Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’ai testé pour toi: le bénévolat


Publié le 7 février 2018 par Madame Givrée

Ce n’est pas un sujet que j’aborde facilement. Peu de gens savent qu’il y a un an, j’ai sauté le pas et je suis devenue bénévole pour une association que je soutenais déjà financièrement depuis 2011. C’est difficile d’aborder le sujet sans avoir l’air d’en mettre plein la vue.

Pourquoi je t’en parle aujourd’hui, alors? Eh bien, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que j’ai reçu un mail ce matin de cette même association qui dressait la liste de ces petites choses que je pouvais faire au quotidien pour l’aider. Ensuite, parce qu’en parlant avec Sir Givré, qui partage pourtant mon quotidien, je me suis rendu compte que celui-ci partageait l’opinion de nombreuses personnes: être bénévole, c’est difficile, ça prend du temps, il faut s’organiser, c’est un engagement non négligeable… Et je ne suis pas forcément d’accord avec ça, alors, aujourd’hui, j’ai eu envie de te parler de cette partie de ma vie. J’espère que ça te permettra de voir que ce n’est pas forcément compliqué, que tout le monde peut le faire et même être enrichi d’une telle expérience.

Crédits photos (creative commons): PublicDomainPictures

D’abord, j’ai été sollicitée

Ou plutôt, non, parce que je n’ai pas forcément été sollicitée de façon directe, mais je suis sûre que toi aussi tu as déjà reçu un mail alarmiste sur un sujet qui te tient à cœur, ou un courrier assorti de dépliants te proposant de soutenir telle ou telle association d’une façon ou d’une autre. Peut-être que tu as vu ces panneaux, en ville, qui annoncent chercher des bénévoles, ou une annonce dans le journal local, ou alors, tu as discuté avec un bénévole dans la rue. Tu sais, ceux qui portent des vestes imperméables aux couleurs de l’association qu’ils représentent et qui t’arrêtent dans la rue en te demandant si tu as quelques minutes ? Si ça tombe, quelqu’un de ton entourage t’a parlé d’une cause en particulier.

En fait, le truc, c’est qu’on ne va pas forcément venir te chercher, toi, précisément, comme on n’est pas vraiment venue me chercher non plus. Les signaux étaient là, tout autour de moi, vraiment sous mon nez, et il suffisait que je décide de les voir.

Et puis j’ai fait un point sur mes compétences

Tu as une énergie à toute épreuve ? Une jolie plume ? Tu sais coudre, tricoter ou crocheter ? Tu peux porter de lourdes charges sans trop te fatiguer ? Tu parles une langue étrangère ? Tu as des relations dans un domaine en particulier qui pourraient servir une cause? Tu as deux mains que tu peux utiliser pour mettre des courriers dans des enveloppes,  ou coller des timbres sur ces enveloppes ?

Crédits photos (creative commons): Wokandapix

Toute compétence est bonne à prendre.

Pour ma part, je parle couramment anglais. J’ai fait mes études dans ce domaine, j’ai étudié la civilisation et la grammaire, la linguistique et la traduction, et plein d’autres choses qui m’ont passionnée, j’ai vécu en Angleterre et je suis professeur d’anglais. J’ai toujours, toujours voulu parler couramment anglais, aussi loin que je me souvienne et c’est réellement une partie de mon identité. En plus de ça, j’ai la chance d’avoir appris à dactylographier quand j’étais enfant et je tape très vite à l’ordinateur (ce qui ne manque pas d’impressionner mes élèves chaque année…).

Et un jour, je me suis rendu compte que j’avais cette chouette compétence (que, certes, je partage avec des millions de gens sur Terre, mais à l’échelle de ma famille et de mon cercle d’amis, c’est une compétence assez rare et je suis la seule à savoir parler couramment une langue étrangère), et que je ne la mettais au service de rien, ni de personne, à part moi même.

Pourquoi ne pas aider à faire avancer une cause, pourquoi ne pas aider à créer du lien entre les personnes en faisant du travail de traduction ?

C’est comme ça que j’ai décidé de contacter l’association par le biais de laquelle je parraine deux enfants, pour leur proposer mes services en tant que traductrice.

