Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Ce que je n’aurais pas dû laisser passer…


Publié le 1 août 2016 par Mélimélanie

En voilà un titre énigmatique… qui peut être appliqué à beaucoup beaucoup de choses.

Aujourd’hui, « je vais faire ma féministe ». Du moins, c’est ce que diront certains. Et tu vois, c’est ça que je ne veux plus laisser passer.

Depuis quelque temps, je vois de plus en plus sur Facebook, chez mes copines blogueuses, des articles sur ce que les femmes subissent au quotidien.

On essaye de faire comprendre à nos maris, nos pères, nos voisins, nos collègues de bureau… que SI, malheureusement, ça existe. Que NON, une main aux fesses dans les transports en commun, ce n’est pas bon enfant. Qu’il n’y a RIEN de flatteur à se faire accoster/siffler dans la rue dès qu’on met une jupe. Que malheureusement, OUI, même moi, j’ai été suivie jusque dans l’ascenseur de mon immeuble, et que NON, ce ne sont pas des cas exceptionnels et isolés.

Aujourd’hui, je ne vais pas me plaindre de ce que j’ai vécu. Je vais t’exposer une situation que j’ai rencontrée, et où j’aurais dû dire STOP. Ce que je n’aurais JAMAIS dû laisser passer.

Le harcèlement quand on est une femme

Crédits photo (creative commons) : Andréa Portilla

Ma vision de moi-même

Commençons par le début. Avant d’exprimer ce que je vis avec les autres, laisse-moi te présenter ce que je vis avec moi-même. (Est-on plusieurs dans ma tête ? Peut-être…)

Mettons les choses au clair, je ne me considère pas comme jolie et bien foutue. Quand j’étais petite, les gens opposaient souvent ma sœur à moi. Elle était « la jolie », j’étais « l’intelligente ». J’étais un peu garçon manqué (oooouh, le vilain terme), et pas du tout dans le charme, là où elle était très « fille » et énormément charmeuse (elle est maintenant commerciale, autant te dire que le charme est une vocation, chez elle). Mon père se retrouvait beaucoup en moi, et était pas mal amusé par ce côté très (trop ?) indépendant que j’ai tout de suite eu.

Je ne voulais pas dépendre d’un homme (mon père en faisait donc partie) et j’ai su très vite m’occuper d’une maison, mais aussi des tâches que l’on a tendance à étiqueter comme masculines : plomberie, électricité, bricolage, mécanique… J’ai souvent vécu le fait de devoir demander de l’aide comme un échec.

Eh oui, comme tu dois le percevoir, j’ai eu des parents qui nous ont toujours dit qu’on pourrait tout réaliser tant qu’on s’en donnerait les moyens. Rien n’était réservé aux filles ou aux garçons (j’avais des jeux de construction parce que ça me plaisait et que mes parents se fichaient de devoir acheter ça dans les rayons « bleus », et j’avais aussi des Barbies… et je m’amusais autant avec les uns qu’avec les autres).

Bon, je pense que tu dois avoir une idée du personnage, maintenant.

La société patriarcale

Oui, je le crie haut et fort, nous vivons dans une société patriarcale ! Alors attention, je ne dis pas qu’il n’y a eu aucune évolution depuis plusieurs décennies. Je dis juste que, malgré les avancées, on reste toujours sur un modèle où le pouvoir est détenu par les hommes (blancs, pourrait-on ajouter).

J’ai eu un papa très moderne dans sa façon de gérer notre éducation, et qui était énormément présent. J’avais donc une vision du monde où l’égalité homme/femme était presque parfaite, et j’ai fait mes choix d’études sans jamais me poser de questions sur ma légitimité à aller dans telle filière pour atteindre un type de boulot ou un autre.

En sortant de ma cellule familiale où les femmes étaient en majorité (trois contre un), tu imagines que je n’ai pas trop apprécié ce à quoi j’ai été confrontée.

Mon choix professionnel

On en arrive au moment où je vais te parler de ce que je n’aurais jamais dû laisser passer. De ces mois de réflexions que j’ai vécus, de ces insultes plus ou moins déguisées parce que j’avais choisi une voie où les filles étaient minoritaires.

J’ai choisi de devenir ingénieur en informatique. Pour intégrer mon école, je suis passée par une classe préparatoire spécialisée en sciences de l’ingénieur (en gros, plus axée mécanique qu’une classe préparatoire spécialisée en maths ou physique). Dans ma classe préparatoire, nous étions trente : vingt-huit garçons et deux filles. Mais finalement, c’était comme si j’étais toute seule face à vingt-huit garçons (j’y reviendrai).

