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Un été au Japon – Partie 2


Publié le 3 mai 2020 par Azu

Je t’ai laissé la dernière fois à Kagoshima (ici) alors que nous nous apprêtions à nous rendre sur Yakushima. Rappelle-toi c’est l’île qui a inspiré Hayao Miyazaki pour sa Princesse Mononoké !

Crédit photo : photo personnelle

Yakushima, une île mystérieuse et mystique.

Yakushima, l’île mystique

Petite présentation de l’île la plus au sud de Kyūshū avant de se lancer dans l’aventure. Yakushima est connue pour sa nature luxuriante, un proverbe locale dit même avec plein d’humour que c’est parce qu’il y pleut 35 jours par mois. Rassure-toi, il ne pleut pas toute la journée, mais il pleut au moins une fois par jour.

Son écosystème particulier a permis d’y voir naître les sugis, des cèdres géants vieux de milliers d’années, à qui l’on doit la classification de l’île au patrimoine mondial de l’UNESCO. Si on la dit mystique c’est surtout car elle a longtemps été habitée par les dieux. Les habitants de l’île racontent même qu’ils y vivent encore, confinés au cœur de l’île qu’aucune route ne traverse…

Et ce n’est pas un hasard si Princesse Mononoké fait la part belle au dieu-cerf, appelé aussi le « faiseur de montagne », car l’histoire s’inspire du dieu de la montagne de Yakushima, incarné par un cerf blanc… Ce n’est pas la seule légende de l’île mais c’est en partie celle qui a sans aucun doute inspirée Hayao Miyazaki. C’est dans cette forêt primaire et millénaire que nous avons décidé de poser nos bagages pour quelques jours de randonnées. Allez, viens je te raconte !

Crédit photo : photo personnelle

La forêt primaire de Yakushima.

Embarquement sous fond de typhon

Au port, nous achetons des tickets pour Yakushima et croisons une française, ravie de pouvoir échanger quelques mots dans sa langue maternelle avec nous. Cela fait un moment qu’elle parcourt Kyūshū et nous sommes les premiers occidentaux à croiser sa route. Nous n’avons pas de mal à la croire, car depuis que nous avons pris le shinkansen pour Fukuoka, nous n’avons nous-même pas vu l’ombre d’un occidental à l’horizon, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Rappelle-toi, je te disais dans une autre chronique que M. Riwen et moi n’aimions pas particulièrement nos congénères (et leur comportement souvent déplacé) en voyage ! Peu de touristes occidentaux poussent en effet jusqu’à Kagoshima, car on sort vraiment du circuit classique habituel.

Cette française (dont j’ai oublié le prénom – en fait après réflexion je ne sais même pas si nous nous sommes présentés haha) nous apprend alors qu’elle hésite à se rendre sur l’île car elle a appris qu’un gros typhon se dirigeait droit sur nous. Un peu anxieux par cette perspective, nous décidons tout de même de tenter le coup. Et on ne le regrettera pas, même si cela a été un peu l’aventure.

Yakushima, premiers pas

Quand on débarque sur l’île, on nous propose encore de faire demi-tour de suite afin de ne pas rester coincés. Mais nous décidons de nous rendre à notre ryokan (auberge traditionnelle japonaise). Ça ne fait même pas 5 minutes que nous sommes sur l’île qu’une petite ondée fait son apparition, heureusement elle ne durera que quelques minutes. Notre ryokan se situe en pleine forêt, c’est le personnel qui nous emmène en voiture après s’être présentés à leur autre ryokan qui se situe a 20 min à pied du port. Le ryokan est au bord d’une rivière, entouré de cèdres. Il possède son propre onsen, et nous logeons dans un petit bungalow avec des lits à l’occidental.

Après un bain dans le onsen super mignon, on part déguster notre repas traditionnel japonais, le kaiseki. C’est un repas souvent servi dans les ryokans, assez onéreux car composé de produits haut de gamme de la région : c’est une succession de petits plats tous plus délicieux les uns que les autres. On peut comparer cela à un repas de restaurant gastronomique en France.

