Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Donner des ovocytes : mon bilan


Publié le 5 juillet 2017 par Kitsuné

Voilà, je t’ai raconté tout le déroulement de cette aventure. Je vais maintenant te parler de mon ressenti global, et du bilan que j’en tire aujourd’hui (cela fait trois mois que la ponction a eu lieu).

Une démarche assez facile

Dans les quelques mois qui ont précédé le don, Dieu sait que je me suis inquiétée de l’impact que ça aurait sur mon boulot, du regard des autres, etc. Et pourtant, bizarrement, quand je repense à tout cela aujourd’hui, j’ai l’impression que c’était facile. Avec trois mois de recul, je me rends compte que ce n’était pas grand chose : quelques heures d’absence au boulot, facilement compensées. Pas de réflexions pénibles, pas de questions gênantes, pas de problème, en fait.

D’ailleurs, j’envisage sérieusement de faire un deuxième don, d’ici 2 ou 3 ans (on peut donner deux fois dans sa vie).

Crédit photo : Joe Lodge – Flick

En parler, ne pas en parler ?

Voilà une grande question : à qui parler de la démarche de don ? A mon mari, évidemment (puisque de toute manière il doit signer un consentement écrit comme je l’ai déjà expliqué). Mais au-delà ? J’ai choisi d’abord de n’en parler à personne, tant que je n’étais pas sûre que ça se ferait. Ce n’est que quand j’ai reçu les ordonnances pour commencer le traitement que j’ai commencé à m’en ouvrir (timidement) aux autres :

  • à ma sœur qui est médecin, d’abord, mine-de-rien-comme-ça-au-détour-d’une-conversation. Elle m’a discrètement dit que « c’était bien » et m’a dit y penser aussi pour elle.
  • à la pharmacienne, quand je suis allée chercher mes traitements. C’est dingue comme elle et son équipe sont devenus gentils et souriants quand ils m’ont sorti le Fertistart ! et encore plus quand je leur ai dit « ce n’est pas pour moi, c’est pour un don » (oui parce que le personnel de santé, à la vue ce type de produits, pense que tu essaies de tomber enceinte, et donc ils ont toujours un mot gentil d’encouragement).
  • à ma petite sœur qui vivait chez nous à cette période, un peu avant de commencer les piqûres. Forcément, quand il y a un produit qui s’appelle « Ovitrelle » stocké dans le frigo et qu’une junkie se pique tous les soirs dans son canapé, c’est difficile de garder le secret !
  • à mes parents, enfin, après de longues hésitations. Un soir au téléphone, alors que les piqûres avaient déjà débuté, ma mère m’a demandé « quoi de neuf ? », et je me suis dit que c’était quand même assez important pour que je partage cela avec elle.

Ce qui m’a un peu frustrée, c’est de ne pas pouvoir raconter tout mon ressenti au fur et à mesure du projet. Non pas que j’ai été en train de faire un truc de fou, je veux dire, je n’ai quand même pas sauvé le monde. Mais j’étais assez excitée et contente et j’avais envie d’en parler ! Et je me sentais gênée. Mon mari m’écoutait mais tout cela ne le concernait pas directement donc je n’insistais pas trop. Et puis, dire « mes ovaires » trois fois par minute dans une conversation, on est d’accord, ça ne met pas à l’aise. C’est en partie pour cette raison que je suis contente de tout te raconter ici !

Et les remerciements ?

Tu vas me dire : « Quoi, des remerciements, comment cela ? On ne fait pas le don de manière purement désintéressée ? » Bah, oui et non. De toi à moi, je ne crois pas trop au don « 100% désintéressé », je crois qu’on cherche toujours quelque chose en échange, ne serait-ce que dans l’image qu’on a de soi. Les remerciements, je crois que je les attendais inconsciemment, et ça tombe bien, j’en ai reçus :

  • Déjà, la loi me permet de conserver gratuitement des ovocytes jusqu’à mes 43 ans, et ça c’est quand même un sacré remerciement. Je ne l’oublie pas.
  • Ensuite, l’équipe médicale m’a dit plusieurs fois « merci » au cours du processus : le premier médecin, la sage-femme qui m’a suivie, l’interne qui a fait la ponction. Un mot simple, sans chichi, mais qui m’est allé droit au cœur. Je sais que l’équipe est au contact direct des couples qui sont en souffrance d’enfant. Je sais que ce merci, en fait, il vient directement du « merci » que pensent ces couples. C’est cela que j’avais besoin d’entendre.
  • Enfin, au boulot, j’ai été amenée à parler de ma démarche à deux hommes qui, hasard, avaient eu recours à la PMA. Ils m’ont dit discrètement ce « merci pour eux », qui là encore m’a encouragée et re-boostée.

