Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

« C’est pas que je sois féministe, mais… »


Publié le 15 juillet 2014 par Madame Givrée

Ces derniers mois, il y a un sujet qui m’a fait monter la moutarde au nez à chaque fois qu’il était abordé, quel que soit l’endroit où je me trouvais. J’ai souvent serré les dents, j’ai eu de nombreuses conversations avec Sir Givré qui, décidément, trouve que j’en fais trop.

Ce sujet, c’est les inégalités entre hommes et femmes. Pendant longtemps, j’ai refusé le terme de « féministe » pour évoquer mon indignation. Très imprégnée par la culture populaire et l’inconscient collectif, j’avais intégré les clichés à propos des féministes, et j’avais tendance à penser qu’elles nuisaient à la cause de la femme – et à celle de l’homme – plus qu’autre chose. Je ne dois pas être la seule, puisque j’ai très souvent entendu les femmes autour de moi commencer leurs phrases de cette façon : « c’est pas que je sois féministe, mais… ».

Et si on arrêtait d’avoir peur des mots ? Et si on arrêtait de se soumettre à une image figée dans le temps, créée de toute pièce ? Et si on osait, enfin, dire que cette indignation, cette envie d’agir, ce besoin d’incarner un idéal, c’est peut-être bien les caractéristiques d’un fond féministe ? Et si on osait le prononcer, ce mot ?

C'est pas que je sois féministe, mais...

Crédits photo (creative commons) : Susan Lloyd

Parce que, moi, je me réserve le droit d’être scandalisée…

  • Quand un chef fait comprendre à une de ses employées que, oui, il a refilé les avantages qui lui étaient dus à un collègue masculin parce qu’elle vient de se marier. Le rapport ? Elle va sûrement faire un bébé dans l’année, et il n’a pas envie de la récompenser pour ça. Une démarche tout à fait illégale bien sûr, mais faite avec tant de subtilité qu’une action n’est pas envisageable.
  • Quand je lis des choses comme ça : « Le décret n° 99-880 du 13 octobre 1999 publié au journal officiel du 16 octobre 1999 a modifié l’article 3 du décret de 1950 […] L’heure supplémentaire n’est pas imposable dans les cas suivants : enfants en bas âge (mères de famille ayant des enfants en bas âge) ; pères de famille, veufs ou divorcés ayant des enfants à charge. »
    Alors, les pères qui sont en couple ne s’occupent pas de leurs enfants, c’est ça ? On peut leur imposer des heures supplémentaires sans problème, parce que jamais ils ne vont chercher le petit dernier à l’école, jamais ils ne préparent à manger le soir, jamais ils ne se réservent du temps pour jouer avec les enfants, aller faire les courses, ou tout autre activité… de parfaite ménagère ?
  • Quand mon mari, en voiture, s’exclame : « p*tain il l’a eu où, son permis, ce gars ? », parce qu’il n’envisage pas un seul instant la possibilité que ledit gars soit une fille.
  • Parallèlement, quand un homme (pas mon mari, les autres) s’exclame « normal, c’est une femme ! ».
  • Quand je suis de mauvaise humeur, et qu’on me demande systématiquement « t’as tes règles ? ». Quand un homme est de mauvaise humeur, jamais on ne mentionne ses hormones.
  • Quand on essaie d’utiliser la Bible, le Coran, ou tout autre livre saint pour essayer de m’expliquer que, si-si, je suis inférieure à l’homme, va falloir t’habituer ma petite.
  • Parallèlement, quand on essaie d’utiliser la biologie ou la neuroscience pour m’expliquer que, bien sûr que si, mon cerveau est différent de celui d’un homme : moi, je suis capable de faire plusieurs choses en même temps ! (Si la question t’intéresse, je t’invite à lire les résultats du travail de Catherine Vidal, neurobiologiste, directeur de recherche à l’Institut Pasteur de Paris.)
  • Quand on reproche à mon mari d’avoir une sensibilité, parce que ça ne fait pas « homme ». Ou quand une dame dit à son petit-fils de cinq ans de ne pas pleurer, « t’es un homme ou t’es une fillette ? ».
  • Quand la même vieille dame me dit « T’as vu la voisine comme elle est habillée ? Je lui ai dit l’autre jour, si elle se fait violer, elle l’aura cherché . ». Ouaip, elle m’a dit ça, à moi.
  • Quand j’entends dans le bus deux hommes d’à peu près mon âge parler dans le bus, et que l’un dit à l’autre « p*tain, ma meuf, ça fait deux semaines qu’elle veut pas, à la longue elle va avoir des toiles d’araignées dans la teucha ! ».
  • Quand je reçois une lettre aux noms et prénoms de mon mari. Tu sais ? Madame « Sir Givré-Prénom », et non pas « Madame Givrée-Prénom ». Parce qu’être mariée veut dire que je n’ai plus de prénom.

