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Mes 4 conseils à un(e) jeune diplômé(e) qui s’apprête à faire ses débuts en entreprise


Publié le 30 mai 2018 par Urbanie

Crédit photo (creative commons): edar

Alors, petite aparté: je ne vais pas te parler dans cet article des trucs évidents (« arrive à l’heure, sois respectueux, et brosse toi les dents »: ça je pense que tu le sais déjà…). Je vais plutôt te donner des conseils de fond, à la lueur de ma relativement courte expérience du monde du travail.

Trouve toi des mentors

J’aurais pu te conseiller de te trouver un mentor, mais je prends le parti de parler au pluriel. Au cours de ta carrière, certaines rencontres vont littéralement te faire pousser des ailes. Inspire toi des personnes qui te feront cet effet là. Qui te pousseront à donner le meilleur de toi même, et à sortir de ta zone de confort. Dont tu admireras le savoir-être autant que le savoir faire. Ces personnes resteront relativement rares, mais elles seront très précieuses. En quelques années, j’ai fait de très belles rencontres, et je continue de m’inspirer de certains anciens collègues, même si je ne travaille plus avec eux.

Après, reste le grand débat: vaut-il mieux rester dans le sillage d’un super manager, au risque de couler avec lui s’il tombe en disgrâce? Ou est-il préférable d’élargir son cercle à plusieurs personnes inspirantes, pour ne pas se retrouver « piégé(e) » si le mentor préféré connait une mauvaise passe… je te laisse décider de ce qui te semble le plus intelligent.

Le savoir-faire ne suffit pas

Il y’a une chose qu’on ne t’apprend pas à l’école: ce n’est pas parce que tu fais bien ton taff que tu seras forcément récompensé à la fin. Je connais des quiches finies qui ont réussi à obtenir des jobs très hauts placés. Pourquoi? Parce que le savoir-faire ne suffit pas. Il faut aussi faire savoir ce que tu accomplis, auprès des bonnes personnes. Ce qui est un réel talent en soi (savoir se vendre avec un minimum de subtilité est une vraie compétence, que, personnellement, je n’ai pas). La variante toxique, c’est bien évidemment le collègue qui excelle à se faire connaitre, quitte à s’accaparer les succès des autres (les quiches finies dont je te parle plus haut).

Donc non: la maitresse ne viendra pas te distribuer un point point si tu as rendu un sans faute sur ta copie. Il faut apprendre à te vendre, et ça, ce n’est certainement pas quelque chose que tu auras appris sur les bancs de ta fac. Malheureusement, oserais-je dire.

Travaille ton réseau (et prends des initiatives)

La suite logique du conseil précédent: travaille ton réseau.

Je vais te raconter une petite histoire: quand je suis arrivée sur mon premier poste, les débuts ont été très, très difficiles: j’ai déboulé sur un site de 5000 salariés (!!!) et ma boss n’avait prévenu personne de mon embauche dans l’équipe (j’ai passé ma première journée à expliquer à mes nouveaux collègues que, non, je n’étais pas la nouvelle stagiaire… ambiance… cela dit, cela aurait du m’alerter sur la suite). Mon open space me semblait gigantesque, et en prime, je me suis attirée la hargne d’un collègue qui voyait d’un très mauvais oeil ma venue. Bref, j’étais terriblement seule, et pour couronner le tout, ma boss ne savait pas quoi faire de moi. Il s’est vite avéré que j’avais été embauchée pour « faire bien » (« Oh, regardez, elle a fait plein de super écoles »): j’étais un peu le joli petit trophée qu’on est content d’avoir acheté, mais qui s’avère vite encombrant. Ma boss était tellement paniquée à l’idée que je fasse une erreur qu’elle ne me filait aucun dossier (logique implacable, me direz-vous: en 2 ans et demi, je n’ai effectivement fait aucune connerie – je n’ai aussi et surtout strictement rien appris).  Cela fait rêver, hein?

Bonus: impossible de changer de poste en interne, puisque personne dans ma propre équipe ne m’aurait recommandée. Forcément: je ne savais rien faire. Le cercle infernal.

J’ai survécu, et si tu veux tout savoir, c’est parce que je me suis constitué un bon réseau. A un moment donné, seule avec ma salade verte devant mon écran d’ordinateur dans un open space aussi froid qu’un repère de Mangemorts, je me suis dit que ce n’était quand même pas possible que je sois la seule perdue dans un open space à la pause déjeuner. Que je sois la seule à avoir débarqué dans une équipe aussi peu accueillante. Bref, que je sois la seule à être toute seule. J’ai donc demandé la liste des nouveaux arrivants aux RH par mail, et j’ai organisé un dej. Qui s’est avéré devenir hebdomadaire. Pendant plus de deux ans. On a fini par accueillir de nouvelles personnes régulièrement, et moi, je me suis fait un petit réseau de collègues et de copains, dont certains ont été invités à mon mariage.

