Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Les gants de jardin pour homme


Publié le 13 septembre 2016 par Nya

Tout a commencé avec des gants de jardin.

Des gants de jardin pour homme.

Quand je suis allée acheter des gants de jardin, je n’avais pas d’autre objectif que de dépenser le moins possible en vue de jardiner. Assez pressée, j’ai regardé les étiquettes de prix plutôt que les modèles, j’ai trouvé les moins chers, j’ai payé et je suis allée jardiner.

En rentrant, je me suis aperçue de ma méprise. J’avais pris des gants de jardins pour homme.

gants de jardin pour homme

Crédits photo : Photo personnelle

Tu vois ? C’est marqué dessus ! L’horreur ! Le désespoir ! Je m’étais trompée de genre ! Je n’allais pas pouvoir jardiner !

En fait, ils m’allaient comme… des gants (ha !) et j’ai pu passer à l’activité convoitée : construire une jardinière de mes propres mains, y déverser des kilos et des kilos de terreau, avant de planter avec amour des petits légumes.

Avoir mis des gants de jardin pour homme m’avait-il transformée en homme ?

Non, ils m’avaient transformée en jardinière.

Mais en clouant mes planches, je me disais aussi que j’aime bien « faire comme un homme ». Passer la tondeuse. Faire du gros bricolage qui tache. Changer une roue de voiture. Il n’y a que la perceuse qui me dérange, car j’ai horreur du bruit.

Je me suis aussi rappelée cette console portable que mon homme voulait tant acheter en soldes. Une fois arrivé au magasin, il n’en restait plus qu’un seule et unique exemplaire… rose bonbon. N’écoutant que ses envies, il a acheté sa console bubble-gum, heureux d’avoir fait une bonne affaire (moitié prix quand même !). Depuis, on ne compte plus les « gentilles » moqueries des proches et les regards en coin dès qu’il la sort dans les transports en commun.

Sur les mains d’une femme, des gants de jardin « pour homme » sont-ils infamants ? Dans les mains d’un homme, une console rose bonbon est-elle dégradante?

Couverte de terreau, plus je cogitais et plus la distinction entre les activités pour hommes et pour femmes me semblait absurde.

Les distinctions de genre sont une pratique néfaste qui entrave les deux parties concernées, autant les femmes que les hommes. Le problème du genre va bel et bien dans les deux sens. Qui dit « gants pour homme », dit « gants pour femme ».

J’aborde souvent le féminisme car je suis une femme cisgenre, et je suis touchée par des problématiques de femmes :

  • le harcèlement de rue
  • la pression sur mon corps, qu’il s’agisse de mon utérus, de mes poils, de mon poids
  • les inégalités salariales
  • le pouvoir d’agir

Mais il n’en reste pas moins que dans une société qui fait du genre féminin une sous-caste, les membres de la catégorie privilégiée (et par « privilégiée », j’entends celle qui possède le plus de latitude d’action et de droits dans les faits) qui ne se conforment pas aux comportements attendus sont tout aussi stigmatisés.

Une femme peut faire en sorte de devenir l’égale d’un homme. Si j’en ai envie, je peux porter les cheveux courts, un pantalon, occuper (généralement) des postes dits masculins, adopter des valeurs dites masculines. Même construire une jardinière avec des gants de jardin pour homme. J’essuierai des critiques au passage, c’est certain. Mais cela sera toléré. Car « devenir » un homme, c’est positif.

Si mon homme avait envie de porter les cheveux longs, une jupe (comme Jaden Smith – qu’est-ce que j’admire ce petit gars), d’avoir une famille nombreuse, faire du tricot ou rester à la maison à cuisiner des petits plats… Il essuierait plus que des critiques : il serait carrément moqué, car il voudrait « devenir » une femme. Et gare à lui s’il ose utiliser des gants de jardin (ou une console) rose bonbon.

