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Donner des ovocytes : pourquoi ?


Publié le 23 mai 2017 par Kitsuné

Aujourd’hui, je viens te parler d’un projet un peu spécial que j’ai mené à bien le mois dernier : j’ai donné des ovocytes.

Pourquoi j’en parle ici ? Parce que ce type de don est très méconnu, alors que le besoin est immense : en France, il n’y a que 550 dons chaque année, pour 2800 couples en attente. Et que, si j’en ai eu connaissance, et si je me suis motivée pour le faire, c’est parce que j’avais lu ici l’article de Caro, donneuse, et ceux de Mme Arwen (dans Sous Notre Toit), receveuse. Bref, c’est de ce blog qu’est venue l’inspiration, alors je me dis que j’allais peut-être réussir à convaincre 2 ou 3 femmes de plus en écrivant ces articles !

Crédit : tunaolger – Pixabay

Donner : une habitude

Enfant, j’ai toujours vu mes parents aller donner leur sang et leurs plaquettes. Dès mes 18 ans, j’ai fait de même. Je me suis aussi inscrite sur le fichier des donneurs de moelle osseuse, et j’ai ma carte de donneur d’organe. Je donne de l’argent, aussi, à différentes associations. C’est qui est un peu différent certes, mais dans mon esprit, c’est la même démarche : quand on a la chance d’être à l’aise et bien portant, on peut la partager un petit peu avec les autres. Bref, je me suis construite comme ça. Je ne sais même pas si j’en suis fière, ça me paraît tout simplement nécessaire pour donner un peu de sens à ma vie.

Au départ : un désir d’enfant

En 2014-2015, Chéri et moi décidons de faire un enfant. Youpi, hourra, trop bien, je ne suis que joie. Sauf que. Au bout d’à peine 3 mois, je pars en stage à l’autre bout de la France, et je ne reviens que les week-ends. Et quand mon stage se termine, paf, je suis mutée dans une autre ville, et là aussi on ne se voit que les week-ends. Bilan : presque 11 mois d’essais et pas de grossesse. Rien de très surprenant, car en fait, on n’a vraiment eu que 3 mois d’essais (même si dans nos esprits ça faisait presque un an qu’on attendait). Je t’épargne mes doutes affreux, les « je suis peut-être stérile », « je le sens, on n’aura jamais d’enfant », « et pis si je tombe enceinte je suis sûre que je vais faire une fausse couche », etc., que j’ai ressassé tous les soirs dans mon lit comme une bécasse.

Du coup, comme j’aime bien me faire du mal, euh pardon m’informer, j’ai commencé à regarder plein de sites sur la maternité. Avec des témoignages de femmes devant avoir recours à la FIV. Voir à un don d’ovocytes. Voir à l’adoption. Voir, qui renoncent tout court à fonder une famille (oui, quand je broie du noir, je ne fais pas les choses à moitié). Et je me pose plein de questions : et nous, comment allons-nous faire ? Est-ce que nous faisons partie des couples infertiles sans le savoir encore ? Est-ce que nous devrons renoncer à avoir des enfants ?

Dans le même temps, je vois se profiler pour moi un poste à responsabilité, que j’occuperais pour une durée de 2 ans. Très intéressant. Mais très prenant. Le genre de poste où il ne faut pas espérer faire moins de 50 heures par semaine, mais qui compte triple dans une carrière. Et de toute façon, je n’ai pas le choix, les règles RH font que je dois prendre ce poste. Je le prends donc. Et j’annonce à Chéri, la mort dans l’âme, que je souhaite qu’on repousse le projet bébé, car je veux me consacrer au boulot et je ne me sens pas de cumuler ce poste avec une maternité.

Crois-moi, j’ai bien pleuré à cause de cette décision. Bien, bien pleuré. Mais bizarrement, je ne la regrette pas. Tu vas peut-être me trouver affreuse de dire cela, mais je suis plutôt contente de m’être donnée les moyens de vivre ce poste à fond. Clairement, c’est un peu égoïste. Mais ça me convient bien.

