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Donner des ovocytes : les nombreux rendez-vous et examens


Publié le 5 juin 2017 par Kitsuné

Je t’ai laissée après le premier rendez-vous au centre de PMA. Ce jour-là, je repars avec plein d’ordonnances pour plein d’examens. Ils vont s’échelonner au cours des semaines suivantes. Je me répète, mais il ne faut pas s’y perdre ! C’est ce qui m’a le plus embêtée dans tout le processus : il faut se dépatouiller avec tout ça, et ne pas se perdre dans ce labyrinthe administratif et médical. J’aurais aimé être un peu plus « assistée » (et pourtant les secrétaires du service PMA étaient dynamiques et organisées et m’ont déjà bien aidée). S’il y a un risque qu’une donneuse abandonne en cours de route, c’est bien à cause de ça, je pense. Mais bon, il est vrai que les fonds consacrés au don d’ovocytes sont déjà bien maigres, et qu’embaucher des assistantes « spécial donneuse qui n’aime pas la paperasse » ne doit pas être leur priorité.

Bref, donc : les rendez-vous. J’ai dû me soumettre à :

  • Plein de prises de sang, pour savoir si je n’ai pas la syphilis et compagnie, et pour le caryotype, et sans doute pour plein d’autres trucs dont je ne me souviens plus.
  • Un prélèvement dans le vagin pour s’assurer que je n’ai pas d’infection à cet endroit, car ça pourrait être gênant pour la ponction.
  • Un rendez-vous avec une psychologue, pour faire le point sur mes motivations et mon état d’esprit (je t’en parle plus bas).
  • Des contrôles de l’état de mes ovaires (je détaille plus bas aussi).
  • La traditionnelle consultation chez l’anesthésiste.

Ce qui rend les choses complexes, c’est que beaucoup de ces rendez-vous se faisaient aux quatre coins de la ville, et pas dans l’hôpital lui-même. Bonjour les coups de fil et les prises de tête pour caler tout ça dans l’emploi du temps.

Rendez-vous avec la psychologue

Il s’agit d’une psychologue « spécial famille », qui consulte en ville, mais est partenaire du centre de PMA. Je suis un peu stressée à ce rendez-vous car j’ai l’impression que je vais passer un examen, que je vais devoir me justifier, et que si je suis jugée trop bizarre, je vais être recalée.

En fait, pas du tout. Ce rendez-vous est conçu pour aider et pas pour juger, pour avoir l’occasion de mettre des mots sur les différents sentiments qui peuvent survenir. La psychologue suscite la discussion autour des différents aspects du don :

  • Ma motivation première : c’est en gros ce dont je t’avais parlé dans le premier article. J’hésite un peu à mentionner que je fais cette démarche aussi pour moi, pour conserver mes propres ovocytes au cas où, mais ça n’a pas l’air de la choquer (ouf, j’ai passé le test !).
  • Le consentement du conjoint : oui, ça me reste un peu en travers de la gorge, mais je l’ai accepté.
  • Les gestes médicaux qui peuvent être douloureux comme les piqûres : bof, ça, ça ne me perturbe pas trop.
  • La façon dont j’imagine le couple qui va recevoir le don : ha, bonne question, tiens. Hé bien, j’imagine un couple qui a la peau et les cheveux plutôt clairs, puisqu’on essaie de donner les ovocytes à un couple qui ressemble à peu près à la donneuse. J’imagine qu’ils ont la trentaine, car le délai d’attente pour un don en France est de 4 à 5 ans. Et aussi qu’ils forment un couple solide, puisqu’ils ont su traverser toutes les épreuves de la PMA. Et, bien sûr, qu’ils attendent cet enfant avec beaucoup d’amour et qu’ils le chériront et s’occuperont bien de lui. Bref, c’est la famille Ricoré. Donc ils prennent probablement le petit-déjeuner dans leur jardin !

