Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je garde toujours tout ! L’épreuve du tri.


Publié le 4 juillet 2014 par Madame Givrée

J’ai toujours été comme ça. Je déteste jeter mes affaires. Chaque objet, chaque morceau de papier a une histoire pour moi, et il m’est très difficile de me séparer de mes possessions. À chaque fois, c’est comme si on arrachait une partie de moi.

Quand j’étais enfant, le problème était résolu tout seul : ma mère faisait le tri dans mes affaires et jetait ce qu’elle trouvait inutile/obsolète/ce qui était cassé, je pleurais cinq minutes et l’affaire était réglée.

Adolescente, les choses se sont corsées un tantinet : il était plus difficile pour ma mère de jeter mes affaires, alors nous avons instauré le fameux système des boîtes en plastique dans un coin de la chambre : quand ça déborde, c’est qu’il faut faire le tri par le vide. J’ai dû le faire… cinq fois, sur mes années d’adolescente, mais à chaque fois, ça m’a pris deux ou trois jours. C’était toujours très compliqué. Il faut dire qu’en plus de tout garder, je ne suis pas très ordonnée…

chambre étudiante

Un petit aperçu de la chambre que j’occupais quand je vivais en Angleterre… (À ma décharge, ma sœur squattait le sol et mes armoires !)

Arrivée à l’âge adulte, c’est un tout petit peu plus problématique : j’ai récupéré toutes ces petites choses que je gardais chez ma mère quand j’étais adolescente. Elle s’est empressée de me les donner dès que j’ai eu une maison. Et je les ai empilées dans la pièce que j’appelais pompeusement mon bureau… Puis, Sir Givré et moi avons commencé à préparer notre mariage, et la situation déjà critique a empiré.

Personnellement, je me fiche de savoir si une pièce de ma maison est entièrement allouée au stockage d’objets que j’ai accumulés au travers des années. Mais j’ai vraiment besoin d’une pièce où je peux travailler au calme, et il paraît que nous ne pouvons pas louer une maison avec une pièce de plus, juste parce que je ne suis « pas capable de ranger mes affaires ». En toute objectivité, mon incapacité à me séparer des objets qui ont traversé ma vie est devenue un vrai problème.

C’est pour ça que, l’été dernier, j’ai procédé à un grand tri de tout ce qui était empilé dans mon bureau, acheté 20 sacs poubelles de 100 litres, et squatté la poubelle à papiers. Objectif : débarrasser le bureau de toutes ces choses inutiles/obsolètes/cassées (tiens, je commence à ressembler à ma mère. C’est bon signe ou pas ?), que je garde depuis… hum… plus longtemps que je peux m’en souvenir, pour avoir enfin une pièce à MOI !

mur d'images couloir

Ma colocataire australienne, elle, avait compris ce que je vivais : on avait décidé d’afficher sur les murs du couloir de notre appartement tous ces papiers dont on n’arrivait pas à se débarrasser… Au bout d’un an, on avait tapissé un pan de mur entier.

Oui, mais, euh… comment on fait, pour faire le tri ? Par quoi commencer ?

Et comment on sait si on ne va pas regretter d’avoir jeté le super-feutre-orange-fluo que pépé nous avait offert en 1994, qui ne fonctionne plus depuis 1995, mais qu’on a gardé en souvenir ? Et cette chaussette trouée qui a perdu sa jumelle, mais qu’on a portée au stage de voile en troisième, en 2001, comment sait-on si on ne va pas regretter de l’avoir jetée ? Et cette boîte rouge aux inscriptions chinoises, emballage du cadeau d’une élève venant de Hong-Kong, offert à la fin de l’année 2008, est-ce que je la jette, ou bien je la garde ? Parce que c’est un super joli emballage, quand-même.

Et mon agenda Creeks de l’année scolaire 2001-2002, celui sur lequel j’ai surligné chaque page en jaune et rose, est-ce que je le jette ou je le garde ? Oh regarde Chéri, pour le 4 mai 2002, je devais avoir rédigé la suite de la scène de Roméo et Juliette qu’on avait étudiée en cours d’anglais ! Et finir mon exercice sur le Brésil en géographie ! Tu te souviens, c’est le jour où je suis arrivée à 11h13 en cours au lieu de 11h05 parce que j’étais avec toi, tu sais, le jour où tu m’as embrassée pour la première fois ? Je ne peux pas jeter mon agenda de la classe de seconde, quand même !

Et, sniff, regarde, les publicités que nous avions reçues pendant que nous préparions le mariage ! Je ne PEUX pas jeter ça chéri…

  • S’il y en a partout, ce n’est pas la peine d’essayer mettre de l’ordre tout de suite, il faut d’abord débroussailler.
  • Se détacher émotionnellement de ses objets : franchement, est-ce qu’un feutre qui ne fonctionne plus depuis 18 ans va m’aider à me souvenir de mon grand-père ? Est-ce que la page fluotée de mon agenda d’adolescente va m’aider à ma souvenir de ce premier moment passé avec Sir Givré ?
  • Se poser les bonnes questions : est-ce que j’aime cet objet ? Est-ce que j’en ai une utilité ?
  • Est-ce que j’ai utilisé/regardé ce truc au moins une fois pendant l’année qui vient de s’écouler ?
  • Est-ce que l’objet que j’ai entre les mains est en bon état ?

