Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

La douance


Publié le 10 mai 2020 par Rosa Evril

Ce texte n’a pas été facile à écrire car il parle d’une de mes « caractéristiques » que j’ai encore du mal à assimiler. Cette caractéristique me définit d’une certaine façon, mais il serait trop simple de rentrer entièrement dans une case. Sa découverte, ou plutôt redécouverte, m’a permis en tout cas de me comprendre mieux et surtout de voir que je n’étais pas seule à avoir cette particularité.

Crédit photo (creative commons) : SpiritBunny

Façon très imagée de percevoir mon cerveau (petits lapins inclus)

Enfant, mes parents m’ont fait faire des tests et ont découvert que j’étais surdouée. Je déteste ce mot. D’une part, il nous étiquette en tant que personne « supérieure », alors que c’est juste une différence dans la façon de percevoir, de comprendre et d’appréhender la vie. Il y a des gens qui ont une intelligence exceptionnelle mais qui n’ont pas cette différence. D’autres, sans avoir une intelligence supérieure à la moyenne, réussissent de grandes carrières car ils ont une capacité de travail très importante et réussissent à se conformer en tout occasion à ce qu’on attend d’eux. Et en comparaison de nombreux surdoués sont en échec scolaire et professionnel, ou ont simplement une carrière tout à fait standard. De plus, de mon point de vue, cette caractéristique est bien plus importante par ses conséquences émotionnelles que par des capacités cognitives supérieures à la moyenne.

Je fais clairement une distinction entre cette particularité dans mon enfance, et la façon dont je vois les choses maintenant. La principale raison est que j’ai peu de souvenirs scolaires avant la sixième, la plupart des choses que je sais au sujet de ma douance (je préfère ce mot à la sonorité beaucoup plus douce) m’ont été racontées par ma mère.

Je pense avoir le parcours classique de l’enfant surdoué : apprentissage de la lecture seule à 4 ans et demi (je me rappelle vaguement que ça m’embêtait de ne pas savoir lire, ça avait l’air si intéressant !), passage d’une première classe (en cours double, j’avais de meilleurs résultats que les élèves de la classe supérieure), lecture en cachette de livres d’adultes de la bibliothèque de mes parents (j’ai lu Les mains sales et Huis clos de Sartre à 7 ans car ça ressemblait à la comtesse de Ségur, ma grande passion), passage d’une deuxième classe (ça commençait à faire beaucoup). Je m’ennuyais à l’école car tout était très simple, et les instits ne voulaient plus que je réponde aux questions car ça empêchait les autres d’y réfléchir. J’avais des relations correctes avec les autres élèves même si la différence d’âge n’était pas très simple (j’ai dû laisser mes copines dans la classe inférieure et nos relations se sont dégradées après).

J’ai fait deux tests, un en maternelle et un en CE2. Pour le premier, mes parents n’ont jamais eu les conclusions, par contre pour le test en CE2 la psychologue a été formelle, mon QI était supérieur à 130. Ça a été le choc pour mes parents, ils se sont posé énormément de questions, notamment celle de me placer dans une école spécialisée. Ça leur a été déconseillé pour éviter de me placer encore plus dans une situation anormale. Je ne sais pas comment ça se serait passé : effectivement j’aurais été en marge de la société, mais avec des gens qui me ressemblaient donc dans une certaine forme de normalité, plutôt qu’anormale dans la vie normale. Cela étant, j’avais beaucoup d’angoisses étant enfant et il était pour moi très difficile de gérer les changements (notamment d’endroit où dormir) et il n’est pas sûr que j’aurais bien vécu cette situation.

Ensuite, au collège et au lycée, je n’ai pas brillé particulièrement, j’étais dans la moyenne de la classe. Je travaillais, mais pas au maximum et c’est quelque chose qui me poursuit toujours maintenant. Certains employeurs m’ont reproché de ne pas utiliser 100% de mes capacités. J’entends cette critique mais je suis tout simplement incapable de faire plus. C’est comme si j’avais un blocage, parce que je n’ai pas appris à donner le meilleur de moi-même. Ça peut être assez handicapant, surtout que j’ai aussi du mal à me conformer à une règle simple. Je cherche toujours la complication.