Pour te situer, j’étais tellement « coquette » qu’à partir de mon année de 1ère, j’avais décidé de ne plus me maquiller pour aller en cours (bah oui, sans déconner, ça me faisait perdre de précieuses minutes de sommeil). Et n’étant pas très bien dans mon corps, je m’habillais toujours de façon à camoufler pas mal de choses. Mais ça ne m’empêchait pas de temps en temps de mettre des jupes (au niveau du genoux – oui, ce détail a son importance) ou des débardeurs basiques près du corps.

Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je n’ai pas pu compter les :

  • « Pourquoi tu révises pour les concours ? T’es une fille, tu n’auras qu’à montrer tes seins et tu seras reçue. »
  • « Non mais ça ne sert à rien que tu apprennes ça : une bonne pipe en colle, et tu auras la moyenne. »
  • « Tu n’es qu’une salope ! Bah oui, tu n’as pas voulu sortir avec moi, et en plus, tu as de meilleures notes que moi ! »

… que j’ai endurés.

Inacceptable : oui. Usant : aussi. Beaucoup diront que ce n’étaient que des blagues d’adolescents, que les hormones qui travaillaient. Moi, j’ai trouvé que c’était du harcèlement.

Et ce que je n’aurais jamais dû laisser passer non plus, ce sont les réactions du corps enseignant quand je lui en faisait part :

« C’est peut-être parce que vous êtes trop fille, Mélimélanie. Vous ne vous fondez pas assez dans la masse. Vous êtes l’élément perturbateur dans un groupe de garçons qui, pris par les études, ont les hormones en ébullition. Regardez X (l’autre fille de la classe), elle ne pose pas de problèmes parce qu’elle ne rentre pas en contact avec eux et qu’elle ne porte jamais de jupe. » – Mon professeur principal.

(Oui, tu as le droit de le traiter de con.)

  • Non je n’avais pas à me déguiser en garçon pour pouvoir poursuivre mes études tranquillement !
  • Oui, j’aurais dû trouver du soutien dans le corps enseignant !
  • Non, la solution, ce n’était pas de me rendre transparente comme l’avait fait l’autre fille (en plus, j’avais essayé de me rendre transparente, en passant toutes mes pauses avec des filles de la prépa commerciale d’à côté, mais les garçons de ma classe essayaient de m’en empêcher, sous prétexte que « je leur appartenais »…).
  • Oui, j’aurais dû me battre plus et aller voir la proviseur. Pas pour moi, mais pour toutes les autres qui, en cherchant du soutien face à une situation anormale, ont droit à ces discours honteux qui laissent entendre que c’est de leur faute !

Voilà, je t’ai donné un exemple que j’ai vécu moi. J’en ai malheureusement bien d’autres (trop) que je pourrais te citer, plein de petites phrases, de mots que l’on m’a servis parce que j’étais une femme, mais là n’est pas la question.

J’ai commencé depuis environ cinq ans à m’affirmer face aux remarques que je trouvais déplacées et à répondre dans la rue aux hommes qui se permettaient de me siffler (ou pire). Mais j’ai toujours ce regret d’avoir laissé passer certaines situations. De m’être écrasée parce qu’après tout, « c’était de ma faute, je n’avais qu’à être moins féminine. » Je ne le regrette pas pour moi (les remarques, je les ai déjà subies !), mais pour celles qui sont arrivées après moi !

Et encore plus depuis que je suis maman.

Les yeux de mon fils

Je n’ai pour le moment qu’un fils (qui sait ce que me réserve l’avenir ?). Je ne m’inquiète donc pas pour lui, il appartient à la classe « dominante » de la société (c’est un garçon blanc au nom bien français).

Mais justement, c’est un homme de demain. Et j’ai la chance de pouvoir lui apprendre l’égalité, l’ouverture, l’humanisme. De lui montrer que la place de la femme, c’est où elle veut. Que son corps est à elle et qu’il doit respecter tout ça.

J’ai la chance d’avoir un mari qui appuie dans ce sens, en réalisant de façon égalitaire les tâches ménagères avec moi. Mieux, il a choisi un travail stable, avec peu d’évolution, pour me permettre justement de progresser dans ma carrière. Carrière où, bien souvent, le fait d’être une femme m’est renvoyé à la figure.

