Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Plus de choix grâce à la représentation


Publié le 30 mai 2016 par Nya

La représentation, tu connais ? Si tu fréquentes des sites à la ligne éditoriale féministe comme Madmoizelle, par exemple, le concept devrait t’être familier. Sinon, je t’explique…

Représentation féminisme

Crédits photo (creative commons) : Scott Swigart

Hier encore, je me suis chicanée avec quelqu’un qui m’est cher à ce sujet. L’objet de nos hurlements notre désaccord était la sortie d’une nouvelle version de Ghostbusters, avec des femmes dans les rôles principaux.

Moi : Tu as entendu ? Un nouveau Ghostbusters va sortir !
Lui : Han, noooon, trop bien, c’est génial ! Quand ça ?
– Je ne sais pas. Tu sais que les rôles principaux seront tenus par des femmes ?
– … Des femmes ? Des FEMMES ? Non mais pourquoi toujours des femmes ? N’importe quoi !
– Euh, tu t’entends ? Les rôles principaux sont rarement tenus uniquement par des femmes ! D’ailleurs, le casting d’origine était composé de quatre hommes, ça ne choquait personne.
– Non mais des FEMMES. Ça va être nul ! Ils vont transformer un film culte en comédie romantique ! Vive le navet !
– Dans le film d’origine, Bill Murray essaie de séduire Sigourney Weaver, et ça n’en faisait pas une comédie romantique. Et c’est quoi ce raccourci facile ? Depuis quand un film avec plusieurs héroïnes devient une comédie romantique ?
– Tu ne comprends pas. Le problème, c’est cette cochonnerie de politiquement correct, qui pousse à toujours mettre un quota social : une femme, un noir, un asiatique, pour faire bonne mesure.
– C’est un peu facile à dire quand, comme toi, on appartient à la majorité de la population : les hommes blancs hétéros.
– Quelle majorité ? On est en minorité numérique.
– Vous êtes la caste dominante, voilà ce que j’entends par majorité. Facile pour vous de vous identifier aux héros de cinéma : ils sont votre miroir, tous blancs, hétéros, masculins. Et pourquoi ne pas partager un peu du temps d’écran ? On peut avoir des films avec des héros et des films avec des héroïnes, ce n’est pas incompatible. J’aimerais bien voir des femmes qui tabassent pour une fois, pour avoir un modèle auquel m’identifier. Sans oublier toutes les petites filles qui verront ça et se diront qu’elles aussi, elles peuvent envoyer du bois au lieu d’être des potiches…
– Ah oui, alors bonjour la crédibilité ! Des femmes scientifiques ? Mais les femmes ne deviennent pas scientifiques. Quelle est la proportion de femmes scientifiques ?

[Le ton monte devant tant de stupidité.]

– Mais elles ne deviennent pas scientifiques parce qu’on ne leur montre pas qu’elles peuvent le devenir ! Et combien d’hommes sont archéologues comme Indiana Jones ? Ou pilotes de X-Wing comme Luke Skywalker ? Pourquoi tu parles de crédibilité alors qu’on parle de cinéma ? D’imaginaire ? L’important, c’est de montrer des modèles, de montrer que des femmes peuvent agir.
– Mais c’est complètement con ! Elles n’ont qu’à décider d’être fortes ! Personne ne les force à devenir secrétaires ou femmes de ménage.
– C’est vrai que quand les seules représentations des femmes oscillent entre la fille qui fait son ménage dans les pubs, la potiche qui sert d’intérêt amoureux dans les films et, à la rigueur, l’héroïne qui tabasse, mais forcément bien roulée pour plaire aux hommes, comme Lara Croft, on ne va pas bien loin. Tu ne crois pas qu’il est temps de faire des films qui montrent une autre version des femmes ? Nous représentons la moitié de la population, il serait temps de faire des films qui peuvent nous plaire en nous montrant de manière positive.
– Donc on en revient à ce que je disais. Une comédie romantique.
– C’est vrai que les femmes n’ont légalement le droit de ne regarder que des comédies romantiques, hein. Les films non genrés avec une femme dans le rôle principal, comme Alien, ça n’existe pas, hein…
– Tout ça va gâcher l’original ! Souiller sa mémoire !
– … Je ne sais même pas quoi répondre.