J’aimerais simplement rappeler que si j’insiste souvent sur le fait d’éduquer le plus tôt possible nos filles, nos nièces, nos petites élèves et autres au fait qu’elles peuvent devenir tout ce qu’elles veulent, je n’exclue pas les garçons pour autant. Certes, les garçons partent avec une longueur d’avance : un pénis, qui leur donne pas mal d’avantages dans la vie, et pas seulement pour faire pipi debout.

Mais en disant à mes petits cousins et à mon neveu de deux ans qu’ils peuvent devenir père au foyer, ou assistant maternel, ou créateur textile, j’ai envie de croire que malgré mon peu d’influence dans leur vie, je leur laisse entrevoir l’égalité – qui, je le rappelle, est la raison d’être du féminisme de notre temps.

Nous ne sommes plus à une époque où être féministe signifie brûler son soutien-gorge (même si certaines l’enlèvent pour de bon…) en jurant de vivre sans homme ! Nous sommes à une époque où le féminisme œuvre en faveur de l’égalité des droits entre les genres.

Et si les hommes ne peuvent pas devenir ce qu’ils veulent, il sera difficile pour les femmes d’en faire autant. Ce doit être une révolution à mener en parallèle, car l’un ne pourra se faire sans l’autre. Dire aux femmes d’adopter une culture du pouvoir d’agir n’a pas de sens en l’absence d’une même démarche du côté masculin.

Car ce n’est qu’à la condition qu’un homme puisse être père au foyer le plus naturellement du monde qu’une femme pourra faire carrière sans préjugé. Car ce n’est que lorsqu’une femme pourra devenir mécanicienne sans étonner personne qu’un homme pourra porter des gants de jardin roses sans s’attirer les moqueries.

Finalement, hommes et femmes, on est tous le même bateau, non ?

Et toi ? Ça te fait tiquer de voir un homme arborer du rose fuchsia ? Tu achètes des produits « pour hommes » dans le but de t’en servir toi-même ? Tu dis aux petits garçons de ton entourage qu’ils peuvent devenir assistants maternels ? Viens discuter de tout ça !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

46   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

Ah Nya tu parles enfin à mon coeur !! Tu le sais peut-être, je n’accroche pas trop avec le discours féministe actuel. Mais c’est justement pour ça ! Parce que je ne trouve pas toujours les hommes forcément mieux lottis… Quand je vois que mon petit de 20 mois n’a déjà pas le droit de pleurer, d’avoir peur ou de jouer avec du rose, je ne suis plus sûre de devoir le considérer comme « privilégié ». Bref, cette fois j’adhère à 100% avec ton article, merci de cette mise au point 🙂 .

le 13/09/2016 à 07h29 | Répondre

Nya (voir son site)

Cette façon de présenter les choses en appelle évidemment au plus grand nombre, et je ne pense pas que les genres soient des ennemis. Cela dit, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que les hommes sont la catégorie « dominante » de la société, surtout s’ils sont blancs et hétéros (et de plus de 50 ans si possible). Cela ne veut en aucun cas dire qu’ils sont exempts de pressions et d’attentes, mais le champ des possibles pour ton fils est bien plus vaste que celui d’une fille du même âge.

le 13/09/2016 à 13h06 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Je vais prendre de ce pas rendez-vous avec mon ophtalmologiste.

le 13/09/2016 à 21h52 | Répondre

Nya (voir son site)

Et pourquoi pas une chronique pour expliquer pourquoi tu ne partages pas mon point de vue ? Il faut de tout pour faire un monde… et un blog ! Je m’en voudrais de monopoliser la parole sur les structures de pouvoir informelles (surtout que j’ai d’autres chroniques de prévues sur ce thème, et un autre son de cloche que le mien serait d’autant plus intéressant ! ). Nous voyons tou.te.s le monde différemment après tout 🙂

le 14/09/2016 à 00h24 | Répondre

Nya (voir son site)

