Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je passe le permis moto – Partie 2


Publié le 4 juillet 2018 par Doupiou

Si tu as suivi mon article précédent, me voici donc le Code en poche et le chèque pour la moto école encaissé !

Je souhaite attendre une petite semaine avant de commencer mes leçons car je veux que mon gynécologue me donne son feu vert post-accouchement.

C’est donc les jambes tremblantes, dans un mélange de peur et d’ excitation que je me rends à ma première leçon…

Les premières heures

Après avoir mis mon équipement et un chasuble rouge flou « Moto Ecole », mon moniteur me demande si je connais quelques commandes de l’engin. Je lui réponds par l’affirmative et il me donne les recommandations pour être une bonne passagère. Evidemment ! Je n’allais emmener la moto au plateau en circulation à une dizaine de kilomètres de là toute seule ! Je suis rassurée ! D’ailleurs parlons-en de la moto : une 125cm3 parfaite pour débuter et me mettre à l’aise !

Nous allons sur le « plateau » qui est une piste complètement droite, fermée à la circulation.

Les premières heures, je prends ma moto en main : commandes, installation en conduite, gestion de l’embrayage et de l’accélérateur… Je fais ensuite des exercices pour apprendre à manœuvrer : des 8, des slaloms… Puis je commence à passer les vitesses. Comme je n’ai pas beaucoup d’assurance, mon moniteur me fait quelques exercices pour me rassurer : lancer la moto à 40 km/h et lâcher complètement les mains, faire des 8 à une seule main…

Au bout d’environ quatre heures et après avoir assimilé les commandes de base, je peux emmener seule la moto au plateau. Enfin j’ai toujours le moniteur en moto devant moi mais je suis seule à conduire mon petit engin !

Je commence ensuite à préparer les parcours que je devrais reproduire sans erreurs le jour du permis de conduire. Il y a un parcours à allure lente (difficile), une manœuvre sans moteur, deux parcours à allure rapide (freinage d’urgence et évitement d’un obstacle) et une évaluation orale (oui oui comme à l’école !)

Je te décris en mode rapide mais ça m’a pris plusieurs heures pour préparer tout cela ! Je prends énormément de plaisir à chaque leçon et j’ai l’impression de progresser rapidement. La sensation de ne pas être à la hauteur me quitte peu à peu ! Je suis impatiente de pouvoir conduire la plus grosse cylindrée.

crédit photo : photo personnelle : les douze fiches à apprendre pour l’interrogation orale !

Je passe à la vitesse supérieure

Après une petite dizaine d’heures sur ma 125, le moniteur me sens prête pour passer sur le gros cube. Je suis avec une monitrice qui m’emmène au plateau. Je repasse passagère le temps de me familiariser avec une tout autre machine : bien plus lourde, bien plus grosse et avec des commandes à d’autres endroits. La position de conduite n’est plus la même aussi.

Je retravaille sur mes parcours et sur les passages qui me posent le plus de difficultés. Ma monitrice est un petit gabarit comme moi alors elle me donne les trucs et astuces pour palier à ma petite taille lors des manœuvres.

Puis, quelques heures après, je peux à nouveau emmener la grosse cylindrée sur le plateau en circulation. J’ai à peine le temps de m’y habituer que ma moto école change de moto pour une machine tout aussi puissante, mais bien plus légère et maniable ! Les parcours se passent beaucoup mieux. C’est donc après avoir passé quatre heures avec cette super moto que ma monitrice me dit que je vais pouvoir faire une petite pause dans les exercices de plateau et faire un petit peu plus de circulation !

Le doute s’installe

Je dois quand même nuancer cet article qui parait presque trop beau. Dans tout apprentissage, il y a une phase où tu as l’impression de régresser. Je m’y attendais mais quand cela m’est tombé dessus, ça m’a fait mal (dans tous les sens du terme). Cette phase s’est soldée pour moi par une séance particulièrement difficile. Il pleuvait des cordes et j’avais eu une gastro fulgurante le matin. L’après-midi, me sentant bien mieux, je n’ai pas annulé mon cours.

Mais la fatigue cumulée au manque de concentration m’ont valu une première chute. Rien de bien méchant, j’ai perdu l’équilibre à allure lente et je suis tombée sur le côté, la moto sur moi. Je remonte sur mon engin mais ma confiance en moi a pris un coup. Je ne me suis pas fais mal, c’est déjà ça. Quelques minutes après, deuxième erreur, deuxième chute, identique à la première. Bon là, ça commence à faire. Ma monitrice me dit de faire une pause, je refuse et me remets en selle telle une guerrière.

