Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Et si tu mourais ?


Publié le 1 mai 2017 par Nya

Ou plutôt : et quand tu mourras ? Que va-t-il se passer ?

Tu as sûrement eu un mouvement de rejet en lisant ce titre, et je te comprends : la société occidentale n’aime pas la mort, ultime tabou. On n’est que très peu en contact avec elle, et elle ne se rappelle à notre présence que par l’entremise du journal télévisé qui égrène les morts désincarnées dans des pays lointains, au détour des films d’Hollywood qui nous présente des morts si spectaculaires qu’elles en deviennent abstraites, surréalistes, ou lors de la mort d’un proche.

Personnellement, je suis allée à trois enterrements de toute ma vie. Je n’ai jamais vu de personne morte, encore moins quelqu’un passer de vie à trépas. Je me souviens de deux conversations, littéralement, sur la mort avec des amis.

Pourtant, nous allons tous mourir. Je te propose de mettre les pieds dans le plats et d’en faire le sujet du jour. Je suis convaincue qu’en parler un peu plus, et de manière un peu plus positive, nous permettait aussi de faire le deuil (ha !) de notre propre mort ? Cela sonne comme des grands mots, mais je suis comme tout le monde. Je n’ai aucune envie de mourir, pour différentes raisons.

Mais on pourrait quand même dédramatiser un peu, se familiariser avec l’idée, l’apprivoiser. Prendre des dispositions permet de mieux se projeter, de donner des directives à ses proches et de réduire l’angoisse, même quand on a la trentaine et que ça semble loin, cet événement inéluctable. Mais on peut tous mourir à 90 ans ou demain, d’un cancer, d’un accident, juste la faute à pas de chance. Il n’est jamais trop tôt pour y penser.

Le testament

J’ai fait un testament après mon mariage. Parce qu’il me semblait important de laisser une trace écrite des choses qui me tiennent à cœur. Mieux vaut faire un testament notarié, évidemment, mais un testament olographe est un bon début pour faire connaître ses volontés. N’oublie pas de le signer et rédige-le clairement. Sinon, il serait nul et sûrement source de casse-tête pour tes proches.

La loi prévoit certaines parts au conjoint, descendants et ascendants, mais tu peux aussi préciser qui s’occupera de ton chat ou plus prosaïquement, d’une certaine part d’héritage (sans spolier la part légale). Si tu as des enfants, ils ont droit à une partie de ton patrimoine. Si tu n’as pas d’enfants mais que tu es mariée, ta moitié a droit à au moins un quart de ton patrimoine. Si tu vis seule, tu peux aussi décider de léguer ton patrimoine à une association culturelle ou reconnue d’utilité publique.

La vie continue

Loin du testament qui a valeur officielle, simplement laisser à ses proches des informations pour que notre décès leur soit le moins pénible possible d’un point de vue logistique est une bonne idée :

  • les mots de passe de tes comptes importants (boîte mail pro pour prévenir tes clients par exemple, téléphone, tous les abonnements à éventuellement clôturer)
  • les numéros de téléphone importants, notamment professionnels
  • les identifiants de tes comptes bancaires…

Avoir une assurance-vie peut aussi être une bonne idée, évidemment.

Les obsèques

Tout comme pour le don d’organes, faire connaître ses volontés pour son corps évitera tes prises de tête à ta famille. En France, il n’existe pas vraiment de choix : enterrement, crémation ou don à la science. Mais on peut préférer un cercueil en carton ou en chêne, faire disperser ses cendres sur une montagne ou dans un columbarium. Choisir des morceaux de musique, une cérémonie religieuse ou laïque, un officiant. Ou pas de cérémonie du tout.

Parler de la mort avec son conjoint permet aussi de mettre les choses à plat, même si rien ne dit que tes volontés seront respectées si elles ne cadrent pas avec la loi ou si ta famille n’a pas envie de faire les choses à ta façon. Quand bien même les funérailles vikings seraient légales, ta famille préférera peut-être t’organiser un enterrement fidèles à ses traditions au lieu de tirer une flèche enflammée sur une barque où repose ton corps (et puis, tes proches ne savent peut-être pas tirer à l’arc). Mais tu peux toujours dire que tu veux l’option la plus écologique et abordable possible, en laissant latitude à tes proches de faire leur deuil comme ils le souhaitent. Parce que finalement, les rites funéraires, c’est surtout pour les vivants.