Est-ce que ça a marché ?

Oui, le don a « marché », puisque j’ai produit des ovocytes en nombre suffisant. Mais est-ce qu’un ou plusieurs embryons ont bien été conçus, est-ce qu’un embryon s’est bien accroché dans le ventre de sa maman, je n’en sais rien, et je n’en saurai jamais rien, et c’est aussi bien comme ça.

Dans l’immédiat après-don, j’ai eu quelques remords d’avoir gardé des ovocytes pour moi : si j’avais tout donné, ça aurait pu en faire 5 de plus pour un couple en souffrance, soit 5 chances de plus d’avoir un embryon viable. Et puis, j’ai décidé que ce n’était pas grave, car j’en ai effectivement donné 5 ou 6, et apparemment (parole de copine étant passée par la PMA), c’est bien assez pour obtenir un ou deux embryons viables.

D’ailleurs, je me suis même construit une histoire : j’imagine que deux embryons ont été conçus (oui parce mes ovocytes c’est du matériau de qualité, oui oui parfaitement). Ils ont tous deux été implantés et se sont bien accrochés (c’est normal, ils ont des gènes de guerrière, héhé). Aujourd’hui, leur maman est enceinte de trois mois et elle est heureuse. Les parents ne le savent pas encore, mais ce sont deux petits garçons (oui moi je le sais déjà, c’est mon intuition haha). Ils vont naître à une date qui, c’est drôle, est très symbolique pour moi, car c’est la date anniversaire de plusieurs décès très douloureux dans ma famille. Ils auront les yeux bleus et, avec leurs parents, ils prendront leur petit-déjeuner dans le jardin comme une parfaite petite famille Ricoré. Peut-être qu’un jour on se croisera dans la rue sans le savoir, c’est rigolo.

Crédit photo : Obra Shalom Campo Grande sur Flickr

Et maintenant ?

Et maintenant, je vais moi-même tenter de faire un enfant bientôt. Le don m’a donné envie de me lancer un peu plus tôt que prévu, et mon mari est partant. Finalement, ça a été une excellente introduction au monde de la maternité.

Je pense parfois aux jumeaux qui grandissent tranquillement dans le ventre de leur maman Ricoré (oui, j’y crois à mon histoire ! il est permis d’avoir de l’imagination non ?). Je les encourage par la pensée à bien grandir, à prendre des forces. Les jours où je suis déprimée, découragée, je pense à eux, et je me dis qu’il y a quand même de bonnes choses qui arrivent sur cette terre.

Au final, ce que je retiens de tout cela, c’est que parfois dans la vie, on assiste impuissant à des drames et c’est terrible. Mais parfois aussi, on a l’occasion de prendre une part active à un petit miracle, et franchement, y a-t-il une plus belle revanche à prendre sur cette chienne de vie ?

Crédit photo : Pexels

Le mot de la fin

Si tu as lu ce récit jusqu’au bout, et si tu envisages toi aussi le don d’ovocytes, je ne peux que t’encourager à te lancer.

Tout d’abord parce que c’est une vraie bonne action, ça c’est sûr. Contribuer à la naissance d’un enfant, y a-t-il quelque chose de plus essentiel, de plus évidemment bon ?

Ensuite parce que ce n’est pas aussi difficile que ça en a l’air. J’avais des appréhensions et comme je l’écris plus haut, elles se sont révélées infondées. Avec le recul, c’est carrément gérable.

