Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je fais confiance aux futures générations


Publié le 16 janvier 2020 par Madame Givrée

On les dit autocentrés, dépendants aux nouvelles technologies, pourris-gâtés, fainéants insolents, peu éduqués voire ignorants, stressés, et compétitifs. On leur prête les pires vices, on dit qu’ils se croient tout permis, qu’ils n’ont aucune limite, que rien ne les intéresse, et qu’ils se plaignent souvent pour rien. Les adolescents seraient donc l’espèce à abattre ?

Quand je dis que je suis enseignante, en collège, auprès d’élèves entre 11 et 15 ans, on me dit souvent « je ne sais pas comment tu fais! » ou encore « heureusement qu’il y a des fous comme toi sur Terre pour enseigner aux générations à venir. » Cela me fait sourire. Parfois, quelqu’un émet un jugement : « Quand je vois les générations à venir, je m’inquiète vraiment pour notre pays ». Ce n’est pas mon cas. Je regarde souvent les adolescents actuels avec beaucoup d’optimisme.

Source (Creative Commons): natureaddict

Ne me regarde pas comme ça, je suis sérieuse ! Les adolescents actuels sont très conscients des enjeux écologiques actuels. Ils multiplient les petits gestes pour la planète, partagent des astuces, n’hésitent pas à te faire remarquer que tu aurais pu recycler tel objet, utiliser telle feuille comme brouillon, ou trouver une alternative réutilisable à ton objet jetable.

Ils sont curieux du monde qui les entoure, ont envie de comprendre l’actualité, posent des questions, se renseignent, tombent un peu plus facilement que toi et moi dans le panneau des fake news et ont du mal à reconnaître leurs torts, mais font preuve d’ouverture d’esprit et de volonté de modifier leur point de vue. Ils savent qu’ils ont un rôle à jouer, à leur échelle, pour améliorer les choses.

Ils n’attendent que l’opportunité de faire quelque chose, à leur échelle, pour changer le monde. En fin d’année 2018, j’ai découvert que le magasin Macy’s aux Etats-Unis proposait aux enfants d’écrire une vraie-fausse lettre au Père Noël sur leur site Internet, et qu’ils reversaient $1 par lettre envoyée à l’association Make A Wish, qui réalise les vœux des enfants hospitalisés. J’ai proposé à mes élèves d’y participer. Après tout, tout le monde peut écrire une vraie-fausse lettre au père Noël en anglais ! Cela a provoqué un tel engouement auprès de mes élèves, de leurs copains, cousins, et connaissances que 490 lettres ont été envoyées rien que sur la semaine avant les vacances de Noël.

J’ai eu l’occasion de voir à quel point ils ont envie de s’engager dans des causes, humanitaires ou autre, à la fin de l’année 2019 quand les élèves m’ont demandé de leur envoyer le lien vers le site de Macy’s, parce qu’ils avaient envie « de faire quelque chose de bien pour Noël ». Ils ont découvert que les bonnes actions ne prenaient pas forcément énormément de temps, d’énergie ou d’attention, qu’à leur propre niveau ils pouvaient faire progresser les choses, et ils en redemandaient !

Source (Creative Commons) : ejaugsburg

Ils sont solidaires. On parle beaucoup de harcèlement, et c’est un fléau qui existe et qui ne doit être ni nié, ni négligé, mais on ne parle pas de la solidarité dont ils font preuve au quotidien. Ces petits gestes l’un envers l’autre, leur façon de ne faire aucun compromis sur les choses réellement importantes, comme la fidélité en amitié ou le respect des limites de l’autre. Ils savent communiquer, faire preuve de bienveillance, et s’adapter à l’autre.

Ils sont tolérants. Sous couverts de quolibets très adolescents, ils sont en réalité très conscients des questions sociétales actuelles et de la nécessité de faire plus pour que l’égalité prenne tout son sens. Ils s’insurgent bien volontiers et sans équivoque contre toute sorte de doctrine qui se termine par -phobie. Ils refusent de fermer les yeux, de regarder ailleurs, de laisser faire.

