Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Bref, je suis une femme noire


Publié le 11 juillet 2016 par Flora

Ce n’est un secret pour personne : je suis noire et fière de l’être !

J’aime ma peau foncée, sa beauté, et les avantages qu’elle offre, comme la résistance aux coups de soleil et le vieillissement ralenti. J’aime aussi mes cheveux, qui me prennent beaucoup de temps, mais qui me permettent de varier les styles à l’infini (ok, entre nous, je ne serais pas contre de longs cheveux lisses certains jours, mais en général, j’adore mes cheveux crépus). Je suis aussi fière de mes courbes généreuses, que j’ai héritées de mes tantes, et je me fous pas mal de ceux qui parlent de mon gros c**.

Féminisme et racisme

Crédits photo (creative commons) : Johnny Silvercloud

Par contre, j’ai un peu plus de mal avec d’autres jugements, relevant plus de clichés que de faits réels. Et je ne parle même pas des généralités du genre : « les noirs sont pauvres », mais de choses qui m’offensent directement, comme cette mamie qui serre son sac quand je m’assois à côté d’elle dans le métro, ou cet homme riche qui me prend pour une « gold digger »…

Mais parce qu’on peut parler de tout ici, et même de politique, ce qui m’énerve le plus, ce sont ces gouvernements soi-disant de gauche qui votent des lois xénophobes en surfant sur la vague terroriste. Parce que peu importe ce qu’on vend à la population en parlant de déchéance de nationalité, pour moi, ça veut juste dire que l’égalité qu’on m’a prônée au moment de ma naturalisation n’était que poudre aux yeux. Que contrairement à ta nationalité, la mienne est révocable. Je n’ai pas l’intention de commettre des actes terroristes, mais c’est une question de principes.

Concernant le racisme ambiant, il paraît qu’on laisse un peu les noirs tranquilles ces temps-ci, pour taper sur les arabes d’un commun accord. Mais franchement, je ne pense pas qu’on puisse n’être raciste qu’à moitié. Et de toute façon, aucun racisme n’est acceptable.

En y regardant de plus près, il y a beaucoup de bêtise dans le racisme, et pas mal de désinformation. Par exemple, comment peut-on traiter tous les musulmans de terroristes quand on sait que la population musulmane est la première à en souffrir ?! Quand une vendeuse de robes de mariée qui me voit pour la première fois se permet de faire des remarques limites sur toute une communauté, ou quand mon collègue fait une blague vaseuse pendant le déjeuner, je n’ai pas besoin d’avoir des racines arabes ou musulmanes pour me sentir insultée.

Et je sais qu’on n’est malheureusement pas spécialement tendres entre minorités non plus, mais peu importe. L’idée même de classifier les gens selon leurs origines m’insupporte. Comme on dit chez moi : il n’y a pas de famille sans con. Si on devait stigmatiser chaque communauté dont quelques membres ont fait des atrocités, on aurait beaucoup de boulot ! Bref, il n’y a aucune bonne raison d’être raciste. Et ça vaut aussi pour des minorités qui croient qu’être discriminées leur donne le droit de discriminer à leur tour.

J’ai la chance d’avoir fait des études plutôt demandées sur le marché. Du coup, je n’ai jamais connu de grosse discrimination à l’embauche. Et quand ça arrive, c’est difficile de savoir si c’est parce que je suis noire, ou jeune, ou femme (triple handicap, je te dis) !

Je ne suis pas sûre de ce qui est le pire, entre être une femme et être d’origine étrangère ! Dans mon domaine très masculin en tout cas, je crois que ma crédibilité souffre plus de ma féminité que de ma couleur de peau. Au boulot, on m’a déjà offert des chocolats pour la fête des secrétaires (oui, oui). Je n’ai pas osé faire un scandale, par peur d’offenser les secrétaires, mais c’est quoi ces clichés ?!

Même si je suis loin d’être coquette, des fois, j’ai l’impression que ma crédibilité évolue inversement à mes efforts de féminité. À partir du moment où je mets une petite robe d’été, je reçois plein de compliments de la part de mes collègues, et ça me fait plaisir, mais j’ai aussi remarqué qu’ils me prenaient moins au sérieux. Comme si être femme et scientifique était incompatible… Et on s’étonne qu’il y ait si peu de femmes distinguées en physique !