Des exemples comme ça, j’en ai à la pelle. Tellement que je pense à les noter, et à te faire part d’autres indignations, bientôt.

Je ne sais pas toi, mais moi, j’ai décidé d’arrêter d’avoir peur des mots, et de m’appeler une féministe.

Je pourrai toujours dire à ceux à qui ça ne plaît pas que…

  • Oui, oui, je suis bien née dans les années 80. Comme quoi, le féminisme, ce n’est pas un truc des années 60.
  • Non pas que ça vous regarde, mais je ne suis pas non plus une mal-baisée, merci.
  • Je n’ai pas non plus envie d’émasculer les hommes. Je suis tout autant en colère quand j’entends parler d’une injustice « dans l’autre sens ».
  • Hop ! Regarde sous mes bras ! Je ne suis pas poilue. Et quand bien même je le serais, euh… comment te dire ? C’est mon corps !

Et bien plus important que tout ça : je ne pense pas que mes combats soient de « mauvais combats ». Je suis intimement persuadée que manifester, changer les lois, n’aura pas, dans le fond, beaucoup d’effet. En revanche, prendre conscience de notre mode de pensée, regarder en face et remettre en question ce que l’inconscient collectif nous suggère, révolutionner notre quotidien peut changer la face du monde. Comme je l’ai déjà dit, je pense que nous devons incarner ce que nous souhaitons voir devenir une réalité.

Et toi, quelles sont les petites choses de tous les jours qui t’énervent ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

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Charlotte d'avril

Tout à fait d’accord avec toi !!

Tous les stéréotypes du genre « c’est un jouet de fille, mon fils n’y touchera pas » ou « demande à ta femme de passer l’aspirateur » me mettent dans un état de colère avancé. Et gare à la personne face à moi.
Mon mari s’en amuse parfois et adore me taquiner. Lorsqu’on fait les courses et que je choisis les fruits et légumes il me dit « waah vous les femmes vous savez vraiment bien choisir les fruits, mais comment vous faites?? ». Il s’éloigne très rapidement en riant parce qu’il sait que ça ne me fait rire qu’à moitié. Pour autant il n’est pas du tout mysogine et s’insurge aussi parfois quand il entend des choses aussi bêtes dites sérieusement.

Je ne sais pas si je mérite le terme de féministe car en dehors de désapprouver ces propos je n’agis pas vraiment pour changer les choses.

le 15/07/2014 à 09h29 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Comme je te comprends.
Conversation avec une personne de ma famille le weekend dernier: je lui parle de mon inquiétude pour une jeune fille que je connais qui est déjà sexuellement active alors qu’elle est très jeune et très mal informée. L’homme avec qui je parlais a une fille et un garçon. Sa réponse? Il comprend mon inquiétude. Si c’était sa fille, il péterait les plombs. Si c’était son fils ma foi… il faut bien qu’il apprenne.
J’étais consternée.

le 15/07/2014 à 21h03 | Répondre

loulou

Excellent article!!
Alors déjà je plussoie tes « anecdotes »! Pour le « t’as tes règles » ou « elle l’a cherché », j’ai envie de HURLER.
Ensuite, je suis jeune maman dans un milieu d’hommes et comment te dire ma réaction lorsqu’à mon retour, mon augmentation négociée AVANT mon départ est passée à la trape? Et que la RH (oui LA RH) ose me demander si « j’avais déjà prévu de partir en congé mat lorsque la négo a eu lieu »?!!!!!! Non mais what?
A la télé, je crois que c’est le pire du summum du pire. Entre les reportages « M. Machin, ingénieur / médecin / vendeur / technicien etc, et Mme Truc, mère de 4 enfants ». Ok alors M. machin on s’en fiche s’il a des gosses et Mme truc on s’en fiche si elle a un métier. okayyyyyyyy
Et les pubs! Plus particulièrement pour bébés! J’avais décidé enceinte de boycotter une célèbre marque qui disait « du côté des mamans ». Je trouvais ça horriblement sexiste dans les DEUX sens: seule maman s’occupe des bouts de choux car c’est son job, et papa lui, il s’en fiche. Ils ont changé à présent, « du côté des parents ». Ok ça me va déjà mieux!
Et dans mon boulot…. Franchement j’ai même pas envie de lister. Ca me déprime. Les inégalités de salaires, les regards déplacés, les remarques extrêmement déplacées (voir harcelantes) …. je suis osuvent écoeurée. Et dernièrement on parle bcp du harcèlement de rue et je suis outrée, choquée, scandalisée d’entendre des hommes dire « non mais n’imp ça existe pas, enfin pas à ce point ». Mon mari lui le reconnaît et le sait. J’ai un homme en or c’est déjà ça. j’en ai trouvé un 🙂
des fois j’ai envie de hurler àl’injustice, des fois je suis si blasée que je fais l’autruche…..

