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Être végétarien en voyage : éviter le parcours du combattant


Publié le 16 octobre 2014 par Nya

Comme tu l’auras peut-être deviné, je suis végétarienne. La vie de végétarien n’est pas toujours évidente dans notre culture culinaire où un repas n’est intéressant que s’il gravite autour de la chair animale. Mais heureusement, les choses changent, des restaurants végétariens ou végétaliens voient le jour dans les villes, et le végétarisme gagne meilleure presse sous les auspices du développement durable.

Mais quand on voyage, rester fidèle à ses convictions peut s’avérer beaucoup plus ardu que chez soi, pour différentes raisons, comme les traditions gastronomiques des pays visités ou la barrière de la langue.

Voici un petit guide de survie en milieu hostile, pour éviter de passer tes vacances à l’eau et au pain sec.

En amont du voyage

Tu peux déjà faire des choix en ce qui concerne la destination : tu préfères aller plutôt…

  • en Argentine, où le steak est roi ?
  • en Inde, pays qui compte le plus de végétariens au monde ?
  • en Norvège, où le poisson règne en maître ?
  • au Liban, où les mezzés font la part belle aux légumes ?

Je pourrais citer bien d’autres exemples, mais tu l’auras compris, si tu hésites sur la destination, ça vaut la peine de se renseigner un peu sur les traditions culinaires des pays envisagés. De mon expérience, plus un pays est riche et/ou occidentalisé, plus il fera la part belle à la viande, et plus il est pauvre, plus tu auras le choix des armes.

Dans l’avion

Le végétarisme commence dès le voyage en avion ! De nombreuses compagnies proposent en effet des repas spéciaux, pour diabétiques, intolérants au gluten, végétariens…

Il suffit d’en faire la demande lors de la réservation. Si comme moi, tu achètes tes billets d’avion via une plate-forme comme Opodo ou Expedia, il suffit de renseigner cette information dans ton profil, et hop, plus la peine de t’en soucier : ta demande de repas spécial est transmise automatiquement dès l’achat du billet. Et en plus, les repas spéciaux sont toujours servis avant les autres, c’est toujours ça de pris !

Attention : ça ne veut pas dire que la compagnie pourra toujours honorer ta demande, ni que le plateau sera gourmand. J’en suis venue à la conclusion que plateaux végétariens et végétaliens sont identiques (généralement riz et légumes bouillis, salade de fruits), à cela près que le plateau végétarien aura du fromage et du pain. Fini, les petites pâtisseries qui venaient égayer un peu les mornes plateaux !

Sur place

Cuisiner ses propres repas

Si tu en as la possibilité, mon conseil serait de faire le plus de repas toi-même : si tu loues un appartement ou si tu fais du camping, tu peux maîtriser ton alimentation tout en mangeant local quand même, puisqu’il te faudra aller faire tes courses dans des enseignes du cru.

Et rien ne t’oblige à enchaîner les coquillettes-sauce tomate pendant toutes tes vacances ! Tu peux souvent acheter des basiques locaux qui te dépayseront quand même : feta en Grèce, houmous au Moyen-Orient, légumes asiatiques ou Oreo au thé vert… Et pour le midi, rien de tel qu’un peu de pain et de fruits et légumes locaux pour un casse-croûte sain et végétarien.

Oreo au thé vert

J’adore faire un tour au supermarché car on y apprend beaucoup sur les habitudes culinaires locales, tout en trouvant des produits différents de ce qu’on connaît. Si tu as la flemme de tout cuisiner, tu peux aussi opter pour les comptoirs de plats tout prêts, mais alors, il faut pouvoir demander ce que contiennent les plats. Il existe parfois des systèmes d’étiquetage qui permettent de reconnaître des plats végétariens des autres (généralement un V vert).

Manger au restaurant

Évidemment, toutes vacances qui se respectent passent par la case « restaurant ». C’est souvent là que les choses se gâtent. Je te conseille d’éviter les deux extrêmes en termes de qualité : le bas de gamme et le haut de gamme.

