Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’ai fait de la politique


Publié le 26 mars 2019 par Madame Violette

Je fais partie des heureuses petites nouvelles alors je me présente rapidement : Madame Violette, mariée, belle-maman, enceinte de notre 1er enfant, entrepreneuse, salariée aussi, étudiante aussi toujours (même si avec les premières semaines de grossesse, entrepreneuse et étudiante sont un peu passés en arrière-plan … humhum bref), passionnée d’Histoire, j’adore lire, écrire et sourire (si, si, c’est important).

Ah et comme le titre de l’article n’est pas très équivoque, j’ai fait de la politique… un moment même, j’ai adoré et soyons honnête, c’est un peu comme quand tu tombes dans la marmite de potion magique, c’est compliqué d’en sortir réellement.

(Aparté : je ne ferai pas une ode à un parti, c’est juste un partage d’expérience qui, je l’espère, te montrera peut être l’envers du décors si tu ne le connais pas)

Une entrée en politique pleine d’optimisme

Je suis rentrée en politique, j’avais 15 ans et je voulais « aider les autres » (ceci est une auto-citation, j’ai fait de la politique donc j’ai pris la grosse tête *humour hihi*). J’avais plein d’idée sur comment le monde devait être pour être encore mieux que dans le meilleur des mondes. Je suis donc arrivée dans la section jeune du parti politique que j’avais savamment choisi après de longs mois de recherche pour savoir – déjà – ce que je pensais et ensuite, quel parti me correspondait (pour l’anecdote, une mère de droite, un père de gauche, je n’étais pas vraiment influencée).

J’arrive donc un soir à la soirée des nouveaux arrivants (il me semble…) et je découvre ce nouveau monde auquel je n’appartenais pas du tout.

Déjà, rapidement, j’ai compris que ce n’était pas en étant juste militante dans un parti que j’allais changer la France, l’Europe, le monde, soyons fous. Ceci dit, les échanges que j’avais me semblaient passionnants et j’ai adoré être militante aux côtés d’autres jeunes qui partageaient mes opinions.

Puis vint la consécration, à 18 ans, j’étais choisie pour être sur une liste aux élections municipales et en plus, en bonne place. Fierté ultime !

Aparté bis : en France, les élections municipales sont des scrutins de liste. En gros, tu votes pour une liste et selon le pourcentage que réalise cette liste, elle aura X sièges au conseil municipal. Vaut mieux donc être en bonne place si on souhaite être élu(e).

J’ai adoré la campagne. J’ai adoré aller à la rencontre des gens, les écouter et tenter de trouver des solutions à leurs problèmes. Ce fut 1 an de bonheur où je me sentais vraiment utile malgré le fait de ne pas (encore ?) être élue.

Bon, on a perdu, pas d’énormément mais on a perdu et je n’étais pas assez en bonne place pour faire partie des élus d’opposition (poste pas très intéressant au demeurant mais qui peut s’avérer très utile selon la majorité en place).

L’expérience qui m’a bien secouée

Et puis un jour, quelques temps après quand même, j’ai carrément été tête de liste aux élections municipales (en gros, j’étais le premier nom de la dite-liste et si on gagnait, j’allais être Maire). Bon, pour le coup, je n’en ai tiré aucune fierté parce que ce n’était pas du tout une de mes ambitions (je n’aime pas vraiment être en premier plan, occasionnellement pourquoi pas mais pendant plusieurs semaines/mois et années, pas trop). La manière dont je me suis trouvé là-dedans est une looooongue, très loooongue histoire, mais je partais tout de même ravie de cette nouvelle expérience qui s’offrait à moi.

Crédit photo : Mohamed_hassan

Je te le dis tout de suite, j’ai encore perdu et vraiment, vraiment pas de beaucoup cette fois.

Alors qu’est ce que j’ai tiré de cette expérience (je m’auto-interview là, décidément, mes chevilles ont pris un sacré coup dans la bataille) : c’était génial, mener une équipe et ses diverses sensibilités pour une même cause, travailler pour le bien commun, franchement j’ai adoré. Par contre, j’ai détesté voir qu’une seule personne, sur la masse des gens qui font de la politique et qui sont – ou non – élus, peut mettre toute son énergie à  te détruire par opportunisme et ambition personnelle.

Et ça, ça a été le point de cassure.