Pour en revenir à mon enfance, j’ai toujours connu cette particularité mais pour moi c’était juste une caractéristique qui faisait que j’avais passé 2 classes, et que je devais cacher car c’était mieux d’être normale. J’ai eu des relations avec les autres très difficiles pendant mon adolescence, j’étais souvent seule car je n’arrivais pas à garder des amitiés. J’en faisais trop, une fois que je me rapprochais de quelqu’un je m’y accrochais comme une moule à son rocher et la personne, voire même le groupe, finissait par me rejeter (ce qui menait à un cercle vicieux douloureux où ma confiance en moi était de plus en plus faible et où je m’accrochais de plus en plus aux gens qui daignaient s’intéresser à moi…). Je détestais être seule, j’étais du genre à m’asseoir avec quelqu’un que je ne connaissais pas pour lui faire la conversation (grande qualité me dirait vous… sauf que j’étais plutôt insistante et que je passais plus pour une folle que pour une personne sociable). J’ai appris au fur et à mesure du temps à rester plus réservée, à moins m’accrocher aux gens et j’ai ainsi pu construire de vraies amitiés.

Aujourd’hui, je ne dirais pas que mes relations sont toujours normales (mon esprit d’anticipation et de questionnement permanent me pousse à toujours décortiquer les comportements des autres, souvent un peu trop, et je dois toujours me forcer à avoir un comportement « normal »). Mais mon empathie, que j’arrive le plus souvent à modérer, m’apporte aussi je pense des qualités d’écoute et de soutien qui sont assez appréciées.

Je pensais que la douance était une particularité d’enfant et qu’à l’âge adulte, ça disparaissait. Je n’ai pas eu de suivi scolaire particulier, la psychologue a délivré son diagnostic et ensuite, roulez jeunesse ! Au fur et à mesure du temps, j’ai dû de moins en moins expliquer les choses, car les gens ne faisaient plus le calcul de mon âge. Il arrive parfois que la personne en face de moi s’interroge sur l’année où j’ai eu mon bac (spécialement quand cette personne a 2 ans de plus que moi et qu’elle a eu son bac la même année) mais c’est très rare. La plupart de mes amis ne connaissent pas ce fait à mon sujet (j’ai tellement eu de questions et de commentaires quand c’était « visible » que j’évite le plus possible d’en parler).

Le déclic a eu lieu lors d’un rassemblement où une de mes amies lisait un conte de sa composition. Elle a évoqué le fait qu’elle allait nous lire la fois suivante un autre de ses contes, très imagé, qui parlait de la différence du zèbre (autre nom des surdoués). Dans la discussion qui a suivi, elle nous a parlé du livre de Monique de Kermadec sur l’adulte surdoué et j’ai dit que j’étais intéressée pour le lire. Son frère me l’a prêté quelques jours plus tard et ça a été le choc : c’était exactement de moi que ce livre parlait. Tout y était : l’hypersensibilité, l’esprit qui tourne à 100 à l’heure et ne s’arrête jamais, la sensation de décalage, l’adaptation en fonction de l’interlocuteur. J’ai compris à ce moment-là que je n’avais pas juste été une enfant surdouée, j’étais quelqu’un de surdoué, ça faisait partie de moi. J’ai eu la chance de pouvoir discuter avec ces amis et ça m’a aidée à comprendre beaucoup de choses.

A ce moment, j’étais dans l’euphorie de cette révélation, j’en parlais beaucoup, à ma mère déjà (alors qu’avant je n’en parlais jamais car ça réveillait trop de souvenirs douloureux). J’ai aussi découvert que c’était le plus souvent héréditaire (et ça m’a permis aussi de mieux comprendre certains comportements de ma mère déjà, mais aussi de mon père). Quid de mon frère et ma sœur ? Je ne sais pas s’ils se sont déjà posé la question. Ils ont eu un parcours scolaire plus standard que le mien, mais ça ne veut rien dire. C’est assez difficile d’aborder ce sujet avec eux car nos relations ne sont pas aussi étroites qu’elles peuvent l’être entre frères et sœurs. J’en ai aussi parlé avec des amis, surtout ceux que j’ai su être concernés, un peu aussi à d’autres mais j’ai vite été refroidie : une amie s’est presque mis en colère quand j’en ai parlé car selon elle je me prenais trop au sérieux alors qu’apprendre à lire tôt ou passer des classes était plutôt banal, elle-même avait beaucoup de facilités enfant et elle n’en faisait pas tant de cas, on disait de tout le monde qu’il était surdoué et ça ne rimait à rien. Cette discussion m’a beaucoup peinée, et interrogée, car je n’avais pas du tout l’impression de me vanter (au contraire j’ai plutôt tendance à voir les mauvais côtés de cette situation, et rêve des gens qui peuvent faire une activité ou s’endormir sans penser à 1 million de choses, et qui peuvent avoir une discussion normale sans analyser tous les comportements de leur interlocuteur). J’ai peut-être été maladroite dans ma façon d’expliquer les choses, ou cette conversation a réveillé un mal-être chez cette amie, je ne sais pas. En tout cas, pour cette raison ou pas, nos relations se sont beaucoup raréfiées (de son fait à elle) et je reste toujours un peu attristée par cette réaction (même si je suis très peu rancunière ce qui peut également être un autre problème).