(et évidemment, mes excuses pour ma première réponse pas bien fine alors que pour une fois, on était d’accord sur le sujet <3 )

le 14/09/2016 à 01h30 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Figure toi que j’ai deux articles en préparation pour cette maison : un que je devrais soumettre ce week-end à la relecture sur le thème « pourquoi je ne me sens pas féministe » et un deuxième déjà planifié sur… les commentaires qu’on écrit parfois un peu trop vite et un peu trop sèchement 😉 . Merci d’être revenue vers moi en tout cas, j’ai hâte qu’on poursuive le débat maintenant 🙂 !

le 14/09/2016 à 07h18 |

Madame Fleur (voir son site)

Effectivement, et peut être est-ce en tant que femme, on se place trop souvent de l’autre côté de la barrière. Mais les petits garçons et les hommes ne sont pas forcément mieux lotis non plus. Quand j’entends certaines réflexions faites dans la famille de mon mari, cela me fait un peu peur !

le 13/09/2016 à 08h33 | Répondre

Nya (voir son site)

Je suis persuadée que le genre masculin est tout à fait mieux loti que le genre féminin, mais cela n’empêche pas non plus que garçons et hommes subissent certaines attentes (sur leur comportement, leurs émotions ou leur carrière) qui leur sont néfastes.

le 13/09/2016 à 13h10 | Répondre

Clette

Oui tout à fait d’accord !
J’attends un bébé, on saura le sexe demain, mais ça ne m’a pas empêché d’acheter déjà pas mal de vêtements. J’ai pris du blanc, gris, jaune, rouge, orange mais aussi du corail, du bleu. Je ne me suis pas limitée dans les couleurs juste parce que je ne savais pas le sexe ! (bon, je n’ai pas acheté de robes roses bonbon à volants , mais par exemple j’ai craqué sur un body bleu hello kitty, et garçon ou fille il le mettra !). Idem mon mari l’autre jour a acheté un cheval à bascule bleu avec une crinière et une queue rose . On laissera notre petit choisir ses jouets quand il le aura l’âge et je ne laisse pas les gens me dire « ça sera un garçon parce qu’il bouge bcp dans ton ventre » . Sinon, mon mari est à 100% avec moi pour assurer une éducation avec le moins de clichés possible pour notre bébé ! Mon mari emprunte souvent mon casque audio Hello Kitty parce qu’il a la flemme de chercher le sien et il s’en balance royalement. Pour avoir beaucoup voyagé en Asie, j’ai remarqué que les hommes qui ont des parapluies roses (en mode ombrelle), des DS roses ou encore qui portent le sac rose bonbon de leur fille ou femme sont nombreux !!

le 13/09/2016 à 08h51 | Répondre

Nya (voir son site)

Bravo pour l’éducation avec le moins de clichés possible ! L’important étant probablement de faire comprendre par tous les moyens qu’ils ne valent ni plus ni moins que les filles. Bon courage à vous deux.

le 13/09/2016 à 13h35 | Répondre

Madame Bisounours

Décidément je suis fan de tes articles Nya !
Il y a trop de connotations négatives dans les qualités dites « féminines ». on m’a souvent dit que j’étais pas une « vraie fille » comme un compliment, et ça a le don de me mettre hors de moi !
Pour en revenir à l’éducation des enfants, ayant un garçon et une fille, je peux dire que c’est un travail d’égale ampleur pour en faire de bons humains !
Il n’empêche que mon fils aura plus d’opportunités que ma fille si la société ne bouge pas ? ! Je ne pense pas qu’il suffise de dire aux garçons qu’ils peuvent aimer le rose, la danse et jouer à la poupée pour en faire des alliés dans la lutte contre les oppressions faites aux femmes (ou aux minorités puisque je suis blanche, mes enfants aussi, dans un pays européen)
Il est important d’éduquer nos garçons à ce que peuvent ressentir les femmes (et les minorités). Un peu de compassion dans ce monde de brutes ne ferait pas de mal !

