Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Notre mariage en communauté universelle


Publié le 29 décembre 2015 par Claire Gezillig

Bon, voilà, allez, on va mettre les pieds dans le plat, on va parler (entre autres) d’argent.

Oui, j’aime bien parler des sujets brûlants.

Aujourd’hui, j’ai envie de t’expliquer pourquoi nous avons décidé, l’amoureux et moi, de mettre nos vies, nos choix, nos biens et nos finances (oui, tout ça !) en commun. Pas pour te dire que c’est la solution idéale, mais pour qu’on réfléchisse ensemble, sans tabou, à des questions fondamentales, telles que la définition d’un couple et d’un foyer.

Argent et arbre

Crédits photo (creative commons) : Pictures of money

L’amoureux et moi, nous sommes mariés sous la communauté universelle définie par la loi néerlandaise. C’est le régime de droit commun ici, mais c’est un vrai choix pour nous, qui sommes allés voir un notaire pour étudier les différentes options et aurions aussi pu choisir un régime français (à noter que la communauté universelle est ici moins défavorable aux enfants pour l’héritage qu’en France, mais je ne vais pas entrer dans les détails). Bref, tout ça pour dire que, légalement, tout ce qu’on possède appartient à nous deux.

Mais bien sûr, nombreux sont les gens (toi ?) qui sont mariés sous un régime de communauté de biens (sans contrat de mariage chez un notaire, si tu te maries en France, tu es sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, c’est-à-dire que tout ce que vous gagnez après le mariage est commun) sans pour autant gérer leurs finances de manière commune.

Dans notre cas, nous avons décidé d’appliquer cette idée de communauté des biens au quotidien. C’est pourquoi nous essayons de considérer que l’argent que nous avons, que nous gagnons, n’est pas la propriété de chacun, mais la propriété du couple.

Dans les faits, nous n’avons pas (encore) de compte commun parce que :

  1. on est des procrastinateurs quand il s’agit de faire de l’administratif (ouvrir un compte, ça nous barbe, et puis il faudrait réfléchir à une nouvelle gestion…),
  2. on n’en ressent pas le besoin (immédiat) puisque la gestion qu’on a depuis qu’on est ensemble va dans le sens de finances communes, même si on a des comptes séparés.

Pourquoi tout mettre en commun ?

Pourquoi estimons-nous que c’est bien (pour nous) de considérer que nos finances sont communes ? Ce n’est pas forcément évident. N’est-ce pas une grande forme de dépendance ? Les risques ne sont-ils pas trop grands ? Moi qui ai toujours proclamé mon attachement à la liberté…

Oui, mais voilà, je ne vois pas l’argent comme une fin en soi. C’est une partie importante de nos vies (ça décide en grande partie de ce qu’on peut faire et avoir), mais ce n’est pas indépendant du reste de notre existence. Avoir peu ou beaucoup d’argent est lié à d’autres facteurs : l’endroit où on vit, l’emploi qu’on a, notre temps de travail, notre train de vie…

Et quand on a décidé de s’engager à deux sur le long terme, eh bien, tous ces choix, on a décidé de les faire à deux. Être en couple et décider de parier sur l’avenir ensemble (la définition d’un mariage pour moi), c’est prendre un chemin commun et choisir aussi en fonction des besoins et des envies de l’autre.

Ce n’est pas glamour, mais je pense souvent que le mariage est un partenariat. J’ai signé un contrat qui m’associait à l’amoureux pour faire vivre notre entreprise, c’est-à-dire notre foyer, notre famille. Donc je considère que nos décisions de vie doivent être prises à deux, puisqu’elles nous impactent tous les deux. Et qu’on se doit d’être solidaires. C’est ça, pour moi, un partenariat.

Mais pas seulement pour l’argent, du coup. Dans notre partenariat, il y a plus que l’argent, il y a la façon dont on vit : où, comment, qu’est-ce qui est important… (Je n’aurais pas la même vie si j’étais célibataire, et l’amoureux non plus, je pense.)