Imaginer son enterrement peut aussi soulager certaines angoisses : personnellement, l’idée d’un cercueil me rend claustrophobe, et la crémation me gêne un peu moins, même si elle est polluante. C’est la solution que je choisis si je venais à mourir demain, mais j’ai bon espoir qu’à l’heure de ma mort, les pratiques auront évolué et que je pourrais être mise en terre naturellement, sans thanatopraxie, sans cercueil, et retourner littéralement à la terre. Qui sais, tu pourras peut-être opter pour la cryogénisation, la résomation, l’envoi dans l’espace ou… des funérailles vikings ?

La spiritualité

J’imagine que les croyants trouvent sûrement du réconfort dans l’au-delà mais pour les athées, pas facile de se projeter dans le néant. Quand on y pense, on vient du néant : avant de naître, nous n’étions rien. L’idée d’un sommeil éternel ne me plaît pas énormément, mais en imaginant la mort, je peux aussi m’activer pour tenter de vivre une vie intéressante pour moi, et qui ne fasse de mal à personne.

Dans la même lignée, imaginer son corps permet aussi sans doute de se connecter avec l’idée d’un repos éternel. J’aime assez l’idée de retourner à la terre pour la nourrir, dans le grand cycle de la viiiiiiiie.

Les regrets

Un jour, avec des copines, on s’est demandées ce que les gens diraient de nous à notre mort. Se poser cette question semble morbide mais c’est un bon indicateur de la façon dont tu veux vivre ta vie. Tu veux que les gens disent que tu étais aventurière ? Généreuse ? Travailleuse ? Respectable ? Que tu étais une pourriture manipulatrice (humour) ? À toi, à nous de faire en sorte de laisser une impression fidèle à la personne qu’on aimerait être.

Un peu de positivisme

L’idée de mourir un jour demande d’être apprivoisée, c’est certain. Je suis loin d’avoir fait la paix avec la mort, la mienne, celle des autres. Mais en brisant ce tabou, on pourrait peut-être l’envisager plus sereinement ? Si l’idée t’intéresse, je t’encourage à aller voir du côté de Caitlin Doughty et sa chaîne YouTube Ask A Mortician (Demandez au croque-mort), qui m’a inspirée cette chronique.

Et toi, tu penses souvent à la mort ? Tu as pris des dispositions ? Tu penses qu’on devrait en parler plus ? Dis-moi tout !

Commentaires

30   Commentaires Laisser un commentaire ?

Ars Maëlle (voir son site)

Je trouve cet article très intéressant. J’avais été très épargnée par le deuil avant le décès accidentel d’une de mes meilleurs amies l’an dernier. On lui a réservé des obsèques à son image (habillés en couleurs vives, cendres envoyées à la mer après une veillée dans les dunes…)
Tout ça a accéléré nos réflexions sur la mort : pour mon mari, me mettre à l’abri s’il lui arrive quelque chose, pour moi la dimension émotionnelle…
Depuis, j’ai « inventé » le concept de « bagues d’enterrement », une seconde paire d’alliances (en argent), pour résoudre la question : que faire de l’alliance si son conjoint vient à partir ? cette solution me permet d’imaginer que celui qui reste garde quelque chose de celui qui n’est plus là, mais qu’en même temps symboliquement ils restent unis par cette seconde paire…
J’ai aussi commencé à parler avec mon mari des souhaits pour nos obsèques – lui a une position très simple : les obsèques, c’est pour soulager les vivants, s’il part le premier, il nous appartiendra de faire ce qui nous réconfortera le plus… La seule certaine pour nous deux, c’est le don d’organes.
Ton introduction m’a aussi fait penser à un ouvrage très intéressant : Essais sur l’histoire de la mort en Occident de l’historien Ph ARIES, qui raconte comment la mort n’était pas si taboue il y a encore deux siècles…

le 01/05/2017 à 10h23 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Que de jolies idées ici. 🙂 J’aime beaucoup ce que tu racontes de l’enterrement de ton amie. Et l’idée de la 2e bague est chouette tient, j’en toucherais deux mots à M. Lutin.

le 01/05/2017 à 13h43 | Répondre

Nya (voir son site)

Merci pour l’idée de lecture !
Je n’ai pas compris pour les alliances : tu proposes d’acheter une deuxième paire à enfiler après la mort du conjoint, c’est ça ? Pour remplacer la première paire ?
Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’idée de rituels à inventer pour son couple ou soi après la mort, c’est aussi une manière de s’approprier l’inévitable.

le 03/05/2017 à 02h28 | Répondre

Madame Givrée

Je te rejoins sur l’évolution des pratiques: je suis incapable d’imaginer autre chose qu’un réel retour à la terre, et ce point en particulier est compliqué pour moi. Pour le reste, mon mari et moi avons déjà abordé la question des dispositions à prendre en cas de décès, nous avons évoqué nos souhaits, mais rien mis à l’écrit pour l’instant.