Aujourd’hui, j’ai plutôt bien cerné cette caractéristique même si j’aimerais réussir à travailler sur certains traits de caractère pour qu’ils me gâchent moins la vie. J’ai discuté de cela avec une psychologue qui ne m’a pas proposé d’approche particulière (alors que c’est pourtant une de ses spécialités), j’ai laissé ça de côté pour l’instant. Ce que je regrette le plus c’est d’avoir été larguée dans la nature notamment au niveau scolaire, sans aucun accompagnement y compris psychologique. J’ai dû me construire seule avec toutes mes angoisses, mes doutes et mes questionnements incessants. De plus, je juge toujours ça aussi comme « une tare » car j’ai le sentiment que ça m’a plutôt desservie jusqu’à maintenant, et au vu des réactions des autres j’évite au maximum d’en parler. J’ai peur qu’on ne me comprenne pas et qu’on pense que je me vante.

Avec la part d’hérédité, je m’interroge aussi pour mes futurs enfants éventuels. J’essaierai de ne pas reproduire les erreurs que j’ai pu subir et faire qu’ils soient heureux avec toutes les différences qu’ils pourraient avoir.

Pour terminer, j’ai découvert en écrivant cet article qu’en anglais, surdoué se dit « gifted » ce qui suscite une réflexion très intéressante sur la façon dont est perçue cette caractéristique entre les différents langages.

Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur

Merci beaucoup pour cet article dans lequel je me retrouve totalement.
Pour ma part, je n’ai pas sauté de classe et heureusement car même si j’avais des facilités, je pense que ça aurait ajouté à la solitude et au rejet que j’ai très mal vécu enfant. Comme toi j’étais assez fidèle et exclusive en amitié et c’est vraiment un souci même si je trouve que ça c’est estompé à l’âge adulte.
Pour ma part, j’ai pris conscience de tout cela très tard grâce à ma responsable de thèse qui m’a demandé de lire le livre de Jeanne Siaud Fachin « trop intelligent pour être heureux » et ça a été une révélation. Enfin je comprenais pourquoi je m’étais toujours sentie en décalage dans ma manière de penser. Pourquoi j’avais toujours l’impression de vivre les choses plus intensément que les autres, de passer mes soirées a avoir un cerveau en ébullition.
Ce qui est intéressant c’est l’hérédité car je ne perçois que de faible signaux de ma mère et zéro chez ma sœur jumelle.
Ce qui me frappe aussi c’est dans mon travail, j’ai toujours beaucoup de facilité. Je fais souvent les choses très rapidement alors qu’on s’attend à ce que cela prenne des jours et des jours. Ça a longtemps contribué à mon syndrome de l’imposteur. Je me disais souvent que les gens allait se rendre compte que je n’étais pas compétente et que j’accumulais les coups de chance.
Mais ce qui me frappe souvent avec ma manière de penser c’est les éclairs de génie que j’ai par fois. Je ne me crois pas plus intelligence loin de la. Mais parfois il y a des choses qui se débloquent et se mettent en place dans ma tête un peu par magie.