C’est pourquoi quand j’ai décidé de créer mon entreprise, je voulais être sûre que mon mari était tout à fait conscient de ce que ça impliquait. Il était primordial qu’il me soutienne dans mon projet. Parce que non seulement j’allais gagner moins d’argent qu’en étant salariée, mais en plus, ça voulait dire qu’on aurait beaucoup moins de temps pour nous deux (car, du coup, je travaille le soir, et le samedi, et même parfois, je travaille juste trop…).

On a dû revoir aussi notre organisation des tâches ménagères. Et quand il y a quelques semaines, je bouclais un très joli projet, j’étais tellement débordée qu’il a dû faire les courses, le ménage et la cuisine seul, en plus de supporter ma fatigue, mes doutes et mon excitation, pas forcément faciles à gérer… (Oui, je trouve mon amoureux formidable !)

Autre exemple : l’année avant notre mariage, je travaillais en free-lance, en plus de mon salariat, pour qu’on puisse payer le loyer et notre belle fête, sans que l’amoureux au chômage ne vide son compte épargne. Mais c’était aussi parce que cet argent qu’il avait économisé, il serait ainsi disponible pour notre foyer, plus tard, en cas de coup dur ou de besoin important.

Et puis, dans la balance entrent bien plus de critères que l’argent qu’on gagne. Cette année-là, mon amoureux faisait tourner la maison, et c’était tout aussi vital que de payer le loyer.

Comme nous voulons des enfants, il me semble d’autant plus important de prendre en compte l’équilibre au-delà de la question des rentrées d’argent (si un de nous deux ralentit son rythme de travail ou cesse de travailler pour s’occuper de notre progéniture, son rôle sera tout aussi important que de ramener des sous !)

Je vois donc notre mariage comme une communauté socialiste. Le soutien va dans les deux sens, et c’est comme ça qu’on peut construire notre vie ensemble.

Nos choix de vie impactent l’argent qu’on gagne, l’argent qu’on souhaite gagner impacte nos choix de vie. Puisqu’on veut vivre ensemble et décider ensemble de la vie qu’on mène, il est donc naturel pour nous que l’argent fasse partie de notre communauté, de notre partenariat.

Pourquoi ça marche pour nous ?

Ça fonctionne dans notre foyer parce que nous avons grosso modo les mêmes valeurs, la même façon de gérer et de vouloir dépenser l’argent que nous gagnons (plutôt dans un bon restau ou un voyage que dans des chaussures, par exemple).

Ça marche aussi parce que nous n’avons pas tendance à compter, ni à vraiment nous rendre compte précisément de qui dégaine le plus rapidement la carte bleue (ou l’aspirateur, d’ailleurs). C’est un peu le premier qui dit : « Je vais le faire ! », ou suivant les rentrées d’argent qu’on a (sachant que les miennes ne sont pas fixes), et ça s’équilibre plutôt bien, il me semble.

Ça ne crée quasi jamais de tensions, et on sait que si ça venait à en créer, on pourrait toujours en discuter et voir comment s’organiser plus formellement.

Est-ce la solution idéale ?

C’est la meilleure solution pour nous.

Ça ne veut pas dire qu’il n’y a jamais de discussions ou de petites frustrations. Il y a des fois où nos envies personnelles ne sont pas forcément du goût de l’autre… Mais jamais il n’y a eu de grand drame ou de grande dispute à ce propos jusqu’à maintenant.

Discussion et bienveillance nous ont permis de garder le cap et de faire des compromis au besoin. J’ai conscience de la chance qu’on a d’être tous les deux bien plus indulgents avec l’autre qu’avec nous-mêmes (on en veut plus facilement à nous qu’à l’autre).

Et les risques ?