Je n’ai plus eu envie de perdre d’énergie avec des personnes qui ne voient que leur ambition personnelle au détriment du collectif. C’est bien dommage, parce que sur les 35000 et quelques communes de France, 96 départements et 15 régions, que représentent ces personnes ? 1% ? Même pas je pense …

(C’est mon avis purement personnel) Les élus, tout bord confondu, sont très majoritairement des gens qui veulent travailler au service des citoyens, qui veulent monter des projets pour améliorer la vie des gens parce qu’ils croient en leur projet. On peut discuter du bien fondé ou non de tel projet, de la manière dont l’argent public est dépensé mais vu l’investissement personnel que demande la politique, vaut mieux y croire parce que sinon c’est une sacré perte de temps sur sa vie.

Alors j’ai été élue d’opposition, on ne sert pas à grand chose parce que nous ne sommes pas en charge direct d’une thématique mais le type de collectivité faisant, c’était quand même super chouette : participer aux diverses commissions, faire remonter en direct les demandes des citoyens, etc.

Aparté bis : la vie à la Mairie hors période électorale est faite de travail divers : il y a des commissions sur des sujets très variés allant des finances à la petite enfance en passant par l’écologie, sans oublier la fameuse commission des appels d’offre. Au tout premier conseil municipal (après celui d’investiture), on élit les membres de ces commissions. Chaque élu, majorité et opposition, est élu dans une ou plusieurs de ces commissions. C’est dans ces réunions qu’on va ensuite discuter et préparer les projets.

Il y a aussi les conseils d’administration. Globalement, on élit les élus qui vont siéger aux conseils d’administration dans lesquels la ville a des sièges (l’établissement public qui gère l’eau de la ville par exemple, etc.). Juste pour que tu saches, c’est assez peu fréquent que les élus de ces conseils d’administration touchent une indemnité ou un jeton de présence pour siéger. Le président du dit conseil d’administration, oui, mais les vice-présidents et autres élus, non (ça arrive, je dis juste qu’à mon sens, ce n’est pas une généralité – loin de là même – et heureusement <– c’est un avis purement personnel).

Pour revenir aux conseils municipaux, seuls touchent une indemnité, les élus qui ont une délégation (Maire-adjoint à l’éducation, conseiller municipal au numérique, etc.). Cette indemnité dépend du nombre d’habitant dans la commune et elle ne peut être supérieure à un taux régi par les articles L2123-20 et suivants du Code Général des Collectivités Territoriales.

Alors aujourd’hui ?

Et bien aujourd’hui, je ne suis plus engagée enfin… j’ai toujours ma carte dans un parti politique, je vais toujours à des manifestations de la ville, je donne toujours mon avis et il n’est pas exclu qu’en 2020, je ne sois pas sur une liste aux élections municipales (à voir…). Un peu comme Obélix, je suis tombée dedans… Par contre, ce qui est sur, c’est que tête de liste et « personnalité de premier plan », si (SI !) je retombe dedans, ce n’est pas avant un certain temps. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de perdre de temps là-dedans même si la cause me tient encore énormément à cœur

J’espère, tout en ayant partagé mon expérience, que tu as pu découvrir un petit peu ce monde et j’espère que je ne t’ai pas offensé si tu as un avis contraire au mien. Si tu as des questions, n’hésite pas à les mettre en commentaire. Mon prochain article sera sur un thème beaucoup moins sujet à controverse… la religion (non c’est une blague ! – je ne t’ai pas dit ? J’ai un humour assez pourri).

Et toi ? As tu pensé à t’engager en politique ? Pourquoi l’as tu fait ou pas fait ? T’es tu engagée en politique ou l’es-tu encore ? Raconte-nous !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Maye