Ce qui m’amène à mon troisième point:

La question du lieu et des horaires

Je dois dire que j’avais une vision assez stéréotypée du bénévolat, avant de m’engager. Je croyais que ça devait forcément se faire dans un local dans une commune plus ou moins éloignée de mon domicile, à horaires fixes, et qu’une fois que j’étais engagée, j’étais obligée de tenir mon engagement. Ce qui voulait dire que si je promettais d’être le mardi à 18h à quinze kilomètres de chez moi, je devais le faire tous les mardis de ma vie, même ceux où j’étais malade, même ceux où j’avais la migraine, même ceux où j’étais fatiguée, même ceux où j’étais déprimée et angoissée et où j’avais besoin de m’occuper de moi-même et de personne d’autre. Et, franchement, ça ne me faisait pas du tout envie. J’en ai parlé ici et là mais je suis facilement angoissée, épuisée, ou malade, et parfois j’ai juste besoin de me couper du monde extérieur et de m’occuper de moi. Je ne me voyais pas laisser tomber les gens qui comptaient sur moi pour m’occuper de ma petite personne.

Crédits photos (creative commons): 350543

C’est pour ça que j’ai été surprise – et heureuse – de découvrir qu’on pouvait faire du bénévolat… de chez soi ! En ce qui me concerne, je traduis des courriers d’enfants parrainés ou de parrains à leurs filleuls via une plateforme de traduction sur Internet, ce qui veut dire que je peux m’y connecter quand je veux. L’association me demande de faire une dizaine de traductions par semaine, ce qui représente environ trois ou quatre heures de travail. Certaines semaines, je passe environ une demi-heure tous les jours, d’autres, je passe une demi-journée sur mon ordinateur. Et les semaines où je suis malade, personne ne vient me taper sur les doigts. La plateforme est de toute façon commune à tous les traducteurs. Cela dit, j’essaie toujours de compenser le travail non fait une semaine la semaine d’après.

Certaines associations cherchent des personnes souhaitant faire du travail de secrétariat de chez-elles. Il y a quelques années, j’ai failli envoyer ma candidature à une autre association, mais j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur, alors je ne l’avais pas fait. L’association que je soutiens cherche aussi des personnes qui peuvent aller au siège (en région parisienne), mettre des courriers dans des enveloppes. Ça ne te semble peut-être pas grand chose, mais imagine la joie des enfants qui reçoivent les courriers de leurs parrains !

Mon bilan personnel

Je suis très heureuse de pouvoir faire ça. Il y a peu de différence entre la vantardise et le partage d’une expérience positive et j’espère ne pas dépasser cette limite parce que je ne souhaite pas du tout me mettre en avant à travers cet article. Ce que je souhaitais te dire, c’est que, finalement, on ne se rend pas toujours compte qu’on peut faire des petites choses, pas forcément extrêmement chronophages, de chez soi, pour les autres.

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Personnellement, ce petit acte hebdomadaire, voire quotidien, m’a permis de découvrir d’autres cultures, d’apprendre des tournures de phrases auxquelles je n’aurais jamais pensé, des concepts culturels qui m’étaient totalement étrangers. Je suis souvent émue par les courriers d’enfants parrainés, dont la joie transparaît dans chaque mot écrit à la personne qui les soutient. Certains sont dans une situation si difficile que j’en ai parfois le cœur qui se brise, jusqu’à ce que la reconnaissance prenne le pas sur la tristesse : ces enfants sont protégés, nourris, soignés, éduqués parce que quelqu’un dans le monde a bien voulu dépenser 30€ par mois pour lui ou elle plutôt que pour autre chose.

Ce n’est pas grand chose, mais mon travail permet à des personnes de communiquer, d’apprendre à se connaître à distance. J’aime bien cette expression qui dit que, souvent, « les gens sont malheureux parce qu’ils passent leur temps à construire des murs plutôt que des ponts », et il m’arrive de passer une petite heure à faire des traductions quand je n’ai pas le moral. Quelque part, je crois que ça m’aide – aussi – à donner un sens à ces journées où je ne vais pas très bien.

Voilà, j’espère que ce retour t’a permis d’entrevoir l’envers du décor et t’a aidée à voir le bénévolat sous un autre œil. Je reste à ta disposition si tu as des questions ou commentaires !