Merci pour cet article !

le 01/05/2017 à 12h05 | Répondre

Mademoiselle Black

Bravo d’avoir osé mettre les pieds dans le plat !

C’est toujours étonnant pour moi de me projeter dans la tête de ceux qui ont une vision très « lointaine » de la mort. De part mon métier (je suis anesthésiste / réanimateur) j’ai vu de très très nombreuses personnes en train de mourir / mortes. Toutes les semaines, j’appelle des gens pour leur annoncer la mort de leur mari/ soeur / fils. Pour moi, la mort fait vraiment partie de mon quotidien !

Étonnamment, ce n’est pas pour autant que je parle facilement de ma propre mort, en partie parce que dans ma famille c’est assez tabou. Bon, j’ai déjà dit à tous ceux qui voulaient bien l’entendre que je voulais donner mes organes, mais pas plus.

Et en ce qui concerne la mort de mes proches, je SAIS qu’ils vont mourir un jour et j’y pense très souvent, bien plus que mes amis qui ne sont pas confrontés à la mort dans leur quotidien.

Pour finir sur un point positif sur lequel je te rejoins, avoir conscience de sa mort, c’est aussi essayer de ne pas avoir une vie vaine et ne pas repousser ses rêves au lendemain !

le 01/05/2017 à 12h21 | Répondre

Sarah (voir son site)

Difficile question. Je fais partie de ceux qui n’aiment pas y penser. Ce sera assez douloureux le moment venu, à quoi bon s’affliger de la tristesse avant. Concernant ma mort je vais être très égoïste mais je ne serai plus la, que les gens fassent bien ce qu’ils veulent ce sera bien la dernière de mes préoccupations ! En plus je ne suis pas croyante, je ne veux juste pas pourrir dans un trou bouffé par des vers lol par contre ce qui est le plus dur pour moi c’est la mort de mes proches. Alors j’essaie de profiter des moments avec eux pour n’avoir aucun regrets quand ils ne seront plus la.

le 01/05/2017 à 12h48 | Répondre

Nya (voir son site)

Je pense qu’en parler permet justement de gommer un peu la tristesse… s’accoutumer à l’idée. Même s’il est évident que notre rapport avec la mort à 30 ans et en pleine santé n’est pas le même qu’à 80 ans et malade… Je pense que ça fait partie d’un cheminement pour faire la paix avec cette idée, un cheminement qui pourrait durer toute la vie. Mais je comprends aussi que ça puisse sembler macabre.

le 03/05/2017 à 02h46 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Ce sont des questions que je me pose parfois, sans en avoir particulièrement peur.
Comme toi, j’aime l’idée du « retour à la terre », un corps nu enveloppé dans un simple linceul. Et comme toi, en attendant que ce soit possible, la crémation est ce qui me conviendrait le mieux.

Pour le « décorum » autour de tout ça, il y a bien des choses qui me plaisent plus que d’autres, mais au final, c’est surtout aux vivants que ça doit convenir, c’est pour eux que ce « passage » doit se faire. J’aimerais juste bien que tout le monde soit habillé de couleurs vives. (Mais même ça, après tout, si ça ne leur convient pas pour X ou Y raisons, c’est eux que ça concerne. Mais il me semble que pour un truc « en mon honneur », ça serait plutôt adapté. 😀 )

Cela étant, c’est pertinent de conseiller de rédiger plus clairement toutes ces choses ! Il faudra que je le fasse à l’occasion.

le 01/05/2017 à 13h39 | Répondre

Nya (voir son site)

Laisser des directives par écrit reste effectivement le meilleur moyen d’éviter les ambiguïtés et faire valoir ce qui te tient à cœur, même si les vivants feront forcément leur deuil un peu différemment de ce que tu avais envisagé.

le 03/05/2017 à 02h45 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour cette chronique hyper intéressante ! Avant d’avoir un enfant penser à tout ça ne me dérangeait pas et j’avais réglé avec mon mari l’essentiel je crois. Depuis j’ai davantage de mal à le faire, comme si la mort me faisait davantage peur, ou que ma vie était devenue plus précieuse, c’est bizarre. Mais j’espère qu’un jour je pourrai y repenser sereinement car je pense que certaines choses doivent être bien préparées pour ceux qui restent (J’ai vu trop de fratries se disputer pour un héritage mal réglé…).