Pourquoi ? Par bas de gamme, j’entends les gargotes, la cuisine de rue et autres établissements dépaysants, certes authentiques, mais où tu auras le moins de chance de savoir ce que tu manges et le plus de chance d’avoir la tourista. Par contre, si tu parles hindi ou chinois, fonce ! Évite aussi les restaus à touristes, chantres du steak universel et de la frite molle à un prix démentiel.

Pour ce qui est du haut de gamme, c’est l’heure d’une révélation fracassante : la cuisine végétarienne n’en fait pas partie. Malheureusement, la viande est un produit de luxe un peu partout dans le monde, et qui dit restaurant chic, dit plats avec viande ou poisson. Passe ton chemin.

En revanche, il existe toutes sortes d’établissements de milieu de gamme, tavernes, brasseries, fast food locaux, buffets et autres pubs qui te serviront généralement de la cuisine populaire, avec différentes options, à moindres frais, et où le personnel parlera même peut-être anglais. J’apprécie tout spécialement les buffets, car ils permettent de concilier le côté carnivore de mon homme et mon végétarisme, même s’ils ne sont pas toujours faciles à trouver.

sandwich aux nouilles Japon

Ceci est un sandwich aux nouilles. Introuvable hors du Japon.

Et si je ne trouve pas d’option végétarienne ?

Pas de panique. Ça arrive. Ça arrive même souvent. Le restau dans un pays dont on ne parle pas la langue, où on commande des plats au pif. Le restau où on commande un plat « sans viande », et où on nous apporte du poulet ou du jambon (attention « viande/meat » désigne souvent uniquement la viande rouge… même en France). Le restau au milieu de nulle part qui n’a pas d’option végétarienne.

Dans ces cas-là, je ne peux pas trancher pour toi. Ton végétarisme est-il strict ? T’autorises-tu des écarts exceptionnels ? Si pour rien au monde tu ne commanderais de chair animale, avoir toujours un paquet de biscuits ou des fruits dans ton sac peut t’aider à tenir jusqu’au repas suivant. Et n’oublie pas : le dessert est toujours là pour sauver ton estomac !

desserts libanais

Et un plateau de douceurs libanaises, un !

Dernier conseil

Quand tu pars dans un pays dont tu ne parles pas la langue, je te conseille d’apprendre à dire « végétarien » dans la langue locale. Parce que des fois, la nourriture prend des apparences fourbes et cache la chair animale sous des abords innocents.

Végétarien en voyage : comment savoir si de la viande se cache là-dedans ?

Qui aurait cru que ces jolis petits raviolis chinois recèleraient une farce au canard ? OK, si on y regarde de plus près, ils sont en forme de volatiles mais… ça ne crève pas les yeux (hein ?).

En voyage, mon homme me sert de goûteur et me permet d’éviter de croquer par inadvertance dans une boulette kefta là où je croyais savourer un falafel, ou de déceler les lardons dans une épaisse soupe finlandaise aux pois.

Mais parfois, on est seul. Dans ce cas, avoir sur toi des pictogrammes clairs de ce que tu manges ou non, le mot « végétarien » en anglais et dans la langue du pays, tout ça peut t’aider à savourer ton séjour.

Et si jamais tu dois sauter un repas… Tu peux toujours te rabattre sur tes Oreo au thé vert !

Et toi, quelles sont tes techniques pour tenir ton régime végétarien ou végétalien en-dehors de chez toi ? Tu t’autorises parfois des écarts carnés dans quelques situations ? On essaye de te faire manger du poulet avec l’argument que « ce n’est pas de la viande » ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

Sarah

Des oreos au thé vert! Mais gniiii quoi 🙂 je vais aller en Chine! Et n’étant pas végétarienne je garde quand même tes conseils car dans certains pays je préfère m’abstenir de manger de la viande… J’ai encore le souvenir d’un voyage au Vietnam ou l’on nous a servis soit disant un steak de boeuf … Ça n’en avait ni l’aspect ni le goût … 🙂

le 16/10/2014 à 09h26 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Mais le mari goûteur a aussi ses failles. C’est ainsi que dans une soupe (sur un buffet), je suspectais fortement la présence de poulet. Le goûteur me dit « mais non, il n’y en a pas ». Et moi, faisant fi de mon instinct, je mange donc quelques cuillerées… Qui me laissent un peu dubitatives… jusqu’à je tombe sur un petit morceau de poulet qui avait résisté au mixage. 😐
Scrogneugneu !!!