  • Ce que je pense donner exactement en faisant ce geste : c’est une excellente question, qui me fait réfléchir. Je finis par répondre que je pense donner un ingrédient essentiel, un peu comme des œufs quand on veut faire un gâteau. Et aussi une chance. Parce qu’on ne sait pas si le don aboutira bel et bien à une naissance, mais qu’au moins, on crée des chances d’avoir une naissance. Peut-être 50% de chance, peut-être 80% ou 30%, je ne sais pas, mais ce sera toujours mieux que zéro chance.

Je pose moi aussi une question à la psychologue : si à mon tour j’ai des enfants plus tard, est-ce que je dois leur parler de cette démarche ? Elle me répond que ce sera comme je voudrai, que tout dépend de ce que je veux leur transmettre, mais que si j’en parle, je dois expliquer le sens que ça a pour moi. Par exemple, si je veux leur transmettre la fibre de la générosité, cela peut avoir du sens de parler de ce don. Mais je peux aussi considérer que c’est purement mon histoire et que ça ne les regarde pas. Ça me fait réfléchir (encore), et aujourd’hui je t’avoue que je ne sais pas du tout ce que je déciderai !

Je suis sortie de ce rendez-vous très contente, avec la nette impression que j’étais vraiment au clair avec tous ces sentiments, et ça m’a donné encore plus confiance.

Rendez-vous avec une spécialiste de l’échographie pelvienne

Le but de ce rendez-vous est de voir l’état de mes ovaires en tout début de cycle, quand ils n’ont pas encore commencé à s’activer. Il doit avoir lieu entre J2 et J4 du cycle, donc le rendez-vous se prend au dernier moment (de toi à moi, j’ai un peu triché, car étant sous pilule, je savais exactement quand allaient débuter mes règles).

** Aparté n°1 : j’ai pu conserver ma contraception hormonale habituelle pendant toute la phase d’examens préalables, je l’ai juste arrêtée pour le cycle de stimulation. C’était bien pratique.**

La médecin qui va faire cet examen est LA spécialiste reconnue pour cela (je l’ai vu sur internet !). Son cabinet est dans un quartier très chic, et quand je lis les tarifs affichés dans la salle d’attente, je manque de m’évanouir : 158€ l’échographie pelvienne ! Heureusement, pour les prises en charge à 100% comme moi, le tarif conventionné de 58€ est respecté. Là, je suis vraiment bien contente d’avoir tous mes papiers à jour.

Au début de l’examen, elle passe la sonde sur mon ventre et me confirme que j’ai bien deux ovaires (cool !). Puis, elle m’envoie retirer ma protection hygiénique pour pouvoir réaliser l’échographie vaginale, c’est-à-dire en mettant une sonde dans mon vagin. Gloups. Je ne m’attendais pas à ça. D’autant que cela se passe le jour où mes règles sont les plus abondantes, et quand je sors des toilettes, je stresse complètement à l’idée que ma culotte va être trempée de sang en deux secondes (en fait non, ouf, car je n’en avais pas pris une de rechange).

** Aparté n°2 : si un jour tu dois réaliser ce type d’examen, n’oublie pas d’emporter des protections et une culotte de rechange, au cas où.**

Je fais la connaissance de la sonde vaginale, ce magnifique objet qui ressemble à un gros godemiché en métal froid, recouvert d’un genre de capote mal ajustée, et de vaseline toute froide. Mais quand le médecin l’introduit dans le vagin, ça ne fait pas le même effet qu’un godemiché. Bref. La médecin, imperturbable et peu bavarde, pressée aussi il me semble (faut dire que c’est pas avec des patientes comme moi qu’elle va s’enrichir), farfouille dans mon ventre avec son pseudo-gode, ce qui n’est pas très agréable car j’ai du garder la vessie pleine. Elle m’explique que les taches noires et blanches qu’on voit, là, ce sont mes ovaires avec plein de mini-follicules prêts à se développer.