le 10/05/2020 à 10h45 | Répondre

Rosa Evril

Merci pour ton témoignage 🙂
Pour ce qui est de sauter des classes, ça a été plus ou moins imposé car je m’ennuyais beaucoup en classe et c’était plutôt contre-productif. Mais c’est difficile de savoir quelle est la meilleure chose à faire, en tout cas j’ai très mal vécu la différence d’âge et le fait d’être toujours montrée du doigt. C’est pour ça que je reste toujours très évasive sur l’âge auquel j’ai obtenu mes diplômes par exemple. Et paradoxalement, même si d’un point du vue scolaire j’étais en avance, je me suis sentie en retard sur beaucoup de choses (et c’est encore le cas maintenant), est-ce que ça te fait ça aussi ?
J’ai entendu parler du livre que tu as lu mais je ne l’ai jamais lu moi-même. Bizarrement, après la lecture du livre de Monique de Kermadec, j’ai plutôt tendance à « fuir » le sujet.
Pour le travail, je me reconnais aussi dans ce que tu dis, je suis capable de faire très vite un travail quand je suis décidée mais j’ai souvent beaucoup de mal à m’y mettre et à me concentrer (cf mon article précédent lol). Et comme toi, je me dis que quelqu’un va finir par se rendre compte qu’en fait je ne vaux pas un clou (j’ai souvent la perception que les gens me voient comme quelqu’un de plutôt limitée et je suis toujours très surprise quand on me décrit comme quelqu’un d’intelligent). Je te rejoins aussi pour les éclairs de génie, des fois je sais quelque chose, je sais que j’ai raison et ça m’agace un peu de devoir l’expliquer alors que c’est si évident 😀 En ce moment je travaille avec une collègue qui est très intelligente mais très carrée en terme de raisonnement, elle prend bien le temps de passer par toutes les étapes pour démontrer tel ou tel truc. Ce n’est pas du tout mon fonctionnement mais du coup on se complète bien.
En ce qui concerne l’hérédité, je reconnais aussi certains aspects chez ma nièce. Mais elle n’a pas été testée et pour le moment tout semble aller bien (elle est en CM2)

le 10/05/2020 à 18h30 | Répondre

Madame Fleur

Je pense que le fait de ne pas sauter de classe m’a maintenu à flot niveau maturité émotionnelle. Même si j’ai toujours eu l’impression d’être pas assez mature jusqu’au collège. Puis ma maman a été gravement malade et là j’ai eu l’impression de grandir hyper vite (j’avais écris un article sur le fais d’avoir peur de mourir ou j’en parle) et du coup d’être complètement en décalage de nouveau avec mes camarades de classe.
Et puis à la fac, j’ai eu l’impression de me révéler. Nouveau lieu, nouveau amis et je me suis enfin sentie à ma place (sauf pour les relations amoureuses mais c’est un autre sujet). La fac ça a été la révélation pour moi. Le mode d’apprentissage me convenant parfaitement alors que la terminale a été une torture.

le 10/05/2020 à 18h56 | Répondre

Sarah

Merci pour cet article qui me donne des pistes de réflexion notamment un parcours assez similaire au tient. Je n’ai jamais été diagnostiquée mais je me sens parfois tellement en décalage, principalement sur le plan social, que d’un côté ça me soulagerait si je pouvais expliquer pourquoi. En même temps je crois que je serais aussi déçue s’il s’avère que je suis quelqu’un de tout à fait banal 🙂
Je vais lire les lire que toi et Mme Fleur avez mentionné, ça m’aidera peut-être à y voir plus clair.

le 10/05/2020 à 13h57 | Répondre

Rosa Evril

Merci Sarah pour ton commentaire, je pense que c’est une bonne idée de commencer par lire des livres pour comprendre ton fonctionnement. Par contre, ce n’est pas une science exacte et il n’y a pas d’un côté les gens « normaux » et « banals » et de l’autre les surdoués à mon avis 🙂 Je pense qu’on peut très bien reconnaître en soi certaines caractéristiques et avoir du mal à composer avec et que le test n’aille pas dans ce sens. L’essentiel c’est de pouvoir se comprendre pour faire au mieux avec notre façon d’appréhender la vie 🙂

le 10/05/2020 à 18h33 | Répondre

Joy

C’est rigolo, dans ton paragraphe qui commence par « A ce moment, j’étais dans l’euphorie de cette révélation », on sent bien le cerveau qui tourne à 100 à l’heure et cette analyse constante des rapports aux autres 🙂 Dans la même veine, je viens de finir « les tribulations d’un petit zèbre », qui raconte le parcours scolaire d’un zèbre vu par sa mère. Quel choc pour moi et quelle souffrance vécue par cet enfant… Je n’en reviens pas de la dureté des enfants et du rejet des adultes décrits dans ce livre. En lisant ce livre, je me faisais la réflexion que ce que je vois comme un don peut être terrible, et ça m’a fait peur pour mes enfants… Bon, pour l’instant, pas de signe en vue chez eux, ils paraissent très normaux 🙂