Alors on peut dire tout ce qu’on veut, mais en 2016, il y a encore du chemin à faire avant d’atteindre l’égalité, qui fait pourtant partie de notre constitution depuis plus d’un demi-siècle. Il faut cependant reconnaître que même avec les quelques retours en arrière qu’on a connus, les choses évoluent plutôt dans le bon sens. Aujourd’hui plus que jamais, on a le droit d’être différent. Mais on n’est pas à l’abri de changements nocifs, et il est de notre devoir de faire en sorte de garder ces bases intactes.

Je ne suis pas contre les gens qui expriment leur mécontentement par rapport à la politique actuelle (c’est plus difficile de trouver des partisans de la politique actuelle que des opposants, de toute façon), mais quand on fait un vote « sanction », il faut se rendre compte qu’on ne sanctionne pas uniquement le gouvernement. En votant pour les extrêmes, on sanctionne aussi toutes les personnes qui ne sont pas des hommes blancs, hétéros et non handicapés.

Je suis une grande partisane de l’esprit européen. Je suis fière de vivre dans un pays qui ne laisse pas mourir ses pauvres d’obésité et/ou par manque de soins médicaux. Qui laisse une possibilité aux mamans de s’occuper de leurs enfants en travaillant, ou pas, et qui assure à chaque personne l’aide dont elle a besoin.

Oui, il y a des abus, et oui, je râle à chaque fois que je reçois ma fiche de paie, en réalisant ce que me coûte ce luxe. Mais pour rien au monde je ne voudrais me retrouver dans un système américain, sans congé maternité et avec dix jours de vacances annuels. Malheureusement, la politique actuelle va dans ce sens, mais j’ai bon espoir que les gens se réveillent avant qu’il ne soit trop tard.

Pour conclure, je dirais juste que ce n’est pas toujours facile d’être différente, mais que je le vis bien. Je crois sincèrement que la mixité et le mélange de cultures fait la force de notre société, un peu comme le mélange de couleurs fait la beauté de l’arc-en-ciel.

Je m’entoure de gens bienveillants, qui m’aiment pour qui je suis et non pour mes origines. Je fais le choix assumé de ne pas m’exposer aux personnes racistes (en mettant une photo sur mon CV, par exemple). Après, on ne va pas se mentir, je suis plutôt chanceuse : mon appartenance à la classe moyenne m’épargne le racisme social, donc je ne m’en sors pas trop mal (enfin, quand on n’assume pas que tout est grâce à mon mari).

Mais il n’empêche que je dois toujours me demander si je dois enlever mon alliance pour aller à cet entretien, ou si je vais être traitée différemment à cet événement. Et ça, j’aimerais que mes enfants n’aient pas à le vivre.

Et toi ? Tu subis des discriminations ? Souffres-tu du racisme ? Du patriarcat ambiant ? As-tu l’impression de vivre dans une société juste, ou au contraire très inégalitaire ? Viens en discuter ! 

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

32   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

C’est un très joli article Flora.
Je ne pretendrais pas comprendre, car je n’ai pour l’heure subis aucun racisme quelconque.
Je te rejoins néanmoins sur de nombreuses choses et plus particulièrement sur ta conclusion. Oui j’aimerai que mes enfants vivent dans un monde meilleur, où la discrimination serait moins forte.
Je me rappelle encore comment jusqu’au lycée ma soeur et moi avons subis des attaques des autres enfants parce que nos parents n’étaient pas riches et qu’ils ne pouvaient pas nous payer des choses à la mode ou des activités extrascolaires au contraire de nos camarades. On a jamais été malheureuse à cause des moyens de nos parents, mais cette discrimination nous a rendu malheureuses.
Ce n’est bien sûr pas de même niveau mais je ne peux m’empêcher de faire un parallèle.
Pour l’heure en tant que femme, je n’ai pas subit de discrimination ou du moins assez bien cachée mais je sais qu’avec un enfant les choses seront peut être différentes.

le 11/07/2016 à 09h33 | Répondre

Flora

Merci mme Fleur 🙂
Le racisme social est un vrai problème. Et je pense que c’est tout à fait comparable parce qu’être mis de coté n’est jamais agréable quelqu’en soit la raison.
Je te souhaite de ne jamais connaitre la discrimination au travail. C’est fatiguant de devoir faire ses preuves continuellement.

le 11/07/2016 à 13h59 | Répondre

Gwen

Personnellement je pense qu’il faut arrêter de voir du racisme partout. Pas de noirs nommés aux Oscars 2016 = racisme, un noir qui n’est pas choisi pour un poste = racisme, pas de noir dans un film = racisme, pas d’Arabe pour l’euro 2016 = racisme … Je dis non, non, non, il faut arrêter de croire que tout tourne autour du racisme. Nous sommes en France, pays multiculturel, qui accueille et surtout aide les étrangers, alors arrêtons de crier au loup à chaque fois. Moi ce que je vois en France c’est des médecins noirs, des instituteurs chinois, des biologies arabes, des Français architectes… Dans les écoles pareil. On fait de la place pour tout le monde alors certes, le racisme existe mais il ne faut pas toujours le prendre pour « excuse ».
C’est bien évidemment mon avis personnel sur ce que je pense du racisme et n’a rien contre toi, jolie Flora ?

