Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mes douleurs, mes allergies, la vie et moi – Partie 1


Publié le 26 février 2019 par Madame Givrée

Avant-propos : cet article va parler de mon expérience en tant que personne lambda qui n’a aucune connaissance ou expérience médicale. Je ne prétends pas avoir plus de connaissances que le monde médical, et je ne t’encourage pas à faire comme moi sans être suivie de près par un.e spécialiste. 

Coucou ! Moi, je suis la fille pénible, celle qui demande « la-feuille-info-allergènes-s’il-vous-plait » en tout premier au restaurant, qui fait attention à tout ce qui passe par sa bouche, qui prévoit deux ou trois choses à grignoter dans son sac quand elle va quelque part, « au cas où », celle qui ne mange jamais la même chose que les autres. En somme, la fille que tu n’oses plus inviter tant la liste de ses allergies et intolérances alimentaires est longue.

Source : Free-Photos

Je n’ai pas toujours été comme ça, ah ça non. Avant, je mangeais de tout.

Avant, j’étais plutôt la nana triste qui avait toujours mal quelque part. Celle qui essaie de ne pas se plaindre mais qui finit toujours par être agaçante parce que ses maux de tête chroniques lui gâchent la vie. J’avais des problèmes de peau, mais j’avais aussi plein de problèmes de vie réelle et, puisque personne ne trouvait d’où venaient ces plaques qui envahissaient mes cheveux, mon dos, mes hanches, mon ventre, mes cuisses… on avait fini par conclure que c’était psychologique. Le mal-être qui transpire par tous les pores, ou un truc comme ça. D’ailleurs, j’avais aussi pris pas mal de poids en peu de temps. Mais comme on n’arrive pas à avoir un enfant, c’était sûrement parce que je remplissais mon corps d’autre chose, à défaut d’être enceinte (psychologie de comptoir, bonjour !). Heureusement, tous ces petits maux du quotidien étaient temporaires et intermittents.

Et puis un jour…

Un jour, les douleurs sont venues et restées pour de bon. Je suppose qu’on peut dire qu’il y avait eu des signes avant coureurs, et qu’on les avait simplement ignorés ! Un matin, je me suis levée, et la nuit de sommeil n’avait pas suffi à dissiper la douleur qui irradiait tout mon crâne. Et puis ça a duré. Une semaine, un mois, trois mois. Bien sûr, je ne suis pas restée sans rien faire. On a cherché la cause. Était-ce hormonal ? Mes articulations me jouaient-elles des tours ? Mes sinusites à répétition y étaient-elles pour quelque chose, avais-je besoin de lunettes, ou fallait-il chercher plus loin, plus profond, plus grave ?

J’ai fait vérifier ma vue (et commandé des lunettes), vu une étiopathe (ça m’a soulagée, temporairement), des ostéopathes, un acupuncteur, une homéopathe, un phytothérapeute, la médecin généraliste, passé des radios, une IRM… Mais on ne trouvait rien de rien. Et en attendant, j’avais mal.

Source : StockSnap

Tic, tac, le mal de tête a continué. Le reste du monde a abandonné. Six mois, huit mois, un an… Un an et demi… Un an et demi à avoir l’impression que ta tête va exploser, que tu es incapable de faire le moindre geste sans souffrir, crois-moi, c’est long !

Et puis un jour, comme ça, entre le lave-vaisselle et la porte de la cuisine, une cousine m’a dit : « tiens c’est marrant, tes symptômes, ce sont exactement ceux que j’avais avant de découvrir que j’avais des intolérances alimentaires ! »

Intolérances alimentaires ? C’est quoi ce truc ?

Pour faire simple, rapide, et sûrement très peu scientifique, une intolérance alimentaire, c’est une hypersensibilité à un aliment. On appelle ça aussi une « allergie retardée ». Ton corps a perdu (ou n’a jamais eu) la capacité de digérer un aliment donné, et donc il réagit à l’exposition à cet aliment par des troubles. J’ai retenu que les troubles les plus courants sont de trois ordres : les troubles digestifs (ballonnements, constipation, diarrhées, sensation de malaise…), les troubles cutanés (eczéma, psoriasis, croûtes, urticaire,…) et les « douleurs » (maux de tête, fatigue chronique, rhumatismes, douleurs articulaires, problèmes circulatoires…)

Bien sûr, on en parle de plus en plus, donc le terrain n’était pas tout à fait inconnu pour moi. Et ces intolérances alimentaires sont de plus en plus décriées : le mode de détection n’est pas reconnu par la communauté scientifique, les bénéfices d’un régime à éviction ne sont pas prouvés, et tout cela contribue à nourrir une industrie « parallèle » qui laisse une grande partie de la population dubitative. Tout ça, je t’en parlerai dans un autre article.

Source : www_slon_pics

Aujourd’hui ce qui m’intéresse, c’est de te parler de mon vécu personnel sur le sujet. Parce que quand j’ai fait mes recherches, je me suis quand même beaucoup retrouvée dans les listes de troubles que je trouvais sur des sites plus ou moins sérieux sur Internet.