Le déclic

Et puis, peu de temps après, je réalise que je vais avoir 30 ans. 30 ans !! Mamma mia ! moi qui m’étais toujours jurée de devenir mère avant mes 30 ans ! Et que je re-pleure dans mon lit le soir, etc.

Mais quelque chose a fait « tilt » dans ma tête. 30 ans : l’âge où la fertilité commence à diminuer lentement, mais sûrement. En ce moment, j’ai des ovaires sans doute en pleine forme, et je ne les exploite pas ! Quel gâchis ! Alors que je pourrais faire prélever ces ovocytes afin qu’ils fassent naître un enfant. Pas mon enfant, mais un enfant quand même. Et si jamais je ne peux pas avoir d’enfant plus tard (ne m’en veux pas, quand j’ai une idée fixe pessimiste, je n’arrive pas à me l’ôter de la tête), je pourrais me dire que j’ai quand même contribué un petit peu au cycle de la vie, toussa toussa (hé oui, j’ai beau assumer mon côté égoïste, j’ai quand même besoin de l’équilibrer un peu en me disant que j’œuvre au bien commun).

Crédit photo : Pixabay – Belleza87

Une jolie image d’œuf fécondé, image que je gardais en tête pour me motiver avant le don !

Une rapide visite sur Internet me le confirme : depuis 2016, la loi française autorise les femmes n’ayant pas eu d’enfant à donner des ovocytes (je dis « donner des ovocytes » et pas « donner ses ovocytes », parce qu’on ne donne pas tout son stock, loin de là, on n’en donne qu’une infime partie !). Ça ne me semble pas hyper contraignant, en tout cas bien moins contraignant qu’une grossesse. Et, si je suis une bonne productrice, j’ai même la possibilité de congeler des ovocytes pour moi-même dans le futur (tu sais, si jamais on n’arrive pas à avoir d’enfant, etc., etc., oui ce foutu pessimisme est toujours là). C’est une façon « éthique » de rémunérer la donneuse. Donnant-donnant, en quelque sorte.

Ça me paraît honnête. Ça me paraît bien. Ça me paraît même super bien. Après une autre fameuse soirée passée à pleurer dans mon lit parce je-ne-sais-pas-si-je-réussirai-à-avoir-des-enfants-un-jour, j’envoie un mail à l’adresse citée sur le site internet. Le lendemain, une secrétaire très gentille me rappelle et me fixe un RDV pour 4 mois plus tard. Bon ben … voilà, c’est parti !

Et toi, as-tu eu des choix cornéliens à faire entre ta carrière et ton désir d’enfant ? As-tu déjà entendu parler du don d’ovocytes ? Raconte-nous !

Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

J’ai vraiment hâte que tu nous en dises plus. C’est vraiment un sujet qui m’intéresse et donc on ne parle pas assez je trouve.
Est ce que le premier rdv est toujours aussi tard (peut être pour laisser le temps de la réflexion) ou est ce lié à l’endroit où tu as pris rdv ?

le 23/05/2017 à 08h53 | Répondre

Kitsuné

Non la longue attente est dûe à la faible disponibilité des médecins, qui souvent se partagent entre plusieurs hôpitaux / cliniques / cabinets… Le temps de réflexion intervient après ce rendez-vous.

le 25/05/2017 à 08h12 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Je trouve ton cheminement hyper intéressant et original aussi (jusqu’ici je n’avais lu que des témoignages de donneuses déjà mères). J’ai hâte de lire la suite !

le 23/05/2017 à 09h15 | Répondre

Kitsuné

Moi non plus je n’avais lu aucun témoignage de nullipares ! Hé bien finalement je peux te dire que ça fait une bonne « introduction » à la maternité (en tout cas c’est mon ressenti).

le 25/05/2017 à 08h13 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

J’ai hâte aussi de connaître la suite. C’est quelque chose que je souhaite faire et en même temps j’ai quelques appréhension. J’en parlerai sûrement avec ma gynéco une fois que j’aurai eu mon deuxième enfant. Et comme le dit Die Franzoesin, c’est assez atypique de donner avant d’être mère! Je suis curieuse de la suite. As-tu pu également parrainer un couple?