le 13/09/2016 à 09h20 | Répondre

Nya (voir son site)

Non bien sûr, le rose ne suffit pas ! J’évite de m’étendre sur les conseils pédagogiques car je n’ai pas d’enfant mais il est évident que pour les garçons, il faut en passer par une éducation qui inculque le respect des filles, le souci de l’égalité et qui fustige la culture du viol (quand ils sont plus grands)… bref, comme tu en dis, l’idée étant d’en faire de bons êtres humains. Merci d’avoir soulevé le point !

le 13/09/2016 à 13h13 | Répondre

Madame Bisounours

J’espère que tu n’as pas pris mon agacement pour toi ! C’était plutôt général.
Par contre, Là où je ne suis pas d’accord avec toi, c’est que pour moi, même les gens sans enfants ont leur mot à dire dans l’éducation des générations futures !
Quant à l’éducation sur la culture du viol, mon aîné de 4 ans a déjà des notions de consentement. Je pense qu’il est important d’inculquer le respect de l’autre dès le plus jeune âge. ?

le 14/09/2016 à 14h09 | Répondre

Nya (voir son site)

Non non pas de souci 🙂 Je suis sûre qu’on peut ne pas être parent et donner plein de bons conseils, mais dans mon cas, puisque je ne côtoie pas d’enfants du tout, mes conseils seraient purement théoriques et j’ai l’impression de manquer de légitimité.
Bravo de donner des notions de consentement à ton enfant dès le plus jeune âge 🙂

le 14/09/2016 à 16h29 | Répondre

Mangue

Merci pour cet article, toujours pertinent et bien écrit!
Cette façon de présenter le féminisme me parle!
Pour la petite histoire, j’ai dû moi aussi acheter des gants dans une grande enseigne de bricolage, pour des gros travaux sur le chantier de notre maison. Quand tu arrives dans le rayon tu as un guide des tailles et tu peux mesurer ta main. Forcément avec mon petit gabarit j’ai de petites mains et donc je dois prendre une taille « de femme » alors que mon mari doit prendre une des plus grandes tailles. Sans surprise dans la diversité des modèles proposés les seuls disponibles en petite taille sont les gants fins spécial « jardinage » et « décoration ». Si tu fais une grande taille par contre tu ne peux trouver à ta taille que des modèles « plâtre et gros travaux ». Un bon reflet de notre société!
Et sinon je fais du plâtre avec mes gants de décoration et je m’en sors plutôt bien!

le 13/09/2016 à 09h22 | Répondre

Nya (voir son site)

Pourquoi cette distinction de taille entre gants de jardinage et gants pour gros travaux ne m’étonne qu’à moitié ? … -_-

le 13/09/2016 à 13h15 | Répondre

Madame D

Comme d’hab, très bon article criant de vérité.

le 13/09/2016 à 11h04 | Répondre

Louna (voir son site)

Encore une fois, je te rejoins, Nya, et merci pour cette mise au point essentielle ! Je ne cesse de le répéter : c’est aussi un tort fait aux hommes que de considérer certaines activités comme purement féminine. C’est notamment pour ça que je souhaiterais un congé paternité obligatoire et conséquent pour les hommes, qu’on cesse de considérer que s’occuper d’un bébé est une activité forcément féminine, non mais !

le 13/09/2016 à 11h07 | Répondre

Nya (voir son site)

Ou que l’on cesse de considérer que les pères « baby-sittent » leur enfant quand ils s’en occupent : non, ils remplissent simplement leur rôle de parent !

le 13/09/2016 à 13h17 | Répondre

Flora

Pourquoi sexualiser quelque chose aussi basique que des gants ?! C’est du grand n’importe quoi… Bientôt on va avoir des pains au chocolat pour hommes et pour femmes !
Je te suis complètement sur le fait que le féminisme n’à pas de sens si on y inclut pas la liberté de nos amis à penis. Ce n’est pas exactement le même combat mais les deux sont indissociables.
Merci pour la piqûre de rappel ?