le 15/07/2014 à 09h54 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Loulou, tu viens de spoiler la moitié de mon futur article :D.
Plus sérieusement, toutes ces phrases que tu as relevées, toutes ces choses qui t’ont choquée… me choquent aussi au quotidien.

le 15/07/2014 à 21h04 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

Je suis complètement d’accord avec les points que tu as évoqués. Mais pour autant j’aurais du mal à me dire féministe pour une quantité d’autres revendications que je considère comme des faux combats. Je suis libertiste avant tout. Pour la liberté d’exhiber fièrement mon statut marital, la liberté d’habiller -parfois- ma fille en rose et de lui donner des poupées -entre autres-, la liberté de mitoner des petits plats et d’appeler mon mari quand y’a plus de gaz car j’ai jamais appris à changer la bouteille, la liberté d’être au foyer avec mon bébé pendant que mon mari travaille… Et de ne pas me dire ce faisant que je déshonore toutes mes ancêtres. Il n’y a pas pour moi d’inégalité si nos clichés sont choisis et assumés. À côté de ça, tout le monde vous dira que dans ma famille, il n’y a que des « femmes fortes » et qu’on mène toutes nos compagnons par le bout du nez 🙂

le 15/07/2014 à 13h08 | Répondre

Nilith lutine

Ce que tu décris qui ne te plaît pas dans le féminisme, ce n’est pas l’essence même du féminisme. En effet, il existe une multitude de courants chez les féministes. 😉

Le point commun à tous ces combats, c’est celui-ci : l’égalité de droits, en théorie comme en pratique, pour les hommes et les femmes. Et c’est tout. Être féministe, c’est juste avoir ce souhait, aspirer à cela, et estimer que c’est ainsi que devraient être les choses.
Il ne s’agit même pas que tout le monde fasse la même chose, mais que tout le monde PUISSE RÉELLEMENT le faire. Qu’il n’y ait pas de métier où on soit regardé bizarrement parce qu’on est une femme au milieu d’un chantier, ou parce qu’on est un homme dans une crèche. Que pour le même travail et les mêmes compétences, il y ait le même salaire, sans contournements possibles pour échapper aux sanctions lorsqu’on ne respecte pas cette évidence.

Là-dessus, s’ajoutent différentes couches, qui parfois s’opposent.
Par exemple, certaines féministes pensent qu’hommes et femmes sont fondamentalement différents. D’autres qu’au contraire, hommes et femmes ont exactement le même cerveau de base, mais qu’il évolue différemment ensuite parce qu’on pousse les garçons dans un sens et les filles dans un autre.

On peut être féministe et mère au foyer. Ça veut simplement dire qu’on estime qu’un homme devrait tout à fait avoir le droit, la possibilité, et sans être mal vu, lui aussi, d’être parent au foyer. Ça veut simplement dire qu’on estime que ce n’est pas notre place PARCE QUE on est une femme.

🙂

le 15/07/2014 à 13h35 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

Aussi tout à fait d’accord. Je veux faire ce que je veux, que je sois femme ou homme. Ce qui me déplait dans un certain féminisme, c’est qu’on finisse par imposer au lieu de laisser vraiment leur liberté aux femmes. Moi on me l’a dit : « Tu te rends compte que tu es un cliché ? » ou « Dis-moi que tu ne vas pas l’habiller en rose ! » Ben si, et en bleu, en vert… Zut enfin ! À côté de ça, je ne me maquille pas, je porte des jeans en permanence, mon mari fait le ménage et s’occupe du bébé. En pratique, on est sûrement féministes (nous deux, j’insiste) mais le revendiquer, dans ma tête, ça m’associerait à ce petit côté dictatorial qui me hérisse. Après, je comprends que tout le monde n’est pas comme ça. La preuve, je n’ai rien à redire à cet article 🙂