Crédit photo : photo personnelle

Le onsen super mignon !

Une fois dans notre chambre, nous faisons la chasse à une araignée énorme et ultra-rapide (est-ce que je t’ai dis que nous sommes phobiques des araignées, M. Riwen et moi ?!). Une petite recherche sur internet nous apprend que c’est une espèce inoffensive mais une des plus rapide au monde, on comprend un peu mieux les sauts à la spiderman qu’elle nous a fait…

Une randonnée dans la brume

Le lendemain, l’agence avec laquelle nous avions booké notre séjour sur Yakushima nous envoie notre guide pour randonner sur l’île. Il s’avère que c’est en fait le créateur de l’agence lui-même qui nous servira de guide. C’est un anglais très sympathique qui parle aussi un peu français, il s’appelle Steve.

Après nous avoir emmené nous équiper de chaussures de marches de location (sincèrement, il n’y a qu’au Japon où on peut louer des chaussures de marche !), nous partons pour notre première randonnée. L’ambiance est digne d’un film d’horreur. Une brume humide pèse sur le paysage et nous enveloppe. Nous ne croisons presque personne sur le chemin, et pour cause, la majorité des randonneurs ont décidé de rebrousser chemin car le typhon est censé toucher l’île à partir de 15 h, mais notre guide n’est pas trop inquiet et nous informe qu’on écourtera juste la randonnée. Pour lui, Yakushima dans ces conditions météorologiques est idéale.

En plus de nous guider, il nous raconte l’histoire de l’île et de ses immenses et millénaires yakusugis. Une partie de l’île a alimenté le commerce du bois et le bois de certains temples du Japon vient donc de Yakushima.

Crédit photo : photo personnelle

Yakushima dans la brume.

Nous n’entendons que la pluie et nos pas sur le sentier. Tout est glissant et humide, mais l’endroit est d’une magnificence que je n’ai jamais vu ou retrouvé ailleurs. Le vent dans les cimes, la pluie sur les feuilles, son écoulement goutte à goutte ou en rigole dans la mousse verdoyante me fascine. Nous déjeunons d’un petit bento, abrités sous un rocher. Nous sommes trempés mais heureux comme jamais, perdus dans la brume épaisse des sommets de Yakushima.

Crédit photo : photo personnelle

Yakushima dans la brume.

En pleine tempête

Le lendemain, le temps s’est énormément dégradé et les propriétaires de l’hôtel décident de nous déplacer en ville. Ils ont peur que des arbres tombent sur les bungalows. Et en effet, sur la route, plusieurs arbres se sont déjà effondrés.

Nous passons ensuite deux jours confinés (comme quoi ça arrive même en voyage) dans une petite chambre dont on ne peut sortir que pour les repas. Heureusement, il y a du wifi et nous passons le temps sur internet tout en lançant des coups d’œil réguliers et inquiets par la fenêtre qui vibre sous la force du vent et par laquelle on aperçoit les arbres malmenés par la tempête.

Le deuxième soir, le vent souffle toujours très fort mais le ciel s’est dégagé. Nous sortons prendre l’air sur le toit de l’hôtel et sommes subjugués par les couleurs typiques d’un couché de soleil d’après typhon qui se dévoilent…

Crédit photo : photo personnelle

Les couleurs extraordinaires et typiques d’un coucher de soleil après le passage d’un typhon.

Crédit photo : photo personnelle

Une autre facette de Yakushima

Pour notre dernière journée sur l’île, nous décidons de maintenir une des randonnées que nous avions booké pour la veille et annulons le tour de l’île prévu à l’origine.

