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Mes douleurs, mes allergies, la vie et moi – Partie 2


Publié le 14 mars 2019 par Madame Givrée

Avant-propos : cet article va parler de mon expérience en tant que personne lambda qui n’a aucune connaissance ou expérience médicale. Je ne prétends pas avoir plus de connaissances que le monde médical, et je ne t’encourage pas à faire comme moi sans être suivie de près par un.e spécialiste. 

La dernière fois, après t’avoir expliqué le cheminement qui m’a menée à passer des tests d’allergies et d’intolérances alimentaires, et après avoir énuméré les spécialistes (ou pas) de la question que j’ai vus pendant ces mois de douleurs pendant lesquels personne n’était capable de me dire ce qui n’allait pas chez moi, je t’ai laissée en plein suspens : mais à QUOI Madame Givrée peut-elle bien être allergique qui rende sa vie si visiblement compliquée ?

Allez, je vais mettre fin au suspens dès maintenant, et lister tous les trucs que je ne mange pas, soit parce que j’y suis allergique, soit parce que j’y suis intolérante (et avec le temps, ça a fini par vouloir dire presque la même chose pour moi tant mes réactions sont diverses, variées, violentes et désagréables).

Source : Free-Photos

Roulements de tambour… Je ne consomme pas de : blé, seigle, orge, avoine, lait de vache, brebis ou chèvre, œufs-de-poule-mais-aussi-des-autres-ovipares-femelles, fruits de mer, vanille (oui, oui, vanille !), poissons (seulement certains mais comme je n’arrive jamais à retenir la liste, je ne consomme plus de poisson, et viande de porcs (pour la viande de porc, j’ai été surprise. Je n’ai pas retenu l’explication, juste le mot « enzyme », donc je ne peux pas t’en dire plus !). Je suis plus que borderline sur les fruits à coque et la banane (j’ai découvert il y a peu que ce n’est pas normal, que la banane te brûle la bouche), et je commence à avoir quelques doutes pour la tomate et la fraise mais pour l’instant je fais comme si de rien n’était de ce côté là.

Quoi ? Mais qu’est ce que tu manges ?

Eh bien… tout le reste. Je confectionne beaucoup de choses moi-même. Je suis allergique au blé, pas « intolérante au gluten », qu’importe ! Les produits sans gluten sont, de fait, sans farine de blé donc ils me conviennent. Attention cependant, beaucoup de produits sans gluten contiennent de l’œuf. Je dois donc être vigilante, même dans le rayon spécial « allergies et santé » de mon hypermarché.

A côté de ça, je consomme tous les fruits et légumes (oui, pour l’instant, même la banane – avec parcimonie -, la fraise et la tomate. L’avenir me dira si j’ai tort ou pas), du riz, toutes les céréales qui ne sont pas citées ci-dessus, du poulet et de la viande de bœuf, des pommes de terre, et plein de recettes tirées du livre Cuisinez Gourmand Sans Gluten, Sans Lait et Sans Oeufs de Valerie Cupillard, du blog Allergique Gourmand, ou tout simplement adaptées de la cuisine traditionnelle, les allergènes en moins.

Et c’est compliqué ?

Bien sûr, ça a l’air compliqué comme ça. Cela suppose de supprimer de son alimentation des aliments qui sont considérés comme la base de ce que nous consommons. Mais c’est comme beaucoup de choses dans la vie : ça demande juste un temps d’ajustement, un peu de réflexion pour se mettre sur les rails, et une bonne dose de détermination.

Source : jill111

On me demande souvent comment je m’en sors, à l’extérieur. Et bien ça dépend de quel extérieur tu parles : j’apporte mon propre repas au travail, je demande la feuille d’information sur les allergènes au restaurant, et quand ils ne peuvent pas me la fournir j’improvise. Ma famille et mes amis proches sont au courant et s’adaptent en fonction de mes interdits alimentaires lorsqu’ils nous invitent à manger chez eux. Finalement, jusqu’à maintenant, je n’ai été confrontée à des difficultés qu’une seule fois : lors de notre voyage en Italie avec Sir Givré.

Mais… à quoi ça sert ?