Et l’enjeu est bien là : je ne veux plus rien laisser passer, pour qu’à son tour, plus tard, mon fils ne laisse rien passer non plus. Pour qu’il soit le premier à défendre les femmes, non pas par féminisme, mais parce qu’il les verra comme ses égales en tout point !

Je ne sourirai plus poliment à une blague sexiste. Je prendrai quinze minutes pour expliquer au garagiste que non, il n’a pas à discuter de ce problème avec mon mari, que je suis tout aussi intelligente, et que je peux tout aussi bien comprendre que lui. Et je continuerai à inscrire nos deux prénoms sur tous les documents où l’on nous demande le tuteur de notre fils…

Je ne laisserai plus rien passer.

Et toi ? As-tu subi des remarques déplacées parce que tu étais une femme ? Dans quel contexte ? Quelles mesures as-tu prises ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

34   Commentaires Laisser un commentaire ?

Flo

Malheureusement, il y a tellement de chose qu’il ne faut pas laisser passer que ça demande beaucoup d’énergie. Mais il faut le faire car beaucoup n’ont pas conscience de la misogynie de leur propos. Le pire (pour moi) c’est quand il est tenu par des femmes ;je n’arrive pas à comprendre ce qui pour moi relève du masochisme. Alors même si ton article me met en colère car il parle d’injustice il me semble nécessaire. En parler c’est aider à une prise de conscience collective.

le 01/08/2016 à 09h37 | Répondre

Mélimélanie

Les femmes sont souvent pire tu as raison et moi aussi ça m’horrifie. Parfois j’ai l’impression que c’est une « vengeance ». Moi j’ai subi ça alors je vais t’en faire baver à ton tour…

Au lieu de se serrer les coudes on s’enfonce…

le 01/08/2016 à 16h51 | Répondre

Flora

Nous avons beaucoup de points communs toutes les 2 ! Le coté garçon manqué, le besoin d’indépendance, le gout pour la débrouillardise et l’ouverture vers le bricolage. Le maquillage c’est super rare chez moi, je tiens toujours à mes minutes de sommeil le matin 😉 Et j’ai aussi choisi de devenir ingénieur mais dans un domaine avec un chouia plus de filles (20% de la promo environ).
Mais là s’arrête nos similitudes parce que je crois que je me rapproche plus de l’autre fille de ta classe que de toi.
Dès ma sortie du lycée j’avais la ferme intention de rester célibataire (ayant été désastreuse en relation de couple jusque là) et cette décision m’a poussée à nier ma féminité encore plus qu’avant. Ce n’était peut être pas la plus féministe des décisions mais ça m’a épargné le genre de remarques dont tu parles. Et c’est une bonne chose parce que j’aurais été capable de traiter ce prof de con en face ! En école, je suis devenue un peu plus féminine tout en continuant mon célibat assumé et je n’ai pas eu trop de soucis non plus.
Maintenant par contre je cumule les remarques et je n’ai malheureusement pas toujours la bonne réponse au bon moment. Mais comme toi, je suis bien décidée à ne rien laisser passer. (désolée pour le pavé)

le 01/08/2016 à 09h55 | Répondre

Mélimélanie

Pas de problème pour le pavé (qui n’en ai pas un d’ailleurs).

Je vois bien ce que tu veux dire mais du coup j’ai l’impression que tu as « décalé » le problème dans le temps. D’avoir vécu ça plus jeune fait que maintenant je suis capable de répondre et de m’affirmer!

Et je porte aujourd’hui parfois des tenues très courtes parce que je suis grande et que malheureusement les jupes sont souvent courtes sur moi. Mais maintenant je suis capable de l’assumer et de remettre à leur place ce qui me font des réflexions. Tout comme parfois je suis habillé en pull large et pantalon informe et je revendique le droit de pouvoir porter ce que je veux (tant que ça reste décent au travail entendons nous bien). Idem pour le maquillage. Parfois j’ai le courage et je me maquille au top et d’autre (comme aujourd’hui) ou je mets 0 maquillage.

Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à vouloir faire front pour ne plus laisser couler! Ça me motive dans mes choix c’est top!

le 01/08/2016 à 16h57 | Répondre

Flora

Je ne suis pas sûre qu’on peut vraiment parler de décalage ! Je crois que j’aurais cumulé dans tous les cas… Je crois que c’est important de respecter ses envies même si les envies en question c’est de ne pas prendre soin de soi 🙂
je ne manque pas de répondant, bien au contraire ! Ce que je voulais dire c’est que des fois j’aimerais avoir des réactions constructives et les répliques dans ce sens ne me viennent pas toujours au bon moment. Par exemple quand mon supérieur m’a dit « ces temps ci les femmes veulent tout avoir en même temps » j’aurais bien voulu lui répondre que les hommes ont tout depuis toujours, mais c’est venu un peu trop tard et la discussion avait déjà changé de sujet.

le 02/08/2016 à 09h54 | Répondre

Mélimélanie

Ha la réponse parfaite qui arrive un temps trop tard!! C’est rageant! Moi c’est souvent sous la douche que je me dis « Ha mais mince j’aurais du dire ça a la place! »

le 02/08/2016 à 11h24 | Répondre

Joye

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis…
Peut-être parce que j’ai fait le même type d’étude et que malheureusement, ce genre de chose est trop courant…
Simplement, je n’ai pas été capable de le voir sur le moment. Pire : j’ai participé à certains commentaires désobligeant et slut shaming dans le dos (pas assez courageuse pour le dire en face, ou peut-être qu’inconsciament je me sentais coupable [je vous avoue que je préfère cette version… Mais j’y crois pas trop])
Maintenant que je suis plus sensibilisé au féminisme, je me rends compte de plus de choses, je me reprends sur certaines paroles ou pensées et j’analyse avec du recul mes paroles à l’époque.

Clairement, je tenterais d’inculquer à mes enfants des valeurs d’égalité et de féminisme. C’est difficile de changer le monde, mais si déjà la prochaine génération est sensibilisé, ça veut dire qu’on aura avancé (au moins un peu….)

le 01/08/2016 à 11h24 | Répondre

Mélimélanie

Je ne te blâmerais pas car je pense réellement que dans certaines situations l’effet de groupe est délétère et que certains préfèrent suivre le mouvement pour se préserver. (Surtout quand on est jeune)

Et je te blâmerais encore moins car tu as décidé de changer les choses maintenant et c’est bien là le plus important!

le 01/08/2016 à 17h00 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je l’estime vraiment heureuse car à part les remarques dans la rue globalement je n’ai jamais souffert de ce que tu décris. Déjà j’étais dans un filière plus filles que garçons à la fac et surtout, je me suis toujours très bien entendue avec les garçons mieux qu’avec des filles. J’étais très complexee et pas populaire et en fait je pense que c’est plutôt due à de la jalousie des autres filles. J’en ai souffert mais cela m’a évité les remarques blessantes.

le 01/08/2016 à 11h25 | Répondre

Mélimélanie

Et je suis contente de savoir que mon expérience n’est pas la norme!
J’ai remarqué que si on met de côté l’âge, l’importance du pourcentage de répartition du sexe joue énormément sur l’ambiance d’une classe.
Et je pense que, pour avoir vue ce que donnait une classe avec 80% de filles, j’aurai fait partie de celles traînant en majorité avec des mecs.
On n’est pas tendre entre nous les filles. Et au final c’est peut être pour ça que l’équilibre des sexes est si important :-p.

le 01/08/2016 à 17h04 | Répondre

Clette

Ton prof principal était bien un gros con !
Bravo à toi et pour ton parcours :), moi aussi j’ai grandi dans une cellule familliale équilibrée, avec une éducation peu genrée. Je suis ingénieur travaux, et depuis mon lycée (qui était uniquement technique et scientifique, sans ES, sans L, etc.) jusqu’à maintenant encore mes fréquentations sont principalement masculines. A 18-19 ans j’ai eu ma période « j’aime pas les filles, toutes des chiantes (sauf moi bien sûr mdr) qui ne parlent que de maquillage et coiffures », qui est rapidement passée quand je me suis remise en compte et que j’ai compris que je ne faisais que dénigrer mon propore sexe au lieu de l’aider (parce que celui ou celle qui dit qu’il n’y a plus d’inégalités hommes-femmes en france a de sérieux soucis d’analyses).
En même temps je suis vraiment devenue féministe et je reprends mes collègues qui peuvent parfois être bien machos (parfois ils ne s’en rendent pas compte, tellement « on » a l’habitude de dénigrer les femmes où de les rentrer dans les mêmes catégories encore et encore …). Merci pour ton article et en tout cas c’est sympa de voir que les articles allant dans ce sens sont souvent publiés sur ce blog ces derniers temps 🙂

le 01/08/2016 à 13h19 | Répondre

Mélimélanie

Merci 🙂
Je pense qu’effectivement ce qui est le plus dur à combattre c’est ce qui est rentrée dans les « habitudes ».
On ne fait plus attention à certaines remarques qui sont tellement fréquentes qu’on les a presque « assimilé ». Et c’est en ça que ça devient dangereux.
On a appris à vivre dans un monde sexiste ou on ne remarque même plus certaines remarques ou certains comportements.