le 13/09/2016 à 11h28 | Répondre

Madame D

Pour le coup, sexualiser des gants ne me choque pas. J’ai travaillé en laboratoire et quand les gants taille S sont trop grande pour moi c’est relou. Donc j’etais bien contente de découvrir des gants de femmes. ce qui me gene c’est plus le fait qu’ils vendent des gants d’homme et pas de femme sous raison que ce sont les hommes qui jardinent et pas les femmes.
Je suis complètement pour le fait qu’il faut faire attention sur les stéréotypes de genre mais il ne faudrait pas oublier que les hommes et les femmes restent quand même physiquement different. Et en moyenne, les hommes ont des mains plus epaisse que les femmes. Donc les gants TU ou neutre c’est pas évident.

le 13/09/2016 à 11h31 | Répondre

Ornella

La solution serait peut être tout simplement de faire des gants par taille et non par sexe!

le 13/09/2016 à 12h01 | Répondre

Nilith lutine

D’autant que certains hommes ont les doigts fins !

le 13/09/2016 à 19h51 | Répondre

Nya (voir son site)

Par « genrer » un objet, j’entends proposer un objet neutre pour le masculin et rose/violet/avec des fioritures pour le féminin. Il n’y a évidemment pas de problème à proposer des tailles et coupes différentes puisque comme tu le dis, nous n’avons pas forcément la même morphologie. En l’occurrence, la distinction « gants pour homme » dans mon exemple de départ n’avait pas lieu d’être puisque mes mains de taille tout à fait normale y rentraient parfaitement. Comme le dit Ornella, la seule distinction valable serait celle des tailles, or ici il n’y en avait même pas. Juste une distinction de genre.

le 13/09/2016 à 13h26 | Répondre

Nya (voir son site)

Flora si tu veux des exemples d’objets genrés à la con je peux t’en donner ! Tu connais l’histoire du Bic pour femme ? À mourir de rire… jaune

le 13/09/2016 à 13h20 | Répondre

Madame D

Un bic pour femme ??? je veux voir ça !

le 13/09/2016 à 14h02 | Répondre

Ornella

Je crois que comme beaucoup, j’ai du mal avec le discours féministe parce que j’avais l’impression que ce discours occultait le fait que la norme sociale s’applique à tous et qu’elle est violente pour tous. Et la prise de conscience se doit être bilatérale, parce que sans le savoir beaucop d’hommes n’ont pas plus le choix de qui ils veulent etre.

le 13/09/2016 à 12h08 | Répondre

Nya (voir son site)

Pour les hommes d’aujourd’hui, pas facile de revenir sur toute une éducation mais j’ai foi en la nouvelle génération de parents, qui éduqueront leurs enfants pour en faire de bons êtres humains, comme le dit Mme Bisounours 🙂

le 13/09/2016 à 13h28 | Répondre

Swiiixou

Mince, moi j’ai acheté des baskets pour homme (dans le rayon femmes il n’y avait que du rose fluo ou du violet. Vé-ri-di-que !) tu crois que ça peut m’aider à courir comme un homme ? 😉
Bref, je suis tellement d’accord avec cet article. C’est effarant de voir à quel point il est mal vu de piocher (du matériel, un tempérament, des fringues, un positionnement, des valeurs, …) chez le sexe opposé. Et encore plus dans le sens homme-femme que dans le sens femme-homme. Les attributs socialement associés à la femme sont à ce point dégradants pour l’homme ? Je voudrais bien dire 2 mots à celle/celui qui a déterminé que le rose était féminin et que les garçons ne devaient pas avoir peur au départ.

le 13/09/2016 à 12h19 | Répondre

Nya (voir son site)