Bref, devant tant de mauvaise foi, la conversation s’est finie en eau de boudin, sidérée que j’étais. En 2016, si un homme éduqué et (généralement) conscient qu’hommes et femmes sont égaux pense ça, que faut-il attendre des autres ? (Je ne parle même pas des commentaires en ligne sur les sites d’information…)

Une petite mise au point s’impose. Oui, la représentation est importante. Elle est même capitale si on souhaite offrir des opportunités à tous. Elle ne fait pas tout, mais elle participe au sentiment d’inclusion.

Tu ricanes quand tu vois des affiches où il y a toutes les couleurs de peau ? Ne nous voilons pas la face : la France est un pays hétérogène, toutes les couleurs de peau existent (à la différence de pays très homogènes comme l’Islande ou le Japon), et tout le monde a le droit d’être représenté. Ne pas représenter telle ou telle couleur de peau, ou origine, ou genre… reviendrait à nier l’existence d’un groupe donné.

Vois-tu souvent des femmes présentées positivement dans les médias ? Récemment, on a vu des filles qui envoyaient du bois, comme Katniss Everdeen dans Hunger Games ou Rey dans Star Wars, et ça a fait du bien. Mais pour deux filles fortes, combien de faire-valoir, de potiches, de demoiselles en détresse présentées de manière navrante ? Combien de personnages qui nous font sentir que nous ne sommes que des accessoires dans la vie passionnante des hommes ?

Au cinéma, comme dans tous les médias, montrer des minorités est un excellent processus gagnant-gagnant : en montrant des modèles positifs, la représentation inspire les personnes qui s’y identifient, tout en habituant les autres à la présence de femmes de pouvoir/minorités ethniques positives/etc. 

Tu en doutes ? Tu trouves que tout ça respire effectivement le politiquement correct ? Parlons de poids, dans ce cas. Si tu t’es déjà dit : « J’aimerais bien qu’on montre des corps plus diversifiés dans les médias, car je ne vois jamais personne avec un corps comme le mien… », c’est exactement le même problème. C’est la même chose avec tout ce qui fait une minorité : genre, orientation sexuelle, appartenance ethnique, handicap… Si tu trouves qu’il est important de se sentir représenté physiquement, c’est un excellent début !

La représentation est importante, mais c’est encore mieux si elle est positive. (Je reviendrai dans une autre chronique sur le fait de passer d’une représentation positive à une représentation réaliste, si tu le veux bien.) Halte aux mauvais clichés du gros en mauvaise santé, de l’asiatique fan de kung-fu ou de la rousse forcément dévergondée… C’est en passant aussi par des représentations réalistes et positives qu’on peut donner des modèles positifs.

Voir régulièrement des femmes scientifiques dans les films, c’est si improbable que ça ? Quand on s’intéresse à la question, combien de femmes qui ont accompli de grandes choses ont commencé par voir un modèle et se dire : « Je veux faire ça ! » ? L’astronaute Mae Jemison, première afro-américaine à aller dans l’espace, a choisi sa carrière en voyant le lieutenant Uhura, incarnée par Nichelle Nichols, à la télévision.

Quand, petites, on joue aux Playmobils et qu’on a le choix entre être infirmière ou « rien », tandis que les garçons ont le choix entre pompier, aviateur, archéologue ou policier, ça laisse des traces. Comment devenir quelque chose dont on ignore l’existence ?

Quand, adolescentes, on joue aux jeux vidéo et qu’on a le choix entre une fille menue pas puissante du tout ou une fille sexualisée à l’extrême et pas vraiment plus puissante, alors que les garçons ont tous les personnages forts, ça laisse des traces.

Quand à la télé, on voit intervenir surtout des experts pour les questions de politique, science et technologie, et des expertes pour la psychologie et l’enfance, ça laisse des traces.

Je suis devenue traductrice pour deux raisons. Je dis souvent que c’est un professeur en traduction particulièrement talentueux qui m’a fait aimer la matière. Certes. Mais la vérité, c’est que je n’avais même pas pensé à devenir traductrice avant de lire un article dans une revue, où intervenait une traductrice. Ce jour-là, avoir lu « Machine, 35 ans, traductrice à son compte » a fait un véritable déclic. Imagine un peu si Machine avait été paléoanthropologue ? Écrivaine-voyageuse ? Présidente de la République ?