En faisant ce choix de mettre notre mariage sous la communauté universelle, nous avons bien sûr pris des risques :

  • En cas de divorce, tout sera divisé par deux. L’argent que nous avons, les dettes, etc. On peut trouver ça injuste, on peut se mettre à compter les investissements faits par chacun dans le couple. Mais bon, je suis prête à prendre ce risque : on ne conclut pas un partenariat sans une part de pari, et j’ai confiance en notre couple.
  • L’amoureux peut faire des bêtises et je me dois d’être solidaire. Ou l’inverse. Si ce qu’il gagne est aussi à moi, ses dettes sont aussi les miennes. S’il veut acheter une grosse voiture à crédit, eh bien, c’est notre problème à tous les deux. De même, si je me lance dans un projet d’entreprise ambitieux et que ça ne fonctionne pas, nos biens personnels peuvent être saisis (c’est d’ailleurs pour ça qu’on s’était posé la question de faire un contrat de mariage, mais vu qu’actuellement, mon entreprise ne demande pas un gros investissement financier, la notaire nous avait dit que ce n’était pas forcément la peine). Mais je lui fais confiance, et il me fait confiance : comme on considère ce qu’on a de façon commune, on ne prendra pas de grosse décision sans en parler à l’autre. Dès lors, si une bêtise est faite, elle est de notre responsabilité commune, on en payera donc les conséquences à deux.

Pour résumer, on peut dire que nous avons décidé d’un projet de vie en commun et que pour réaliser de belles choses, pour vivre notre vie à deux pleinement, on a ressenti le besoin de tout mettre en commun.

Parfois, penser aux risques, alors qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, ça fait peur. Le mariage, partenariat total tel que nous l’imaginons, crée une grande dépendance et une belle vulnérabilité émotionnelle. Mais je crois à la force et à la beauté de notre vie pensée à deux, comme je le disais il y a plus d’un an déjà, en préparant notre mariage :

« Pourquoi faire des compromis ? Parce que je crois que ce serait difficile de vivre sans lui, maintenant. Et surtout pour… quoi ? Pour des projets et des rêves encore plus beaux, encore plus grands, pour une vie plus fleurie. »

Cette idée de l’amour comme un jardin à entretenir chaque jour pour qu’il refleurisse encore et encore nous guide depuis le début… Alors, oui, vraiment, ça a plus de sens pour nous de mettre absolument tous nos outils au service de ce grand et beau jardin commun.

Et chez toi, on gère comment l’argent et les projets ? Pourquoi ? C’est source de tensions ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Licorne (voir son site)

J’aime beaucoup ton article ! Ton expérience est très intéressante.
De notre côté depuis que nous sommes en couple nous avons un compte joint pour les dépenses communes et un compte individuel pour les dépenses perso, il faut dire que j’ai une passion très couteuse et je ne me voyais pas imposer à mon homme d’y participer chaque mois alors qu’il n’est pas du tout concerné…
Du coup le contrat de mariage pour nous a été naturel pour cette raison et pour celle que tu évoques également la création d’entreprise…
Notre notaire a été vraiment très bien et nous a bien conseillé, après nous avoir expliqué les différents régimes, puis avoir écouté notre mode de fonctionnement il nous a bien orienté. Au départ nous ne savions pas vers quoi nous tourner et même si nous ferions un contrat et ces rendez-vous chez le notaire ont vraiment été très instructifs !

le 29/12/2015 à 08h54 | Répondre

MmeCavalière

Je suis aussi cavalière et nous avons nous aussi le même mode de fonctionnement. Ce n’est pas toujours facile au quotidien parce que je suis dépensière et lui le contraire, mais je pense que c’est un assez bon équilibre avec nos deux personnalités !