le 11/07/2016 à 10h55 | Répondre

La Bavarde (voir son site)

Je trouve que votre avis est assez raccourci. Pour une personne blanche (au sens social du terme), il faut très souvent arrêter de voir le racisme partout. Mais comment pouvez-vous formuler cette injonction alors que vous-même n’êtes pas concernée par ce problème ? (je le suppose à la lecture de votre message).

Nous visons dans un monde où être noir ou maghrébin est un handicap, c’est une vérité. Le nier, c’est nier une partie de la population qui souffre de discrimination pour obtenir un logement ou un travail par exemple. Où sont les noirs et les maghrébins dans les médias ou les campagnes publicitaires ? Hormis quand il s’agit de promouvoir le sport, la musique ou des choses exotiques, nous sommes totalement absents, ou alors on parle à notre place de sujet qui nous concernent, avec un regard néo-colonial.

Donc oui, il faut continuer de dire ce qui ne va pas. Ce n’est pas une excuse que de l’affirmer. Je trouve même cela insultant et presque méprisant.

Nous sommes un pays multiculturel, pourtant des lois xénophobes et/ou excluantes sont votées. La montée des populismes on en parle ?

Alors certes tous le monde n’est pas raciste. Mais nous avons le droit d’exprimer notre ressenti, notre vécu en tant que personnes noires. Et ce sans avoir à subir ce genre de remarque ou à s’excuser de les formuler.

le 11/07/2016 à 13h32 | Répondre

Flora

Bonjour Gwen,
Je ne sais pas vraiment comment répondre à ça parce que le propos de mon article est loin d’être de la victimisation. Je parle de ma vie tout simplement et je n’essaye d’excuser rien du tout.
Biensûr qu’il doit y avoir des abus mais pour les oscar ou pour l’euro je ne connais pas assez le sujet pour juger si c’est abusif ou pas.
En parlant de foot par exemple ça ne t’as jamais choquer le debat sur le nombre de noirs dans l’équipe de France ? (et accessoirement le fait qu’on en parle surtout quand ils perdent).
Il y a un autre point dont je n’ai pas parlé parce que ce n’est pas ma réalité, penses-tu que dénoncer les controles au faciés c’est aussi crier au loup? et les noirs qui se font tuer par la police aux états unis? et le fait d’avoir plus de chomeurs dans les étrangers? et le sexisme ordinaire on a droit d’en parler ou pas?

le 11/07/2016 à 14h10 | Répondre

Ceriise

Je crois qu’il faut quand même se demander si on est confrontés au racisme avant d’avoir un avis si tranché.
Je suis bien blanche et pourtant, via mes amis, je supporte des propos qui me choquent, m’écœurent même…
Comment en 2016, dans une ville moyenne, notre ami de 30 ans doit-il réserver sous un autre nom à force d’avoir eu des refus de table au restaurant ?
Pourquoi ne peut-il pas signer de son nom son travail car il bosse sur des sujets sensibles ?
Alors j’entends les autres points de vue, mais pour moi le racisme est partout, et il est devenu presque « normal », presque « toléré »… Au travail « ah ils ont recruté une noire » (je ne sais ni son poste, ni ses compétences, mais elle est noire voyez-vous…), ou alors dans un autre genre « on ne peut pas bosser avec les pd (terme employé évidemment), ils ne sont pas fiables » (??). Je ne pense pas être dans une société pire qu’une autre, ni dans une ville pire qu’une autre pourtant…