Enfin, et ça te concerne surtout si tu n’as pas encore d’enfants, parce que ça te permet de conserver des ovocytes bien frais, bien pêchus, pour plus tard, au cas où. On ne sait jamais ce qui peut se passer. C’est une chance de plus que tu te donnes de devenir mère à ton tour, plus tard.

En attendant, je souhaite beaucoup de courage à tous les couples qui attendent de devenir eux aussi une vraie famille Ricoré.

Et toi, penses-tu faire un don comme celui-là un jour ? Mon récit a-t-il éclairci les choses pour toi ? Penses-tu qu’il faut en parler autour de soi ? Viens me donner ton avis ci-dessous !

Commentaires

34   Commentaires Laisser un commentaire ?

Anna Tout Court

Tu m’as mis les larmes aux yeux <3

MERCI POUR EUX!

le 05/07/2017 à 11h17 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Merci pour cet article et même toute la série d’articles que tu as fait.
Merci pour ton don qui aura dans tous les cas donné du bonheur à un couple et peut-être même une famille Ricorée 😉
Merci de sensibiliser tous les lecteurs à ce don.
De mon côté, je donnerai sûrement un jour, après avoir eu 2 enfants. Tes articles m’ont conforté dans mon idée.
Et je te souhaite à toi aussi, une belle famille Ricorée dans le futur (proche).

le 05/07/2017 à 12h30 | Répondre

Kitsuné

C’est super Mme Bobette ! je suis contente d’avoir contribué à ta réflexion. Je te souhaite une excellente continuation.

le 06/07/2017 à 11h19 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour ton témoignage et cette série d’articles passionnante 🙂

le 05/07/2017 à 13h06 | Répondre

Kitsuné

Je suis contente que ça intéresse d’autres personnes que moi … pas évident de raconter tout ça 😉

le 06/07/2017 à 11h19 | Répondre

Cricri2j

Merci pour ces séries d articles très intéressants!!
Je trouve extraordinaire ce don de soi et cette générosité car j en serai moi-même incapable.
Je n arrive pas à imaginer que des enfants biologiques vivent sans que je les connaisse ou que mes filles aient des frères et sœurs dont on ignore l existence. Je serai hantée par ces doutes toute ma vie.
Donc bravo à toi pour donner une chance aux parents qui en ont besoin. Et merci pour eux 🙂

le 05/07/2017 à 13h22 | Répondre

Kitsuné

Hé oui Cricri il y a un petit doute qui subsistera en moi toute ma vie … mais je t’avoue que ça ne me perturbe pas plus que ça, au contraire je trouve que c’est un petit mystère plutôt rigolo (pour moi j’entends). Je ne sais pas du tout si j’en parlerai à mes enfants. Peut-être que non …

le 06/07/2017 à 11h21 | Répondre

Emilie

A mon grand regret c’est un don que je n’ai pas pu faire car avant la modification de la loi il fallait avoir déjà eu un enfant pour pouvoir donner et cet enfant je ne l’avais pas.
Je suis devenue mère à 35 ans. En théorie il me restait 2 ans. En pratique je ne l’ai plus aussi ardemment souhaité.
Ton point du vue sur le sujet une fois que tu seras devenue mère toi-même m’intéressera beaucoup.
En tous cas bravo pour ta démarche et bonne chance pour la suite.

le 05/07/2017 à 14h59 | Répondre

Kitsuné

C’est entendu Émilie, si nous accueillons un enfant bientôt je reviendrai vous dire ce que ça a changé dans ma vision de toute cette aventure …

le 10/07/2017 à 12h25 | Répondre

Elisabeth

Je n’ai plus l’âge de le faire, mais j’ai eu le plaisir de donner mon lait pour le lactarium car j’avais largement de quoi nourrir mon fils …. et même trop.
C’est une démarche que j’aurais pu avoir, bravo de t’être lancée et je te souhaite une grossesse parfaite !

le 05/07/2017 à 17h54 | Répondre

Nathalie

Merci pour ces articles !