Je fais un truc qui souvent choque ce qui ne me comprennent pas: parfois je réponds à mes connaissances masculines sur des tons aussi cru ou sexiste qu’eux. Moi ça me fait beaucoup rire et je sais que pour certains ça leur fait réaliser que la phrase qu’il trouvait anodine ne l’ai en fait pas tant que ça (à voir leurs regards choqués quand ça sort de ma bouche). Montrer par l’exemple :-p

le 01/08/2016 à 17h09 | Répondre

Virginie

J’ai eu exactement la même éducation que toi et, pareil, sans déconner, je me maquille dans la voiture/train/gare voire pas du tout pour ne pas perdre de précieuses minutes de sommeil. En conséquence, je n’étais pas non plus préparée à ça de sorte que j’ai mis longtemps à réagir, c’est-à-dire à comprendre ce que je ressentais. Comment mettre des mots sur ce que tu n’as jamais subi enfant, dans le cercle familial ? Tu mettais des vêtements amples ? Je lisais TOUT le temps, ça coupe court à plein de choses, c’est pratique.
C’est en grandissant que j’ai appris à mettre des mots sur tout ça et, pareil, je refuse de laisser passer quoi que ce soit. La maternité t’y as fait réfléchir ? Moi, c’est la trentaine et l’acceptation de soi.
Comme je le disais dans un autre article sur le féminisme, je pense aussi que tout passe par l’éducation. En revanche, si nous avons la joie un jour d’accueillir un enfant, en particulier une fille, je la sensibiliserai à ce genre de chose pour qu’elle sache comment réagir immédiatement et que, contrairement à moi, elle n’ait pas de regret ou d’anciennes blessures plus ou moins guéries.
Je te suis : on ne laisse plus RIEN passer.

le 01/08/2016 à 15h35 | Répondre

Mélimélanie

Merci de me suivre! C’est toujours mieux de se dire qu’on n’est pas qu’une petite goutte d’eau dans l’océan 🙂

Ha le coup de la lecture! Moi je mettais mes écouteurs même sans musique. Idéal pour faire semblant de ne pas entendre…

Je crois aussi beaucoup en l’éducation. La mienne m’a permis de vivre sans être cantonnée dans un rôle. J’aimerais que mes enfants aient vraiment la même chance et qu’en plus ils arrivent à ne jamais se laisser faire comme moi je l’ai fait plus jeune (Toujours plus :-p).

le 01/08/2016 à 17h13 | Répondre

Elisabeth

Beaucoup plus jeune, je me souviens d’une main dans le métro aux heures de pointe qui se promenait sur les fesses…. J’ai reculé le pied, posé mon talon sur le bout du pied qui était derrière moi et ai transféré tout mon poids sur ce pied …. La main s’est tout de suite retirée. Mais pas mon talon !!!!

le 01/08/2016 à 15h53 | Répondre

Mélimélanie

Bonne réaction!!

La mère d’une connaissance choppait la main la levait au dessus de sa tête en hurlant « Qui c’est qui me touche le cul?! » Radicale pour foutre la honte.

le 01/08/2016 à 17h14 | Répondre

Tamia (voir son site)

Ton expérience est assez révélatrice de la société dans laquelle nous évoluons !
J’ai eu une éducation assez similaire à la tienne, où l’on m’a dit fait ce que tu veux, pas de « jouets sexués »… Cependant, très rapidement à l’école on m’a renvoyée cette image de fille qui n’entre pas de moule… Donc pas évident à vivre ! L’éducation est la clef à mon avis.

le 01/08/2016 à 18h04 | Répondre

Mélimélanie

C’est là ou se situe souvent le problème. Il faut réussir, dans l’éducation, a asseoir suffisamment la confiance en soi de l’enfant pour qu’il comprenne que le rôle dans lequel on veut le cantonner n’est pas une fatalité.
Je savais plus jeune que j’avais mes parents derrière moi qui me soutenaient à 10 000%. Du coup les réflexions des autres je les laissais couler (bon j’avais aussi un sacré caractère de merde et je n’aimais pas qu’on me dicte quoi faire). Mais c’est un travail de chaque jour pour les parents!