le 11/07/2016 à 19h17 | Répondre

Lisa

Très bel article Flora. J’ai envie de dire vive la différence et la mixité, on s’ennuierait si on était tous pareils. C’est tellement enrichissant d’apprendre de nos différences quelles qu’elles soient, culturelles, sociales… Je suis en couple mixte, franco arabe. Je me pose évidemment beaucoup de questions pour mes enfants… Cela me rend triste parfois, c’est vrai j’ai l’impression que l’on régresse sur certains points ou que l’on ne tire pas de leçons de l’histoire mais plus que tout je veux rester positive et croire que tout un chacun peut réussir peut importe d’où il vient, sa couleur, son nom, son handicap… La volonté reste d’après moi le plus grand moteur même si on peut rencontrer des embûches sur le chemin, je pense que cela rend aussi plus fort. Je pense qu’il faut être fiers de ce que l’on est, de nos racines… Un exemple qui me rend profondément triste, un ami qui souhaite donner le nom de famille de son épouse à ses enfants pour que ceux-ci ne soient pas confronter au racisme. Pour moi c’est donner raison à des personnes qui n’en valent pas la peine et renier une partie de soi, cela me choque même si je comprends les raisons qui poussent à faire ce choix. Et que dans d’autres situations, je trouve super de pouvoir choisir le nom de famille et que cela ne soit pas automatiquement celui de l’homme. C’est un vaste sujet, bien sûr qu’en France on a de la chance sur de nombreux points et qu’il y a eu de nombreuses avancées, il reste cependant pas mal de progrès à faire.

le 11/07/2016 à 12h03 | Répondre

Flora

Tu sais quand on demande la nationalité française, il y a dans le formulaire une proposition de franciser son nom. Je trouvais ça ridicule comme proposition mais ce qui est plus ridicule c’est qu’il y ait un besoin dans ce sens. Oui c’est triste de devoir être toujours meilleurs que les autres, parce qu’à qualification égale on a peut de chance d’être retenue, c’est triste de toujours partir avec un malus mais c’est comme ça. Avec beaucoup de bonne volonté on y arrivé certes mais l’égalité c’est loin d’être ça.

le 11/07/2016 à 14h48 | Répondre

Cacy

Je ne trouve pas ridicule de vouloir changer de nom quand on change de nationalité. Ce n’est pas nécessaire et ca ne doit pas le devenir. Mais je pense que certaines personnes peuvent vouloir utiliser cela pour prendre un nouveau départ, oublier un passé douloureux ou vouloir éviter les questions (pas toujours méchantes) trop curieuses sur ses origines.
On peut aussi préférer changer de nom plutôt que de le voir systématiquement mal prononcé et orthographié.
Ca doit rester un choix pour le nouveau Français. (Et ca ne doit jamais être interdit ou forcé.)

le 12/07/2016 à 00h46 | Répondre

Flora

Bonjour Cacy, tu as raison.
Ce n’est pas ridicule de vouloir changer de nom, il doit y avoir des tas de bonnes raisons pour ça. Il me semble que c’est même une procédure qui existe déjà hors naturalisation. Ce que je trouve choquant c’est que ce soit proposer par défaut et non à la demande. Pour moi ça laisse sous entendre que pour se sentir tout à fait français il faut avoir un nom français. Ce qui est, au 21ème, un peu ridicule à mon avis.

le 12/07/2016 à 08h48 | Répondre

MlleMora

Tu verras Flora, j’ai écrit un article sur le fait d’être métisse – c’est encore une autre case pas toujours confortable même si comme toi, je ne le vis pas mal du tout.
Mais tu as raison, il faut être vigilant, le racisme ordinaire est là, et fait encore des ravages. Mon mari, qui est blanc, assiste à des conversations désolantes – auxquelles j’assiste rarement car les gens n’osent pas devant moi, et oseraient certainement moins devant lui s’ils savaient à quoi ressemble sa femme ! (ma mère avait le même souci, entendre des propos racistes régulièrement alors que ses filles sont métisses…)
J’espère comme toi que nos enfants vivront dans un monde plus tolérant, qui n’a pas besoin de mettre les gens dans des cases en fonction de leur couleur de peau ou de leur appartenance religieuse…

le 11/07/2016 à 12h09 | Répondre

Flora

Ton article m’intéresse pour ma future progéniture 😉
Bizarrement les gens se permettent des remarques limites devant moi. La dernière en date : une collègue qui veut changer son enfant de crèche parce qu’ils ont embauché une nounou maghrébine…

le 11/07/2016 à 15h39 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C’est un article très intéressant… Je n’ai pas l’impression d’avoir été un jour vraiment discriminée injustement alors c’est presque difficile pour moi de me l’imaginer… Le cas de la double-nationalité m a posé question aussi, car il aurait concerné au moins mon fils… En tout cas merci pour ce témoignage.

le 11/07/2016 à 13h22 | Répondre

Flora

C’est peut être lié à mon domaine alors.
Un jour j’avais donné un avis technique sur l’installation sur laquelle je travaillais et ça n’avait pas été pris en compte. Juste pour voir j’ai demandé à un collègue masculin de dire exactement la même chose et bizarrement on l’a écouté lui.
Un autre exemple, le patron de mon mari ne voulait pas embaucher des filles parce que tu comprends ça changer l’ambiance dans le bureau (les pets bruyant c’est important pour s’épanouir au boulot selon lui).