Que deviennent les ovocytes gardés pour toi si tu ne les utilises pas ? Sont-ils remis dans la banque de dons ?

le 06/07/2017 à 07h52 | Répondre

Kitsuné

Je dois, chaque année, renouveler mon consentement pour qu’ils soient conservés. Si je ne réponds pas ou si j’arrive à 43 ans, ils seront détruits (ils ne peuvent pas être utilisés sans mon consentement).
Je crois que je peux aussi les remettre dans le circuit du don.

le 10/07/2017 à 12h26 | Répondre

LnEnza

Merci pour ce beau témoignage que j’ai suivi avec grand intérêt du début à la fin, et qui viens encore de m’émouvoir jusqu’aux larmes. Je suis actuellement enceinte de mon deuxième enfant, et tu m’as donné fortement à réfléchir, je crois que je vais me lancer dans cette expérience aussi dans quelques temps. Je suis moi même un bébé que mes parents ont attendu très longtemps et qui est arrivé après pas mal de difficultés et je n’avais jamais pensé au don d’ovocytes mais je pense que ce serait une belle façon pour moi de boucler la boucle et de faire quelque chose d’utile pour quelqu’un d’autre. Surtout que j’ai dans mon entourage pas mal de gens qui sont passés par la PMA et qui ont vécu des moments très difficiles. Encore merci d’avoir partagé cela avec nous.

le 06/07/2017 à 10h17 | Répondre

Kitsuné

Merci pour ce gentil commentaire LnEnza. Je ne peux que t’encourager à sauter le pas … comme je le dis plus haut, ce n’est pas si terrible et en effet c’est une jolie façon de « renvoyer l’ascenseur » à une société qui nous aide quand on en a besoin.

le 10/07/2017 à 12h28 | Répondre

Croco

Je vais prendre le contre-pied de tout le monde sur ce site, mais je ne suis pas persuadée que « contribuer à la naissance d’un enfant, [il n’y a rien] de plus évidemment bon ». Oui, un enfant, c’est merveilleux, mais est-ce idéal de donner volontairement naissance à un enfant qui ne connaitra jamais l’un de ses parents biologiques ? Qui se demendra peut-être plus tard, à qui il ressemble vraiment ? Je ne doute pas que les parents qui ont recours à la PMA aiment leurs enfants d’un amour aussi fort que les parents biologiques. Mais ne seraient-ils pas capables d’aimer aussi fort un enfant adopté, ou même placé (je sais, les démarches d’adoptions sont longues et difficiles, et devenir famille d’accueil est souvent plus difficile psychologiquement pour les couples car l’enfant reste généralement en contact avec au moins une partie de sa famille biologique, mais je trouve que c’est un beau geste, car ces enfants ont vraiment besoin d’être entourés).
Personnellement, c’est ce que je voulais faire si je ne pouvais pas avoir d’enfant naturellement avec mon mari. J’ai la chance d’avoir un petit garçon magnifique et d’attendre un deuxième enfant, mais je garde toujours dans la tête la possibilité de devenir famille d’accueil plus tard, quand nos enfants biologiques seront plus grands.

le 06/07/2017 à 11h55 | Répondre

Elodie

Je trouve ton commentaire un peu dur voire déplacé. Je ne vois pas comment on peu comparer le fait d’être famille d’accueil ( qui est en soi un magnifique geste!), l’adoption et la maternité, j’entends par là, la grossesse, la naissance etc

C’est aux couples infertiles de faire leur choix, certains se tourneront directement vers l’adoption, d’autres vers la PMA.
Je ne pense pas qu’on puisse vraiment dire ce qu’on ferait si on avait pas d’enfant, parfois le besoin de maternité est viscéral et quand on n’y est pas confronté, on ne sait pas ce que c’est.

Je précise que je n’ai pas de souci de fertilité, je suis enceinte de 8 mois et ça a marché de suite, mais je me mets à la place des femmes qui rencontrent des soucis et je me dis que ton commentaire pourrait être blessant.