le 02/08/2016 à 08h51 | Répondre

MlleMora

C’est terrible parce que c’est justement à cause de ces images qu’on nous met dans la tête dès le début que les filles ne se tournent pas vers des études « réservées » aux mecs, alors qu’elles sont tout aussi capables. On se met des barrières toutes seules et on se cantonne aux activités dites féminines… C’est super que tu te sois tournée vers autre chose, et ton fils en voyant ça, rien que ça, il n’aura pas le même regard sur la femme… On avance !

le 01/08/2016 à 19h14 | Répondre

Mélimélanie

C’est complètement ça! J’ai du me battre pour faire ce que je voulais faire. En Terminale on voulait m’envoyer en médecine ou biologie (bonne élève + fille = médecine). Mais moi je ne voulais pas. Et heureusement que j’ai eu mes parents pour me soutenir dans ce choix même s’ils ont toujours eu un peu peur de me voir partir dans ces filières là (mon père a fait les mêmes études que moi donc il avait une idée de ce qui pouvait mal se passer). Aujourd’hui je ne regrette pas mon choix et même si mes 2 années de prépa ne sont pas le meilleur souvenir de ma vie elles sont ce qui m’a permis d’arriver ou je suis maintenant et c’est tout ce qui compte.

le 02/08/2016 à 08h55 | Répondre

Mlle Folie douce

Ton témoignage est intéressant mais assez consternant. Autant je ne suis pas très étonnée de l’attitude des garçons de ta classe (attention je ne dis pas que c’était bien) autant je suis vraiment choquée par la réaction de ton professeur ! Ce n’est pas seulement un con, c’est aussi un homme dangereux ! Evidement que l’attitude d’adolescents (un peu bêtes et en plein bouleversement hormonal) qui fréquentent peu de filles peut tourner au harcèlement s’il n’y a pas de règles et de cadre fixés par des adultes ! Tu n’as pas à culpabiliser d’avoir « laisser passer » ça. Tu étais jeune aussi et tu as fait ce qu’il fallait c’est-à-dire aller avertir un professeur de ce qu’il se passait. C’est à lui qu’il faut en vouloir de ne pas avoir fait son travail et de s’appuyer sur sa misogynie pour justifier de son incompétence pédagogique ! Mais je suis ravie de voir que maintenant que tu es adulte tu ne veux plus rien laisser passer ! D’ailleurs je serai curieuse d’avoir des exemples de répliques « aussi crue ou sexiste » que tes connaissances masculines ?

le 01/08/2016 à 21h55 | Répondre

Mélimélanie

Pour les exemples je vais ruiner ma réputation internet si je fais ça :-).
Bon juste un (parmi les plus soft). Quand j’ai commencé ma grossesse tout le monde dans ma boite cherchaient à savoir si j’étais enceinte ou pas et se permettaient de poser des questions à ma chef de projet sur mon état.
Un jour elle me mentionne un collègue en particulier (avec qui je m’entends bien je précise). Du coup je me suis pointée dans son bureau en lui demandant: « Alors comme ça la vie de mon utérus t’intéresse? Tu veux que je m’intéresse à la vie de tes testicules? »

Pour parler du sujet de l’article: je pardonne effectivement plus facilement à mes camarades de classe qui étaient jeunes, cons et sous pression qu’à cet idiot dangereux et un peu lâche. Et mes regrets c’est de ne pas avoir su aller voir une autre personne que lui pour être sûr qu’aucune autre fille après moi ne vive ça. J’aurai toujours cette culpabilité de me dire que peut être à cause de moi cette situation s’est reproduite les années suivantes…

le 02/08/2016 à 09h05 | Répondre

Nya (voir son site)