le 11/07/2016 à 15h55 | Répondre

Karine (voir son site)

Racisme ordinaire, sexisme ordinaire, « jeunisme » ordinaire… Ouais tu cumules 😀 Je les avais cumulé aussi en Suisse. Sans être noire, juste française et déjà j’avais vu le racisme…

Je suis dans une milieu scientifique aussi, et visiblement on ne fait ni confiance aux femmes, ni aux jeunes (oui j’ai 25ans et alors? C’est pour ça que je suis demeurée et que je peux pas répondre à ton e-mail), ni aux « étrangers » (que ce soit par couleur de peau ou nationalité, ou combo avec les deux).
J’ai appris un jour qu’un mec qui me demandait des infos, que je donnais, vérifiais toutes mes réponses auprès d’un autre collègue (qui ne bosse pas sur la meme chose que moi donc il l’a envoyé bouler en disant que si je répondais ça c’est que c’était vrai).

Bon courage à toi, ça doit être fatiguant à vivre au quotidien… déjà le sexisme c’est pénible mais le racisme en plus…

le 11/07/2016 à 17h54 | Répondre

Flora

Merci Karine,
je te comprends forcement, et j’ai donné un exemple du même genre en réponse au commentaire précédent 🙂
Il faut relever les incidents et continuer d’en parler. J’ai bon espoir que ça ira mieux avec le temps, les gens ont tendance à être long à la détente.
Bon courage à toi aussi

le 12/07/2016 à 08h54 | Répondre

Elisabeth

Je suis française de naissance, née de parents français par naturalisation (père né italien en France de parents réfugiés politiques, père naturalisé à un an avec ses parents, mère allemande, naturalisée par le mariage). De plus, je suis mariée à un Allemand, je vis en Allemagne et ai opté pour la double nationalité franco-allemande, voilà pour mon « pedigree ».

L’acquisition de la nationalité (lorsqu’on ne la reçoit à sa naissance, « dans son berceau » allais-je écrire) est, selon moi, un honneur que la communauté nationale nous fait de nous accueillir en son sein, nous qui ne faisions pas partie de ce groupe antérieurement.

Cet honneur crée des obligations, d’intégration pour l’essentiel. Mon grand-père paternel avait coutume de dire « Lorsqu’on reçoit la naturalisation, on doit assumer chacune des obligations en tant que nouveau citoyen de ce beau pays avant de revendiquer un seul droit ». Mes grands-parents avaient vu leurs prénoms « francisés » d’office à l’époque et c’est avec fierté et reconnaissance qu’ils avaient « adopté » leurs « prénoms français » (c’était leur expression) et, y compris dans leur quotidien le plus privé, ils n’usaient que de ces prénoms français par gratitude pour l’Administration française qui les avait intégrés à la communauté nationale.

Ceci est un témoignagne du vécu de naturalisation d’une famille ordinaire.

le 11/07/2016 à 19h11 | Répondre

Flora

Bonjour Elisabeth,
Merci pour ce témoignage. Je suis d’accord avec toi et pas d’accord en même temps. Oui il faut être reconnaissant envers son pays d’accueil (quoi que à l’heure de l’immigration choisi c’est plus du « gagnant-gagnant » mais soit) et devenir citoyen d’un nouveau pays implique beaucoup de devoirs.
Mais exactement une fois qu’on s’est acquitté de ses devoirs, on s’attend à pouvoir jouir de ses droits de citoyens au même que les autres et c’est là que ça coince.
Peut être que tes grands parents n’ont pas rencontrés ces problèmes là et c’est tant mieux pour eux, mais ça ne veut pas pour autant dire que ceux qui les rencontrent ont raté quelque chose dans leur intégration.

le 12/07/2016 à 09h08 | Répondre

Nya (voir son site)

Merci Flora pour cet article. Je pense qu’on a besoin d’une piqûre de rappel sur les discriminations ordinaires, sur le racisme ambiant, sur le fait que non, tout cela n’est pas derrière nous en 2016, loin de là.
Ma seule expérience d’une discrimination non liée à mon genre est la discrimination linguistique qui sévit dans ma partie du Canada : les anglophones ont une opinion sévère des francophones, et il m’arrive de me trouver dans des situations où certains critiquent ouvertement les « avantages » des francophones (qui sont forcément fainéants/ne méritent pas leurs avantages, etc.) dans un pays à majorité anglophone. Hormis cela, je souffre surtout du patriarcat ambiant et du sexisme ordinaire. Je frémis en pensant aux femmes des minorités, comme toi, qui subissent de multiples discriminations.