J’ai jeté systématiquement les objets cassés, les feuilles déchirées, les objets que je n’aime plus ou que je n’ai pas utilisés depuis longtemps.

Une autre question m’a aidée à avancer, également :

Merci Le Bon Coin ! C’est ainsi que je me suis débarrassée d’un bureau, d’un aspirateur, d’une machine à pain, d’une cuve de machine à pain, d’un fauteuil, d’un canapé (voui, j’avais gardé un canapé…), de draps (oui, les draps, ça se vend…), d’une collection de pin’s, d’une bibliothèque entière de livres et de l’iPod que je m’étais achetée avec mon premier salaire… (Depuis, Sir Givré m’en a offert un mieux.)

Pour les papiers, ça a été plus facile. Après avoir trié les papiers à garder absolument, j’ai rangé dans une pochette les dessins et créations de ma sœur, dont je ne voulais pas me séparer, et dans une boîte mes papiers à grande valeur sentimentale. Ensuite, j’ai fermé les yeux, attrapé le reste des papiers, et je les ai jetés, non sans dire quelques mots à la mémoire de ma paperasse accumulée.

Ayé, je maîtrise le tri des affaires !

Enfin, j’dis ça, j’dis rien… J’ai plus de 10 000 photos dans mon ordinateur. Un jour, il faudra trier…

Et toi ? Tu accumules des souvenirs, des papiers, des objets inutiles ? Tu parviens à faire le tri régulièrement ? Ou bien c’est une véritable épreuve que tu repousses sans cesse ? Comment ça se passe, lorsque tu réussis à t’y mettre ? Raconte !

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Commentaires

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Vanouille

Ouééééééééééééééééé, merci pour ton article ! A partir de demain, je commence une « session rangement/triage » avec mon chéri (planifiée pour durer le weekend, je pense qu’on en a facilement jusqu’à la fin de la semaine prochaine). Je suis comme toi, j’aime pas me séparer des vieilles choses (j’ai gardé tous mes agendas depuis la 6e ! Mais ils sont dans un carton à la cave) tandis que Chéri n’en à rien à carer et préfère mettre les choses dont il ne se sert peu/plus dans une boîte en carton dans un coin. Sauf que là, on a environ une vingtaine de cartons qui traînent dans des coins chez nous, donc ça va plus du tout Allez, je garde les bonnes questions à poser et c’est parti ! ^^
Merci pour cet article qui tombe à pic !

le 04/07/2014 à 08h53 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Coucou !
Je me retrouve dans ton témoignage, plus jeune, j’étais comme toi à ne vouloir absolument rien jeté ! Le désespoir de ma mère.
Et puis à 18 ans j’ai quitté le cocon familial pour un petit appart, où j’ai accumulé quelques affaires mais beaucoup moins. Pour enfin atterrir à Paris où évidemmment mes moyens ne me permettent pas de stocker des choses dans mon petit appartement.
Du coup il n’est plus resté de ces année de stockage qu’une légère propension à garder les fringues et chaussures.
Du coup j’ai instauré un système bien pratique : une fois par an je sors tous mes vêtement et ceux qui étaient là l’année d’avant et que je n’ai pas remis une seule fois, je les jette !

le 04/07/2014 à 12h58 | Répondre

Magali

Bravo !!!!! Voici ma philosophie : tous ces objets définissent notre passé, les accumuler, c’est vouloir garder le contact avec ce passé… Mais c’est aussi renoncer, quelque part, à regarder l’avenir, car ton passé ne te définit pas entièrement ! Il contribue seulement à faire de toi ce que tu es, mais tu n’as pas besoin de garder tout ce que tu étais… Trop garder c’est regarder en arrière et s’empecher de regarder devant, car quand les souvenirs débordent, on ne peut plus s’en créer de nouveaux… Jeter c’est aller de l’avant, c’est se créer un avenir, ce n’est pas renier qui l’on est ou ce qu’on a vécu !

le 05/07/2014 à 08h07 | Répondre

Madame Rêveuse

Très juste, et joliment dit 🙂

le 03/05/2017 à 18h21 | Répondre

MarinSid

Argh, ce post aurait pu être écrit par moi… sauf pour la partie « j’ai fait du tri et jeté les choses inutiles » 😛
Petite, j’ai vécu les rangements de chambre/bureau avec ma mère et des sacs poubelles… horribles souvenirs…
J’ai des boîtes à trésors dans lesquelles sont accumulées tout un tas de choses… des tickets de cinéma, d’expo, des petits objets en tous genres qui me rappellent forcément des événements, des gens.
Mais je crains de devoir prochainement me résoudre à devoir faire du tri… bah oui, un emménagement avec Chéri peut nécessiter de faire un peu de rangement/classement…

le 06/07/2014 à 18h25 | Répondre

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