le 07/07/2017 à 02h59 | Répondre

Croco

Le but de mon commentaire n’est pas de blesser qui que ce soit, mais d’ouvrir le débat (ce que j’aime sur les blogs comme SNT, c’est justement qu’on y trouve des avis contradictoires).
Contrairement à toi, je suis sure que si nous avions été infertiles, nous n’aurions pas fait le choix de la PMA. Parce que nous en avons longuement discuté avant de lancer les essais bébés (et même avant le mariage), et que, pour toutes les raisons que je donne dans mon commentaire précédent, ça ne nous paraissait pas être le meilleur choix. Mais je pense que beaucoup de couples ne se posent pas la question, et je trouve ça un peu dommage. Après, je ne reprocherais jamais à quelqu’un d’avoir eu recours à la PMA (tout comme je ne reprocherais pas à une maman de ne pas avoir allaité, alors que mon choix a été de le faire). Chacun fait ses choix avec son histoire et ses convictions à un moment donné. Mais je pense qu’il est toujours utile d’avoir des points de vue contradictoires.

le 07/07/2017 à 09h45 | Répondre

Loreleï

Pour ma part je fais les 2 démarches, PMA et Adoption et je peux te dire que ce n’est vraiment pas le même combat. Aujourd’hui l’adoption est quasi impossible, en france c’est zéro chance et à l’etranger c’est 5 à 10 ans d’attente. Je suis convaincue que si la science existe c’est pour faire ce genre de choses : donner la vie à ceux qui ne peuvent le faire naturellement et autres miracles. la PMA va nous faire patienter 3 ans , long chemin aussi…

le 07/07/2017 à 14h01 | Répondre

Croco

J’ai bien conscience de la difficulté du parcours d’adoption (je connais plusieurs couples qui ont adopté ou sont en démarche), et même devenir « simplement » famille d’accueil demande des démarches pas toujours faciles et des concessions. Mais je trouve que se sont des démarches altruistes alors que la PMA est à mon sens égoïste (mais certains me rétorquerons que donner naissance à un enfant dans notre société actuelle est égoïste, et se n’est pas mon ressenti). Je ne dis pas que j’ai raison, je voulais juste exprimer mon ressenti, d’autant plus qu’en lisant les commentaires aux différents article de Kitsune sur le sujet, je n’ai vu qu’une avalanche de commentaire encourageant la démarche du don d’ovocyte (après, je ne remets pas en cause la volonté de Kitsuné de faire un geste altruiste, et à la limite ma réflexion s’adresse presque plus aux couples qui se posent la question d’avoir recours à la PMA qu’aux femmes qui envisagent le don d’ovocytes, mais c’est cet article qui m’a fait réagir, peut-être justement parce que je me suis dit que Kitsune risquait moins de se sentir agressée qu’une jeune femme en plein parcours de PMA).

le 07/07/2017 à 16h49 |

Elodie

Je ne suis pas certaine que l’adoption soit une démarche altruiste, la démarche est également faite pour combler le désir d’enfant…à l’initiative de la démarche il y’a, il me semble dans la plupart des cas, plus un désir d’enfant qu’une envie de « sauver » un enfant.
Quant aux conséquences, celles de l’adoption peuvent également être très mal vécues par l’enfant ou le jeune adulte adopté. Chacun réagi avec son ressenti.
Tout dépend aussi de la place qu’on accorde au biologique.
Pour moi, un papa, une maman, ce sont ceux qui se lèvent la nuit, qui te guident tout au long de ta vie, qui t’aiment pour ce que tu es etc
Donc un couple, qui a attendu 9 mois un bébé, qui s’en occupe depuis sa naissance etc même si cette grossesse est issue d’un don pour moi ils sont parents à 100%. Ils avaient besoin d’un coup de pouce, c’est tout.

le 08/07/2017 à 00h04 | Répondre

pitch

D’un côté je comprends ta réflexion Croco puisque personnellement, sans avoir essayé d’avoir des enfants pour le moment je me demande si je ne préférerais pas directement adopter… (mais je reconnais que l’adoption n’est aucunement altruiste, c’est tout autant égoiste que les autres facon de vouloir un enfant, puisque la volonté même de vouloir un enfant est égoiste pour répondre à une envie personnelle des futurs parents … ) mais en même temps, rien que par rapport aux délais pour l’adoption (sans parler du fait que certaines femmes ont envie de connaitre les joies et les désagréments de la grossesse et de l’accouchement), je comprends aussi que certains couples préfèrent la PMA. Donc d’une facon toute à fait égoiste, je me dis que plus ilm y aura de donneurs, moins les temps pour la PMA selon long et donc moins il y aura de couple qui voudront adopter, et donc je pourrais adopter plus facilement 😉 Pour le reste, c’est le choix de tout à chacun et je ne pense pas que personne ne puisse juger du choix d’un couple.