Haha depuis cet épisode, je me suis aussi dit qu’on pouvait dépasser le concept même de fringues genrées. Comme le dit Madame D, on peut tout à fait avoir des morphologies et des besoins différents, mais si un pull/bermuda/mocassin « pour homme » me plaît, je ne vois pas pourquoi je me gênerais. Je ne suis jamais allée acheter de vêtements directement dans une boutique « pour homme » (mon magasin favori est mixte !) mais je n’hésiterai plus.

le 13/09/2016 à 13h32 | Répondre

Claire (voir son site)

Merci Nya pour ton article.
Pour en rester sur les couleurs, il m’est difficile de trouver des jeux pour ma fille qui ne soient pas rose. Même si elle en a aussi en rose car j’aime bien cette couleur mais faut pas trop abuser non plus 😉

le 13/09/2016 à 13h50 | Répondre

Madame vélo

Pour une fois je suis entièrement d’accord et mon homme serait ravi de lire un article comme ça venant d’une féministe 😀
Quelque chose qui l’énerve particulièrement, et je suis tout à fait d’accord avec lui, c’est que dans son boulot (et c’est le cas pour beaucoup) les femmes ont le droit d’être en jupe et sandalettes l’été, tandis que les hommes n’ont pas le droit au short/bermuda et sandales. Du coup il crève de chaud avec son pantalon et ses chaussures fermées. Le pire c’est que les nanas dans son bureau ont parfois un peu frais avec leurs robes légères et ne veulent pas ouvrir la fenêtre pour aérer, et il n’a pas son mot à dire !! Pas toujours facile d’être un homme 🙂

le 13/09/2016 à 13h54 | Répondre

Madame vélo

Mon homme m’a fait remarqué ce matin que lorsque c’est lui qui va faire les courses on ne lui propose jamais de faire la carte de fidélité, alors que quand c’est moi on me la propose quasiment à chaque fois ! A méditer 🙂

le 14/09/2016 à 13h23 | Répondre

Tamia (voir son site)

Une réflexion très intéressante.
Les vêtements de sports roses/violets pour les femmes, les vêtements de petites filles roses et à fanfreluches : on en parle aussi 😉 Après effectivement il est plus simple pour une femme d’aller « piocher » dans le vestiaire masculin que l’inverse. La norme sociale va plus de sens actuellement.
Il est difficile pour un homme de mettre sa carrière entre parenthèse pour s’occuper de ses enfants, de porter une tenue légère au travail…
A nous d’éduquer nos enfants dans ce sens, de ne pas les enfermer dans les stéréotypes genrés et de leur présenter l’infinité des possibilités qu’ils ont devant eux !

le 13/09/2016 à 17h27 | Répondre

Margot

Amoindrir les attentes en fonction des genres profitera à tous, hommes et femmes, garçons et filles, je suis bien d’accord. Cela dit, petite note à l’attention de celles qui qui plaignent les petits garçons (même si on est d’accord! La pression qui leur est imposée n’est pas cool du tout et doit être abrogée): on entend souvent, lorsque l’on parle féminisme, ce genre d’arguments un peu contre de la part des hommes. « ouais, mais nous alors, vous voyez pas ce qu’on subit ». Or, il ne faut pas oublier je crois que si l’on parle féminisme, c’est que l’on vit dans une société basée sur un système patriarchal qui fait que durant des siècles, que dis-je, des millénaires, les hommes ont eu le pouvoir (et l’ont toujours dans certains pays). Les choses changent maintenant mais il en reste de nombreuses traces, que l’on a tendance à ne pas voir car l’on a grandi dans ce système sexiste. (un exemple, on commence seulement maintenant à parler harcèlement de rue ou culture du viol. Or pendant longtemps, siffler, aborder une fille dans la rue de manière macho était présenté comme anodin et surtout même valorisé, et l’est toujours pour beaucoup).Bref, ce long développement pour dire que! 🙂 Attention je crois avec l’argument des garçons ou hommes car il est souvent utilisé non pas pour élargir la réflexion, mais contre le féminisme. Or, oui, les hommes blancs de 50 ans ont bien bien plus d’avantages que les femmes… et les petits garçons qui naissent aujourd’hui ont probablement quelques avantages aussi dont on n’a pas encore conscience (par exemple, on leur attribuera sans difficultés, et donc ils s’attribueront eux-mêmes, le droit à des postures de leaders,d ‘autorité. Ou encore, ils seront bien moins menacés sexuellement). Voilà, j’ai fini! 🙂

le 14/09/2016 à 12h20 | Répondre

Nya (voir son site)