le 04/01/2016 à 11h08 | Répondre

Virginie

Nous avons toujours vécu de cette manière. En fait, je ne comprends tout simplement pas ceux qui ne vivent pas de cette manière. Peut-être est-ce dû aux histoires des uns et des autres ? Mon mari et moi nous sommes rencontrés étudiants avec des jobs d’étudiant, du coup, on gagnait juste de quoi vivre à deux. La question ne s’est donc jamais posée en réalité. Ensuite, j’ai monté mon entreprise, je gagnais relativement bien ma vie, mon mari continuait ses études et donc ses jobs d’étudiant. Aurais-je dû le priver de ce que je gagnais en plus parce qu’il n’avait pas fini ses études ? ça me semble une situation improbable.
Lorsqu’il a été diplômé, il n’a rien trouvé dans sa branche. chômage, chômage, quand tu nous tiens, surtout quand la déprime va avec. Je n’ai rien dit, rien pensé, il me semblait évident que je devais tenir le foyer en termes d’argent, franchement, il était déjà assez déprimé après toutes ces études de ne rien trouver, je n’allais pas en plus lui dire « heu.. non, l’argent en plus, c’est pour ma pomme, t’as qu’à bosser ». lol, c’est juste pas possible et, encore une fois, je ne l’ai même pas pensé. Aujourd’hui, il gagne beaucoup beaucoup mieux sa vie que moi mais, pour lui, c’est un juste retour des choses. Pour ma part, je ne suis pas du tout complexée de gagner moins que lui. Après tout, que sait-on de l’avenir ? Si ça se trouve, les rôles s’inverseront une nouvelle fois pour une raison x ou y.

Tu parles d’un partenariat, nous parlons d’une équipe. Je pense que c’est la même idée, on fait front, on paie, on vit, on mange, on a une maison. En plus, un mariage et un enfant me semble des actes beaucoup plus engageants qu’un compte commun ! Des amis à nous ont un enfant, une maison en commun mais pas de compte commun, j’avoue que ça me dépasse.

le 29/12/2015 à 09h07 | Répondre

Virginie

A côté de cela, je comprends parfaitement le bémol de l’entreprise puisque la question s’est aussi posée pour moi. Je ne suis pas concernée, n’étant pas en individuel mais c’est vrai qu’il faut la creuser. C’est super important pour protéger justement ce que l’on construit avec son mari.

Par ailleurs, mon frère a divorcé une fois puis s’est remis avec une femme elle-même séparée. Chacun avait déjà son bien immo, je comprends aussi que, dans ce cas, l’un et l’autre se protègent en conservant son bien d’une manière ou d’une autre.

A priori, j’ai tendance à penser que, si la question se pose, c’est qu’elle doit se poser, quelles qu’en soient les raisons. Pour nous, cela n’a tout simplement jamais été une nécessité.

le 29/12/2015 à 09h15 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

J’adore ton article 🙂 Il est très juste. Nous, nous sommes mariés en séparation pour deux raisons : la première, c’est que nous voulons être protégés si l’un de nous deux crée son entreprise (le régime français est très protecteur là-dessus), et surtout mon mari est un grand enfant. Il est parti très tard de chez ses parents et je ne sais pas s’il gère ses comptes comme je le voudrais moi. Et oui, nos valeurs sont un peu différentes ! La séparation évite donc des conflits d’argent : on met ce qu’il faut sur le compte commun, et chacun fait ce qu’il veut avec ce qui lui reste sur son propre compte. Dernier point : nos parents ont joué dessus en nous encourageant la séparation. Ma belle-mère travaille en service de surendettement, et m’a dit : tu sais qui tu épouses maintenant mais on ne sait pas ce qui peut arriver ensuite. C’est un vision pessimiste et peu glamour… j’en conviens 🙁 Je préfère retenir l’idée qu’une de nous deux sera sans doute entrepreneur un jour, c’est plus sympa pour justifier un contrat de mariage pas très « friendly » 🙂 🙂 🙂

le 29/12/2015 à 09h45 | Répondre

Mademoiselle Black

Je me retrouve tout à fait dans ta vision du couple, et pourtant nous n’avons pas choisi le même régime que vous!