Le problème de ne rien laisser passer, c’est aussi d’arriver à être constructive sans passer pour une hystérique justement parce qu’on est des femmes de conviction (tandis qu’un homme qui ne laisse rien passer a simplement « du caractère »). Il y a eu une période où je reprenais tout le monde : le médecin, le banquier, le vendeur au marché, mon beau-père, ma belle-mère… C’était épuisant pour tout le monde. Je choisis un peu mieux mes « combats » désormais. Le vendeur au marché ? J’ai laissé tomber. Le banquier, le médecin ? J’ai continué parce que je les voyais régulièrement. Le relou dans la rue ? Au lieu de partir dans un cours magistral, je lui demande simplement ce qu’il veut, ça calme. Mon beau-père ? Ça dépend aussi. Comme tu dis, je ne suis pas forcée de rire à une blague sexiste, mais je le reprends quand il maudit « les trucs de gonzesse ». Par contre, si mon homme dit un truc sexiste, il a droit à son explication de texte en long en large et en travers (dans le calme autant que possible).
Ne rien laisser passer est un exercice d’équilibriste et on peut vite s’y épuiser. Mais c’est généralement indispensable pour se faire respecter. Ne lâchons rien !

le 01/08/2016 à 22h19 | Répondre

Mélimélanie

Ho comme je suis d’accord avec toi. On est vite démoralisée et épuisée. Et effectivement je ne reprends pas forcément tout le monde (il suffit que je sois un peu fatiguée pour être moins motivée et baisser plus vite les bras)

Typiquement j’ai lâché sur le « mademoiselle » (ou alors je réponds « damoiseau » quand je suis d’humeur) qui est souvent un « mauvais » réflexe dans la bouche de beaucoup.

Mais pour le reste je continuerais à me battre!!

le 02/08/2016 à 09h10 | Répondre

Sandrine

Je n’ai pas eu de remarques sexistes de la part des hommes que ce soit au lycée ou pendant mes études car ils étaient déjà bien occupés à m’insulter sur mon poids… Je garde un très mauvais souvenir de mes années lycée à cause de ca! Les remarques sexistes sont venues pour ma part de femmes. J’ai fait le choix de faire de longues études car j’adore mon travail, il me pationne et je trouve que c’est une chance. Mais à cause de mes études, j’ai rencontré mon mari apparemment tard pour beaucoup de personnes (24 ans… Pour moi c’est tôt ^^). Je ne compte pas les remarques que j’ai reçu, ma mère également me plaignant de mon célibat alors que je cartonnais dans mes études comme si une femme ne pouvait pas être heureuse et épanouie sans homme au 21e siècle! Les pires remarques sont venues qd j’ai rencontré mon mari ou toutes les femmes que je rencontrais me demander si j’allais arrêter de travailler et ne comprenaient pas la réponse NON! On a fait le même nombre d’année d’études avec mon époux, en quoi mon diplôme vaut-il moins que le sien? A 30 ans, comme toi, je ne laisse plus rien passer mais c’est usant de devoir se justifier de ses choix. J’espère un jour que la société évoluera vraiment et je vais élever mon fils dans ce sens! Bon courage à toutes celles qui subissent tout ca!

le 01/08/2016 à 22h27 | Répondre

Mélimélanie

Tu pointes très bien ce que l’on mentionnait plus haut. Souvent les femmes sont pires que les hommes et s’enferment elles même dans un rôle…

Il est souvent difficile de sortir de la case dans laquelle on a été mise: « la grosse » « la fille » « la chieuse » « la célibataire ». Mais je suis heureuse de lire qu’au final malgré tous ces obstacles tu as su aller au bout de tes envies et que tu ne lâches rien toi aussi!
Ensemble au réussira forcément à faire un peu bouger les choses dans le bon sens!

le 02/08/2016 à 09h14 | Répondre

Miss Chat

Ton article est en effet assez renversant… Je crois que j’ai dû grandir dans un monde de bisounours parce que j’avoue n’avoir été confrontée à tout ça que très tard aussi, en entrant dans l’âge adulte.
Bon je viens de filières « de filles » : langues, communication et ressources humaines, où tu pouvais compter les hommes sur les doigts d’une main. Mais je pense que si j’avais eu un seul prof qui se serait permis de me dire en face ce que le tien t’a dit, j’aurais réagi en lui répondant qu’au 21e siècle, je n’avais pas à m’écraser face à des hommes. Bon dieu, comment peut-on encore penser comme ça ?!

le 02/08/2016 à 09h39 | Répondre

Mélimélanie

Le pire c’est que cette phrase venait de quelqu’un qui déjà s’écrasait dans sa vie en général. Du coup j’hésite entre : il m’a dit ça parce que vu que c’était sa façon de vivre il ne comprenait pas que je ne l’accepte pas OU pour une fois qu’il avait quelqu’un au plus bas face à lui il en a profité pour l’écraser.
Mais je reconnais que comme je voulais juste qu’il me signe un p**** de papier (me permettant de me casser de cette prépa pour postuler ailleurs) je n’avais pas non plus envie de faire des vagues. Juste de partir loin. Cela ajoute au fait que j’ai honte de ne pas avoir été capable de me battre plus en lui répondant (d’ou la culpabilité… Je me suis sauvée sans penser aux autres).