le 10/05/2020 à 15h24 | Répondre

Rosa Evril

Merci pour ton commentaire 🙂 oui tu l’as bien perçu la période dont je parle était particulièrement riche en ébullition 😀 En effet, j’analyse constamment mes rapports humains et c’est très fatigant. Mais il n’y a pas de bouton off malheureusement… Je ne connais pas le livre dont tu parles, j’y retrouverai probablement des choses que j’ai vécues aussi. Malheureusement, parmi mes amis concernés, ils l’ont tous découvert à l’âge adulte donc je n’ai jamais pu échanger concernant l’enfance.
Je dois t’avouer que je tique un peu sur le mot « normaux », comme j’ai dit plus haut je ne pense pas que ce soit blanc ou noir 🙂 Juste différentes manières de fonctionner mais comme on dit il faut de tout pour faire un monde 😀

le 10/05/2020 à 18h38 | Répondre

Joy

Désolée, j’ai écrit ça vite et par normal, j’entendais que je ne retrouvais rien de la description de ce livre chez mes enfants. Ils n’ont pas l’air de faire partie de la catégorie des (T)HPI/zèbres/surdoués, comme on préfère, pour l’instant 😊

le 11/05/2020 à 14h55 | Répondre

Ann

Chere Rosa,
Bravo pour cet article très courageux. J’avais écrit il y a quelques années un article sur les HPI, et avait découvert lors de mes recherches la societe https://mensa-france.net (active dans le monde entier). En as-tu entendu parler?

le 11/05/2020 à 13h46 | Répondre

Rosa Evril

Merci Ann pour ton commentaire, j’ai entendu parler en effet de cette société mais je ne me suis pas renseignée plus que ça (je ne suis pas très fan en général de l’effet groupe). Avais-tu pris contact avec cette société ? Je serais intéressée pour en savoir plus.

le 14/05/2020 à 10h13 | Répondre

Vee

Merci pour cet article ! Moi aussi je vois bien ta façon d’analyser les relations avec les gens quand tu parles de ton amie qui a pensé que tu te vantais, je cogite régulièrement sur ce que j’ai pu dire de travers qui a causé telle réaction… Après, je pense que dans ce cas, quand les gens réagissent aussi mal c’est parce qu’ils ont un problème avec eux-mêmes plutôt qu’avec toi, en tout cas de mon expérience !
Sinon, ma douance a aussi été « diagnostiquée » quand j’avais 14 ans, je me suis beaucoup ennuyée en cours toute ma scolarité obligatoire, mais je passais le temps en dessinant, et comme j’étais à peu près toujours la première de la classe les enseignants me laissaient pour la plupart faire, donc ça m’a un peu sauvée de l’ennui ! Je n’ai jamais sauté de classe par contre, et tant mieux parce que la compréhension ça avait l’air d’aller mais j’ai toujours eu une maturité affective hyper en retard sur les autres (ça n’a du se « mettre à niveau » que vers 20 ans franchement !), être avec des plus grands aurait probablement été un carnage de ce point de vue (déjà que mes relations avec mes camarades de mon âge étaient affreuses, c’est ça que j’étais pour eux, une intello en retard sur tout le reste) ! Heureusement en arrivant au lycée puis à l’université les autres ne pensaient soudain plus que répondre aux questions des profs était une tare, alors j’ai commencé à me sentir moins inadaptée, et j’ai rencontré mes meilleures amies à partir de là (les autres premières de la classe haha). A l’heure actuelle, je suis essentiellement entourée de gens au plus probablement doués aussi (je ne suis pas sure de savoir les reconnaitre…), ou au moins qui ne semblent pas me trouver bizarre, alors mon impression de différence ne ne gêne plus tellement. Par contre malgré le test passé il y a 20 ans, y a encore des points qu’on attribue aux zèbres que je ne suis pas sûre de trouver chez moi (genre la pensée en arborescence : je n’arrive pas à me représenter la façon dont je pense, ni celle des autres, alors ça me dépasse !), et on a beau me dire le contraire je me trouve souvent sacrément limitée (quand j’ai fait le test mes parents m’ont proposé de m’inscrire à une association genre mensa, mais j’ai refusé parce que je pensais – et pense toujours – qu’ils me trouveraient tous bête…), donc je ne sais pas trop quelle relation j’ai avec tout ça ! Mais bon, le fait de ne plus me sentir trop mal de ne pas rentrer dans le moule est déjà énorme par rapport à mon enfance, une thérapie m’a pas mal aidée aussi, c’est peut-être une voie que tu devrais creuser ?