Je ne dis pas qu’être femme au foyer, ou infirmière, ou secrétaire, c’est mal. Je me demande simplement : parmi ces mères au foyer, infirmières ou secrétaires, combien auraient pris un chemin différent si on le leur avait montré ?

Pour les petites filles d’aujourd’hui, qui feront les grandes femmes de demain, j’appelle à plus de représentation, et aussi à soigner, de notre côté, l’image que nous donnons des femmes. À leur montrer des modèles diversifiés. Des femmes qui sortent des sentiers battus. Pénélope Bagieu le fait très bien dans son blog Les Culottées, le blog A Mighty Girl aussi, en montrant des femmes qui ont fait ce qu’elles voulaient. Que nous soyons auteurs, créatrices, ou simplement mamans ou tantes.

En montrant aux petites filles qu’elles peuvent devenir ce qu’elles veulent, on ouvrira la voie à un monde où les femmes auront plus de poids, pas parce que les hommes les toléreront, mais parce qu’elles l’auront décidé.

Et toi ? As-tu remarqué que les femmes étaient toujours cantonnées aux mêmes rôles dans les fictions ? Penses-tu qu’il faille agir pour changer ça ? Ghostbusters avec des femmes, ça t’inspire quoi ? Viens en discuter avec nous…

Pssst, demain Claire Gezillig viendra t’expliquer comment elle est devenue entrepreneuse… entrepreneur, au féminin !

Commentaires

36   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme Pétillante

Merci pour cet article ! En lisant ton dialogue avec ton proche j’avais envie de l’étriper !! Vive les clichés. Je me retrouve tout à fait dans ce que tu écris car j’ai toujours eu l’ambition de faire autre chose que ce que la société musulmane dans laquelle j’ai été éduquée m’a dictée. Ça a été très dur de se battre contre les préjugés et surtout de se battre pour le droit d’être considéré comme l’égal de l’homme. Aujourd’hui encore, même dans la culture occidentale, mon choix de continuer de longues études plutôt que de faire des enfants m’a valu de nombreuses critiques de la part des gens. Je suis déjà une mère indigne avant de l’être. Tu comprends, avec tes ambitions de carrière, tu ne pourras jamais être une aussi bonne maman que si tu te contentais d’un métier qui demande moins de temps. Ouais ok….

le 30/05/2016 à 07h31 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Merci beaucoup pour cet article Nya. J’ai la chance d’être scientifique et de connaître de nombreuses femme dans le même cas que moi et très talentueuses. Mais combien j’en vois également être freinee dans leur carrière parce qu’elles ont eu un enfants. Dans le cadre de mon travail je vous peu de femmes avec des responsabilités alors qu’elles sont très souvent cantonnées aux postes de techniciennes.
Le chemin sera encore long c’est sur.

le 30/05/2016 à 08h37 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Voilà un super article qui donne à réfléchir ! L’absence de personnes représentant les minorités ethniques m’a justement frappée récemment en achetant des produits pour enfants (ils étaient tous blonds sur les emballages). Je précise que j’habite en Allemagne il me semble que sur ce point, la France est déjà un peu plus en avance…

le 30/05/2016 à 09h10 | Répondre

Madame D

Oui c’est ce que j’allais dire Die Franzoesin car sur les paquets de couche Pampers, a chaque taille de couches différentes il y a un bébé différent.

le 30/05/2016 à 09h43 | Répondre

Claire Gezillig

Et bien, tu fais une superbe intro théorique à mon article de demain… 😉
(je n’en dis pas plus pour ne pas me spoiler…)

le 30/05/2016 à 09h27 | Répondre

Madame D

Ce que c’est bien écrit et bien dit !
Avant d’être mère j’avoue que je ne me posais pas autant la question, malgré qu’inconsciament je cherchais toujours des films ou livre ou le hero était une femme (merci Mary Higgins Clark), et j’avoue n’avoir jamais eu de problème a m’indentifer à un héro masculin.
Depuis l’arrivée de ma fille je fais très attention a la façon dont je lui parle pour éviter de la placer automatiquement dans le genre : tu es une fille tu es jolie et c’est tout (oui parce qu’elle est trop belle ma fille). Je lui dit automatiquement qu’elle est forte et inteligente !
Merci pour cet article !

le 30/05/2016 à 09h41 | Répondre

Mélimélanie

Juste j’Aime! (oui avec un grand A!)

Que dire de plus face à un article si bien écrit et si vrai!