le 01/05/2017 à 13h57 | Répondre

Miss Pop

Exactement la même chose pour moi. Depuis que je suis maman, j’ai peur de tout. Bien sûr, peur de la maladie ou de la mort de mes enfants, mais aussi, peur de ma propre mort. Je n’y pensais pas avant. Maintenant, quand on part tous les 2 avec mon mari, en voiture, ou avion, j’ai peur qu’on ait un accident et que mes enfants se retrouvent orphelins. J’ai peur qu’ils grandissent sans moi, surtout qu’à leur âge, ils n’auraient que peu de souvenirs…bref, devenir maman nous permet de prendre conscience que la vie passe vite et est tellement fragile!

le 01/05/2017 à 22h35 | Répondre

Nya (voir son site)

En tant qu’enfant unique, je n’ai pas à me poser la question de la succession mais oui, oh que oui, j’ai vu des fratries brisées par de bêtes questions matérielles. Raison de plus pour en parler avant. Si on est en désaccord, ça ne changera rien, mais les esprits seront plus apaisés qu’à chaud, juste après le décès.

le 03/05/2017 à 02h42 | Répondre

sophie

Je vois la mort très souvent, de par mon travail. Je vois des personnes mortes (je m’en occupe même), j’ai assisté à des décès… Pour moi la mort fait partie de la vie. J’ai un rapport très apaisé avec, du coup. Comme je la cotoie très souvent, j’en ai moins peur, et je sais ce que je veux quand mon tour arrivera.
Mon mari, pas du tout. Il n’y pense pas, du tout, du tout. La mort doit être la plus éloignée possible de lui. Quand son grand père était gravement malade, je lui avais dit d’aller le voir avant qu’il ne meure. « mais il va pas mourir ». Et ben si, un mois après avoir vu son premier petit fils agé de 4 mois… Dans sa famille, on ne parle même pas des morts. J’ai longtemps cru que sa grand mère s’était suicidée, vu tout le mystère qu’il ya avait autour d’elle, avant d’apprendre que non, c’était un cancer du sein…. Dans ma famille, les morts font partie de notre vie, je parle très souvent des disparus, je réponds aux questions des enfants…Fin voilà pour situer nos visions de la mort.

J’ai déjà fait mon testament, tout est réglé, au cas où. j’écris même de temps en temps dans un cahier pour chacun de mes enfants, et pour mon homme. Parce que le plus dur dans la mort, c’est de n’avoir que des souvenirs qui au bout d’un moment s’effacent….

J’espère aussi que d’ici là d’autres solutions existeront que le cercueil ou la crémation. J’aime beaucoup l’idée qu’un arbre soit planté « en mon nom ».

Et je pense que c’est important d’en parler, histoire de ne pas à se décider quand on est déjà dedans .

le 01/05/2017 à 16h13 | Répondre

Nya (voir son site)

Dans ma famille non plus on ne parle pas vraiment des morts, ce qui explique peut-être pourquoi je trouve que c’est important d’en parler (de la mort, et des morts aussi). Tu es thanathopracteure ou ambulancière ou un métier de la santé ?
J’aime bien aussi l’idée de pouvoir planter un arbre en l’honneur d’un défunt. Pour prolonger la vie.

le 03/05/2017 à 02h41 | Répondre

sophie

Non, je suis aide soignante en EHPAD.
Donc forcément, je suis en « première ligne ». Je suis pas agent mortuaire (mais j’y pense), mais on rend la personne décédée « présentable » , sans pour autant faire des soins de conservation (c’est le rôle du thanatopracteur) pour que les proches puissent lui dire au revoir, avant que les pompes funèbres arrivent. Souvent c’est notre moment aussi pour dire au revoir à cette personne, dire au revoir à la famille avec qui on a partagé des mois, voire des années.
Fréquenter la mort change la vision qu’on a de la vie et de notre propre mort. On l’a déjà dit, mais c’est vraiment la seule certitude en ce monde, alors autant la préparer.
J’appréhende les futurs décès de notre famille, parce que maintenant mes garçons sont assez vieux pour se rendre compte, j’espère le moment venu avoir les mots justes.
Quand on est dans ce milieu là, on fourmille d’histoires souvent touchantes, voire magnifiques, qui entoure la mort des résidents. C’est peut être pour ça aussi que je suis sereine par rapport à la mort.