Ils veulent être heureux. Ils ne se contenteront pas des restes de planètes que les générations précédentes auront bien voulu leur laisser, des restes d’économie et de métiers que nous aurons pu ou souhaité leur léguer. Ils veulent vivre longtemps, en bonne santé, dans un endroit où il est agréable de vivre, en faisant des choses qui leurs plaisent. Ils prendront les choses en main pour que cela arrive. Ils créeront les opportunités, réinventeront le monde dans lequel ils vivent, prendront les initiatives et décisions nécessaires.

Source (Creative Commons): cocoparisienne

Ils sont comme tout le monde. Parfois, ils sont bruyants ou impolis, scotchés à leur téléphone ou occupés à faire le contraire de ce que tu leur as demandé. De temps en temps, ils subissent l’effet de groupe, et si celui-ci les entraîne vers la méchanceté et la haine, ils prennent de mauvais chemins. Pris individuellement, je pense qu’on trouvera toujours des raisons de les critiquer, de voir le verre à moitié plein.

Mais les fruits de l’éducation qu’ils ont reçue, les conséquences du monde dans lequel ils ont grandi, commencent à pointer le bout de leur nez. Et moi, j’avais envie de partager avec toi ces choses tellement positives que je vois tous les jours au travail. J’ai confiance en ces générations qui arrivent, je pense qu’elle changeront le monde. Un enfant à la fois.

Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? As-tu confiance dans les prochaines générations?


Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Vee

Je suis tellement d’accord avec toi ! Il y a quelques annees, j’ai lu un procès verbal concernant une école dans la région où je travaillais, qui relatait que deux classes d’enfants « rivales » avaient été punies parce qu’ils s’étaient attendus après un culte et lancés dans une bagarre collective… C’était vers 1890 !
Du coup ça me fait gentiment rire que des gens puissent sérieusement dire que les jeunes ne « valent plus rien » et que de leur temps c’était mieux, parce que je suis intimement convaincue que d’autres ont dit ça d’eux aussi, et que ça se dit depuis 100’000 ans (il y a bien dû y avoir un homme des cavernes pour dire que ces petits jeunes ne sont même plus capables de tailler une pointe de flèche correctement :’) )

le 16/01/2020 à 07h31 |

Madame Givrée (voir son site)

Ce que tu racontes ne m’étonne pas du tout ! Merci pour ton commentaire.

le 16/01/2020 à 19h34 |

Morgane

Merci pour cette vision positive ! Ça fait du bien dans ce climat « anxiogène »

le 16/01/2020 à 09h18 |

Madame Givrée (voir son site)

C’est ce que je me suis dit en le rédigeant ! On a bien besoin de dire ce qui va bien aussi 🙂

le 16/01/2020 à 19h35 |

Doupiou

Merci pour cet article plein d’espoir et d’honnêteté. Je ne suis pas enseignante mais j’ai deux neveux ado dont un de 13 ans et il est très conscient de l’écologie et très réfléchi sur les questions de harcèlement scolaire.

le 16/01/2020 à 10h34 |

Madame Givrée (voir son site)

Cela ne m’étonne pas du tout ! Et s’ils le sont à cet âge ô combien compliqué, ça donne confiance pour l’avenir !

le 16/01/2020 à 19h36 |

Madame Fleur

Merci pour ce joli article plein d’espoir.

le 16/01/2020 à 12h52 |

Maye

Je suis tellement d’accord avec toi… Malheureusement ce sera trop tard pour qu’ils changent le monde, on l’a déjà foutu.

le 16/01/2020 à 23h33 |

Maud (voir son site)

On a tellement l’habitude de voir le négatif partout que ce message plein d’optimisme fait du bien à lire !
Je vais le partager sur mes réseaux 🙂

le 20/01/2020 à 12h53 |

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