Bref, même si tu n’es pas seul(e) à ta pause déjeuner, il n’est jamais inutile de cultiver son réseau. Dis toi bien un truc: en général, les gens attendent que les choses se passent. Crois-moi, ils seront ravis que quelqu’un prenne l’initiative d’un dej, d’un afterwork ou d’une pause café pour eux (parce que beaucoup n’osent pas demander, ou sont trop accaparés par leur boulot pour penser à le faire).

Questionne toi régulièrement sur ce que tu veux vraiment obtenir

Au début de ta carrière, tu voudras sans doute un CDI, un bon salaire et plus de responsabilités, le plus rapidement possible. La base. A un détail près: au bout de plusieurs années, j’en vois beaucoup qui tracent leur route tout droit sans trop se poser de questions, et à mon sens, c’est le meilleur moyen de te prendre un mur en pleine route.

Pourquoi? Bicoz shit happens, comme diraient les ricains, et le jour où tu te trouves en difficulté, c’est bien de te connaitre suffisamment pour savoir quelle direction prendre sans te perdre en cours de route. Alors je ne te dis pas de faire un bilan de compétences par an, hein, ce serait relativement inutile. Mais plutôt d’apprendre à te poser les bonnes questions: qu’est-ce que je veux vraiment obtenir de mon job? Gagner beaucoup d’argent? Avoir un titre qui claque en société? M’épanouir au travail dans une ambiance conviviale?

Question suivante:  jusqu’où suis-je prêt(e) à aller pour ça?

Parce qu’on ne va pas se mentir, on est quand même conditionnés à confondre le prestige d’un titre ou d’un salaire, avec notre épanouissement personnel. Sauf que le bonheur n’a strictement rien à voir avec le schmilblick, et rares sont les personnes qui osent refuser une promotion parce qu’elles savent que ce ne n’est pas fait pour elles.

Quand je suis tombée sur un taré sur un de mes précédents boulots, c’est ce qui m’a permis de réagir immédiatement: j’étais sur un poste hyper sympa, en visibilité comme on dit. Mais je sais que je ne suis pas prête à travailler pour un tyran qui s’amuse avec ses employés comme un enfant arracherait les ailes d’une mouche. Je sais aussi que finir PDG (ou directrice de quelque chose) ne m’intéresse pas plus que ça, du moins, pas dans l’immédiat. Dont acte: le jour où j’ai reçu des menaces dans une salle de réunion, je suis partie le plus vite possible, en me protégeant avec un arrêt maladie (et une avocate). C’est un choix qui n’a pourtant pas été évident, puisque la pression sociale a été terriblement forte à ce moment la (heureusement, j’ai aussi pu compter sur l’aide précieuse de pas mal de monde, je me dis que mon karma n’est pas si moisi que ça non plus). Quitter un poste confortable et relativement prestigieux, à cause d’un manageur, c’est souvent perçu comme une folie ou une faiblesse, il faut bien en avoir conscience.

A l’inverse, si j’avais eu de plus grandes ambitions, oui, je pense que je serais restée et que j’aurais encaissé en silence. Tout est une question de priorités, et c’est bien de se connaitre pour faire les bons choix sans se renier, ni perdre sa santé en cours de route.

Voila pour ces quelques conseils, ils valent ce qu’ils valent, mais je suis bien contente aujourd’hui d’avoir pu « profiter » de mes malheurs au travail pour en tirer des leçons. J’espère que ces leçons te seront utiles à ton tour.

Et toi, tu as d’autres conseils à partager? Tu es d’accord avec le contenu de l’article? Pas d’accord du tout? Raconte!

Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Caro - WonderMumBreizh (voir son site)

je suis tout à fait d’accord avec ton article. J’ajouterai juste : prendre confiance en soi et en son travail. Quand on est « sous-exploitée » dans un poste, on peut vite se demander si on saura refaire comme on faisait avant. Ca reste en vous, ayez confiance 😉

le 30/05/2018 à 11h03 | Répondre

Urbanie

Tu as tout à fait raison! 🙂

le 30/05/2018 à 17h11 | Répondre

Madame Colombe

Merci pour cet article très intéressant qui vaut, je pense pour tout le monde , et pas seulement les jeunes diplômés.
Lorsqu’on a le nez dans le guidon, on n’est plus très bon juge des aspects positifs ou négatifs de notre travail.
Merci donc de nous avoir fait partager votre expérience.

le 30/05/2018 à 12h10 | Répondre

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