le 08/07/2017 à 07h26 |

Croco

Pour ce qui est de la motivation à l’adoption, le désir d’enfant est surement majoritaire, mais parfois, c’est bien la volonté de « sauver un enfant » qui domine (je connais des familles ayant déjà des enfants naturels qui ont adoptées).
Ensuite, évidement, les questions d’identité sont souvent difficiles pour les enfants adoptés, mais à priori, les parents n’ont pas décidés d’avoir un enfant pour l’abandonner (encore que dans certains pays, ce n’est pas forcément évidents car ça peut être un moyen de gagner de l’argent, sans parler des trafics d’enfant). Ce que je veux dire par là, c’est qu’en principe, l’enfant a été abandonné, donc il a besoin d’être adopté, alors que dans la PMA, on fabrique volontairement un enfant qui ne connaitra pas l’un de ses parents biologiques. Mais encore une fois, je ne donne que mon point de vue, en fonction de mon vécu, mon éducation, mes réflexions… et je comprends très bien que d’autre en ait un autre.

le 10/07/2017 à 09h46 |

Flora (voir son site)

Un projet parental est par définition égoïste. Quand on décide de prendre un enfant sous son aile qu’on ait la chance de pouvoir le faire sous la couette, que ce soit un bébé éprouvette, qu’on ait besoin d’un don anonyme ou qu’on passe par l’adoption ne change rien au fait que c’est avant tout une envie de parentalité à l’origine ! Une amie en procédure d’adoption m’a raconté qu’à la réunion d’information on leur avait dit texto : « que ceux qui sont là pour sauver le monde prennent la porte » parce qu’il faut beaucoup de bonne volonté pour supporter les contraintes qu’apportent un enfant et ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire par altruisme.

La grande différence entre un enfant par don d’ovocyte et un bébé accouché sous X (ce qui est le st graal de l’adoption) est les 9 mois de grossesse. Les 9 mois que l’enfant passe dans le ventre de sa maman et la relation qui en découle est un temps irrattrapable (et ça vient de quelqu’un qui n’aime pas du tout être enceinte). Si une famille désire connaître ça, ce n’est pas vraiment remplaçable par l’adoption même si on ne considérait pas les délais d’attente.

Si tu as des penchants vers l’adoption c’est TON projet (et encore je trouve que c’est trop facile de dire ça en ayant jamais été confronté à la situation), il faut comprendre que ce n’est juste pas le cas d’autres personnes et qu’on ne peut pas formuler des jugements de valeur sur ce genre de choix si personnel…