C’est une femme ingénieure en informatique qui te parle et des clichés j’en ai eu (le mieux étant : tu es trop mignonne pour être développeuse informatique… Donc quand tu fais attention à être féminine et à prendre un peu soin de toi tu es forcément concon…oui oui…)

le 30/05/2016 à 09h51 | Répondre

Nathalie

C’est d’autant plus dur d’entendre ce genre de propos quand ils viennent de populations « éduquées à l’égalité ». Je fais régulièrement la remarque à mes collègues de bureau (milieu très masculin, je suis côté scientifique).

Il y a une association qui fait intervenir des femmes scientifiques dans les établissements scolaires, certaines de mes collègues ont été sollicitées pour ça (pas moi, même si j’aurais bien aimé !).

le 30/05/2016 à 09h58 | Répondre

Margot

Je ne me rappelle plus du nom de ce test qui prouve l’absence des femmes dans les films mais en gros…
pouvez-vous désigner deux femmes dans le film? (en général, oui.)
Si oui, se parlent-elles? (la c’est déjà beaucoup plus rare)
Si, parlent-elles d’un homme? (aïe…)

depuis que j’ai conscience de ça je pourris tous les films que je regarde avec mes colocataires. Et dans les films des années 90, en général, s’il y a deux femmes, l’une est une maman et l’autre l’équivalent d’une call girl.

Ne nous laissons pas enfermer dans les stéréotypes! Quand on nous dit que nous sommes belles, répondons que nous préférons être intelligentes! 🙂

le 30/05/2016 à 10h19 | Répondre

Lumi

Le test de Bechdel 🙂

le 30/05/2016 à 12h00 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

C’est très intéressant ce que tu dis. Le déterminisme ne vient pas seulement des représentations du quotidien dans la société. Le schéma familial y est pour beaucoup et c’est dur de s’en dégager… Si j’avais écouté ma mère, j’aurai du trouver un poste de « fonctionnaire planquée » pour élever mes enfants (désolée pour tous les fonctionnaires… c’est le type de job du moins qu’avait ma mère, il y a 30 ans).
Je suis dans un milieu aussi très masculin (poste à responsabilité en finance), et force est de constater aussi que le plafond de verre existe. Une jeune femme féminine est considérée comme « moins intelligente » et c’est encore pire si elle a des enfants car elle « sera moins disponible ». Du coup, je me mets indirectement moins la pression sur mon travail, car je le ressens d’une certaine manière. Je comprends pourquoi beaucoup de jeunes femmes ont fait aussi le choix d’un job plus « cool » après des enfants, car, souvent, rien n’est fait pour leur laisser espérer une progression égale à un homme. C’est un cercle un peu vicieux non ? Ce sentiment qu’il faut se battre pour être autant reconnue qu’un homme dans son travail. Heureusement que j’ai un mari pas du tout macho et qui prend ses responsabilités de papa, et ça fait du bien ! Le jour où je me sentirai bloquée « à cause de ma condition de femme » en tout cas, je changerai de job. Bref, je pourrai en parler des heures, car j’adore la sociologie / psychologie sociale. Merci en tout cas pour cet article 🙂

le 30/05/2016 à 10h30 | Répondre

Miss Chat

Ton article explique très bien l’importance de la représentation des minorités et je pense que tu as tout à fait raison dans tes propos.
Je ne suis pas une féministe engagée (le suis-je tout court d’ailleurs) mais je crois dur comme fer à l’équité entre tous. J’avoue que je me sens très peu concernée par cette problématique du manque de (bonne) représentation de la femme parce qu’on m’a élevée dans un environnement où on m’a « appris » dès le départ que mon futur et ce que j’en faisais ne dépendait pas de la télé mais de moi-même uniquement. Que si j’avais envie d’être X ou Y, c’était ma décision. Que si j’étais déjà X ou Y, c’était très bien comme ça. Je ne m’identifie pas naturellement aux modèles typiques véhiculés par les médias mais je n’ai jamais eu besoin d’eux ou de qui que ce soit d’autre d’ailleurs pour comprendre que je vaux autant que mon mari blanc, hétéro et scientifique 😉 J’espère que ma fille grandira dans le même mode de pensée et, au cas où, je fais encore plus attention à ne pas lui assigner un rôle ou un futur prédéfini par mes paroles (je reprends automatiquement les gens par exemple quand on lui dit « ah elle aime les bijoux, ça se voit que c’est une vraie fille ! » … heu pardon ?)
Cela dit, tout le monde n’a pas eu notre chance (notre : une population généralement éduquée et sensibilisée) et je pense qu’une représentation positive, qui manque à l’heure actuelle, est indispensable pour faire bouger les choses. Et si ça passe par mettre des femmes aux rôles-titres de Ghostbuster, ma foi, allons-y gaiement ! (De toute façon, leur plus gros problème selon moi, c’est qu’un reboot représente un manque cruel d’originalité scénaristique. Mais c’est un autre sujet… :p )

