Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je suis bobo… Et j’assume !


Publié le 12 mai 2014 par Nya

Dans les grandes classifications sociologiques contemporaines, le « bobo » (bourgeois bohême) a sa place parmi les indésirables, les honteux, ceux dont on connaît tous quelques exemplaires mais sans jamais s’identifier personnellement à eux.

Les citadins les snobent, car qui aurait envie d’un lombricomposteur sur son balcon ?

Les campagnards s’en gaussent, car leurs préoccupations sont bien celles de citadins.

Les riches ne comprennent pas pourquoi repriser une chaussette quand on peut s’en acheter une nouvelle paire.

Les pauvres ne comprennent pas pourquoi dépenser autant dans des gels-douche équitables.

Ceux de droite les voient comme des gauchistes.

Ceux de gauche les voient comme des écolos.

dessin d'enfant ville et campagne

Crédits photo (creative commons) : Partnership for the Delaware Estuary

Et moi, au milieu de tout ça, j’assume pleinement le fait d’être une bobo. Je n’ai pas besoin d’une étiquette à tout prix, mais il faut bien l’admettre, j’y ressemble étrangement :

  • j’achète mes fruits et légumes au marché, et ai déjà été abonnée à une AMAP
  • je vote parfois au centre, parfois écolo
  • je passe beaucoup (trop) de temps en cuisine à faire pas mal de choses de zéro
  • je possède cinq poubelles différentes, pour le tri sélectif, le verre, les déchets organiques et les dosettes de café
  • je roule à vélo et possède un abonnement Vélo’v
  • je m’occupe d’un composteur collectif avec d’autres habitants de mon quartier
  • je troque, loue, achète majoritairement d’occasion
  • je sais coudre et réalise certains de mes vêtements
  • je prends part à des projets participatifs comme le couchsurfing ou le covoiturage…

Tu te reconnais dans cette description ? Peut-être es-tu, toi aussi, atteinte de boboïtude aigüe ?

Pour ma part, ça ne me dérange pas. Les valeurs des bobos sont peut-être déconnectée d’une certaine réalité économique, j’ai sans doute des préoccupations qui ne touchent pas les personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts. Oui, je fais partie des 10 % de Français qui ont dépassé le bac + 2 et non, je ne galère pas. Mais je ne vois pas pourquoi je devrais en avoir honte. Ces valeurs sont celles de ma réalité et elles ne m’empêchent pas de faire preuve d’empathie, bien au contraire.

Bien que le bobo soit conspué de toute part, je nous vois de manière positive car je nous considère comme les hippies des années 2010. À notre manière, nous cherchons à nous détacher d’une société dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas totalement. Très idéalistes, nous prenons les armes à notre disposition et tentons de changer le monde à notre échelle.

Mais au lieu de tout quitter pour aller faire du fromage de chèvre à Picherande (Puy-de-Dôme), nous revisitons le concept de la communauté dans des initiatives idéalistes et contre-consuméristes comme le couchsurfing ou le covoiturage.

Nous autres hippies modernes adorons les initiatives collectives qui font un pied de nez aux circuits conventionnels, comme en témoigne la déferlante de projets comme le financement participatif sur Internet ou les AMAP, qui soutiennent des valeurs communes : l’écologie, la proximité, le lien social, la convivialité.
Projets qui suscitent l’enthousiasme et, j’ai envie de le croire, pourraient modifier la façon dont nous envisageons nos relations sociales et commerciales. Idéaliste, je te disais !

À mon niveau, j’essaye d’évoluer et de faire évoluer la société sur certains terrains qui me sont chers. Je refuse à ma façon certains traits de la société de consommation en faisant prospérer les circuits de vente d’occasion. J’essaye de soutenir ma communauté en achetant des fruits et légumes de producteurs locaux et en privilégiant les petites boutiques de quartier. J’ai envie de croire en un monde un peu moins égoïste en achetant des produits équitables et en finançant des projets prometteurs à l’autre bout du monde.

Mon homme, pas vraiment bobo car totalement dépourvu d’idéalisme au profit d’un cynisme à toute épreuve, me regarde parfois d’un œil narquois. Ma famille ne comprend pas forcément pourquoi je m’encombre d’inconnus (potentiellement psychopathes) quand je fais un trajet en voiture en covoiturage. Quant à s’autoqualifier de bobo, c’est l’apoplexie.