le 13/07/2017 à 12h03 |

Kitsuné

Croco, permets-moi de répondre à ta question par plusieurs points.
1. Oui il y a une part d’égoïsme dans la PMA, comme dans l’adoption, comme dans l’enfantement « naturel », et même dans le don que j’ai fait, ce que je reconnais sans fausse honte. Nous ne sommes que des humains et nos motivations sont toujours complexes, je ne crois pas du tout aux gestes « purement altruistes » (de même que les croyants disent que le seul amour vraiment pur est l’amour divin, et que les amours des humains sont forcément un peu teintées d’égoïsme et d’envie). Mais faut-il qu’un geste soit 100% altruiste pour être vraiment bon ? Quand je vais donner mon sang au lieu d’assister à une réunion qui m’emm…., est-ce que ce don a moins de valeur ?
2. Est-ce qu’un enfant né de la PMA a moins de chance d’être heureux qu’un autre ? Je pense que non, que dirais même que comme il a été voulu par un couple solide (il faut être solide quand on traverse la PMA) et qui avait un vrai projet d’enfant, il sera plus à l’abri que d’autres qui seront nés sans être désirés ou de parents qui ne s’entendent plus. Certes, cela complique un peu la notion d’identité, mais demande à n’importe quel psy, il te dira que la notion d’identité et de relation avec nos parents est toujours source de questionnements voire de souffrance.
3. Je pense qu’il est important que le don soit anonyme pour éviter que les donneurs et les receveurs ne se mettent en relation, relation qui peut devenir toxique (imagine la pression que je pourrais leur mettre, imagine si je commence à leur réclamer de l’argent, ou si je les envahis et que je m’approprie le bébé). Cependant, je ne suis pas du tout contre la levée de l’anonymat quand le bébé aura 18 ans. Je ne me cache pas du tout de mon geste, et si le futur enfant a des questions, j’y répondrais sans gêne …
4. Que ce soit bien clair : je ne suis PAS la mère biologique de cet enfant. Je ne l’ai pas vu, pas porté, pas enfanté, pas senti, je ne sais même pas s’il existe. Je sui la « pourvoyeuse de petite graine », ou si tu préfères, la « fournisseuse d’ingrédients »? en aucun cas je ne suis la cuisinière. Pour moi il est très clair que la mère biologique est la femme qui l’aura porté 9 mois et qui l’aura mis au monde. Moi, je n’ai donné qu’une cellule ! il en faut plus pour devenir mère quand même ! Dans tous les cas je refuse totalement qu’on m’appelle « la mère biologique » de cet enfant.

Et enfin, je comprends que l’on puisse se poser des questions, quitte à remettre en question l’opinion majoritaire, mais il ne faut pas juger de motivations des uns et des autres : »bonnes » ou « mauvaises », tout cela est tellement subjectif… on ne demande jamais à un couple qui enfante sans problème si leurs motivations sont bonnes … (et pourtant, parfois, il y a de quoi se poser des questions !!).

le 10/07/2017 à 12h54 | Répondre

Croco

Moi, on m’a demandé pourquoi je voulais des enfants (oui, j’ai des amis qui pensent que donner naissance à un enfant dans le monde actuel est une aberration, et ça ne m’empêche pas de les apprécier et réciproquement), et surtout, plus important à mes yeux, je me suis posé la question.
Et oui, je pense aussi qu’un geste n’est jamais purement altruiste (j’aime d’ailleurs beaucoup ta référence à Mère Térésa dans un autre commentaire), mais cela n’empêche pas de préférer ce qui nous semble le moins égoïste. Après, je comprends très bien que certaines personnes ne voient aucun égoïsme dans la PMA. L’important pour moi, c’est de se poser la question.

le 10/07/2017 à 13h31 | Répondre

Amelie

J’ai suivi tous tes articles sur le sujet car je m’interroge beaucoup.
Ma gynécologue m’avait proposé de le faire et alors que je donne mon sang, suis inscrite comme donneuse de moelle et donneuse d’organes, l’idée de donner mes ovocytes m’a mise mal à l’aise.
Je n’ai pas compris pourquoi alors j’y ai réfléchis et lire ton témoignage me donne des pistes.
La différence je crois c’est que je suis déjà maman et que quand elle m’a parlé de donner des ovocytes j’ai imaginé ma propre fille chez des inconnus…
j’ai aussi imaginé me retourner sur des enfants dans la rue en me demandant si ce n’était pas lui ou elle (et je n’imaginais pas ça drôle mais angoissant)
Alors oui, c’est stupide mais c’est ce que j’ai ressenti.
Et j’ai une question l’aurais tu fait s’il n’y avait pas eu la possibilité de conserver des ovocytes?
Ce n’est pas une question piège, dans mon cas si j’avais donné je n’aurai pas gardé d’ovocyte puisque j’ai déjà mes enfants, je voulais savoir si honnêtement des femmes se lançaient là dedans sans contre-partie (je pense aussi que faire avancer des amis dans une liste d’attente à un don est une contre-partie).
En tous cas merci beaucoup c’était très intéressant.