le 30/05/2016 à 10h32 | Répondre

Clette

En tant qu’ingénieure dans le BTP (et sur chantier s’il vous plaît ^^) je crois qu’on est que deux filles chef de projet pour 10 hommes. La moyenne d’âge est plutôt jeune et j’ai pas de mal à me faire ma place donc ça va,je constate une augmentation des filles dans le BTP mais ça reste lèger. Je suis plutôt contente quand je vois des femmes en bureau d’études ou conduc pour des sous-traitants 🙂 .
Et on va voir ce que la venue d’un enfant va changer dans ma carrière car je suis enceinte de 6 semaines (et déjà très malade !) …. je rajoute que le papa est féministe et fais autant voire plus de taches ménagères que moi. J’espère qu’on sera un bon modèle pour notre crevette !
Sinon Nya juste avant de lire ton article (entre deux nausées lol ) je revenais de Mademoizelle, que je regarde quasiment tous les jours et qui m’a éduqué sur le féministe depuis au moins 6 ans ! Je recommande vraiment ce site accessible à tous !

le 30/05/2016 à 10h37 | Répondre

Marjolie

Amen!
(Par contre, Pénélope Bagieu contribue selon moi à un autre type de reproduction de modèles dominants: ses personnages féminins sont invariablement minces et ridiculement longilignes, avec des jambes d’1m20, ce qu’elle fait est chouette mais ça, ça me fatigue un peu… et clairement ça m’envoie le message que moi, avec mon 1m60 et mes rondeurs, je serai jamais une fille cool et branchée, une femme forte, etc…)

le 30/05/2016 à 11h20 | Répondre

Nya (voir son site)

Merci ! Pour Pénélope Bagieu, j’encense son travail sur les Culottées, qui représente un bel exemple de diversité à mon sens : elle y parle de femmes africaines, amérindiennes, chinoises, européennes, des artistes, des femmes au foyer, des sportives, des jeunes, des vieilles, des minces, des grosses, des transgenres… On pourra critiquer le format un peu répétitif du blog mais j’ai rarement vu autant de diversité. Son blog initial (plus vieux) est effectivement plus homogène au niveau de la représentation.

le 30/05/2016 à 13h02 | Répondre

Lumi

Je suis tout à fait d’accord avec toi, Nya. Je reconnais davantage d’autres illustratrices que Pénélope Bagieu dans cette critique, en fait… (il suffit de penser à sa dernière BD, California Dreamin’, pour voir qu’elle s’est bien éloignée de ce modèle de femme filiforme !)

le 30/05/2016 à 21h26 | Répondre

Marjolie

Je vais regarder de plus près alors 🙂

le 31/05/2016 à 17h13 | Répondre

Sarah

Entièrement d’accord avec cet article, par contre moi j’ai « souffert » (c’est vraiment un bien grand mot) de ne pas avoir aussi la possibilité de devenir femme au foyer si je le voulais…Dans mon entourage, ca n’était pas une option, et aujourd’hui je sais que pourtant mon travail, aussi intéressant qu’il soit, autant d’années d’étude qu’il m’ait demandé, et autant de reconnaissance de mes collègues même masculins qu’il m’apporte, ne me comblera jamais, alors que tenir ma maison, préparer des petits plats et m’occuper de mes enfants m’épanouirait beaucoup plus…

Je trouve que souvent le féminisme est trop limité aux « les femmes doivent pouvoir faire comme les hommes », alors que à mon sens, le vrai féminisme, celui qui ferait avancer les choses, c’est « les femmes et les hommes peuvent faire ce qu’ils ont envie de faire, sans distinction de sexe ». Et vive les hommes sages femmes, les femmes pompiers, les hommes assistants maternels, les femmes juges, les hommes garagistes et les femmes au foyer 😉

le 30/05/2016 à 11h34 | Répondre

dubmel

d’accord avec toi, mais j’ajouterais: « et les hommes au foyer » aussi!!