Ce qui est valable en voyage l’est aussi fortement… Dans les mariages. Ha, les vins d’honneur truffés de pièges. (Le pain surprise, invention machiavélique destinée à affamer les végétariens, je vous le dis ! 😆 ) Du coup, si mon goûteur a un doute, je ne m’y risque pas.
(Et moi, je récupère les trucs dans lesquels il a mordu innocemment, qui contenaient du fromage de chèvre. 😛 )

Et sinon, le coup de la « viande » qui « n’en est pas » (gné ???), du coup je note dans un coin de ma tête : parler de chair animale à la place, au moins c’est clair. (Pourtant je ne suis même pas sûre que ça explique pourquoi mes grands-parents se sont évertués pendant des années à me demander à chaque fois « tu es sûre que tu ne veux pas de poulet ? ». Je crois que c’est juste qu’ils ont du mal à intégrer qu’on puisse VRAIMENT ne pas vouloir manger de viande DU TOUT, et non pas qu’ils ne considèrent pas ça comme de la viande, ça aurait été la même chose avec du bœuf.)
Cependant même comme ça, je suis sûre qu’on aura plus d’une fois l’occasion d’entendre « mais le poisson aussi ? ». C’est quoi, le poisson, une graminée ? Bon. Donc, non plus. 😀

le 16/10/2014 à 10h29 | Répondre

MlleMora

J’ai une collègue végétarienne qui a parfois bien du mal, rien qu’à la cantine du boulot, à trouver son bonheur. Bon, maintenant, le mec qui sert les légumes la connait bien et lui propose toujours tout ce qu’il a en rayon ! Ça crée des liens d’être végétarien ! 🙂

le 16/10/2014 à 20h25 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

J’ai le souvenir de ma petite soeur (de 17 ans tout de même) qui me disait « Mais, vous ne mangez pas de jambon ??? » (Scoop, le jambon ne pousse pas sur les arbres !) Oui « nous », parce que par chez nous, y’a pas d’option goûteur, on l’est tous les deux. Mais bon, on voyage pas des masses (on a le combo chats + bébé et on habite complètement isolés de notre famille et de nos amis). Et quand je voyageais, dans ma folle jeunesse, je n’étais pas végétarienne. Ça empêche pas de se faire avoir parfois : un jour ma belle-mère nous a cuisiné une délicieuse poêlée… à la graisse de canard ! (bonjour les hauts-le-coeurs cachés sous les sourires de façade, car je ne pense pas qu’elle ne l’avait pas fait exprès)

Mais je pense que le pire de notre vie de végétariens n’est pas passé : notre fille a 6 mois dans 5 jours et je sens que tout le monde va nous faire pression pour lui en donner. Je devrais commencer à rassembler des rapports d’experts qui prouvent qu’on peut grandir sans viande…

le 17/10/2014 à 10h52 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

*je pense qu’elle ne l’avait pas fait exprès (pas de double-négation, sinon ça laisse entendre que ma belle-mère est très fourbe, ce que je me crois pas)

le 17/10/2014 à 10h57 | Répondre

Anne Delacour

Et donc c’est là où je viens d’avoir une révélation « Ah bon ? les végétariens ne mangent pas de graisse de canard ? ni de pâtisserie faite avec du saindoux, alors ? » C’est logique, en fait, bien sûr. Mais c’est vrai que comme ce n’est pas de la viande, je n’y avais même pas pensé… Oups ! :p

le 17/10/2014 à 15h52 | Répondre

Lutine Chlorophylle

M’enfin Anne ! ^^
Après, tous les végétariens ne sont pas forcément hyper pointilleux (je ne vérifie pas que le bonbon que je mange est sans gélatine ni rouge cochenille).
Je mange de la croûte de pâté en croûte (oui… même quand je mangeais de la viande, c’est ce que je préférais… et le charcutier est ravi de se débarrasser du talon ! 😆 ), je peux arroser ma purée avec le jus du poulet que les carnivores de la tablée sont en train de manger… MAIS je n’aime pas qu’on m’impose ce genre de chose, j’ai l’impression d’être prise au piège si je suis mise devant le fait accompli. Alors qu’arroser mes pommes de terre avec du jus du poulet, je le décide MOI, selon mon envie du moment, parce que je sais que ce goût me sera agréable, parce que ça me fait envie, parce que peu importe pourquoi, mais c’est une décision que je peux prendre sur le moment, et c’est important pour moi. 😉