Crédit : Wikimedia Commons

Ça ressemble à ça, des ovaires vu par échographie. Ce ne sont pas les miens, hein, c’est juste un exemple. Quoique j’aurais du mal à faire la différence !

Alors là, je suis scotchée : c’est gros comme ça, un ovaire ? Et c’est visible à l’œil nu, un follicule ? Je pensais qu’un ovaire était gros comme, je ne sais pas moi, un pépin de pomme. Et que les follicules étaient microscopiques. Je le dis naïvement à la médecin. Elle sourit (tiens, ça fait plaisir de la voir sourir), et elle me répond qu’un ovaire est en effet gros comme une amande, et que les follicules sont, eux, gros comme des pépins. Donc visibles à l’œil nu. Je reste bouche bée et je me sens un peu con (salut, j’ai 30 ans et je découvre mon corps. HEM).

… et un petit cadeau pour la route

Sur ce, l’examen est fini, voilà, je dois arrêter de scruter mes organes sur l’écran et me rhabiller. Avant de partir, alors que je bataille avec mes X-papiers (la prise en charge à 100% … l’ordonnance … la carte Vitale …), la secrétaire me tend un petit dossier cartonné, papier glacé, très classe. Je l’ouvre, intriguée, et je manque d’éclater de rire : ce sont les échographies de mes ovaires ! Le cabinet fait d’habitude des échographies obstétricales et remet aux patientes les échographies de leur bébé, c’est sympa, c’est un beau souvenir. Moi, on me donne la photo de ces machins avec des points noirs ! Comme ça, si je veux revivre ce moment intense, je pourrai toujours les regarder un petit coup plus tard, haha. (Je te laisse imaginer la tête de mon mari quand je suis rentrée en lui disant : « Chéri, tu veux voir une photo de mes ovaires ? ». Énorme).

La prochaine fois, on entrera dans le vif du sujet : le traitement de stimulation !

Et toi, as-tu déjà fait des échographies de ce type ? Rassure-moi, toi non plus tu ne savais pas quelle était la taille réelle d’un ovaire ?

Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

Flora (voir son site)

Aaah la joie des écho endo-vaginal ! Je n’ai pas été surprise par la taille des ovaires, mais moi j’ignorais qu’il y avait plein de follicules dans les starting blocks chaque mois. Je devais dormir en cours de SVT ou on ne me l’a jamais appris…
Merci pour ce récit détaillé ça fait réfléchir, et pour le fou rire famille ricoré aussi 😉

le 05/06/2017 à 13h03 | Répondre

Kitsuné

On devrait avoir droit à des cours de rattrapage en SVT quand on arrive à 25-30 ans !!

le 05/06/2017 à 15h26 | Répondre

Chaperon Rouge

Ca m a fait rire et d’une façon rappelé de « bons » souvenirs de la pma 🙂
Alors, déjà: Je suis TROP d accord!!! J avais pas retenu tt ca du cours sur la sexualité! Alors est ce que cest parce qu’on passe la majeure partie du cycle a ricaner betement, ou parce que le programme effleure juste la chose, mais en arrivant en pma j’ai appris des milliards de truc sur le cycle féminin et la reproduction.
Pour la paperasse: Ca ne m a pas tant perturbé, mais en même temps on avait pas la même « échéance »: Moi c’était pour le faire ce bb, donc on m aurait demandé d apprendre a peindre avec les pieds pour ca je l airai fait sans sourciller. J avais une pochette a soufflets avec: Devant, les papiers « recurents » (sécu, 100%, mutuelle, carte vitale etc), ensuite les exams « a faire », puis « résultats » puis « protocole » et enfin « ordonnances »
Pour ma part mon centre PMA/CECOS est a paris et j’habite dans les Yvelines. Donc j’ai plutôt apprécié de pouvoir faire les examens chez les spécialistes de mon choix, a proximité. Par contre une fois le protocole lancé je devais faire les examens de surveillance a l hôpital.