En voilà une bonne question ! Vois-tu, dans un premier temps, je me suis dit qu’il était insensé d’être allergique ou intolérante à autant de choses. Dans ma tête, c’était équivalent à être inadapté à la vie. Honnêtement, qui vit en renonçant au pain, au fromage, aux œufs, et à tous ces autres trucs que je ne pouvais désormais plus manger ? L’allergologue et la médecin ont été clairs là-dessus : j’ai eu pas mal de chance, dans mon malheur, je n’ai jamais fait d’œdème. Attention cependant, en matière d’allergies, tu fais des écarts à tes risques et périls ! Tu ne fais pas d’œdème… jusqu’au jour où tu en feras un ! (et là, je te renvoie vers mon blog personnel pour le récit du jour où j’en ai fait un. Mais c’est un autre sujet)

Dans un second temps cela dit, j’ai pensé que je n’avais pas grand chose à perdre à essayer. C’était recommandé par l’allergologue et le médecin homéopathe, et puis au final avec une liste si longue je n’avais pas vraiment le choix. J’ai bien essayé de ralentir sur certains aliments, d’en supprimer d’autres, et d’en garder quelques-uns mais ça ne fonctionnait pas. Si tu supprimes le blé mais que tu gardes l’orge, c’est un peu idiot. Tu continues à réagir, alors que tu fais déjà un gros effort. Alors j’ai décidé de tout supprimer d’un coup.

Source : Free-Photos

Et c’est là que ma vie a commencé à changer. Je vais t’épargner le récité détaillé, mais en un an et demi de régime à éviction, voici ce qui a changé pour moi :

  • J’ai cessé d’avoir mal à la tête du jour au lendemain. Ces mots de tête ne sont jamais revenus (mis à part les rares fois où j’ai fait une entorse à mon nouveau régime alimentaire. CQFD).
  • Mes douleurs articulaires ont régressé à un tel point que j’ai été capable de reprendre une activité sportive régulière.
  • J’ai perdu du poids : environ 10 kilos sur la première année. Depuis 6 mois, c’est un peu plus flou, trop de paramètres viennent perturber les mesures.
  • Pour la première fois en 19 ans, l’eczéma dans mes cheveux a régressé au point de presque disparaître.
  • Mes autres problèmes de peau inexpliqués se sont améliorés tout aussi presque inexplicablement

Autant te dire que je suis convaincue par les changements que j’ai opérés dans mon alimentation ! Les spécialistes qui me suivent valident pour l’instant le régime à éviction, avec possibilité de réintroduction de certains aliments auxquels je suis allergique dans un futur plus ou moins proches.

Ce changement a eu un impact réellement positif sur moi. Mais ça, c’est moi. Pour ce qui est de la « communauté scientifique », des médias, ou tout simplement de mon entourage, c’est une toute autre question. Rendez-vous dans un prochain article pour en parler !

As-tu déjà été confrontée à la question ? Tu as des questions sur le sujet ? Rendez-vous dans les commentaires !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Camille

Oh mon dieu ! J’avais les mêmes allergies étant enfant !!! À deux trois détails près (épices et fruits exotique en plus) … Attention aux allergies croisées (banane et avocat contiennent le même allergène que le latex…)
Mon boulanger de quartier faisait un pain sans gluten merveilleux, mais un jour on s’est rendu compte dans la conversation qu’il le dorait avec du jaune d’œuf ! C’est compliqué parfois de trouver des produits sûrs..
j’ai beaucoup de chance, une grande partie à disparu à ma puberté. Le reste a disparu totalement maintenant que je vis à la campagne.
Il paraît que la désensibilisation, bien qu’un peu lourde, fonctionne très bien maintenant ! Bon courage à toi, je compatis !!