J’entends souvent des gens qui aimeraient bien changer leurs habitudes mais se brident en disant « mais quand même, avoir un lombricomposteur/adhérer à une AMAP/parrainer un enfant, c’est tellement bobo ». Et alors ? Je réponds généralement « non, c’est hippie ! ». Et le changement de catégorie sociale fait son effet : se qualifier de « hippie », en 2013, ça fait sourire, c’est décalé et positif. Le problème du bobo, c’est surtout son image, tandis que les hippies ont un capital sympathie assez immense. Essaye, tu verras !

combi VW hippie

Crédits photo (creative commons) : Kolin Toney

J’admets volontiers que les « vrais » hippies, ceux qui vivaient en communauté en pratiquant l’amour libre au milieu d’une forêt loin de toute électricité, ou les hippies actuels, qui vivent en rupture avec la société, doivent rigoler doucement de mon petit parallèle.

Effectivement, aucun bobo n’abandonnera son petit confort. Ce n’est pas pour rien qu’il y a « bourgeois » dans leur nom.

Mais j’ai envie de croire qu’au niveau des idées, nous sommes leurs dignes successeurs : nous essayons de mettre plus « d’être » et moins « d’avoir » dans notre vie et celle des autres. Si c’est ça être bobo, alors appelez-moi bobo autant que vous le souhaitez !

Et toi ? Tu es aussi bobo ? Tu l’assumes, ou tu as du mal ? Tu as remarqué aussi que les bobos ne profitent pas franchement d’une image positive ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raviole

Je dirais que je suis une semi bobo : 1/4 boheme pour 3/4 bourgeois. J’achete mes jus de fruits et mes fruits et legumes a des producteurs bio sur le marche, je recycle absolument tout (ici en Angleterre on a 9 poubelles de tri, avec rien de moins de trois poubelles differentes pour le verre : verre blanc, verre vert, verre brun).
On achete souvent d’occasion, notamment l’electro-menager. Quand on habitait a Paris, on allait travailler en velib,

le 12/05/2014 à 10h32 | Répondre

Marie Obrigada

Je m’y reconnais un peu aussi mais pas encore assez à mon souhait. Et oui, j’aimerais être plus « bobo » (mais à la campagne) et je l’assume.

le 12/05/2014 à 12h41 | Répondre

Urbanie

J’ajouterais que le bobo énerve beaucoup pour plusieurs raisons:

1) son pouvoir d’achat: à Paris les fameux bobos ont par exemple acheté dans les quartiers « populaires » de la ville parce que moins cher, moins bourgeois traditionnel aussi… et résultat, les prix ont flambé, les quartiers sont devenus « branchouilles », et les catégories populaires se retrouvent à déménager en banlieue (avec toute la galère que cela implique). D’où je pense un net sentiment d’injustice.

2) on peut aussi avoir l’impression que les bobos sont relativement opportunistes et donneurs de leçons: opportunistes parce qu’ils ont clairement le fessier entre deux chaises (tout est dans leur nom!), donneurs de leçons parce que le côté « produits bio et Amap » va rarement sans jugement sur ce que tu dois aussi consommer.

Au final je dirais que les bobos sont devenus une catégorie « fourre tout » pour centraliser la colère des gens. La preuve dans les discours politiques: je pense que les mêmes personnes qui décrient les bobos seraient bien en peine de te donner une définition claire de ce qu’ils désignent!

Personnellement je ne sais même pas si je fais partie ou non de cette catégorie, c’est dire! 🙂

le 12/05/2014 à 20h26 | Répondre

Sarah

Alors je lisais la définition du terme à chéri qui à décrété: tu manges des graines et du bio, toi t’es une bobo… vive les idées toutes faites! Personnellement, bobo ou pas, du moment que l’on n’essaye pas d’imposer sa vision et ses valeurs, chacun est libre! peace and love quoi 🙂

le 12/05/2014 à 22h27 | Répondre

chou

Coucou, moi je trouve que tu as surtout le profil écolo du bobo mais je vois pas trop où tu as le côté bourge et le côté un peu snob du bobo qui se croit souvent bien supérieure aux autres !!

le 27/05/2014 à 15h22 | Répondre

Maman Bobo & Co (voir son site)

Je suis bobo et j’assume monstrueusement! Parce qu’après tout, nous ne faisons de mal à personne…
Après mon score de boboïtude varie quotidiennement selon la température et le contexte 🙂
Merci pour cet article engagé en notre faveur!

le 28/12/2014 à 22h02 | Répondre

Mlle Moizelle

Hihihi, c’est tout à fait ça! ^^ Les riches te croient pauvre parce que tu as acheté un super pull et un petit meuble de salle de bain à Emmaüs, et les pauvres te croient riche car tu manges bio… Pourtant, je n’irai jamais dire que je suis hippie, je trouve que c’est encore plus truffé de préjugés que les bobo: les hippies sont forcément habillés « bab » (saroual, sweats longs et autre) et fument de l’herbe, non? ^^ Moi ce serait plutôt petite jupe, talons hauts et effrayée par toutes substances pas très « saines »…

le 31/12/2014 à 15h16 | Répondre

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