Et bien moi j’ai bien aimé 🙂
C’est chouette de voir l’avis d’une personne qui fait ça pour la cause comme tu dis, quand on vois la politique de l’extérieur on a vraiment l’impression que les gens ne sont là que pour l’ambition… Quoi que je dois dire que les municipales des petites communes ça a l’air plus sympathique. M’enfin moi je vote a Lyon alors je dois être biaisée j’imagine xD

le 26/03/2019 à 07h24 | Répondre

Madame Violette

Merci, ça me fait plaisir !
J’ai fait grosse commune (plusieurs dizaines de milliers d’habitants) et petite commune (entre 10 et 20 000) et je peux affirmer que grosse ou petite, tu as toujours des gens qui font ça avec le coeur, parce qu’ils ont envie de faire quelque chose pour les autres (notamment ceux qui sont sur la liste mais pas aux premières places). Après, je pense qu’avoir de l’ambition politique (vouloir être Maire, Président de conseil régional, etc) ne veut pas dire que ta vocation première n’est pas celle du coeur mais il est vrai que tu dois plus pousser des coudes parce que tu as des gens qui sont là par pure ambition et aussi parce que tu as envie de défendre que ton idée, c’est la meilleure pour ton territoire.
Lyon, c’est particulier dans le sens où vous avez même votre partie dans le Code Général des Collectivités Territoriales avec Paris et Marseille. Vous avez des arrondissements, c’est un système à part mais il n’empêche qu’à mon sens, beaucoup le font avec l’envie de faire quelque chose pour les autres même si ça ne se voit pas toujours.
Et encore une fois, je ne parle pas du bien fondé des idées. Certaines personnes vont tout faire pour faire passer leur(s) idée(s) alors que c’est pourri et ça passera pour de l’opportunisme alors que la volonté première est gentille.
Enfin, tu peux avoir un souci qui est qu’il y a une indemnité et que pour certaines personnes, cette indemnité leur permet d’avoir un plus non négligeable par mois … Donc au départ, les personnes arrivent parce qu’elles ont des idées puis la fainéantise faisant, elles restent sans bosser (un mandat c’est long, celui municipal en France est de 6 ans) et au final, elles veulent à tout prix être réelues parce qu’il y a l’indemnité … Ca arrive …

le 27/03/2019 à 17h37 | Répondre

Doupiou

J’aurais tant de choses à dire à ton article si intéressant ! Mais j’ai un droit de réserve car je aussi dans le « milieu » mais d’une autre façon !

le 26/03/2019 à 13h21 | Répondre

Madame Violette

Merci et oui c’est vrai, il y a tant à dire … En lisant les commentaires, je me dis que j’aurais pu écrire d’autres choses encore 🙂

le 27/03/2019 à 17h38 | Répondre

Pippa (voir son site)

Merci pour ton article très intéressant.

J’ai toujours détesté la politique. Genre vraiment beaucoup. J’ai travaillé dans un secteur supposé « neutre » mais où nos décisions étaient « influencées » par ce milieu et ça me rendait tellement malade que je l’ai quitté.

Mais depuis quelques semaines, mon implication a changé avec la création du 1er parti animaliste belge…et j’ai envie de les soutenir de manière plus importante qu’avec mon simple vote.

D’un autre coté, je ne suis pas du tout attirée par les relations sociales et aime être dans ma grotte, donc je réfléchis. S’ils manquent de candidats, why not pour compléter une liste mais voila…

le 26/03/2019 à 13h56 | Répondre

Madame Violette

La politique est un gros engagement et on ne s’en rend pas compte quand on n’y est pas donc si tu dois te lancer dedans, mon conseil serait d’être sur de ce que pourquoi tu t’engages (aussi bien le pourquoi que les conséquences)

le 27/03/2019 à 17h39 | Répondre

Sarah

Ton article est très intéressant ! Par contre j’aurais aimé connaitre le nombre d’habitants dans la ville où tu étais impliquée, car je présume qu’entre un village de 1000 âmes et une métropole de plusieurs millions de personnes les aspects politiques sont gérés différemment, non ?
Bon personnellement j’ai toujours détesté ça, de mon point de vue extérieur c’est un milieu très hypocrite où les politiciens pensent surtout à eux avant de penser aux autres et beaucoup de copinage et d’histoire de cour de récré au lieu de s’intéresser aux vraies problèmes de la vraie vie des citoyens.
Une bulle à des années lumières de la réalité et du terrain…