le 12/07/2016 à 02h40 | Répondre

Flora

Merci Nya pour compatir.
Je travaille en Flandre et les flamands n’ont pas meilleurs opinion des francophones ici non plus 🙁

le 12/07/2016 à 09h11 | Répondre

Ornella

Bref, moi je n’en parle plus, je zappe à la moindre réflexion déplacée. La personne comprendra ou pas je m’en fou. Il est dans l’air du temps quand on parle de racisme d’avoir toujours les même discours réducteurs du style non mais vous criez au loup y’a rien. Ou en gros dites merci et fermez la. Mais bien sûr. D’ailleurs à ces 2 non arguments je réponds souvent que ce n’est pas parce que quelque chose ne nous blesse pas qu’il ne peut pas en blesser d’autres ( entre autres combien d’entre nous font attention au type d’accès des bâtiments qu’ils fréquentent? Pas beaucoup à part ceux qui ont été confronté à des problèmes d’accessibilité), et pour l’argument de la gratitude infinie, oui mais j’aimerais rappeler qu’il est souvent hors contexte. Parce que d’un ceux à qui il s’applique c’est la génération des parents ( de la première vague d’immigration). Et que ceux qui râlent boudent « crient aux loups » c’est plus souvent la deuxième génération, oui oui. Celle qui est NÉE française mais qui se sent toujours relégué au statut de citoyen de seconde zone. Je suis toujours étonnée de voir quel corrélation les gens font entre couleur de peau, une religion et une nationalité. Je suis noire ET je suis française, née française, de parents bien noirs et bien français eux aussi ( et le comble x’est qu’on est même pas des dom tom ).
Je suis désolé Flora, mais je sature de ces discutions. J’ai bien lu ton article mais j’ai décidé de passer outre parce que j’en ai marre de me battre pour faire comprendre que oui c’est bien du racisme quand:
– qu’on me prend pour la nourrice de mon fils parce qu’il est trop blanc pour être mon enfant.
– quand on arrête mon père, trop noir pour avoir une BMW le premier jour du bac, et que ma sœur se retrouve à devoir aller à pied au lycée parce qu’on ne lui rendra les papiers de sa voiture qu’à 16h.
– quand la puer de l’hôpital dit à mon fils qu’il a de la chance parce qu’il est hyper clair ( mais a t’elle si tort?)
– quand la puer de l’hôpital refuse de me donner les références d’un biberon en particulier parce que selon elle ça va me faire cher mais qu’elle le donne dans la foulée au couple pas basané qui suit. (Accessoirement elle donnera les refs à mon mari)
– Ni quand ma patiente dit à ma collègue qu’elle a peur que ce soit moi qui pose son cathéter parce : »ces gens là c’est des sauvages »
Je peux continuer inlassablement comme ça. On est en 2016, mais non le racisme on en fait pas encore trop. On a encore de la marge.
Chacun vit les choses a sa manière mais contrairement à toi je ne me sens pas fière d’être noire. Ou en tout cas pas plus que d’avoir deux bras. Pour moi je ne me regarde pas le matin en me disant que je suis noire. C’est les autres qui me renvoient à ma couleur de peau. Et puis parce que je n’en suis pas à l’origine. Je ne l’ai pas « crée », c’est comme ça et puis c’est tout.
Moi la dernière en date, qui m’a fait comprendre qu’il y avait peut-être un souci, c’est lors de la réservation d’un voyage avec ma meilleure amie ( elle est cambodgienne). Sur notre to-do liste, il y avait checké sur le net si c’était safe pour nous. Mon mari a vu la liste et m’a dit, bah pourquoi ce serait pas safe pour des femmes? Là j’ai vu le fossé entre nous, il est un homme blanc. il n’a pas compris qu’on ne voulait pas que s’assurer que des femmes pouvaient s’y balader seule. Mais aussi qu’on ne seraient pas embêtée à cause de nos origines.
Comme toi, je constate qu’il y’a des abus mais non pour moi non plus ça ne justifie pas le discours de certains.