le 11/05/2020 à 16h27 | Répondre

Rosa Evril

Merci beaucoup Vee pour ton commentaire ! Je me reconnais dans la plupart des points que tu décris. Pour ce qui est de sauter des classes, je pense qu’il y a du positif et du négatif dans les deux cas, c’est difficile d’imaginer ce que notre vie aurait été dans le cas contraire mais pour ma part j’ai beaucoup souffert du décalage. Par contre, mes professeurs disaient toujours à mes parents qu’ils ne voyaient pas de différence en terme de maturité entre moi et les élèves plus âgés.
Pour ce qui est de la pensée en arborescence, pour ma part je la vois comme une idée qui en amène une autre qui en amène une autre et ainsi de suite, tout ça en quelques millisecondes. Mais ce n’est peut-être pas une bonne définition, c’est difficile de savoir comment pensent les autres 🙂
Comme je le disais dans un commentaire plus haut, moi aussi je me trouve sacrément limitée en général, je suis toujours très surprise quand on parle de moi comme quelqu’un d’intelligent (et je pense que les gens se trompent) mais je crois que c’est le décalage qui fait ça. Et je pense qu’avec les années qui passent on s’accepte plus d’une part et on s’entoure de gens qui nous ressemblent donc ça va mieux. Si ce n’est pas indiscret, quel âge as-tu ?

le 14/05/2020 à 10h19 | Répondre

Vee

C’est vrai qu’il me semble que je pense comme ça en effet (en tout cas je fais toujours plein d’associations d’idées et des fois c’est difficile pour moi d’expliquer un truc clairement parce que je dois reconstruire le raisonnement que j’ai pas fait consciemment, y a rien de mieux pour être pas clair haha).
Et c’est pas indiscret, je vais sur mes 33 ans – et je suis d’accord pour ce qui est de s’accepter mieux avec le temps, on fait pas mal le « ménage » dans les gens qui en fait ne nous font pas de bien avec les années je trouve (mais je suppose que c’est vrai pour tout le monde, doué ou pas) ! En tout cas je crois que maintenant, dans mes amis, il ne me reste que les meilleurs 🙂

le 15/05/2020 à 22h11 | Répondre

Rosa Evril

C’est exactement ça, le raisonnement va tellement vite (et part de tellement loin des fois) que c’est difficile de mettre des mots dessus quand il faut l’expliquer. Et je ne sais pas si ça te fait ça aussi mais des fois je suis sûre d’avoir raison mais je ne sais pas comment l’expliquer alors ça m’énerve ^^ on a à peu près le même âge, je te rejoins totalement sur ce que tu dis sur l’amitié, c’est le cas pour tout le monde je pense. On se connaît mieux et on se laisse moins influencer

le 16/05/2020 à 12h19 | Répondre

Clette

Mon enfant vient d’être diagnostiqué.
En soi, vu ses deux parents, ce n’est pas une surprise.
Mais la grosse surprise de cette particularité, c’est comme tu l’as si bien résumé : « cette caractéristique est bien plus importante par ses conséquences émotionnelles que par des capacités cognitives supérieures à la moyenne. ».
Mon enfant n’est que crises de colères, émotivité intense, hyper activité, parfois violente, etc.
Elle est suivie par un psy en clinique pédiatrique, nous espérons que faire un suivi très tôt (la miss n’a pas encore 4 ans) l’aidera et lui épargnera certaines difficultés auxquelles nous ses parents avons du faire face !

le 13/05/2020 à 23h42 | Répondre

Rosa Evril

Merci Clette pour ce commentaire. Je suis désolée des difficultés que tu rencontres avec ta fille, j’espère qu’elle arrivera à apaiser toutes ces émotions et se sentir bien. Je pense que c’est une bonne chose en effet qu’elle soit suivie très tôt, ça lui permettra probablement de mieux accepter cette différence et d’apprendre à vivre avec. Tu dis que ton mari et toi avez aussi rencontré des difficultés, peux-tu m’en dire plus ?

le 14/05/2020 à 10h22 | Répondre

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