L’île est métamorphosée après le passage du typhon. Le ciel est bleu limpide, le soleil brille, la nature bruisse de milliers de sons. La faune et la flore s’éveillent après trois jours tempétueux. La rivière que nous traversons est le terrain de jeu de milliers de libellules. L’air fleure bon la forêt et notre guide nous fait même boire l’eau limpide et vivifiante qui s’écoule entre les mousses d’un vert émeraude éclatant. Nous prenons notre repas de midi entre les yakusugis et souches de yakusugis millénaires aux racines noueuses et impressionnantes.

Si M. Riwen a adoré Yakushima baignée dans la brume, je décrète que je préféré cette atmosphère complètement féerique. Tu apprendras bien vite que si j’adore quand il fait beau, M. Riwen, quant à lui, adore la pluie. Sur le chemin du retour nous croisons même des daims, ainsi qu’une petite troupe de macaques sur la route, tous sortis prendre l’air après plusieurs jours confinés, comme nous.

Crédit photo : photo personnelle

Notre guide en rouge ouvre le chemin, Brian (is in the kitchen, ne pouvais-je m’empêcher de penser) l’Australien.

Crédit photo : photo personnelle

Crédit photo : photo personnelle

Crédit photo : photo personnelle

Crédit photo : photo personnelle

Crédit photo : photo personnelle

Par la suite, nous quittons Yakushima, sans une dernière petite aventure pour ma part, qui me fais piquer par une abeille ou une guêpe qui a réussi à se glisser dans mon t-shirt à l’intérieur du hall d’embarquement du port. Oui, il n’y a qu’à moi que ça arrive.

Crédit photo : photo personnelle

Dernier regard sur Yakushima.

Et pour rêver un peu plus encore, je te laisse découvrir les clips vidéos que M. Riwen a monté de ces deux randonnées :

Pour la suite je t’emmène à Kumamoto et Beppu – la ville des enfers, baptisée ainsi en raison de ses milliers de onsens – mais ça c’est une autre aventure et une autre chronique !

Et toi fais-tu de la randonnée ? As-tu été subjuguée par les paysages de montagnes ? Viens me raconter tes aventures en commentaire ! Et si tu as des questions sur l’agence avec laquelle nous avons booké nos rando, n’hésite pas me demander les infos, également en commentaire, je te répondrai avec grand plaisir !


Commentaires

5   Commentaires Laisser un commentaire ?

Cricri2j

Que c est beau, j’ai hâte de pouvoir voir cela de mes propres yeux un jour.
Merci pour ce partage

le 03/05/2020 à 14h37 |

Sarah

C’est splendide ! Et ces photos !!! merci pour ce partage, j’espère avoir la chance de m’y rendre un jour …

le 03/05/2020 à 14h55 |

Marjolie

La version dans la brume et la pluie est sublime, les photos sont incroyables! J’ai d’ailleurs une petite question technique : aviez-vous utilisé un matériel particulier pour ces photos? quel genre d’objectif? Merci 🙂

le 04/05/2020 à 08h17 |

Azu

Salut Marjorie ! Pour ces photos/vidéo, on a utilisé un Sony A7S II, et l’objectif c’est un Zeiss 35 mm f/1.4, notre chouchou des objectifs (même si on l’a échangé contre un GM 24mm f/1.4).
Les photos du coucher de soleil typhon sont faites à l’iPhone (5s je crois à l’époque… ou le 7 je ne sais plus quand est-ce que mon mari en a changé haha). La dernière photo est faite avec un Sony 6000, 10-18 mm f/4.

le 04/05/2020 à 09h21 |

isabelle

Le reportage est excellent, j ai eu l’extrême chance , pendant près de deux mois, de parcourir une partie du Japon, accompagnée de mon mari et nos trois enfants. Nous aussi , on a vecu l expérience d’un typhon à Osaka !!!
Enfin, pour conclure, ma famille et moi sommes entrain de monter , à nouveau, un projet de voyage au Pays du Soleil Levant ! C est notre pays de coeur !!!!
Merci pour le reportage !

le 04/05/2020 à 15h00 |

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