le 06/07/2017 à 21h43 | Répondre

Kitsuné

Amélie je ne pense pas que ton ressenti soit stupide ! Il n’y a pas de ressenti stupide, ni bon ou mauvais. C’est un peu « particulier » de donner des ovocytes, personne ne le nie, et il n’y a aucune obligation de se sentir à l’aise avec cela.
Dans cet article je souhaite surtout encourager celles qui sont attirées par la démarche mais ont des appréhensions que j’appellerais « injustifiées » (les contraintes, les douleurs).
Et pour répondre à ta question, non je pense que je n’aurais pas donné sans avoir la contrepartie de conserver des ovocytes pour moi. D’abord parce que je n’aurais pas osé m’absenter du travail pour cela (alors que là, d’une certaine manière, je me donne le droit de repousser une future grossesse pour préserver ma carrière). Et aussi parce que j’aurais eu peur de paraître trop bizarre dans les yeux des autres. J’ai l’impression que, cette démarche ayant aussi un but personnel, elle apparaît moins comme un geste « fou ». Dans le fond il est probable que tout le monde s’en fiche, mais pour moi, ça avait son importance.
C’est bien pour cela que je dis que les motivations sont toujours complexes, pas forcément rationnelles, et pas toujorus compréhensibles !
Mais j’ai entendu une fois une interview de Mère Térésa. La personne lui demandait : »J’ai l’impression que je ne cherche à faire le bien que pour me racheter, que pour me donner bonne conscience, et non par pur altruisme. Qu’en pensez-vous ? » et mère Térésa a répondu « Ecoute mon petit, on s’en fiche, fais le bien, c’est tout, et ne te pose pas 50 questions ». Donc VOILA 😉

le 10/07/2017 à 13h06 | Répondre

Waten

Pour réagir au dernier commentaire de Croco, je trouve également ce principe de don très généreux mais je ne suis pas du tout à l’aise avec le côté anonyme.
Je me suis toujours dit que si j’étais dans cette situation, je préférerais solliciter un don de quelqu’un de ma famille, ou bien adopter. Et inversement si ma sœur avait des difficultés à avoir un enfant, je serait prête à lui faire un don d’ovocyte : elle aurait quand même un lien biologique avec l’enfant, les grands-parents du bébé seraient réellement ses grands-parents biologiques, etc.

le 06/07/2017 à 21h50 | Répondre

Cassandre

Wasten, je crois qu’il est impossible de faire un don « ciblé ». Tu pourrais faire un don d’ovocyte pour que ta soeur ait accès plus rapidement au don et remonte dans les listes d’attente, par exemple, mais tu ne pourrais pas faire un don « pour » ta soeur. Tant mieux aussi sans doute…Imagine la dette de l’une envers l’autre, la difficulté pour la maman ayant porté l’enfant de se sentir vraiment mère, les conflits possibles entre la mère « biologique » et la mère ayant reçu le don, le trouble que cela peut entraîner chez l’enfant…Je me dis qu’à ce niveau là, la loi est sans doute bien pensée…

le 09/07/2017 à 02h03 | Répondre

Kitsuné

Je comprends Waten. Parce que c’est vrai que dans nos sociétés, le lien génétique (le lien « du sang ») est très valorisé.
Pour ma part, je relativise:
– D’abord parce que dans mon histoire personnelle, je me rends compte que mes ancêtres « biologiques » (mes grands-parents) sont finalement des gens dont je sais très peu de choses, qui auraient presque pu être des inconnus pour moi. Finalement je ne sais pas grand chose des gens qui m’ont légué leurs gènes. Et en fait, ça ne me fait ni chaud ni froid … alors bon …
– Et aussi parce que j’ai connu des familles (en France ou ailleurs) où le lien du sang n’était pas du tout le plus important et où un enfant appelait sans problème « maman » la femme qui l’avait élevé, mais qui n’était pas sa mère biologique (ni légale). J’ai vu des exemples qui fonctionnaient bien, alors ça m’a fait relativiser …

le 10/07/2017 à 13h12 | Répondre

Loreleï

Un grand MERCI !!!! moi même j’attends impatiemment qu’une bonne âme donne ses ovocytes pour combler mon bonheur ! heureusement que cela existe !! merci merci merci

le 07/07/2017 à 13h56 | Répondre

Kitsuné

J’espère que ça viendra vite Loreleï ! Je t’envoie tout mon soutien !

le 10/07/2017 à 13h12 | Répondre

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