Merci pour ton commentaire. Je suis tout à fait d’accord. C’est une question que je me suis posée en écrivant : cette chronique est-elle finalement pour ou contre le féminisme ? J’évolue dans suffisamment de sphères féministes pour savoir que « mettre en oeuvre le féminisme pour profiter aux hommes » peut être perçu comme une nouvelle forme d’oppression qui vient saper la raison d’être du féminisme : agir en faveur des FEMMES, puisque nous vivons dans une société patriarcale. Pourquoi vouloir profiter aux hommes, perçus comme les oppresseurs ? Je n’adhère pas tout à fait aux raisonnement hommes = oppresseurs (cela peut faire l’objet d’une autre chronique, car individuellement, les hommes ne veulent pas forcément oppresser… même s’ils bénéficient de structures oppressantes pour les femmes).
Cela dit, j’espère que ma chronique et mes commentaires sont assez clairs : je pense effectivement que nous vivons dans une société où la catégorie dominante (personnes bénéficiant du plus de droits dans la pratique), ce sont les hommes blancs hétéros de plus de 50 ans, et je m’exprime avant tout pour les femmes. Mais si en chemin, on pouvait aussi changer les mentalités sur les attentes masculinistes que la société fait peser sur les hommes, nous nous porterions tous mieux.

le 14/09/2016 à 16h36 | Répondre

Mlle Folie douce

Quand j’ai vu le titre de l’article hier je me suis demandé quel était l’intérêt d’écrire sur des gants de jardinage… Ca a quand même éveillé ma curiosité donc je l’ai lu et c’est évidement passionnant. Ca m’a fait réfléchir mais aussi douter. Je me considère comme plutôt féministe, je suis résolument pour l’égalité des sexes. Dans mon couple nous nous répartissons les taches ménagères, c’est mon mari qui cuisine, nous partageons plein de loisirs et tout cela nous semble tout à fait normal. En revanche ça ne me plairait pas du tout que mon homme se mette à porter des robes ou des jupes (et de mon coté je ne lui pique pas ses tenues non plus). Je n’ai pas d’enfants mais quand j’en aurai j’espère leur inculquer nos valeurs, le respect, l’égalité des sexes, l’idée qu’on peut choisir le métier qu’on souhaite… En revanche si nous avons une fille elle ne sera pas habillée « comme un petit mec » et si nous avons un garçon il est hors de question qu’il parte à l’école avec une robe ! Est-ce contradictoire ? Je pense que le combat pour l’égalité hommes-femmes risque de se perdre en route s’il part vers un déni des différences. Au contraire l’égalité c’est justement le fait que nous sommes tous différents mais que nous devons être « égaux en droits et en devoirs ».

le 14/09/2016 à 20h47 | Répondre

Nya (voir son site)

Cela me semble effectivement contradictoire 🙂 On part ici dans un autre débat : celui de l’expression et du développement de la personnalité de l’enfant, qui est encore différent.

le 15/09/2016 à 13h29 | Répondre

Mlle Folie douce

Qu’est ce qui te semble si contradictoire ? Je précise que c’est une vraie question (pas une critique) car je me la suis posé aussi… Et au final il me semble justement que non car l’égalité n’est pas synonyme de négation des différences.

le 15/09/2016 à 17h46 | Répondre

Nya (voir son site)