le 30/05/2016 à 12h45 | Répondre

Sarah

Exactement!!

le 30/05/2016 à 14h32 | Répondre

Nya (voir son site)

Oui !! Tout à fait d’accord sur l’égalité de choix entre les genres ! J’y reviens d’ailleurs dans une autre chronique d’ici quelques semaines 🙂

le 30/05/2016 à 12h58 | Répondre

Sarah

Hâte de te lire 😉

le 30/05/2016 à 14h32 | Répondre

MlleMora

Tu as bien raison Nya, bien sûr que la représentation est importante ! En tant que femme métisse, j’aime autant te dire que je n’ai pas eu beaucoup de modèles dans le cinéma et la TV dans mon adolescence. Mais c’est avec plaisir que je vois les choses évoluer autant les rôles des femmes, que des métisses ou même des couples mixtes à l’écran (y en avait jamais et ça me faisait beaucoup de peine car mes parents à moi étaient un couple mixte, mais a priori ça n’existait que chez moi !)
l’étape d’après comme le dit Sarah, c’est que chacun puisse tenir le rôle qui lui convient sans que ça ne choque personne ! Les hommes qui ne sont pas carrieristes, qui préfèrent s’occuper de leurs enfants sont aussi stigmatisés, c’est pas « normal »…

le 30/05/2016 à 13h46 | Répondre

Mademoiselle Black

Très bon article!

J’espère réussir à ne pas trop influencer mes enfants dans leurs choix de hobbys/carrière etc selon leur sexe… Après, mon mari et moi, nous sommes tous les deux scientifiques, aux mêmes postes, avec le même salaire donc on part plutôt sur une bonne base.

Malgré tout l’arrivée de notre bebe a déjà changé les choses puisque j’ai dû mettre de côté mes travaux le temps d’une fin de grossesse un peu compliquée et de mon congé maternité…

Et même de la part de mes collègues, quand ils m’ont vu arriver à une réunion de labo importante alors que mon bébé avait 1mois, je suis un peu passée pour la mère indigne qui a laissé son bebe 2h à quelqu’un d’autre (j’ai eu droit à « mais qu’est-ce que tu as fait de ton bebe » ou même carrément « qu’est-ce que tu fais là? »… )

Et enfin notre seul enfant pour le moment est un garçon donc c’est plus facile de ne pas trop tomber dans les clichés je trouve!

Hâte de lire d’autres articles sur le sujet (et des « trucs pratiques » de parents s’il y en a).

le 30/05/2016 à 13h54 | Répondre

Lumi

Les garçons aussi sont victimes de clichés, à mon humble avis. L’un des plus persistants et sans doute des plus nocifs : un homme, ça ne pleure pas…
En tout cas ton anecdote est très représentative, car je suis convaincue qu’un homme qui irait à une réunion un mois après la naissance de son bébé ne susciterait aucun commentaire de ce genre !

le 30/05/2016 à 21h28 | Répondre

Super pouet

Je vais aller à contre-courant mais tant pis, il faut de tout pour faire un monde !
Autant je suis entièrement d’accord avec l’article autant le site Madmoizelle m’insupporte au plus haut point. Avant j’étais pourtant membre…
Je le trouve dans le « trop » féministe, alors oui à l’égalité des sexes mais oui à l’égalité tout court ! Certains articles descendent la gente masculine pour faire voir la supériorité des femmes. De plus, je trouve ce site beaucoup trop larmoyant car lorsqu’on retire les sujets qui traitent du viol, de l’homophobie et du slutshaming il ne reste quasiment rien (pourtant les trouvailles d’internet me font bien marrer). Bref, je désapprouve la ligne éditoriale de ce site (même si là n’est pas le sujet de l’article).
Pour en revenir à l’article, je trouve tellement navrant qu’en 2016, les hommes qui veulent rester au foyer ou les femmes qui veulent percer dans des « métiers d’hommes » (je déteste cette expression) doivent se justifier auprès de la société !

le 30/05/2016 à 14h01 | Répondre

Dame Penny

Honnêtement, jusqu’à il y a peu, j’avais peu conscience de ce problème de représentation. Pour moi, les gens qui insistaient là dessus cherchaient « la petite bête ». Etant moi même une fille, je ne m’était jamais personnellement sentie limitée dans mes choix du fait de mon sexe.