le 15/07/2014 à 14h34 | Répondre

loulou

D’accord avec Lutine!
Je bosse mais je me plairais en mère au foyer. Mon mari aime la moto, bricoler, je l’appelle au moindre truc… Pas parce que je suis « une faible femme idiote » mais parce que ça me gonfle de faire ça et que je suis paresseuse! On a pas mal d’activités un peu « sexuées »: il aime donc la mécanique, le bricolage, la moto…. Il fait de la muscu, il s’investit plus dans son travail que moi…. Je fais du trico, j’aime le rose, je suis accro à mon insitut de beauté et je collectionne les chaussures. Mais comme dit Lutine, c’est nos CHOIX par envie et pas par défaut! Je fais à côté de cela un métier masculin à 90%, j’adore les voitures pour leurs moteurs et pas pour leur carosseries, je suis scientifique, je tiens tous les Excel de nos dépenses lol. Et lui il aime cuisiner aussi, jardiner, faire du shopping avec moi… On fait ce qu’on veut quand on veut parce qu’on le veut. Il garde notre bébé avec autant de joie que moi, il pose des RTT pour s’en occuper, il fait toutes les tâches ménagères sans compter (même bien plus que moi….).
Je suis de celles qui se revendiquent féminisites pour l’égalité des droits et des opportunités mais qui considère qu’au fond, on est quand même certainement différents àla base (sans aller jusqu’à dire que les deux cerveaux sont radicalement opposés). Par contre non je n’accepte pas qu’on me dise que parce qu’on est différents on a pas le même salaire. Un Noir et un Blanc alors ils doivent aussi avoir des salaires différents parce que physiquement, ils sont différents? Non!
Je suis pour revendiquer les différences mais respecter l’égalité des droits!

le 15/07/2014 à 13h44 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’adore !!!!! Et je plussoie bien évidemment !
Ta plume est superbe, je prends vraiment plaisir à te lire d’autant que je me retrouve dans tes chronique !
Et tout comme toi je ne me considère pas comme une féministe juste que bon, il y a encore trop d’inégalités !

le 15/07/2014 à 13h45 | Répondre

Croco

Je crois que le problème, c’est qu’il y a des féministes qui sont tellement extrême qu’on n’a pas envie d’y être associés. Par exemple : « Tu ne dois pas allaiter, des femmes se sont battues pour que tu ais ce droit ! » Et puis quoi encore ! Pour moi les femmes ont gagné le droit de choisir, si c’est pour qu’on nous impose le choix inverse au choix « traditionnel », je ne vois pas l’intérêt. De même, je trouve ridicule la bataille pour que tous les mots soit féminisés. Ce n’est pas parce qu’on écrit ingénieur avec un E que les femmes seront mieux reconnues dans cette profession.
Et ça m’agace un peu d’entendre une DRH qu’elle souhaite féminiser son équipe. Oui, je pense qu’une équipe mixte, dans la mesure du possible, c’est mieux, mais je n’ai pas envie d’être embauchée juste parce que je suis une femme (bon d’accord, ça compense les DRH qui ne le disent pas mais qui ne t’embauchent pas parce que tu risques de partir en congé mat.)
Après, clairement, je suis pour un changement des mentalités, car oui, il y a encore beaucoup de sexisme. (Et quand j’amène la voiture au garage et qu’on me dit « je verrai ça avec votre mari », je réponds que c’est avec moi qu’il faut voir, car lui est informaticien et ne s’intéresse pas du tout à ce genre de choses alors que je suis mécanicienne et bien plus à même de comprendre que lui).

le 15/07/2014 à 17h08 | Répondre

pasforcémentdaccord

Ce qui m’énerve le plus c’est quand tu vas acheter quelque chose avec ton mari et le vendeur ne pose que les questions à ton mari… j’adore voir leur tête quand je sors ma carte pour payer :p ou quand au téléphone les compagnies de sondage demande à parler au chef de foyer et que leur dis que c’est toi … en fait je m’en amuse souvent. Sinon je ne suis pas d’accord sur tous les points, notamment le salaire… on est des femmes, on choisit d’avoir des enfants, on a des congés qui sont (encore) pris en compte pour la retraite alors que nos maris travaillent, quelque part on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Et ces questions d’inégalités peuvent aussi être perçus comme des injustices pour les hommes qui aimeraient pouvoir passer plus de temps avec leur famille mais dont les entreprise n’autorisent pas de congé parental… personnellement je n’ai pas envie d’être considérée comme l’égale de l’homme car je ne suis pas un homme, et nous avons toujours tendance à voir le négatif mais jamais ce qui est positif pour les femmes, alors que si nous regardons autour de nous pourtant … entre les places de parking pour femme, les places de bus, les tickets d’entrée moins chers dans certains lieux… jusqu’à l’année dernière ou l’assurance auto était moins cher et par soucis d’égalité maintenant nous payons aussi cher que les hommes, super!