De mon point de vue, la raison d’être de cette chronique, c’est : on ne peut progresser sur la question du féminisme qu’en se libérant du carcan du genre. Personnellement, je pense que des comportements comme porter du rose/une robe/les cheveux longs/exercer un métier « sensible » ou « dur »… ne sont que le reflet de différences artificielles perpétuées par une société patriarcale et qui n’ont plus de raisons d’être à notre époque. Pour reprendre ton exemple, dire à une petite fille qu’elle peut avoir autant de possibilités qu’un garçon en lui disant qu’elle doit s’habiller « en fille », ou dire à un garçon qu’il peut faire des choix non masculinistes en lui interdisant de porter les vêtements qu’il souhaite parce qu’ils ne seraient pas assez virils, cela me semble effectivement contradictoire. Et je pense que les nouvelles générations auront aussi un autre point de vue sur le genre, avec j’espère plus de fluidité identitaire à la clé. Là encore, je sais que certaines personnes sont attachées à l’idée d’un genre féminin nettement distinct du masculin, mais ce n’est pas mon optique, ce qui influence aussi ma vision du féminisme.
J’espère que cela t’éclaire. Évidemment, on a tou.te.s un point de vue différent et rien ne t’oblige à partager le mien 🙂

le 15/09/2016 à 23h40 | Répondre

Mlle Folie douce

J’ai honte de mon délai de réponse mais mieux vaut tard que jamais… Je me rends compte que je ne me suis pas exprimée très clairement. En fait je ne voulais absolument pas dire que j’interdirais telle ou telle tenue à mon (hypothétique futur) fils. Mais plutôt que je ne « pousserai » pas le féminisme jusqu’à l’habiller « en fille » (à l’âge où les enfants ne choisissent pas encore leur tenue donc) et à l’envoyer comme ça à l’école au nom de l’égalité des sexes… Après je pense que tu as raison sur un point c’est que je suis sans doute un peu plus attachée à la notion de genre que toi. Mais je suis tout autant attachée à la liberté. Voilà j’espère que je suis plus claire cette fois et mes excuses pour ce retard de réponse !

le 21/09/2016 à 18h26 |

Laura

Merci pour cet article très bien écrit et auquel j’adhère.
Il m’a fait repenser à cette vidéo qui fait réfléchir sur le genre : https://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I
Le contenu peut paraître trash par moment mais plusieurs thèmes et idées sont abordées de façon intelligente (d’ailleurs, à quand des femmes qui peuvent courir dans la rue torse nue ? 😉 )

le 15/09/2016 à 17h28 | Répondre

Mlle Moizelle

Un titre qui ne me parlait pas beaucoup, mais j’avais du temps à tuer… Et je n’aurais pas aimé manquer un tel article finalement! 😉
Tu as vraiment une jolie plume Nya, et surtout un regard très intéressant sur des problématiques que nous ne soulevons pas souvent/assez et qui pourtant font partie intégrante de notre quotidien. Tu as un sacré recul, j’apprécie vraiment de te lire. Et vive les gants neutres! :-p

le 17/09/2016 à 11h57 | Répondre

Valicka

merci Nya, pour ce bel article !
Je te rejoins complètement sur la nécessité de faire un chemin dans les deux sens… et parfois, quand je vois comment certaines de mes connaissances éduquent leurs garçons, je me demande si tout ce que je fais pour ma fille est bien utile (c’est une question rhétorique, c’est évidemment utile !!).
Et comme toi, je trouve que même si les garçons et les hommes portent leurs poids des stéréotypes genrés (j’ai fait mon mémoire dessus et j’ai bien vu la difficulté que cela peut représenter pour UN ado de 15 ans), il ne faut tout de même pas oublier que les hommes sont les dominants, sont maîtres de l’extérieur (non parce que j’en ai marre de l’argument que les femmes contrôlent tout à la maison) et sont souvent avantagés… Je veux bien donner toutes mes cartes de fidélité en échange d’un post-doc bien rémunéré ! 😉

le 17/09/2016 à 15h41 | Répondre

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