le 04/05/2017 à 10h24 | Répondre

Justine

Article intéressant, car oui la mort est un sujet tabou! Je me suis aussi posée toutes ces questions, comme toi. D’ailleurs pour rejoindre ton idée de « retourner à la terre naturellement », j’avais trouvé des urnes que l’on peut planter en terre avec les cendres du défunt. C’est un concept américain je crois, donc j’ignore si on peut le faire en France… ça s’appelle « urna bios »!

le 01/05/2017 à 17h36 | Répondre

Nya (voir son site)

Il me semble qu’en France, on ne peut même pas disperser les cendres n’importe où (même si ça n’empêche pas les gens de le faire) mais c’est un concept intéressant, surtout si on peut y planter un arbre 🙂

le 03/05/2017 à 02h38 | Répondre

Elisabeth

On ne sait jamais ce qu’on est capable de faire, j’ai accompagné mon second mari jusqu’à la fin, il est mort dans les bras…. jamais je n’avais imaginé être assez forte pour vivre ces moments et continuer à vivre ensuite ….

le 01/05/2017 à 21h21 | Répondre

Nya (voir son site)

Toutes mes pensées Elisabeth.

le 03/05/2017 à 02h31 | Répondre

Mlle Moizelle

C’est quoi un testament « olographe »?
J’ai souris pour l’enterrement viking, car la seule cérémonie que j’aimerais pour ma part est un bûcher à ciel ouvert, en mode païen (mais pas une crémation dans un four!), où chacun (qui m’aime) brûle un petit quelque chose de lui pour partir avec moi…
Article intéressant en tout cas, qui fait réfléchir et réagir! 😉

le 02/05/2017 à 15h35 | Répondre

Flora (voir son site)

Le bûcher à ciel ouvert j’ai vu ça en Inde et franchement c’est horrible ! On peut mettre tout l’encens qu’on veut ça finit par puer la cher brûlée 🙁 ça m’a traumatisée sans même connaitre la personne brûlée…

le 02/05/2017 à 18h02 | Répondre

Mlle Moizelle

Oui, c’est un peu la crainte que j’ai, l’odeur de chaire brûlée… Berk! Mais bon, je pense à ça sans vraiment l’envisager réellement hein!

le 02/05/2017 à 21h32 | Répondre

Nya (voir son site)

Le testament olographe, c’est un testament qu’on rédige soi-même sans passer par un notaire. Il doit être manuscrit, porter la date de la rédaction et être scellé, je crois. C’est une solution économique mais elle ne garantit en rien l’exécution des volontés si la formulation prête à confusion (« j’aimerais léguer ma maison à X », c’est très différent de « je lègue ma maison à X »). J’espère que ça t’éclaire !

le 03/05/2017 à 02h30 | Répondre

Mlle Moizelle

Oui, merci Nya!

le 03/05/2017 à 17h43 | Répondre

Flora (voir son site)

J’ai un rapport très apaisée avec la mort. J’ai vu tellement de personnes mourir que j’ai intégré que c’est comme ça. Si il y a bien une certitude dans la vie, c’est qu’on y passera tous.
J’ai un problème avec la crémation, pas pour la religion mais parce que je trouve que c’est précipité les étapes. Je préfère laisser faire la nature et j’espère aussi que bientôt on pourra se passer de cercueils et de béton. Mon mari lui voudrait la crémation mais je ne pense pas pouvoir la lui offrir si il meurt avant moi, tellement ça rendrait mon deuil plus difficile… Donc oui, il faut en parler rien que pour trouver des compromis pour des divergences d’opinions comme ça.
Pour la succession, nous sommes pour le moment satisfaits des dispositions de notre contrat de mariage par défaut. Ça changera peut être si un jour on a un patrimoine plus conséquent.

le 02/05/2017 à 18h22 | Répondre

Nya (voir son site)

C’est toujours difficile de répondre quand on sait que tu as vécu l’horreur et qu’on a aucune idée de ce que c’était. C’est une bonne chose que tu sois apaisée, mais à quel prix 🙁
Je n’ai pas parlé de la façon de faire son deuil par rapport au conjoint et comme le disait une autre commentatrice, les rituels sont finalement pour les vivants. J’imagine malgré tout le cas de conscience entre respecter les volontés du conjoint et arriver à trouver la paix avec sa perte… D’où l’intérêt de se poser ces questions à tête reposée et non au pied du mur, même si ce n’est pas évident.