J’ai réellement pris conscience du problème grâce à ma fille de 7 ans. Ca me brise littéralement le coeur chaque fois qu’elle me dit « je ne peux pas faire ci ou ça parce que c’est pour les garçons ». Pire, ça me met dans une colère noire. Je lui explique donc patiemment que « pour les garçons » et « pour les filles » ça n’existe pas, qu’elle pourra faire ce qu’elle souhaite. Mais je dois régulièrement faire des piqûres de rappel. J’ai l’impression que c’est sans fin et que je me bat contre un système qui ne lui donne que des représentations stéréotypées de son avenir.

Alors oui, une représentation plus juste pour permettre aux petites filles de rêver, ça serait vraiment le top.

Merci pour ton article en tout cas, il m’a permis de mettre un mot sur ce problème 😉

le 30/05/2016 à 15h22 | Répondre

Claudia

J’adore ce petit tableau (désolée pour la pub commerciale, pas trouvé sans): http://www.lecoindescreateurs.com/tableau-decoration-fille-exploratrice.html
par contre, le reste de la série tombe en plein dans les clichés.

Dans notre famille, les enfants ont plein de modèles de femmes ingénieur (mes deux sœurs et moi, ma fille, ma nièce…), donc le « ce n’est pas un travail de fille ça » ça tombe heureusement à plat. Mais ne me lancez pas sur le sexisme des jouets…

le 30/05/2016 à 18h22 | Répondre

Ivy Bily Rose

Merci pour cet article !

Et je recommande fortement la série Arrow, pour une représentation positive des femmes 🙂

le 30/05/2016 à 19h03 | Répondre

Lumi

Merci pour cet article ! Comme toi, Nya, je prends de plus en plus conscience des problèmes de représentation dans les œuvres culturelles.

Par contre, je dois avouer que je ne suis pas très convaincue par ce nouveau Ghostbusters. J’aurais préféré une nouvelle histoire qui s’inscrive dans la filiation plutôt que cette espèce de remake. Du coup, ça me donne un peu l’impression d’une volonté de « faire plaisir » à un certain public (peut-être celui qui a adhéré au dernier Mad Max, avec des personnages féminins très forts ?) sans que cela assure un film de qualité derrière… À voir, donc, mais je suis loin de partir séduite malgré mon souhait de voir plus de représentation de personnages féminins !

le 30/05/2016 à 21h33 | Répondre

Ars Maëlle

Merci pour cet article. J’aurais un milliard de choses à dire, mais les pavés en commentaire ce n’est pas terrible…
Deux trois choses quand même :
– il y a les films, mais aussi les livres, à commencer par les livres pour tous-petits (papa rentre du travail, maman fait le repas. Maman a-t-elle un métier ? ça doit être maîtresse alors, ce sont les seules femmes qui travaillent dans ces livres-là…) et les jeux et les pubs et et et… et plus tard le palais Bourbon, le palmarès d’Angoulême et le prix Nobel de physique… y a du boulot !
– les hommes ont des privilèges (pouvoir, parole…) qui ont une sacré inertie, les femmes en pâtissent énormément, mais les hommes sont victimes de modèles limités aussi (pas pleurer, rapporter le bifteck, pas faire des « boulots de gonzesses » ou porter des « couleurs de tapettes », préférer le boulot ou le foot à du temps en famille). Mon neveu de 6 ans souffre vraiment des choix qu’il croit imposés par la société, même si ses parents le laissent faire ce qu’il veut ;
– si j’avais été garçon, on aurait poussé mon intérêt pour les maths plus que pour les gens, avec mes bonnes notes je serais devenue ingénieur et non apprentie sociologue, métier qui me passionne mais qui est certainement moins stable et moins bien payé… qu’est-ce qui vient de moi dans mes choix, qu’est-ce qui vient de cette imprégnation depuis l’enfance ? ;
– pour les petits, il ne s’agit pas que de ne pas les empêcher, il faut aussi susciter leur envie : faire danser les garçons, bricoler avec les filles, faire des maths et des bouquets avec tout le monde. Et faire attention à « que tu es joliE/costauD ! », « ma belle/mon grand »… ils sont beaux, elles sont fortes, tous sont rapides ou perspicaces et méritent qu’on loue leur intelligence, leur énergie ou leur sensibilité.
Bref, j’ai fait un pavé quand même, mais la tâche est si immense quand on pense que même des hommes éduqués ne voient pas forcément le problème… Courage les filles, courage les minoritaires, courage tout le monde, l’égalité profitera à tous