S’en suit une troisième chute, pareil que les deux premières. J’ai envie de pleurer, ma jambe commence à me faire mal. Ma confiance en moi est au niveau 0 ; pire, j’ai peur. La monitrice le remarque et me demande de faire un exercice que je maîtrise pour me changer les idées. Je rechute, bêtement une quatrième fois, sur la même jambe. J’ai quand même le courage de reprendre la moto en circulation pour rentrer à la moto école mais je suis complètement dépitée. Ma jambe est pleine de bleus et mon moral est en berne. Le soir je ressasse, me dit que je ne suis peut-être pas faite pour ça, c’est pas grave si j’ai dépensé de l’argent, au pire je pourrais toujours conduire une 125…

Je profite de ne pas avoir de leçon le lendemain pour faire un break « moto » dans ma tête. Je me mets un bon coup de pied au derrière : je ne suis pas plus nulle qu’un autre après tout !

J’arrive sur-motivée le lendemain et ma monitrice me rebooste à cent pour cent ! C’est reparti !

Et toi ? As-tu envie de passer ton permis moto ? As-tu connu des phases difficiles dans un apprentissage ? Dis-nous tout !

Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Gwence59

C’est ma maman qui a voulu passer son permis moto il y a quelques années pour pouvoir faire des balades avec mon papa motard. Et pareil que toi lors d’un exercice elle est tombée, la moto est tombée sur elle, pompier et poignet cassé.. Malheureusement elle a tellement eu peur qu’elle a arrêté et aujourd’hui elle préfère être passagère 😊 c’est top que tu ne lâche rien

le 04/07/2018 à 07h17 | Répondre

Doupiou

Elle a dû avoir une belle frayeur ! C’est sûr qu’avec une fracture, la motivation en prend un sacré coup !

le 04/07/2018 à 20h51 | Répondre

Madame Colombe

Je lis avec beaucoup d’intérêt vos chroniques et attends avec impatience la suite de vos aventures .
Quelle persévérance!! Après autant de chutes, beaucoup auraient renoncé. Bon courage à vous pour cette aventure.

le 04/07/2018 à 12h16 | Répondre

Doupiou

Merci pour les encouragements ! Je suis passée par un autre moment difficile mais la suite dans le prochain article 😉

le 04/07/2018 à 20h53 | Répondre

Nala

J’aime beaucoup le principe de l’évaluation orale. A moins que les conditions aient changé, il ne me semble pas qu’elle soit proposée lors de l’examen du permis B – ce serait une excellente chose pourtant, vu les titres des fiches à connaître 🙂

Ta persévérance mérite le respect en tout cas, c’est bien que tu n’aies pas abandonné !

le 04/07/2018 à 14h13 | Répondre

Doupiou

L’évaluation orale c’est clairement la partie la plus facile de l’examen : c’est du par cœur ! Si bien que beaucoup et candidats prennent cette étape à la légère et se font recaler dessus.
Je trouve ça hyper important car 70% des fiches sont directement liées à la sécurité et/ou danger et quand je roule, je les ai toujours dans un coin de ma’ tete !

le 04/07/2018 à 20h55 | Répondre

Madame Rêveuse

Oh la la, je m’imagine trop à ta place, que ce soit dans ta progression, dans tes chutes ou dans tes baisses de moral… Si ce n’est que moi, après une gastro le matin, j’aurais annulé le cours de l’aprèm c’est sûr ! Je suis trop peu sûre de moi pour y aller en warrior ! ^_^
Et puis la fatigue, d’autant plus si elle est liée à la maladie, on ne la gère pas du tout, c’est elle qui nous gère… :/ En voiture c’est déjà très imprudent (et c’est d’ailleurs la première cause d’accidents mortels en France), mais alors à moto… aïe ouille… !
En tout cas le fait de vouloir remonter sur la moto après une, deux, trois, quatre chutes, ça c’est drôlement courageux ! Et tu as eu raison !
Moi j’avais fait un stage trial quand j’avais 20 ans, et j’étais qu’avec des gars qui en avaient déjà fait. Je me suis sentie vite larguée, et la mini confiance en moi que j’avais au début s’est peu à peu estompée au fil des exercices. Après plusieurs chutes et échecs, j’ai « abandonné », je ne me sentais plus à la hauteur… Et puis au bout de quelques jours, le moniteur m’a proposé une séance toute seule pour qu’on fasse un parcours adapté à mon niveau. Ça m’a remotivée, j’arrivais à faire des trucs finalement (quand je ne me comparais pas aux autres) ! Et je remercie ce moniteur qui a eu la patience et l’envie de me faire progresser à mon rythme, et grâce à qui, contre toute attente, je suis remontée sur un trial ! Tu as l’air d’avoir eu le même genre de monitrice, et ça c’est trop bien !
Impatiente de lire la suite !
PS : Combien dure une leçon ? 2h ?

le 09/07/2018 à 13h12 | Répondre

Doupiou

Merci ! Oui la séance dure 2h ! On fait quand même quelques pauses dans les exercices sinon on fatigue vite!

le 19/10/2018 à 14h14 | Répondre

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