Ce que m’a dit ma cousine m’a fait réfléchir : j’ai déjà un très gros terrain allergique. Mes allergies respiratoires sont assez communes (acariens, pollens de bouleau, salive de chat…), mes allergies cutanées provoquent toujours une réaction surprise quand j’en parle (pour n’en citer que quelques unes, je réagis très mal aux huiles d’argan, d’amande douce ou d’olive par exemple – la liste est longue, validée par l’allergologue et pas forcément intéressante donc je vais fermer ici la parenthèse). Finalement, le seul domaine de ma vie qui n’était pas impacté par mes allergies, c’était l’alimentation. Ce qui semblait un peu bizarre, quand on y pense.

Oh, bien sûr, j’avais fait un urticaire géant en mangeant des fruits de mer une fois, et j’avais tendance à m’en méfier depuis. Et puis pareil pour les fraises. Sans oublier que mes lèvres ont tendance à gonfler quand je mange de l’œuf. Mais pour être tout à fait honnête avec toi, ce faisceau d’indices m’était passé totalement au-dessus de la tête.

Et donc, qu’est-ce que tu as fait ?

Deux choses. Déjà, j’étais en cours de suivi pour mes allergies (nombreuses et envahissantes, si tu as bien suivi), donc j’en ai parlé à l’allergologue et on a élargi le champ de tests. Parallèlement à ça, j’en ai parlé à un médecin généraliste que je vois parfois, qui est aussi homéopathe, ostéopathe, et phytothérapeute et qui m’a conseillé de compléter les tests allergie avec une prise de sang à envoyer à un laboratoire spécialisé pour tester cette fois-ci non plus mes allergies mais mes intolérances alimentaires.

C’est relativement simple : tu commandes un kit auprès du laboratoire, et quand tu le reçois, tu fais prélever ton sang par un.e infirmièr.e ou au laboratoire près de chez toi, et tu renvoies les tubes par la Poste. Tu reçois les résultats sous un mois maximum.

En ce qui me concerne, les résultats sont arrivés au même moment que mes tests d’allergie actualisés.

Bon, je t’ai un peu spoilée dès le premier paragraphe puisque j’ai dit que j’étais la femme qui ne mange rien comme tout le monde. Mais pour connaître mes résultats, comment ils ont changé ma vie, et ce qu’en pensent la communauté scientifique ainsi que mon entourage, il faudra attendre le prochain article.

Tu as déjà été confrontée à la question ? Viens nous en parler dans les commentaires !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Nathalie (voir son site)

Une migraine de 1 an 1/2… Je peine à imaginer tant 3 jours suffisent à me mettre à plat.

J’espère que du coup tous ces tests et changements ont permis d’arranger les choses :/

le 26/02/2019 à 07h48 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

C’était horrible ! Et puis pour améliorer les choses, je suis prof d’anglais : paie la gestion de classes de 30 élèves en langue étrangère avec une migraine permanente 😔. Il m’est arrivé plus d’une fois de débarquer au milieu de la matinée en larmes dans le bureau de ma chef pour lui dire que je n’en pouvais plus et que je rentrais chez moi… C’était insupportable par moments. Mais, oui, ça va mieux 😉

le 26/02/2019 à 18h02 | Répondre

Pippa (voir son site)

Quelle histoire…

Mon ex souffrait régulièrement de migraines et prenait des anti-histaminiques car il pensait que c’était une allergie au pollen. Il a subi ça des années avant de se décider à revoir un allergologue. Résultat ? Intolérance au lactose, dont la digestion provoquait des gaz irritant qui remontait dans ses cloisons nasales (sinusites à répétition et maux de tête).

J’espère que tu as une solution gérable à présent, ne pas savoir mettre de mot sur ses maux, c’est éprouvant.

le 26/02/2019 à 09h25 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Je vois très bien de quoi tu veux parler ! Oui, de mon côté, j’ai pu mettre pas mal de choses en place pour que ça aille mieux.

le 26/02/2019 à 18h03 | Répondre

Virg

Une amie avait des coliques à répétion, je ne te fais pas de dessin quant à l’handicap au quotidien et aux aspects gênants. Après maintes recherches, rien, c’est dans la tête. Sauf que depuis qu’elle a arrêté la pillule, tous ses problèmes ont disparu …
Quant aux intolérances, je te conseille un bouquin très très bien écrit et pédagogue sur le système digestif « le charme discret de l’intestin ». On y apprend qu’absolument tout se joue sur les premières années de vie. Plus tu mangeras varié, plus ton intestin apprendra à digérer en construisant les enzymes adéquats (en tout cas, c’est l’idée). Pour le lactose, c’est tout simplement que ces enzymes ont une durée de vie plus ou moins longue car nous ne sommes pas biologiquement programmés pour manger autant de laitage toute notre vie.
J’ai lu ça avant ma grossesse, du coup je fais manger ma fille le plus diversifié possible tant qu’elle est encore cool sur la nourriture. Autant lui donner les armes quand c’est possible.
En fait, en règle général, je trouve qu’il y a un vrai déficit d’information sur ce type de sujet pourtant hyper important au quotidien. L’exemple le plus énorme étant la réapparition du scorbut aux Etats-Unis. Ça veut dire que des gens ne mangent pas du tout de vitamines C !