le 03/05/2017 à 02h36 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Merci pour cet article. J’aime beaucoup ta relation à la mort. Malheureusement, je n’ai pas la même.
J’ai enterré beaucoup de monde et malheureusement, beaucoup plus de jeunes que de vieux…
En ce moment d’ailleurs, j’ai un gros soucis avec la mort… Ma maman est décédée sous mes yeux quand j’avais 11 ans. Je l’ai très mal vécu. Elle avait 35 ans. J’ai mis des années à m’en remettre. J’ai fini par me dire que ma famille ne pouvait pas être maudite à nouveau… Mais en fait si… En début d’année, mon cousin a perdu sa femme de manière assez similaire et tout aussi soudaine. Elle avait 39 ans et 2 enfants. Tout comme moi, elle avait perdu son père jeune.
J’ai 30 ans dans 1 mois et j’ai l’impression que le compte à rebours est lancé. Aujourd’hui, j’ai une petite fille et j’ai tellement peur de devoir l’abandonner un jour ainsi que mon mari. Si j’étais seule la mort serait plus facile mais aujourd’hui ce n’est pas le cas.
Je pense demander à mon médecin si des examens sont possibles pour anticiper un décès comme ma maman mais en même temps, si cela existe, j’ai tellement peur du verdict…
On en a déjà parlé avec mon mari, on a réglé beaucoup de choses même si ce n’est qu’oral. Aujourd’hui, j’ai toujours une question qui m’embête, je ne sais pas où je veux être enterrée et je ne sais pas si lui le sait également. On est un peu seul là où on habite. Je ne veux pas rester loin de lui mais en même temps, même si je me sens chez moi vivante, je n’ai pas l’impression d’y être si je meurs… J’espère avoir encore beaucoup de temps pour réfléchir à cette question.

Encore merci pour cette belle chronique, c’est agréable de voir le rapport à la mort de chacun et ça permet quand même de relativiser.

le 03/05/2017 à 11h00 | Répondre

MlleMora

C’est un très bel article. Suis-je la seule à avoir peur de la mort ?
Ca me pétrifie, littéralement, cette idée de vide, de rien. Je me demande où j’étais avant de naître, a priori, nulle part et ça ne me faisait pas souffrir, mais l’idée de revenir à cet état de néant m’angoisse. J’adore projeter le futur, et l’idée que je n’en ferai pas partie, bah c’est flippant. Purement égoïste sans doute, mais flippant. Quand je pense à ma grand-mère, je me dis qu’elle est toujours présente, dans mon esprit, mais en réalité, elle n’est plus là, et je trouve ça terrifiant. C’est sans doute ce vide dans notre société trop pleine de tout qui rend la mort si taboue et si terrible.
Merci pour tes réflexions apaisantes, Nya.

le 04/05/2017 à 15h44 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je te rejoins totalement. Je trouve cette idée de néant tellement angoissante. C’est l’inconnu qui nous effraie…
Je pense aussi que notre société ne nous aide pas à accepter la mort et ce vide.

le 04/05/2017 à 16h40 | Répondre

Dawn

C’est vrai que c’est un sacré sujet tabou…

J’y ai été confrontée à 17 ans. Ma grand-mère est décédée suite à des années de maladie. J’ai aujourd’hui 28 ans et j’y ai beaucoup réfléchi. On peut dire que j’ai bien entamé le processus de deuil de ma propre mort.
Je ne suis pas croyante et c’est clair qu’au début, penser à sa propre mort, c’est carrément flippant. Quand j’y pensais, je pleurais, ça me donnait le tournis, c’était quelque chose d’impossible, ça ne pouvait pas arriver (le vrai processus de deuil je vous dis ;)). Mais avec le temps, j’ai compris qu’on n’avait pas le choix et qu’il y avait de fortes chances que l’on meurt sans même s’en rendre compte.
Du coup aujourd’hui, je vis ma vis quasiment au jour le jour. Je ne pense qu’à court terme (grand maximum 1 an). Pourquoi penser à la retraite par exemple, si je ne suis même pas sûre d’atteindre l’âge requis?
Autre exemple, aujourd’hui, à chaque fois que je revois quelqu’un qui m’est cher ou que je dis au revoir à mon mari le matin, je garde toujours en tête que c’est peut être la dernière fois. Et je le garde en tête pour pouvoir profiter à fond de la personne et de chaque instant passé avec elle.

Mon mari n’est pas du tout d’accord avec cette vision des choses ^_^ Mais ça me permet de profiter de ma vie au maximum tout comme des gens que j’aime.

le 04/05/2017 à 22h21 | Répondre

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