo mort (et encore, sans cercueil). On ne pourra jamais avoir une vie 100 % neutre en carbone. Je ne vais pas passer mon temps à me fouetter mentalement d’avoir oublié d’éteindre mon ordinateur ou d’avoir cédé à la facilité en prenant des hamburgers au fast-food un soir de grosse flemme. J’essaie, en tout cas. À mon sens, l’écologie ne doit pas être punitive. Il n’est pas question de se priver pour devenir des ermites vivant une ascèse parfaite. Ni de culpabiliser son entourage parce qu’il n’est pas assez écolo.

Remettre du sens dans son quotidien

Non, ce qui est pour moi primordial, c’est de remettre du sens dans nos actes quotidiens. Éteindre l’auto-pilote et reprendre les rênes de nos choix, de nos modes de vie, de nos actes d’achat. Peut-être même changer deux ou trois choses à notre niveau. Et ça, ça fait un bien fou. On se sent aligné à ses valeurs. Et ça peut s’adapter au quotidien de chacun. Moi, j’aime la cuisine, et j’ai la chance d’avoir du temps pour cuisiner des petits plats à ma famille. Je choisis du bio, du local, et bien sûr de saison. J’ai des enfants et j’aime leur montrer d’où viennent les fruits et les légumes, pourquoi on ne mange pas des fraises en février et à quel point c’est génial de se réjouir de manger son premier melon de l’année. (J’ai plus de mal à fédérer les troupes au moment de la saison des choux, bizarrement.)

Je crois sincèrement qu’on peut tous faire un petit geste dans son quotidien sans se priver. Acheter ses vêtements d’occasion, passer du temps de qualité avec ses proches plutôt que d’accumuler des objets qui, sitôt le frisson de l’achat évanoui, nous encombreront. Prendre le vélo plutôt que la voiture et sentir le soleil sur sa peau ou le vent qui siffle à ses oreilles. Manger moins de viande et découvrir de nouveaux plats végétariens et réaliser qu’on peut aussi se régaler avec des légumes. Avoir un projet qui a du sens et qui participe à créer le monde dans lequel on a envie de vivre.

Récemment, j’ai mis en place un projet dans ma ville pour installer des composteurs collectifs. J’ai rencontré des habitants motivés comme moi, on est allés parler à une association, voir d’autres personnes qui en ont installé dans leur ville. On vient d’avoir la réponse : notre projet a été accepté et plébiscité par plein de gens. Et même, la mairie, qui voit à quel point ses habitants sont motivés par les questions environnementales, vient de créer un nouvel espace d’éco-pâturage avec deux mini moutons. Les initiatives se multiplient. On donne envie à d’autres de se lancer. On imagine la société qu’on voudrait et on apporte notre pierre à l’édifice. C’est enthousiasmant, libérateur et surtout, ça donne un sentiment de pouvoir que je n’ai jamais ressenti en allant voter, par exemple. J’en suis aussi terriblement fière, car je me sens utile. Je crée quelque chose qui rend service aux autres. Je suis sûre qu’on a tous envie de ressentir cela, dans son travail, dans sa vie de tous les jours. C’est un sentiment merveilleux.

Je suis intimement persuadée qu’on peut tous participer à créer un monde plus égalitaire, plus juste, plus respectueux de la nature. Et qu’on peut inspirer les autres à le faire. Je ne sais pas si ça suffira. Je sais juste qu’on n’est pas seuls, qu’on n’est pas trop petits, et qu’on a une force immense : l’espoir d’un monde meilleur.

Et toi, quelles sont les actions que tu entreprends tous les jours ? Comment mets-tu du vert dans ton quotidien ? Est-ce que toi aussi, tu te sens comme une super-héroïne quand tu oses dire « sans sac, merci » lorsque tu fais tes courses ?

Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Corentine (voir son site)

Cet article tombe à pic pour moi….
Depuis des années, je me soucie de l’environnement, du bien-être animal, etc. J’ai toujours trié, comme toi, fait gaffe à ma consommation d’énergie, etc. Mais depuis quelques mois, tout ceci a pris beaucoup plus d’ampleur. J’ai lu des articles à foison, tous plus pessimistes les uns que les autres ! Parfois, je n’en dors pas de la nuit. Je me sens prise dans une urgence que je n’avais jamais ressentie jusque-là.
J’ai deux enfants, dont un bébé, et j’ai vraiment peur pour eux. Je comprends d’ailleurs tellement ceux qui refusent d’avoir des enfants pour ne pas leur faire subir ce monde qui fonce droit dans le mur… Bref, tout ceci n’est pas joyeux et quand je vois les yeux de ma fille qui s’extasie devant un papillon j’ai juste envie de pleurer.
Sinon, au quotidien, j’ai appliqué des mesures drastiques. Je ne veux plus de plastique ! Je fabrique beaucoup depuis peu : lessive, produits d’entretien, yaourts, petits pots pour mon fils… Je me trimbale avec mes sachets et mes boîtes ^^ On dispose également d’un petit potager (par chance !), on composte et on a des poules ! En quelques semaines j’ai réduit de moitié nos déchets. Je suis contente mais je me dis que c’est tellement peu par rapport à tout le reste, aux industries, aux autres pays (la Chine et les Etats-unis bien sûr !!!!) qui ne font strictement rien. Au moins, j’ai la conscience à peu près tranquille.
Je constate un mouvement général autour de moi, tous nos proches se sentent concernés et entreprennent des petites actions au quotidien. C’est réconfortant de se dire qu’il est peut-être possible d’agir pour éviter le pire….
Merci pour ton article 🙂

le 22/07/2019 à 12h50 | Répondre

Margot

Comme toi, l’anxiété, terrible, pour les enfants, quand on les voit jouer innocemment…
Ici j’ai créé une petite amap. C’était vraiment facile avec le recul : après avoir contacté le réseau amap de ma région, j’ai eu les coordonnées de producteurs intéressés. Je leur ai écris, deux m’ont répondu. Je leur ai rendu visite et une a continué le contact. Ensuite j’ai distribué des petits flyers faits maisons tout simples dans les boîtes aux lettres de mon village pour annoncer une réunion d’information. 25 personnes sont venues, 17 ont laissé leurs coordonnées pour poursuivre l’amap. De là j’ai revu les productrices pour fixer les détails, on a refait une réunion pour créer l’asso, et la 1ère distribution de paniers a eu lieu un mois plus tard. Si quiconque veut faire un geste écolo plein de sens, on peut penser à faire ça aussi!

le 22/07/2019 à 17h24 | Répondre

Padma

C’est une excellente idée ! Nous avons une amap dans ma ville mais peut-être que tu inspireras d’autres personnes. Je n’y aurais pas pensé. Bravo à toi 🙂 !

le 22/07/2019 à 20h15 | Répondre

Padma

J’ai peur pour mes enfants aussi qui vont vivre tout ceci. C’est difficile de ne pas se décourager, et on vit tous des moments de « à quoi bon ». Le seul remède un peu efficace me semble être l’action. En tout cas c’est la seule chose qui me permet de me regarder en face.
Et je crois à la valeur de l’exemple. Certes, la France pèse pas très lourd dans la balance mais c’est aussi un pays qui rayonne largement dans le monde. Paris met en place de plus en plus d’espaces verts, et les voies cyclables se multiplient, et c’est la ville la plus visitée au monde. Peut-être va-t-on inspirer les gens au-delà de nos frontières ? Continuons d’y croire

le 22/07/2019 à 20h13 | Répondre

Margot

moi je crois comme toi à l’action pour ne pas subir et finir par déprimer complètement! J’adore le coup du composteur mais on est déjà tous équipés dans mon village! 🙂 par contre à étendre au lieu de travail peut-être, ou à la cantine de l’école?

le 23/07/2019 à 09h47 | Répondre

Padma

Moi je vis en ville et la plupart des gens vivent en appartement, et donc composter c’est compliqué. Dès septembre, on va installer trois sites. Chaque site permet de composter les déchets de 50 familles en moyenne, ce qui représente 500 kg de déchets par mois (1,5m2) qui seront revalorisés en compost. C’est fantastique déjà non ?
Si on avait plus d’initiatives dans ce genre, qui répondent à un vrai besoin, on ferait bouger les choses !

le 23/07/2019 à 15h27 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?