le 26/02/2019 à 11h00 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Merci pour le conseil lecture ! Je connais déjà ce livre mais je suis certaine que ton commentaire sera utile à d’autres lectrices qui ne l’ont pas encore découvert.

le 26/02/2019 à 18h04 | Répondre

La parenthèse psy (voir son site)

Dans ton article, je retrouve beaucoup de symptôme de mon compagnon. Depuis que je le connais, il enchaîne les insomnies, les migraines, les maux de ventre, un rhume qui ne se termine jamais, des éternuements à n’en plus finir.. Autant te dire qu’il était à bonne école: je suis psy et ses parents médecins. Combo psychée-corps. Aujourd’hui après divers RDV ORL, allergologue, scanner en tout genre, prise de sang, etc… on ne trouve rien. Et comme toi, il a peur d’être le mec relou qui cache son mal-être (physique ou psychologique). Je me demande s’il retrouvera une légèreté un jour ?

le 26/02/2019 à 13h33 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Vu ce que tu dis, peut être qu’un test d’intolérances alimentaires pourrait être utile ? Ça a un coût, ce n’est pas pris en charge par la sécurité sociale, mais si ça peut au moins expliquer… Il est possible de le faire de sa propre initiative même si, de mon côté, je suis réticente à le conseiller. C’est toujours mieux d’en parler à un professionnel de santé avant à mon avis. Le labo auprès duquel j’ai fait mes tests est le laboratoire B*rbier (oui, comme celui qui s’occupe des barbus), tu trouveras leur site facilement en tapant leur nom + « intolérances alimentaires » dans un moteur de recherche.

le 26/02/2019 à 18h08 | Répondre

Raphaelle

Une amie d’enfance a les mêmes problèmes : des années de douleurs inexpliquées, troubles digestifs importants, fatigues extrêmes.. et puis on lui a aussi détecté une longue liste d’intolérances alimentaires au final (et elle est suivie en parallèle par toute une série de spécialistes « médecines douces » (ethiopathe, ostéo, micro-kiné, accuponcture..)). Mais aujourd’hui nous sommes quelques années après le diagnostic et ça ne semble pas s’être tellement arrangé.. des intolérances peuvent être aussi liées à quelque chose de psychosomatique…? Pour elle j’ai en tout cas cette impression, à tord peut être..

le 26/02/2019 à 18h18 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Alors là, je n’en sais rien. Intuitivement, j’aurais tendance à dire que oui, mais ça peut être tellement d’autres choses… Une pathologie pas encore découverte, des intolérances supplémentaires non détectée… C’est arrivé à une connaissance qui a découvert récemment qu’elle était intolérante aux amandes. Elle avait remplacé le lait par du lait d’amande, ce qui était soigner la peste par le choléra mais elle ne le savait pas. J’espère en tout cas que son état s’améliorera avec le temps et un suivi adéquat parce que c’est usant de souffrir en permanence.

le 26/02/2019 à 19h48 | Répondre

Ecila (voir son site)

Bonjour Madame Givrée ! Je suis aussi la pénible qui demande la liste des ingrédients au restaurant, et que les amis appellent pour que je valide le repas qu’ils préparent pour moi… La liste de mes allergies est également très longue (le pire étant les fruits et légumes crus, coucou les carences). Mais j’ai eu la chance de savoir très tôt ce que j’avais (eczéma généralisé et asthme de 3 mois à 6 ans, cela a préparé le terrain pour les allergies respiratoires, sans doute déjà présentes). Je ne peux que compatir à tes années de souffrance et de recherche infructueuse de leurs causes. Les fameux « c’est psycho-somatique » m’ont toujours agacée au plus haut point. Lorsqu’on appréhende pour tester un nouvel aliment, ok peut-être, mais quand un jour on croque nonchalamment dans une pomme et qu’on fait un œdème alors qu’on en a mangé sans souci la semaine précédente, il n’y a rien de psychologique là-dedans. C’est étonnant que lors de tes examens de suivi réguliers ton allergologue n’ait pas réalisé d’autres tests de temps à autres, il ne t’avait pas parlé des allergies croisées (je pense aux allergies alimentaires là, mais peut-être que cela ne s’applique pas à ton cas) ?
Je suivrai avec attention tes prochaines chroniques, et te souhaite bon courage pour ton quotidien complexifié ! 🙂

le 26/02/2019 à 20h51 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Merci pour ton commentaire ! Effectivement, après coup, certaines choses m’étonnent, comme le fait que j’aie fait de l’asthme comme toi dans la petite enfance sans que la piste de l’allergie ne soit recherchée, et puis une fois déclarée et diagnostiquée, le fait qu’à aucun moment ne soient évoquées des allergies croisées. J’ai l’impression qu’il y a eu beaucoup de « trous » dans ma prise en charge et, quelque part, je me demande ce qu’il se serait passé si je n’avais pas apporté une partie de la solution moi même…

le 27/02/2019 à 13h47 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?