le 12/07/2016 à 09h00 | Répondre

Flora

Bonjour Ornella,
Je te comprends. Des fois ça me fatigue aussi de devoir expliquer aux gens pour quoi telle ou telle remarque m’offense. Je n’ai pas voulu parler du raccourci « les noirs sont tous pauvres » parce que ça m’énerve tellement que j’ai pris l’habitude de payer à chaque fois qu’on sort avec mon mari, pour que les gens arrêtent de me prendre pour une mendiante. J’avais aussi du mal à garder mon calme, en voyage d’affaire, quand les hôtesses revérifiaient ma carte d’embarquement 1000 fois pour bien s’assurer que j’ai droit à l’accès prioritaire.
Quand je dis je suis fière d’être noire, je veux juste dire que je ne changerais pour rien au monde.Ma peau c’est mon histoire, mon identité. Et comme tu dis je suis noire et française. Être noire c’est juste un détail, au même niveau que la couleur des yeux ou des cheveux, et d’ailleurs je dis noire et non black ou autre parce que pour moi être noire n’a rien de péjoratif.

le 12/07/2016 à 09h46 | Répondre

Galeopsis

Merci pour ce très bel article, Flora.

Ça me fait très mal quand j’entend que « il faut arrêter, la France n’est pas un pays raciste ». Il y a du racisme ordinaire partout. Mais comme plusieurs internautes l’ont souligné, on ne s’en aperçoit que quand on y est personnellement confronté.

Etant blanche et hétéro, je ne me rendais pas compte de tout ça jusqu’à ce que j’épouse mon homme qui n’est ni blanc ni français de surcroît…
Et avec ma fille métisse j’essuie les plâtres également. Heureusement elle n’a pas encore été victime de racisme à ma connaissance, mais quand même quelques remarques fréquentes qui se veulent gentilles et qui me blessent terriblement comme « C’est bien, elle a la peau claire » ou « C’est bien, elle n’a pas les cheveux crépus »…

Toutefois, je tiens à préciser ma pensée : je n’aime pas les clichés de manière générale et j’ai horreur également d’entendre « Les Français sont racistes ». Bref, j’aime beaucoup ta métaphore « Il n’y a pas de famille sans con », Flora. Je la ressortirai !
Merci pour ton article !

le 12/07/2016 à 10h23 | Répondre

Flora

De rien 🙂
Merci pour les compliments. J’aime beaucoup cette métaphore aussi.
C’est exactement ça, il faut le vivre pour le comprendre (ou alors bien vouloir croire ceux qui le vivent). J’espère que tout ira bien pour ta fille.

le 12/07/2016 à 10h37 | Répondre

Madame Bisounours

C’est un joli article Flora, même si la réalité de ce qui tu décris n’est pas jolie jolie !
Merci d’avoir partager ça avec nous, il nous permet de comprendre un peu mieux ce que tu vis. Parce qu’il faut être honnête on ne peut qu’imaginer ces discriminations puisqu’on ne les vit pas !
Je plussoie quand tu dis qu’il y a des cons dans toutes les familles ! Je suis très typée méditerranéenne et on me demande souvent mes origines. J’aime bien faire l’idiotie et commencer par ma partie auvergnate ! Ce qui est amusant dans mon cas, puisque je n’en souffre pas au quotidien, c’est de voir à quel point les gens sont conditionnés par les apparences et le contexte. J’ai vécu à Marseille et selon les quartiers et les gens avec qui je me trouvais on m’a prise pour une maghrébine, une « juive », une Espagnole, une italienne (d’autant plus que mon prénom est typiquement italien), une arménienne …
En tout cas, merci encore pour cet article qui montre bien ce qu’est l’intersectionalité des luttes et pourquoi c’est important ! Nous sommes toutes des femmes (sinon, fais nous signe !) et pourtant à moins d’être nous-même noire nous ne sav(i)ons pas ce que tu vis.

le 17/07/2016 à 07h53 | Répondre

Flora

Merci Madame Bisounours 🙂
Il m’arrive aussi de répondre à la question « vous venez d’où » par Alsace ! En règle général les gens sourient nerveusement et arrête là leur interrogatoire ^^