Avec mon mari nous exerçons des professions libérales, avec des revenus très variables. Nous avons un compte commun (presque) depuis que nous sommes ensemble et nous mettons quasiment tous nos revenus dessus, sans compter « qui met quoi ». Par exemple en ce moment je suis enceinte donc je gagne beaucoup moins d’argent, et il ne tient pas le compte de tous les mois où il aura payé le loyer tout seul! Je porte notre futur enfant et on considère que c’est une participation tout aussi important que payer les factures.

Par contre nous avons choisi la séparation des biens en pensant à nos enfants, car notre métier nous expose à de nombreux risques, notamment de poursuites judiciaires, et on s’est dit que si l’un de nous se retrouvait un jour à payer une montagne de dommages et intérêts, bien sûr dans la pratique on se soutiendrait, mais officiellement l’autre pourra garder un peu d’argent pour donner à manger aux enfants! Alors oui ça a peu de chances d’arriver mais bon…

Ah et une dernière chose: l’intérêt de garder un compte perso même s’il n’y a pas grand-chose dessus, c’est de pouvoir faire des petits cadeaux à ton homme sans qu’il le sache à l’avance… Et ça c’est chouette!

Bisous!

le 29/12/2015 à 10h17 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Pour ma part, j’avoue ne pas trop m’être posée de questions. Lorsque nous avons commencé à vivre ensemble nous avons ouvert un compte commun qui a servi aux dépenses communes. On a gardé nos comptes personnels pour nos dépenses personnelles.
Depuis que l’on est marié nous avons changé de voiture. Du coup, mon mari a apporté l’argent et on payé tous les deux le crédit, l’assurance, les dépenses.
Personnellement cela ne me dérangerait pas d’avoir un seul compte. Mais c’est vrai que du coup, quand je dépense pour mes petits plaisirs personnels, je me sens moins gênée de prendre sur mon compte personnel.
Néanmoins, quand je mets de l’argent de côté, je le mets pour nous ! Je considère vraiment que l’argent que nous avons est commun.

le 29/12/2015 à 11h45 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Comme tu le sais déjà ici c’est très différent 🙂 . Mais ça ne me choque pas pour autant, c’est vraiment une question personnelle et je pense que chaque couple doit y répondre à sa manière, le plus important étant que chacun le vive bien. Je pense qu’une des raisons qui fait pencher certains couples plutôt pour une séparation de biens est l’âge de la rencontre. Quand on a déjà pas mal travaillé / hérité / acquis ou autre chose au moment de se mettre en couple, c’est plus dur de tout mettre en commun je crois.

le 29/12/2015 à 12h53 | Répondre

Claire Gezillig

J’avoue, j’ai eu l’idée de cet article après avoir lu le tien… 😉
Et oui, je pense que chaque couple fait comme il lui convient. J’ai juste écrit cet article pour répondre à la critique que j’ai déjà eue : « vous êtes fous de mettre tout en commun », je voulais montrer que ça ne voulait pas dire forcément qu’on n’y a pas réfléchi.

Et oui, le fait de s’être rencontré jeune et de ne pas avoir de patrimoine au moment de notre mariage ou à venir doit beaucoup jouer 😉

le 04/01/2016 à 12h25 | Répondre

Nya (voir son site)

Comme le dit Die Franzoesin, la donne change quand on possède déjà des actifs substantiels à l’heure de se marier.
Nous sommes le régime de la participation aux acquêts car nous possédions des biens considérables avant de nous marier, et je suis profession libérale et ne souhaitais pas impliquer mon homme à MES problèmes et réciproquement.
Nous considérons que l’argent appartient d’abord à celui qui l’a gagné, qui en consacre une partie au couple, et non l’inverse (l’argent appartient d’abord au couple, et la personne qui l’a gagné peut ensuite s’en servir pour des extras). La gestion des finances est très révélatrice de la vision du couple, comme tu le dis. Ce qui est intéressant, c’est que nous nous qualifions aussi de « partenariat » 😉 J’aurais plutôt tendance à voir la communauté universelle comme une « fusion », là où notre « partenariat » de séparation des biens implique de travailler ensemble sur certains points (les charges, projets, dettes et investissements communs), en conservant le privilège de gérer le reste de son argent sans rendre de compte, du moment que les comptes sont équilibrés à la fin du mois. Heureusement que plusieurs régimes matrimoniaux existent pour répondre aux besoins des différents couples 🙂