Pour Sarah: Une prise de sang « avant » pour vérifier toutes les maladies comme en début de grossesse (syphilis, vih, rubéole etc) et mesurer je ne sais plus quels taux d hormones qui donnent une idée de la reserve ovarienne. Ensuite PENDANT le protocole, vers la moitié du cycle, tu dois faire écho et pds pour vérifier que les follicules grossissent ET mûrissent. Cest renouvelé tous les 2 jours juska ce que tu sois prête a être ponctionnée. J’en avais eu 3 ou 4 je crois.

le 10/06/2017 à 13h55 | Répondre

Claire Gezillig

J’ai appris plein de choses de ce genre seulement quand j’ai commencé à m’intéresser à comment on fait des bébés dans les détails parce que ça n’avait pas l’air de venir chez nous… donc ça ne m’étonne pas que tu ne savais pas. Je pense que beaucoup de choses ne nous parlent pas encore en cours de SVT donc on n’écoute pas vraiment… Et en plus, on doit passer vite là-dessus…
Merci encore une fois de tes articles complets 🙂

le 05/06/2017 à 13h10 | Répondre

Kitsuné

Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule ignorante à ce sujet 😊

le 05/06/2017 à 15h44 | Répondre

Claire (voir son site)

Merci pour tes articles très complets. Au moins, ça permet de savoir vraiment comment ça se passe 🙂 Et sympa la photo de tes ovaires un beau souvenir 😉

le 05/06/2017 à 15h00 | Répondre

Kitsuné

Moui Claire je t’avoue que je ne l’ai pas gardé. … C’est un peu bizarre quand même 😂

le 05/06/2017 à 15h45 | Répondre

Sarah (voir son site)

Haha l’écho endo vaginale j’y ai le droit pour contrôler que mon stérilet est bien en place. Rien à voir avec un god surtout la délicatesse du médecin 😉
Tu as la liste précise du nombre d’examens et prises de sang que tu as du faire?
Je réfléchi de plus en plus à faire un don mais je suis phobique du sang donc …

le 05/06/2017 à 17h10 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Comme les précédents articles, je suis ravie de lire tous les détails. Je crois que l’on n’imagine jamais vraiment tous les détails.
Merci.

le 05/06/2017 à 20h10 | Répondre

MlleMora

Toujours super intéressant ! Ton chéri a aimé la photo de tes ovaires ? 😀

le 06/06/2017 à 14h10 | Répondre

Floconnette

J’aimerais bien donner mes ovocytes mais j’admets que la lourdeur de la démarche me fait peur. J’ai déjà 2 enfants donc je connais les joies des examens types échographies mais pas du tout le processus de stimulation et toute la paperasse qui va avec. J’ai un peu peur que ça me prenne trop de temps à courir faire les examens à droite et àa gauche. C’est dommage car ça dissuade pas mal de candidates je pense….
En tout cas j’aime bien lire tes articles car ça me rend le processus plus concret et me fait me poser beaucoup de questions!

le 06/06/2017 à 22h15 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

C’est intéressant comment tu reviens sur tous ces détails. Vraiment merci de prendre le temps d’écrire tous ces articles pour chaque étape. Cela permet vraiment de visualiser la démarche!
Je te rassure, je ne savais pas non plus que c’était visible à l’œil nu les follicules (les ovaires, ça ne m’avait jamais traversé l’esprit mais ça ne m’étonne pas).
Merci pour tes apartés très intéressants et importants également.
Et ça ne m’étonne pas vraiment la photo des ovaires, quand tu vas faire une radio ou un scanner, tu repars avec les photos, non?

le 07/06/2017 à 14h26 | Répondre

mllelili

Merci pour tes articles, ils sont top.
Le cheminement me parait clairement long et difficile pour tester « la motivation » des candidates, non?

le 09/06/2017 à 21h41 | Répondre

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