le 15/07/2014 à 17h54 | Répondre

Nilith lutine

Il ne s’agit pas de demander « plus d’avantages que les hommes », il s’agit d’avoir les mêmes droits, exactement. 🙂
Il est scandaleux que les femmes aient des salaires plus faibles parce qu’on considère qu’elles pourraient partir en congé parental… Mais pourquoi ne se dit-on pas d’un (futur) jeune père qu’il pourrait partir en congé parental ? Non, ça, ça ne traverse pas l’esprit, on n’imagine pas baisser le salaire d’un homme pour ça. Ni parce que « il risque de devoir s’occuper de ses enfants malades ». Ni parce que « il filera toujours à 16h30 parce qu’il doit récupérer les enfants à l’école ». On n’envisage absolument pas cette possibilité.
Je ne suis pas ravie d’avoir des réductions « pour les femmes ». C’est absolument injuste et sexiste.
Quant aux places pour femmes, il s’agit de places pour femmes ENCEINTES, c’est tout de même fort différent d’une place « pour femme » tout court. 😉 Dans les transports en commun ces places sont également prioritaires aux personnes accompagnées de jeunes enfants, aux personnes atteintes d’un handicap, ou aux personnes âgées… Donc aux hommes aussi, aux personnes les plus susceptibles d’avoir besoin d’une place assise, en bref.

le 15/07/2014 à 18h17 | Répondre

Innocente

Mon mari m’a raconté il n’y a pas longtemps qu’à son boulot, son chef lui a dit « J’espère que tu ne vas pas faire un enfant bientôt » (car dans son service, ce sont 2 papas qui vont chercher le bébé à la crèche et qui prennent des jours pour enfants malades, leurs femmes travaillant plus loin de la maison). Ca m’a fait bien rire que pour une fois, ce soit un homme qui se prenne cette réflexion !

le 24/07/2014 à 10h57 | Répondre

Nilith lutine

C’est cool que ces deux exemples aient remis en cause le schéma classique. 🙂 (Bien que ce ne soit pas plus acceptable qu’on soit pénalisé pour ça, qu’on soit homme ou femme, évidemment !)
Je pense qu’on va vers le mieux de toute façon, les pères d’aujourd’hui étant plus investis que ceux d’avant, d’ici quelques générations, on n’entendra probablement plus ce genre de réflexions liées aux enfants juste parce qu’on est une femme. (Et qui sait, qui sait, peut-être qu’alors la France aura adopté le principe du « 1 an de congé pour les parents après la naissance à répartir à l’envi entre les parents, avec au minimum 2 mois pour chacun ». Oui, je me permets de rêver un peu ! 😀 )

le 24/07/2014 à 11h16 | Répondre

Croco

Mais pourquoi vouloir absolument « répartir » le congé parental d’éducation ? A chaque famille de faire ses choix. Pourquoi pas 2 temps partiels (ce qui est possible je crois, mais probablement pas intéressant financièrement) ?
En tout cas, chez nous, je suis sure que mon mari prendra un congé parental à un moment ou à un autre, même si on ne sait pas encore comment on va répartir (et ce n’est pas parce que je l’y pousse !).

le 30/07/2014 à 20h50 |

Nilith lutine

En l’occurrence je parlais du congé de naissance. 😉
Je suis bien d’accord qu’il serait très intéressant d’avoir également plus de souplesse dans les congés parentaux d’éducation. 🙂