le 23/05/2017 à 11h42 | Répondre

Kitsuné

Non je n’ai parrainé personne. .. Mais à la limite je préfère rester complètement dans l’anonymat pour éviter le côté « ils me sont redevables vu que je les ai aidés à remonter dans la liste » etc. Ici je reste complètement dans l’imaginaire, le fantasme même, et ça me va très bien 😊

le 25/05/2017 à 08h16 | Répondre

Emmy

J’ai hâte de connaître la suite, je me suis renseignée il y à peu et ça m’a semblé tellement compliqué et contraignant … j’espère que tu m’enlèveras cette idée de la tête ! 😉
Je suis moi aussi dans l’attente « du moment propice » pour faire un bébé et je suis un peu dans le même état d’esprit que toi …
Vite, vite, la suite !

le 23/05/2017 à 12h17 | Répondre

Kitsuné

Rassure toi Emmy, j’avais les mêmes appréhensions surtout vu mon travail où je suis hyper sollicitée. .. Et bien c’est passé comme une lettre à la poste ! Aujourd’hui avec le recul je me demande bien de quoi j’avais peur car franchement ça se passe bien.

le 25/05/2017 à 08h19 | Répondre

Miss Chat

J’hésite actuellement à faire un don d’ovocytes… J’ai encore un bout de sentiment qui me reste que biologiquement ce sont « mes » enfants, au même titre que les miens (mes « vrais » enfants, ceux que j’ai eus avec mon mari). A côté de ça, c’est un tel bonheur d’avoir des enfants que j’ai envie de pouvoir offrir ça à un autre couple !
Je me réjouis donc de lire un autre témoignage sur le sujet, qui ne pourra que m’encourager à franchir le pas 😉

le 24/05/2017 à 13h03 | Répondre

Kitsuné

Miss Chat, ici il y a qql chose d’important, c’est que tu ne sais pas si les ovocytes que tu donnes seront bien fécondés, si un embryon va bien se développer etc. Si ça se trouve ça ne donne rien (mais tu ne le sauras pas). Mais c’est vrai que quelque part, je considère que j’ai « un peu fait un enfant ». Même si ce ne sera pas « mon enfant », j’aurai contribué à sa naissance. Comme quand j’étais gamine et que je cassais les oeufs dans le gâteau : même si ma mère faisait tout le reste, c’était quand même un tout petit peu mon gâteau 😉

le 25/05/2017 à 08h24 | Répondre

Claire (voir son site)

Merci beaucoup pour ton témoignage. J’avoue que je bloque un peu psychologiquement pour le don d’ovocyte alors que je suis inscrite sur le registre des donneur de moelle.
J’ai hâte de lire la suite en tout cas.

le 24/05/2017 à 23h45 | Répondre

Kitsuné

C’est vrai que symboliquement, c’est autre chose. .. Mais au final maintenant que c’est passé, ça ne me perturbe pas plus que ça… Ça se fait bien tout compte fait !

le 25/05/2017 à 08h26 | Répondre

Floconnette

Bonjour,
J’aimerais bien faire un don. Cependant j’ai peur de la lourdeur du protocole, tant au niveau administratif et organisationnel (j’ai 2 enfants et je travaille, je n’ai pas le temps d’aller à bcp de rdv médicaux et j’habite à 50km de la grande ville la plus proche), qu’au niveau traitements (je suis ultra sensible aux hormones et j’ai peur de mal vivre la stimulation.)
J’ai aussi lu que la ponction pouvait être très douloureuse dans un témoignage récent sur un blog de maternité. Je n’ai pas encore osé franchir le pas mais à plus de 30 ans je devrais me dépêcher pour donner « encore jeune ».

le 25/05/2017 à 14h51 | Répondre

Flora

J’ai récemment fait une stimulation et une ponction pour notre propre projet parental et franchement c’était lourd et plutôt douloureux. Si on m’avait demandé de refaire ça deux mois plus tard pour nous ou pour un don, je n’aurais pas pu. Mais maintenant que j’en entrevois les résultats, je ne le regrette pas une seconde et dès que mon corps me le permettra j’y retourne pour un don !

le 26/05/2017 à 14h53 | Répondre

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