le 29/12/2015 à 14h48 | Répondre

Claire Gezillig

En effet, fusion est peut-être un mot qui nous qualifie mieux. On se considère bien comme une seule et même entreprise 😉

le 04/01/2016 à 12h26 | Répondre

Mam' Agrume

On est en communauté réduite aux acquêts, comme la majorité des français, plutôt par défaut (et en plus faire un contrat de mariage c’est pas gratuit).
Mais on n’exclue pas d’établir un contrat de mariage car mon mari est en train de monter sa boîte, et moi je suis libérale. Nous allons être l’un comme l’autre susceptible d’être attaqués et donc endettés, même si ça a peu de chances d’arriver.

Et puis, très honnêtement, j’ai vu suffisamment de princes charmants se transformer en crapauds pour garder un léger fond de méfiance.
J’ai une partie de moi qui me dit que jamaaais ça n’arriverait à mon mari (il a ses défauts, mais celui-ci jamais), et une autre un peu plus pragmatique qui me dit que celles qui sont tombées de haut ont aussi dû se dire ça (l’expérience, même par personne interposée, rend cynique).
Donc mon compte perso est un compte joint pour exigence du prêt immo, mais j’ai toujours celui dont je me sers comme compte pro (chut ! :P) qui n’est qu’à moi, et le restera.

le 29/12/2015 à 15h07 | Répondre

Pauline

Alors nous on a fait… l’inverse ^^
A savoir un contrat sur le papier, nécessaire pour nous protéger (je suis en profession libérale, Mr est salarié) en cas de coup dur (si je ne peux pas payer mes charges, on ne perd pas tout).
En revanche depuis notre PACS nous avons un compte commun, et nous gérons tout en commun. Pour que les risques soient certes pris en commun, mais limités

le 29/12/2015 à 16h12 | Répondre

Christelle

Nous nous sommes aussi posé la question du contrat de mariage. Je trouve d’ailleurs bien dommage que beaucoup de couples ne se la posent pas avant le mariâge, mais souvent bien après, lorsque les problèmes surgissent :/
Pour nous, après confirmation auprès d’un notaire, c’était séparation des biens. Parce que monsieur a une entreprise, donc il s’est protégé mais m’a protégé également s’il a un jour des dettes à payer. Il a également plus d’épargne que moi, acquise précédemment et qui peut servir à renflouer l’entreprise si besoin, donc c’était normal qu’elle lui reste. Nous avons également chacun des biens de famille, et pour avoir chacun de notre côté des exemples de ce genre, si nous n’avons pas d’enfants, nous voulons que ces biens retournent dans notre côté de la famille, et ne partent pas au conjoint survivant en cas de décès. Donc nous avons même fait des testaments en faveur de nos frères et soeurs pour ces biens !
A côté de ça, nous avons un compte commun depuis le mariage où nous mettons au prorata de nos revenus (ce qui me permet de me constituer également une petite épargne, ce qui serait impossible si on devait mettre le même montant) et qui nous permet de régler les dépenses communes.
Nous sommes solidaires sur pas mal de choses, peu voire pas de disputes sur qui paye quoi, beaucoup de communication sur l’argent et la façon de le gérer. Mais personnellement, j’ai un vrai besoin d’être indépendante au niveau financier, de pouvoir utiliser la CB quand je le souhaite sans me justifier. Le pire, c’est que je suis la seule à gérer le compte commun car il ne me réclame aucun compte rendu, mais c’est un vrai besoin, de ne pas me justifier sur mon compte perso !