le 30/07/2014 à 21h15 |

loulou

Encore une fois, je rejoins Lutine….
Les faveurs accordées aux femmes sont très souvent du sexisme déguisé (cf les places « pour femmes » dans certains pays d’Europe, en fait « plus larges » pour parer aux mauvais créneaux / rangements en bataille).
Et pour la maternité, je ne veux pas faire polémique mais je suis un peu choquée de lire qu’on veut « le beurre et l’argent du beurre ». J’ai été enceinte, alitée, grossesse difficile….. Je ne pense pas qu’avoir été arrêtée un mois avant mon congé maternité officiel soit un luxe ou un privilège! C’est une question de santé! C’est la nature qui a voulu que la femme porte l’enfant, je ne vois pas en quoi on devrait alors renoncer à faire carrière ou à une augmentation négociée AVANT mon départ !
Ces hommes sont bien heureux qu’on leur donne des enfants, que feraient-ils sinon? Donc pour moi c’est certes une « parenthèse » mais qui ne justifie en rien qu’on soit lésée par ailleurs!
Pour le congé parental, le papa a le droit de le prendre autant que la maman et l’entreprise ne peut pas le refuser. C’est la loi. Donc là encore pas de sexisme, juste que c’est effectivement mal vu par certains patrons…. Et je ne trouve pas que dire que voilà, les hommes ont du mal à s’affirmer pour prendre des congés parentaux alors bon nous les femmes on pourrait accepter qu’on est un peu lésées côté salaire car au moins on a droit au congé parental soit normal. Je suis désolée mais le fait d’avoir un enfant prend maximum quelques mois dans la vie d’une femme seulement….. Donc dire qu’on est chanceuse que ça compte pour la retraite! Si on compte un congé mat de 16 semaines, allez 18 avec le congé patho, et un de, allez, 22 pour un 3ème enfant, en admettant qu’on ait 3 enfants, cela fait … 58 semaines. Un peu plus d’un an. Sachant qu’en général il y a des congés annuels imposés (mon cas) qui tombent des fois pendant le congé mat (et donc notre absence ne dérange personne). Même en admettant que la maman rallonge avec des congés payés (gagnés pendant son travail alors) et en allongeant avec de l’arrêt maladie, on est à quoi? maxi un an et demi d’absence sur une carrière! sur 42 ans de cotisations… cela fait 3.6% du temps. Oui, 3.6% du temps. Donc NON désolée on n’a pas un privilège de ouf à avoir un congé mat (parmi les plus courts qui plus est). Et d’ailleurs j’en profite pour citer un autre pourcentage intéressant que j’avais entendu à l’occasion de la journée de la femme (vaste blague uassi mais ceci est une autre histoire): les femmes ayant des enfants sont en moyenne absentes 2% de tout leur temps de travail, mais à plus de 40 ans, la différence de salaire entre une maman et une non maman peut atteindre il me semble 20%…. normal cela aussi????? Et ne me dites pas « elle part plus tôt chercher ses enfants »!!! 😉

A côté de cela, je rejoins aussi les autres commentaires disant qu’à force on tente presque de nous imposer les directives inverses, comme forcément faire des métiers d’homme, ne pas aimer le rose, ne pas acheter de jouet sexué…. Pour ma part je suis contre bon nombre de jouets sexué (style les jouets / corvées pour fillettes, aspirateur, caddie de courses ou chariot de ménage!) mais si ma fille veut des Barbies ou mon fils des petits camions je leur donnerai! Tout comme si c’est l’inverse, je leur donnerai aussi ;-).
(désolée pour le roman)

le 16/07/2014 à 09h08 | Répondre

Mlle Zola

Je suis d’accord dans l’esprit mais seulement dans l’esprit. Le problème c’est la paranoïa sous-jacente à tout ça. A trop vouloir chercher le sous-jacente sous-entendu qui pourrait faire éventuellement penser que l’interlocuteur à voulu potentiellement dire que la femme est inférieure à l’homme. Personnellement en tant que jeune femme vivant dans une grande ville et travaillant exclusivement avec des hommes, je me sens plutôt privilégiée que lésée. Il faut arrêter de voir le mal de partout et de vouloir tout interpréter grossièrement au détriment des hommes. Je constate que les femmes, dans la vie privée et dans le monde professionnel, deviennent de plus en plus insupportables et manipulatrices c’est atroce. Je suis bien contente de travailler dans un milieu masculin ^^

le 15/07/2014 à 19h28 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

J’avais trouvé une photo il y a quelques temps que j’ai beaucoup aimée: une image détournée de la Princesse et la Grenouille.
La grenouille : TOI tu es féministe? Mais je pensais que toutes les féministes étaient moches, poilues et lesbiennes?
La Princesse: Tu veux que je te rassure en te disant que je ne suis ni moche, ni poilue, ni lesbienne, tu veux que mon féminisme reste dans ta zone de confort, mais la vérité, c’est que beaucoup de féministes sont poilues, queer, et / ou « moches ». Même si 99% de féministes étaient comme ça, leur existence ne dé-légitimerait pas le féminisme, elle n’en donnerait pas une mauvaise image.