le 02/08/2016 à 11h34 | Répondre

Elodie

Je comprends ton ressenti et je n’ai rien vécu de tout cela. Par contre, moi ce qui m’agace c’est la tendance inverse qui arrive sur les blogs, dans les magazines, pour être femme, être féministe il faut revendiquer le fait de pouvoir faire des choses auparavant réservées aux hommes.
Personnellement, je travaille dans un milieu très féminin ( je suis sage-femme), à la maison je fais le repassage, la vaisselle et la cuisine, mon mari gère le jardin, les voitures, les poubelles ( et ça nous va très bien comme ça, j’aime cuisiner et repasser, il aime jardiner), quand je vais chez le garagiste je lui dis effectivement de voir avec mon mari, pareil au plombier! Je fais du cheval, il fait de la moto.
Et pourtant, je suis une femme épanouie, je n’ai pas l’impression d’être enfermée dans un rôle ou que c’est la société qui m’oblige à vivre comme ça , j’ai essayé la moto, ça ne m’a pas plu du tout, je n’aime pas non plus bricoler etc
A chacun ses tâches, et chez nous je fais les tâches dites « de femme » et lui dites « d’homme » pourtant personne ne nous l’impose, c’est juste que ce mode de vie nous convient.
Au quotidien, je me bats pour les droits des femmes ( contraception stop aux violences conjugales etc etc)
Quand j’aurai des enfants, ma fille pourra jouer aux voitures et d’habiller en bleu mais je ne me priverai pas non plus de la vêtir en rose ultra girly parce que j’aime ça les paillettes et le girly! 😉

le 04/08/2016 à 04h28 | Répondre

Mélimélanie

Et je comprends parfaitement qu’on puisse aussi décider de partager les rôles au sein d’un couple.
C’est juste que je n’aime pas que d’autres nous mettent dans une case. Nous demandent de nous conformer au rôle qu’ils ont défini eux.

Il ne faut pas tomber dans l’effet inverse je suis d’accord avec toi. Mais quand parfois je vois un homme faire un truc aberrant en bricolage et qu’on ne me laisse pas donner mon avis parce « t’es une fille t’y connais rien » ça me rends folle. Du coup il faut attendre qu’il fasse sa connerie et une fois fait il accepte enfin d’écouter mon avis… Et c’est ça que j’aimerais combattre.

Mais si toi ça ne t’intéresse pas du tout et que votre partage des tâches vous convient alors Banco! (Perso pour la poubelle je laisse aussi mon mari le faire parce que je déteste ça :-p En revanche va savoir pourquoi mais entre mon mari et mon père aucun des deux ne sait changer un essuie glace. Du coup c’est moi qui m’y colle alors que c’est étiqueté masculin dans l’esprit des gens :-D.)

le 04/08/2016 à 08h37 | Répondre

Virginie

je vous suis toutes les deux, le problème est avant tout qu’on nous « case ».
Exemple : je crève que le bord de la route. Mon père ayant toujours mis un point d’honneur à m’apprendre à changer une roue, je ne me suis pas laissé démonter et j’ai donc commencé à m’installer tranquille pour la changer. J’en étais à débloquer les écrous qu’un type s’est arrêté, ne m’a rien demandé, m’a pris la clef des mains, a changé ma roue et est reparti comme il est venu.
Sérieux, j’en suis restée sur le c… !!!!

le 04/08/2016 à 09h22 | Répondre

Mélimélanie

Je lui aurai mis un coup de cric je pense looool.

le 04/08/2016 à 09h30 | Répondre

Flora

Ahaha énorme ! Je t’imagine le regarder faire avec un regard médusé 😀
Un jour nous avons appelé un technicien parce qu’une baleine de soutif était coincé dans la machine à laver et il nous a fait un devis de 300€ ! Je lui ai dit qu’à ce prix là je préférais le faire moi même et il a rigolé comme si c’était une grosse blague… Bah je l’ai fait moi même avec comme seul assistant youtube 😉

le 04/08/2016 à 10h17 | Répondre

Virginie

lol oui, j’étais tellement surprise, je l’ai pas venu venir celle-là !

le 04/08/2016 à 09h30 | Répondre

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