le 31/05/2016 à 01h25 | Répondre

sarah

merci pour cet article! je crois malheureusement que le chemin est encore long, mais le point positif c’est que les consciences s’éveillent ! pour ma part maintenant quand je vois sur un site internet une catégorie ‘fille’ et une categorie ‘ garçon’ je contacte le site pour leur faire part de mon mécontentement. Je rêve d’un jour ou les garcons pourront porter des robes roses … mais est ce que toutes les mamans seront prêtes à l’accepter si leur fils demain leur demande?

le 31/05/2016 à 08h46 | Répondre

Mlle Moizelle

Merci! 😉
(tout simplement…)

le 31/05/2016 à 09h41 | Répondre

Kitsuné

Je suis d’accord avec toi Nya …. moi-même je suis devenue militaire, et c’est en grande partie grâce :
– au film Mulan (j’assume mes références 🙂 )
– à un roman lu quand j’étais collégienne, « Tu ne tueras point », avec une jeune israélienne qui fait la guerre
– aux représentations des femmes militaires vues aux USA où j’ai vécu un an étant ado.
Et aujourd’hui encore, mes copines et moi on regrette d’avoir peu de modèles de femmes officiers qui ont réussi leur carrière … il doit bien y en avoir quelques unes, mais on ne les voit jamais, on n’en entend pas parler !
Donc oui, clairement, la représentation ça joue !
D’ailleurs, as-tu déjà remarqué à quel point les femmes qui travaillent sont représentées différemment dans les films américains et dans les films français ? Dans les films américains, les femmes « carriéristes » ont une image positive, alors que dans les films français, elles son le plus souvent créatrices de bijoux ou artistes … et si elles sont carriéristes, c’est vu comme étant négatif !

le 04/06/2016 à 20h53 | Répondre

Flora

Merci pour cet article qui fait reflechir. Je suis aussi partagée, je ne sais pas si c’est parce que je ne regardais que trop peu de télé en grandissant mais pour moi la représentation c’est secondaire. Je me rappelle que ma grande soeur voulait devenir pilote depuis toute petite et ça m’étonnerait que ce soit parce qu’elle avait vu des femmes pilotes.
Ce qui est important c’est d’apprendre aux enfants que les limites c’est à eux de les définir. Et pour ça je pense que les jouets ont par exemple plus d’importance que la représentation. J’aimais monter aux arbres et jouer aux billes et mes parents m’ont laissé faire. Qui sait ce que je serais aujourd’hui si on m’avait renvoyé à ma dinnette à la place?!
Quand est venue l’heure de choisir mes études c’était une évidence, j’avais des facilités en Math-physique et le reste ne m’intéressait pas. Je crois que je n’ai même pas demandé l’avis de mes parents c’était ce que je voulais point et j’étais consciente que c’étais ma décision à moi 🙂
La représentation surtout forcée par les quotas, je ne sais pas si c’est productif. C’est à mon avis mettre la charrue avant les boeufs. Après si ça peut aider même une seule petite fille à s’émanciper ça vaut sans doute la peine d’essayer. Mais il faut aussi un travail de fond sur le côté parce que sinon c’est aussi ridicule qu’un portraitde Jésus blond aux yeux clairs!

le 05/06/2016 à 18h39 | Répondre

Nya (voir son site)

La représentation, mais aussi les jouets, et les rôles familiaux, et l’environnement… Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en jeu dans la construction d’une personnalité, évidemment 🙂
J’ai choisi l’angle de la représentation pour cette chronique, mais il est évident qu’une famille où les parents encouragent les enfants à rester eux-mêmes sans les enfermer dans des stéréotypes joue aussi énormément (et j’aimerais bien qu’il y ait plus de familles de ce type ! Combien d’enfants s’entendent dire « ne pleure pas comme une fille/mauviette » pour les garçons » et « ne grimpe pas aux arbres, c’est pour les garçons » pour les filles… 🙁

le 20/06/2016 à 03h30 | Répondre

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