le 15/07/2014 à 21h08 | Répondre

Marina

Pas plus tard que ce soir, émission « 90′ enquêtes » sur TMC, sujet « femmes d’action, des héroïnes au quotidien », qui suit une fliquette, une urgentiste, une détective privé dans leur boulot. Comme si c’était extraordinaire de voir des femmes dans ces boulots, il faut carrément en faire un sujet : une femme qui fait un métier difficile, çà devient une héroïne, comme si les femmes avaient toutes vocation à bosser les fesses sur une chaise à roulettes et la tasse de thé à la main…
Ce qui m’insupporte aussi c’est la façon de désigner la femme par rapport à son statut matrimonial : je trouve insultante cette civilité qui veut qu’on appelle « mademoiselle » des femmes d’âge très mur parce qu’elles ne sont pas mariées. Heureusement çà se perd un peu. Pareil pour le nom de famille : on oublie trop souvent que la femme mariée est libre de garder l’usage de son nom et de ne pas prendre celui de son mari. Et que le mari peut tout aussi bien prendre le nom de sa femme !
Après, personnellement je revendique et j’assume pleinement mon côté « girly » et je trouve l’extrémisme des FEMEN tout aussi dangereux que les obscurantistes de tout poil qui veulent renvoyer les femmes en cuisine auprès des marmots. Et pareil que Croco, lire « auteurE », « écrivainE », « procureurE », çà m’écorche les yeux !!

le 15/07/2014 à 23h44 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

C’est drôle, on a l’avis inverse 😉 J’aime beaucoup le mademoiselle, je trouve le mot très joli. Mais j’aime aussi signaler que je suis mariée en cochant la case « madame ». En pratique, on m’appelle plutôt mademoiselle, bien que je sois mariée. C’est plutôt une question d’âge, on devient madame pour autrui après 30 ans environ. Donc les vieilles dames célibataires ne sont vraiment stigmatisées que par des personnes volontairement indélicates. Ou parce qu’elles aiment le côté jouvencelle du terme 😉 En tout cas aucune loi n’interdit de cocher madame sur les formulaires si on n’est pas mariée. Pour ce qui est de rajouter des e aux mots masculins pour les femmes, tant que c’est reconnu par le dico, comme auteure ou écrivaine, ça ne me dérange pas, je trouve ça effectivement équitable.

le 16/07/2014 à 11h58 | Répondre

Nath

Moi aussi il y a des choses qui me font bondir parfois et j’ai le machisme en horreur, mais je ne me revendique pas féministe pour autant. Je n’ai pas besoin de défendre le fait que je « vaut » autant qu’un homme, je le sais déjà. Et je ne veux pas non plus être l’égal d’un homme, je veux être moi c’est tout. Je ne me reconnais pas dans ce mouvement et je n’aime pas le militantisme. D’ailleurs je trouve chocante la dérive des Femen qui font passer les femmes pour des hystériques hurlantes.
Vouloir tout féminiser, chercher la petite bête partout, relever le moindre propos, très peu pour moi. Il y a bien évidement des progrès à faire pour améliorer le statut des femmes dans notre société, mais je crois que ça commence dans notre foyer avec l’exemple et l’éducation que nous donnons à nos enfants. Sortir des clichés, s’affranchir des clivages et avoir une ouverture d’esprit ça change déjà beaucoup de choses. ça ne sert à rien d’essayer de convaincre des adultes récalcitrants, pure perte de temps et d’énergie, penchons-nous plutôt sur les générations futures, c’est d’elles que peut venir un changement.

le 16/07/2014 à 15h07 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Il me semble qu’il ne s’agit justement PAS de prouver que nous sommes les égales des hommes, mais d’obtenir que la vision des femmes change. C’est une démarche résolument tournée vers le futur. Le problème, c’est que le sexisme ordinaire est dans toutes les conversations, dans chaque phrase, au détour du moindre mot !
Et comment éduquer les générations futures si les générations présentes ne prennent pas conscience du problème? Mes enfants, par exemple, auront forcément des contacts avec les autres, avec le monde extérieur. Je ne crois pas avoir tort de refuser que mes futurs enfants se heurtent à ce sexisme au quotidien, filles comme garçons. Je ne perds donc pas mon temps en m’insurgeant !

le 16/07/2014 à 20h07 | Répondre

Sophie

oh tiens, une autre discu’ sur le « féminisme »… discussion intéressante sur fb cet après midi justement 😉
J’avais réagi en bondissant de mon fauteil devant un tumblr qui tourne en ce moment, où les femmes revendiquent leur « non féminisme » en reprenant des clichés…
On peut être féminite tout en étant au foyer avec 3 enfants, on peut être féministe ET féminine, avec OU sans poils, fin tout ça sont des clichés, et pourtant NON je ne me baladerais pas dans l’EGlise seins nus en disant « fuck Jesus »…
le féminisme, pour moi, à mes yeux, c’est d’avoir le CHOIX de faire ce que l’ON veut, nous femmes,
Et c’est pas donné à toutes les femmes, partout dans le monde… il n’y a encore pas si longtemps, on ne pouvait pas travailler sans l’accord de l’Homme, pas de compte à nous, pas de pantalons, pas le droit de vote, pas le droit de disposer de nos corps comme on le souhaitait…
Mia spour le féminisme, pour moi, c’est surtout pour moi avoir le choix.

le 16/07/2014 à 20h23 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Nous sommes bien d’accord. Sans oublier la question de l’accès à l’éducation, tout simplement…

le 17/07/2014 à 18h44 | Répondre

Urbanie

Merci pour ton article!!!