le 26/03/2019 à 19h58 | Répondre

Madame Violette

La seule ville française qui a plusieurs millions d’habitant, c’est Paris. Ensuite tu as quelques communes à quelques centaines de milliers d’habitant (42 – merci wikipédia). Enfin, il y a quelques dizaines de milliers puis toutes les toutes petites communes.
Pour ma part, j’ai fait plusieurs dizaines de milliers d’habitants et une plus petite entre 10 et 20 000 habitants.
D’un point de vu extérieur, je comprends tout à fait ton dégout surtout à travers les médias … Franchement, pour avoir fait quelques meetings, quand je vois la différence entre ce qui est dit dans les médias et ce qu’il s’est réellement passé … On est parfois à des années lumières …
A mon sens, il y a plusieurs types de politique, ceux qui en font leur vie et ceux pour qui c’est un à-côté. Dans ceux pour qui c’est un à-côté, je pense que la grande majorité est là parce qu’elle y croit et veut apporteur sa pierre. La politique prend un temps monstrueux, ce sont des soirées, des week-end entiers … Après, comme je le disais un peu plus haut, il y a le problème de l’indemnité. Un mandat c’est long, l’engagement est énorme donc certains peuvent y aller de bon coeur mais la fainéantise faisant et le fait que l’indemnité apporte un certain confort mensuel, ils restent mais ne font pas/plus beaucoup.
Ensuite tu as ceux qui en font leur vie, les sacrifices personnels sont énormes et profiter du système devient très facile (surtout quand on pense à l’indemnisation qui, à mon sens, peut être immense par rapport aux citoyens mais qui ne l’est pas forcément tant que ça quand on se dit que c’est presque du 24h/24, 7j/7 … encore une fois, ce n’est que mon avis). Là déceler le gentil du méchant devient compliqué … D’autant plus que le curseur du c’est mal/c’est bien dépend de chacun. Des personnes vont dire que ce n’est pas grave d’embaucher son conjoint, d’autres diront que c’est très mal … et d’autant plus que les médias tentent beaucoup d’influencer la perception de qui est gentil, qui est méchant donc c’est encore plus difficile de se faire un avis éclairé sans connaitre personnellement les personnes.
Les histoires de cour de récrée comme tu dis sont très influencées par les médias (selon moi). C’est ce qui vend et c’est affreux parce que si on veut qu’on parle de toi (dans un but totalement honnête … vouloir que les gens votent pour toi parce que tu penses que tu es la personne qui pourra le plus leur apporter), tu es obligée de réagir à ces histoires ridicules … Les sujets de fond … on ne les entend pas … A titre d’exemple, je sais que sur mon profil facebook, j’aurais beaucoup plus de like (et donc ma publication sera plus visible) si j’écris que c’est une honte ce que vient de faire le Président (par exemple) que si je mets un long texte sur la dernière réforme juridique … Alors imaginons à l’échelle nationale …

le 27/03/2019 à 18h01 | Répondre

Madame Violette

Merci, ça me fait plaisir !
J’ai fait grosse commune (plusieurs dizaines de milliers d’habitants) et petite commune (entre 10 et 20 000) et je peux affirmer que grosse ou petite, tu as toujours des gens qui font ça avec le coeur, parce qu’ils ont envie de faire quelque chose pour les autres (notamment ceux qui sont sur la liste mais pas aux premières places). Après, je pense qu’avoir de l’ambition politique (vouloir être Maire, Président de conseil régional, etc) ne veut pas dire que ta vocation première n’est pas celle du coeur mais il est vrai que tu dois plus pousser des coudes parce que tu as des gens qui sont là par pure ambition et aussi parce que tu as envie de défendre que ton idée, c’est la meilleure pour ton territoire.
Lyon, c’est particulier dans le sens où vous avez même votre partie dans le Code Général des Collectivités Territoriales avec Paris et Marseille. Vous avez des arrondissements, c’est un système à part mais il n’empêche qu’à mon sens, beaucoup le font avec l’envie de faire quelque chose pour les autres même si ça ne se voit pas toujours.
Et encore une fois, je ne parle pas du bien fondé des idées. Certaines personnes vont tout faire pour faire passer leur(s) idée(s) alors que c’est pourri et ça passera pour de l’opportunisme alors que la volonté première est gentille.
Enfin, tu peux avoir un souci qui est qu’il y a une indemnité et que pour certaines personnes, cette indemnité leur permet d’avoir un plus non négligeable par mois … Donc au départ, les personnes arrivent parce qu’elles ont des idées puis la fainéantise faisant, elles restent sans bosser (un mandat c’est long, celui municipal en France est de 6 ans) et au final, elles veulent à tout prix être réelues parce qu’il y a l’indemnité … Ca arrive …

le 27/03/2019 à 17h37 | Répondre

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