le 18/07/2016 à 09h03 | Répondre

Miss Chat

Etant recruteuse, j’ai assisté trop souvent à de la discrimination raciale… « Les clients n’aimeront pas avoir un noir ou un arabe en face d’eux », « Le manager trouve que les autres noirs de l’équipe sont trop fainéants alors il n’en veut pas d’autres », « Plusieurs employés arabes ont fraudé alors on n’en veut plus »… Et même de nos clients vis-à-vis de nous : un ancien boss n’allait jamais chez un client avec un de nos collègues car ils étaient de la même ‘couleur’ et il savait que ça passait souvent très mal…
Actuellement, chaque fois que je me plains des bourdes de ma collègue (qui est juste quelqu’un de très distrait), on me dit « ah oui mais bon, elle est noire, ils sont souvent comme ça », comme si ça avait le moindre rapport ?! Bizarrement, ça n’arrivait pas quand je me plaignais exactement de la même façon de mon ancienne collègue, blanche et belge.
J’ai été victime une seule fois de discrimination, quand on m’a refusé un job à cause de ma grossesse. Je suis donc loin de connaître ce que peuvent vivre d’autres minorités plus exposées.
La discrimination basée sur la couleur de peau, elle me dégoûte. Elle me fait perdre toute foi en l’être humain et en sa capacité à partager et à maintenir un monde meilleur ensemble. Elle me consterne parce qu’elle signifie que certains pensent qu’il y a une échelle de valeur entre nous tous et qu’on peut l’utiliser au jour le jour. Et à chaque fois que j’en entends de nouveaux exemples, j’ai envie de secouer ces gens et de leur faire mal autant qu’ils peuvent faire mal à toutes ces communautés qu’ils dénigrent.

Et sur une note plus positive, je me demande vraiment ce que tu fais comme boulot même si je commence à avoir une vague idée 😀

le 17/07/2016 à 22h17 | Répondre

Flora

Merci Miss Chat pour donner des exemples concrètes. Inutile de dire que je partage ton dégout 🙁
En arrivant chez mon ancien employeur j’avais été impressionné par la quantité de mecs aux yeux bleus, on se serait cru qu’en Scandinavie 🙂 J’ai appris avec le temps que ça représentait plus les gouts de la DRH que la réalité en Belgique et ça m’a sidéré ! Je sais que l’impartialité n’existe pas mais quand même…
Pour mon boulot je crois que j’ai déjà disséminé un peu (voire trop) d’informations par ici. Si tu veux en savoir plus on peut en discuter en privé (ou si tu as toujours mon vrai nom de nos échanges dentelle tu peux demander à linkedin 😉 )

le 18/07/2016 à 09h16 | Répondre

Miss Chat

De rien pour les exemples, « ça me fait plaisir » (disons que j’aime bien montrer ça à ceux qui pensent qu’il n’y a plus de racisme aujourd’hui).
C’est fou ce que tu dis sur ta boîte… J’ai lu plus haut que tu travaillais en Flandre et à vrai dire, ça ne m’étonne pas vraiment non plus 🙂
Je n’avais plus ton nom mais comme je suis « légèrement » spécialisée en identification de profils, je pense t’avoir trouvée quand même sur LI hihi 😀

le 18/07/2016 à 10h09 | Répondre

Flora

Je n’étais pas encore en Flandre à l’époque…
Hi hi trop facile pour toi 😉

le 18/07/2016 à 10h33 | Répondre

Ceriise

Pardon j’ai déjà commenté un peu plus haut mais comme je reçois les commentaires par mail ça me chagrine…
Je trouve étonnant qu’on ne se rende pas compte du racisme quand on n’est pas touchés…
Je ne suis pas touchée, ni personne de ma famille, mais tout de même ! Je regarde la télé, j’écoute les infos, je travaille…
Je vois bien que dans ma société il n’y a pas ou peu de personnes noires, arabes, asiatiques… J’ai entendu, comme tout le monde, des réflexions sur l’équipe de France, sur Madame Taubira etc. J’ai entendu grand nombre de remarques désobligeantes, j’ai vu des mamies changer de trottoirs, j’ai vu des contrôles d’identité ciblés… J’habite près d’une mosquée, j’ai le droit souvent a des gens qui me plaignent, je dis qu’il n y a aucune raison et on me répond « ah ben c’est sur ils ne volent pas chez eux ». Bref des exemples j’en ai des tas malheureusement.
Je pense qu’il faut un peu ouvrir l’oeil aussi…
Ma maman m’a appris cette tolérance là et je crois que depuis rien ne me choque plus que l’injustice… Alors j’y suis surement plus vigilante, je ne sais pas…

le 18/07/2016 à 11h25 | Répondre

Flora

Bonjour Ceriise, Merci pour tes 2 commentaires.
Pour voir, il faut bien vouloir ouvrir les yeux 🙁 Et comme l’explique bien Ornella il y a aussi ceux qui trouvent qu’on devrait être reconnaissants et rester à notre place de citoyen de seconde zone.
Oui ça fait de la peine. Mais heureusement il y a aussi des gens sensibilisés comme toi ! Et si j’ai écrit cet article c’est pour essayer d’en sensibiliser d’autres.
Pour que cette tolérance soit inculquée à la génération à venir 😉

le 18/07/2016 à 14h45 | Répondre

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