J’avoue, parfois entre les remarques sexistes des uns, et les préjugés sur les féministes des autres, je ne sais plus où donner de la tête.

Regardons les choses en face: on a fait de féministe un « gros mot » pour pouvoir les empêcher de parler.

Heureusement les choses bougent: je commence à entendre parler de congé parental pris par des hommes (même si cela reste rare); je vois au bureau les collègues hommes partir en urgence pour récupérer les enfants à la sortie de l’école; et je suis heureuse de voir lorsqu’une marque tente de faire une politique marketing sexiste que cela se retourne quasi systématiquement contre elle (je pense très fort à des « stylos pour femme » sortis récemment).

Donc tout n’est pas perdu, même s’il y’a encore beaucoup de travail!

Je pense aussi que le fait que les nouveaux papas s’investissent autant dans la grossesse de leur femme que les femmes elles-mêmes, puis dans l’éducation de l’enfant dés le plus jeune âge, aide énormément. Le féminisme passe aussi je pense par un réinvestissement de la paternité. J’ai été élevée par un homme, et mon père me racontait souvent quand j’étais petite à quel point il était difficile pour lui de faire valoir sa capacité à m’éduquer face aux femmes (il y’a encore beaucoup de gens pour qui un enfant a besoin d’être élevé par une femme, et pas par un homme). Heureusement aujourd’hui cela bouge aussi, et je suis très heureuse de le constater!

le 17/07/2014 à 08h55 | Répondre

Margot

Moi il y a quelque chose qui me fait bondir dans le ‘je ne suis pas féministe, mais…’

Parce que, à partir du moment où tu es pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, tu ES féministe, si! C’est la pure définition du mot! Et que donc plein de gens sont féministes! 🙂

Alors POURQUOI ce mot est-il connoté si négativement, hm? Si je me dis pour l’égalité entre les noirs et les blancs, personne ne va me juger non? On va me dire, « il y a des féministes extrêmes, etc… » ok. Mais il y a eu des épisodes très violents justement, dans la lutte des droits pour les personnes noires (cf émeutes, Malcolm X….)… tandis que cela n’a jamais été le cas avec les féministes? Et le combat pour l’égalité est un si beau combat, comment le mot peut-il être connoté négativement?

Pour moi c’est justement une preuve d’un certain machisme.

Donc soit on invente un nouveau mot libre de tous préjugés, soit on revendique celui-là, haut et fort!

le 18/07/2014 à 10h49 | Répondre

Moraphoe

Le chemin est encore long… Et si chez nous, les femmes ont acquis certains droits, rattrapant petit à petit l’écart avec les hommes (il s’agit d’atteindre une égalité de traitement bien sûr), n’oublions pas toutes celles dans d’autres pays, qui n’ont aucun droit… Alors pour elles, on ne devrait pas avoir honte d’être féministes !

le 21/07/2014 à 12h33 | Répondre

Joe

Passant par ici, je me permets de déposer un avis masculin.
– Je soutiens tout à fait l’idée que les hommes et les femmes doivent être égaux, que chacun est le libre choix…. de choisir

– Aujourd’hui il faut considérer que beaucoup de patrons sont encore de « l’ancienne école », et heureusement cela va changer

– Je ne soutiens pas la paranoia active qui consiste à tourner la moindre phrase en machisme, cela ne fait que décrédibiliser le mouvement féministe alors qu’il y a bon nombre d’idée à défendre dedans.

– D’autant plus que beaucoup de choses sont de l’ordre du cliché, et je ne vois pas qui aujourd’hui comme avant est épargné par les clichés : femmes, hommes, personne à lunette, petit, blondes, brunes, roux, gros, maigre, asiatique, geek, et j’en passe, etc…
Le tout est que cela soit assimilé comme du cliché, mais je ne pense pas qu’il faille bannir tout cela, c’est justement le moyen de dire la vérité en prêchant le faux

– Enfin je ne pense pas que ce soit juste le combat de la Femme, mais plus généralement de l’égalité, et j’ai bon espoir que cela change avec l’éducation, les modes de vies qui évoluent, et l’ouverture d’esprit grandissante des générations

le 10/09/2014 à 00h59 | Répondre

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