Commentaires

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La comtesse bleue (voir son site)

Merci pour ce témoignage. La manière dont tu en parles montre bien que tu fais ça avec beaucoup de cœur 🙂 . J’avoue que moi aussi j’avais cette vision d’engagement corps et âmes avant de lire ton article. Merci de nous montrer qu’on peut très bien être utile et s’engager même si on n’est pas militant hyper motivé mais qu’on a quand même envie d’aider. Je n’ai pas encore trouvé la forme ni le sujet qui me conviendrait mais j’ai très envie de m’engager dans une aventure bénévole. Je comprends d’ailleurs très bien ce que tu veux dire par cette impression que ces moments t’aident à trouver du positif ; pour ma part, aider et me sentir utile (ou juste faire plaisir à quelqu’un) me procure bien plus de bien-être et de satisfaction que de faire des choses rien que pour moi. Je te souhaite une très bonne continuation.

le 07/02/2018 à 11h57 | Répondre

Nya (voir son site)

Je ne vois pas du tout de vantardise mais une grande fierté, ce qui n’est pas tout du pareil 🙂 et très positif ! On voit que tu aimes traduire ces courriers et rendre service à une cause qui te tient à cœur.
J’ai fait pas mal de bénévolat dans plein de domaines, et nul besoin de s’engager sur un créneau immuable à vie, comme tu dis. J’ai été traductrice bénévole au début de ma carrière, animatrice bénévole pour un festival d’art, gestionnaire bénévole d’un compost de quartier, maman-chat bénévole, tricoteuse bénévole… Je préfère effectivement le bénévolat de chez moi, être une petite main de l’ombre. En ce moment, j’ai délaissé le bénévolat régulier suite à une overdose d’assemblées générales et de conflits internes dans la dernière association que j’avais choisie, mais j’aime bien donner des coups de main ponctuels, pour des ventes de charité par exemple.

le 07/02/2018 à 14h01 | Répondre

Madame Suisse

Très bel article et je n’y vois aucune vantardise!
Le bénévolat est un acte très chouette. Je l’ai fait pour 3 associations et là où je ne suis pas trop d’accord avec toi (et plutôt d’accord avec Monsieur Givré!) c’est que oui, ca prend du temps, c’est un engagement et il faut s’organiser.
Tu parles de 3/4 heures par semaine, ce que je serais incapable de faire actuellement.
Les associations pour lesquelles j’ai fait du bénévolat ne demandais pas autant de temps et pourtant, ca faisait déjà beaucoup (je ne faisais pas les 3 en m’eme temps bien sûr). D’ailleurs, suite à un déménagement, j’ai du arrêter et je ne pense pas recommencer tout de suite.
Avec un travail à temps plein et deux enfants, le temps manque cruellement. Et on prend un engagement en devenant bénévole, auquel il faut se tenir.
Mais je ne veux surtout pas enlever le côté positif! Ce que tu fais est super! Et pouvoir le faire de chez soi est bien sûr un réel avantages! En tout cas, félicitations!

le 08/02/2018 à 21h22 | Répondre

Croco

Comme Madame Suisse, je trouve que le bénévolat demande du temps et que 3/4h par semaine ça peut être beaucoup. Je dis « ça peut » car j’ai été cheftaine scoute pendant 7 ans, et que ça me prenait probablement plus de 3 ou 4 heures par semaine en moyenne, même si c’était réparti différement (et que ça nécessitait parfois de poser des jour de congés). J’ai adoré ! D’une part cela apporte une certaine fierté de se sentir utile, et d’autre part on apprend toujours des tas de trucs. A ce moment là, ça ne me semblait pas prendre trop de temps (même si ce n’était pas forcément l’avis de mon mari partir du moment où on s’est mit en couple).
Bon, aujourd’hui je n’ai plus autant de temps à donner, mais j’ai trouvé comment retrouver ce sentiment sans que ça me prenne trop de temps : je donne mon lait au lactarium (évidement, ça ne durera qu’un temps, mais c’est toujours ça de donné, et peut être que plus tard je reprendrai une activité bénévole).

le 13/02/2018 à 18h04 | Répondre

Claude (voir son site)

Bonjour. Je viens de découvrir votre blog dont j’aime beaucoup la teneur et l’écriture. Responsable bénévole d’une association de quartier qui compte plusieurs centaines d’adhérents, j’ai été extrêmement intéressée par votre témoignage. J’ajouterai que dans certains domaines, le bénévolat se professionnalise et/ou permet de développer de nouvelles compétences. L’engagement personnel, quelqu’en soit la durée, reste vital pour toutes ces structures. C’est formidable.

le 25/02/2018 à 08h52 | Répondre

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