le 29/12/2015 à 19h30 | Répondre

plop

Le régime « de base » (communauté réduite aux acquets) nous convenait bien, alors on s’est dispensé de contrat de mariage.
Finalement cela correspond bien à l’organisation qu’on a mise en place en s’installant ensemble :
– Un compte pour chacun pour les dépenses perso (et pour faire des cadeaux/surprises faites à l’autre)
– Un compte joint alimenté pour moitié par chacun
– Un poste de dépense (véhicule : assurances, essence…) est pris en charge par monsieur qui gagne un peu plus afin de réequilibrer les choses

Par contre, ce qu’on met de coté, il est évident pour tout deux qu’on le met de coté pour le couple.

ça fonctionne parce qu’on a des salaires globalement comparable.
Si un jour l’un de nous doit réduire son activité et ses revenus on fera sans doute l’inverse : au lieu de mettre chacun la meme somme sur le compte joint on gardera chacun la même somme sur nos comptes perso et on mettra le reste en commun.

le 29/12/2015 à 20h06 | Répondre

Miss Chat

Pour moi, il ne faut pas perdre de vue que le régime de mariage est pensé avant tout en cas de problèmes, pas pour quand tout va bien (auquel cas, je trouve votre vision du régime matrimonial très censé !). Il interviendra principalement si et quand la situation des époux se modifie. Or, la situation du couple finit forcément un jour par se modifier, ne serait-ce que par le décès d’un des époux.
Comme tu dis, la communauté des biens, c’est un risque à prendre. Nous n’étions pas prêt à le prendre car nous voulions nous protéger en cas de souci mais aussi protéger nos enfants parce que TOUT peut arriver. D’après ta description, je pense avoir la même vision du couple que toi : pour nous, nous partageons tout, le bon comme le mauvais, et on se refuse à tenir des comptes de qui a payé quoi et comment l’autre compensera, etc.
Mais pour toutes ces raisons justement, nous avons préféré choisir la communauté réduite aux acquêts (en Belgique, cela implique par exemple que les revenus, type salaires ou allocations, sont communs). C’est ici la solution la plus neutre si on veut « s’assurer » contre le plus de situations possibles. Dans notre cas en plus, au jour le jour, ce régime est en fait presque équivalent à la communauté universelle car excepté la voiture qui est à mon mari, tout le reste est maintenant dans le patrimoine commun.
Mais nous gardons cette sécurité que, s’il devait y avoir décès/divorce/enfant mécontent/parent mécontent, chacun (mon mari, moi, nos enfants) serait suffisamment protégé.

le 01/01/2016 à 15h44 | Répondre

Claire Gezillig

On a en effet, je pense la même vision. Si on a choisi ce régime de base néerlandais et pas la communauté réduite aux acquêts fr (parce qu’on avait presque rien avant de se connaitre donc ça faisait pas grande différence dans les faits), c’est parce que la loi néerlandaise protège plus pour les héritages en cas de de décès 😉

le 04/01/2016 à 12h21 | Répondre

Madame Vélo

Je trouve ton article vraiment bien écrit, et je partage totalement ton point de vue. Chez nous aussi, à partir du moment où on a décidé de partager nos vie en se mariant, l’argent fait partie d’un tout. Et cela fonctionne bien parce qu’on a la même vision des choses, la même façon de dépenser cet argent et de l’économiser. Ce qu’on gagne il n’est pas pour nous personnellement mais pour notre noyau familiale. Et en même temps, sous le régime de droits communs, nos héritages respectifs resteront dans nos familles et/ou iront à nos enfants directement sans passer par le conjoint, ce qui permet de se protéger (surtout nos enfants) au cas où…

le 04/01/2016 à 10h20 | Répondre

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