le 14/03/2019 à 08h47 | Répondre

Kelly

Ah je me sens moins seule. Les enfants et moi sommes allergiques et intolérants à un tas d´aliments : produits laitiers v, c et b, gluten, œuf, soja, sarrasin, sucre raffiné, champignons, épices, la plupart de viandes, pareil pour les poissons, et j’en passe. La liste est trop longue. C’est effectivement une habitude à prendre et lorsqu’on voit tous les bénéfices que cela apporte d’arrêter en terme de santé, on ne se pose plus de questions ^^ de mon côté, on a découvert que je suis malade fin 2018 et j’ai pu calmer une partie de mes soucis grâce à l´alimentations. Certains aliments favorisent les inflammations, comme le gluten qui est une catastrophe à ce niveau la.
Bonne continuation à toi ! Et merci pour ton témoignage ❤️

le 14/03/2019 à 09h07 | Répondre

Mélimélanie

Poly-allergies/intolérances ici aussi! J’ai été malade 7 ans non stop sans qu’on sache pourquoi. J’ai été mise sous anxiolytique parce que forcément c’était dans ma tête vu que la médecine ne comprenait pas ce que j’avais. Et un jour la révélation. Ma gynécologue de l’époque qui me demande si j’ai tenté d’arrêter de manger certains produits. Le test. Et la réponse.

Depuis j’ai fais beaucoup de tests. du me battre contre beaucoup de médecins pour qui l’intolérance n’existe pas (même des allergologues parfois…) allongée ma liste d’allergie avec le super test des patchs dans le dos. Bref.

J’ai fais une éviction totale de ce à quoi j’étais intolérante pendant un an complet. Et au bout d’un an j’ai commencé à réintroduire. Je connais maintenant mes « limites ». Je sens quand je commence à approcher trop près de la surdose et repars sur un « régime sans » quelques temps pour repartir sur de bonnes bases.

Au final le plus épuisant ce sont souvent les autres. Qui ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. Qui pensent qu’on exagère. « Aller juste une bouchée ça ne va pas te tuer c’est bon ». Me tuer non mais me rendre malade oui. Et j’ai le droit de ne pas avoir envie d’être malade.

le 14/03/2019 à 10h53 | Répondre

Maritxu

Merci Madame Givrée pour cette série d’articles. J’ai hâte de lire la suite. Je me reconnais dans beaucoup de choses et aussi dans le témoignage de Melimelanie. Je me permets de m’adresser à toi Melimelanie car il me semble avoir déjà lu sur un des blogs dentelle que tu es toulousaine. Je vis à une heure de toulouse et je serais interessé par plus de détails sur ton parcours notamment les professionnels que tu as vu car pour l’instant je ne suis pas suivi niveau médical dans ma recherche d’un régime adapté.

le 14/03/2019 à 13h11 | Répondre

Mélimélanie

Bonjour Maritxu, je suis effectivement toulousaine. En revanche je ne vais pas pouvoir beaucoup t’aider malheureusement. La gynéco géniale qui m’a aidé à trouver ce qui me rendait si malade était dans la ville ou j’ai fait mes études et non à Toulouse.

Et actuellement je suis suivie par une allergologue pour mes allergies « classiques » (acariens entre autres) qui accepte l’idée que j’ai des intolérances alimentaires sans vouloir me prouver que je raconte n’importe quoi comme mon ancien allergologue. Ma médecin généraliste c’est pareil. Elle me croit mais ne m’accompagne pas dans le suivi étant donné qu’elle n’a pas de « formation » sur le sujet donc elle préfère éviter de m’encadrer sur des thèmes qu’elle ne connaît pas. Elle est prête à m’orienter vers un médecin spécialiste (gastro-entérologue ou autre si besoin) mais ça s’arrête là.

Du coup le seul conseil que je peux te donner c’est de trouver des médecins qui quand tu mentionnes tes intolérances ne font pas la moue. C’est ce que j’ai fait. Et pour le reste je ne fais confiance qu’à moi et à ma connaissance de mon corps.

le 15/03/2019 à 14h27 | Répondre

Maritxu

Merci Melimelanie pour ton retour! Je vois qu’on en ai tous au même point, un peu seul… Mais je ne désespère pas de trouver un médecin ouvert et compétent sur le sujet.

le 16/03/2019 à 14h02 | Répondre

Viviane

N’est ce pas un peu paradoxal d’être multi allergique et d’avoir deux chats ? S’il y a bien un puissant allergène, c’est la saliver de chat.

le 14/03/2019 à 13h07 | Répondre

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