le 17/10/2014 à 19h11 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

Eh non, pas de graisse de canard pour nous 🙂 Et pas de bonbon à la gélatine non plus (autant dire que les bonbons, on a quasi arrêté parce que la gélatine est PARTOUT) (il me semble en avoir remangé une fois, un bonbon à la gélatine, mais je me demande si ce n’était pas un rêve) (sans blague, je suis incapable de dire si c’était la réalité ou un rêve) (oui, ça ne me paraît pas impossible que j’aie rêvé que je m’empiffrais de bonbons :p). Dans les choses encore plus bizarres qu’on a arrêté de manger, on peut citer la plupart des fromages, parce qu’ils sont faits avec de la présure, issue du veau. Heureusement, la grande majorité des emmentals n’est pas concernée, alors vive le fromage râpé sur les pâtes ! Bref, en fait, être végétarien strict, c’est pas si facile :p (sans compter que si on va au bout du raisonnement, il vaut mieux être végétalien, ce qui moi me semble carrément impossible si on ne fait pas toutes ses courses en magasin bio !)

Par contre, je pars personnellement du principe que si je ne le sais pas, ça ne va pas me tuer. J’ai mangé de la viande pendant 24 ans, si j’en mange par inadvertance un jour, je ne vais pas en faire une maladie. C’est la démarche qui pour moi est importante, pas le fait de ne surtout pas consommer la moindre particule animale comme si j’avais une allergie mortelle.

Voilà voilà pour la partie « vis ma vie de végétarien plus ou moins extrémiste » 🙂 (mais tout le monde a ses contradictions, nous avons deux chats, et ils ne mangent pas des croquettes au soja…)

le 18/10/2014 à 00h26 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Dans la série « végétariens pas pointilleux », outre ceux qui, comme moi, ne sont pas forcément gênés par du jus de viande (en fait ça ne me gène pas quand ça touche à ce que je consommais régulièrement avant mon végétarisme : poulet et charcuteries. Par contre un truc cuit avec du lapin, viande que j’ai toujours refusé de manger, ça ne passerait jamais !), j’en connais qui peuvent manger de la viande dans des circonstances exceptionnelles (hors famine j’entends 😆 ), par exemple dans un dîner de village avec un menu unique – où évidemment à aucun moment on ne conçoit que des personnes puissent être végétariennes.

le 17/10/2014 à 19h23 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

J’y avais songé un temps, à être végétarienne chez moi, et manger de la viande chez les autres pour ne pas déranger… et puis bon, on s’habitue à déranger 😀 Je ne mangerais pas de jus de viande (ne serait-ce que parce que mon cher époux -beaucoup moins souple dans sa tête- me ferait des yeux comme si je risquais véritablement d’en mourir), mais c’est vrai que ce n’est pas incohérent en soi : il est là, ce jus, ce n’est pas pour toi que le viande a été achetée et personne n’achètera de la viande juste pour que tu aies ton petit jus alors bon…

le 18/10/2014 à 00h40 | Répondre

Aurélie (voir son site)

Bravo pour cet article que je trouve original et intéressant ! Je rejoins à 100% l’auteur sur les buffets… C’est l’idéal pour un repas où tous les convives se font plaisir, indépendamment des diverses contraintes alimentaires des uns ou des autres. Après, dans tous les restos, même assez chics, il y a toujours l’option de demander une assiette de légumes ou de pâtes… pas besoin d’avoir toujours les Oréo sur soi, quoi 😉
Le plus dur c’est au début je trouve, quand l’entourage n’est pas au courant du végétarisme et que soi-même (en tout cas moi ) on se culpabilise un peu d’être « pénible »… et puis, on s’y habitue, et ça devient de plus en plus facile de rester fidèle à ses convictions, sans rougir !

le 29/12/2014 à 20h27 | Répondre

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