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A la une / témoignage

À mes grands-mères

Aujourd’hui c’est le premier mars, la fête des grands-mères ! Quelque soient les relations que nous avons avec nos grands-mères, elles ne nous laissent jamais indifférentes.

J’ai la chance d’avoir deux grands-mères, complètement à l’opposé l’une de l’autre ! Voici ce que cela m’a appris.

Ma grand-mère maternelle, le cliché d’une époque

Appelons-la Rosalie si tu veux bien. Elle est née en 1925 dans une famille de paysans. Oui Rosalie est encore parmi nous actuellement et va fêter ses 95 ans cette année !

Rosalie n’a jamais passé le permis de conduire, n’a jamais voté, n’a jamais eu l’autorisation de gérer les finances de la maison, n’a jamais travaillé. Rosalie n’a jamais pris de contraception. Elle a eu neuf enfants dont onze ou douze grossesses (je ne sais jamais).

Rosalie a élevé ses enfants dans la tradition d’une époque : les filles s’occupaient du ménage et du linge ; elles n’avaient pas le droit de sortir. Les garçons devaient travailler jeunes mais avaient droit à toutes les sorties et ne levaient pas le petit doigt pour les tâches ménagères.

Peut-être es-tu choquée, mais à l’époque c’était comme cela. Et je n’ai aucune honte de dire que dans ma famille maternelle, c’est exactement ce type d’organisation qui dominait.

Le mari de Rosalie est décédé en 1997 de la grippe. Depuis ce jour, elle n’a jamais quitté sa maison qu’elle gère seule et elle a la chance d’avoir une santé de fer.

Avec sa grosse vingtaine de petits enfants et presque une trentaine d’arrières-petits-enfants, Rosalie est la doyenne d’une grande famille très connue d’un peu plus de cent personnes.

Je n’ai jamais été vraiment proche de Rosalie. Je l’aime comme une grand-mère bien sûr, mais mes parents ne m’ont jamais laissé dormir chez elle ou passer des moments seule avec elle. Nous nous voyons pour prendre le thé chez elle et nous discutons bien.

Rosalie est fière de voir la façon dont ses petites filles se débrouillent. Elle est fière de voir qu’elles arrivent à conjuguer (parfois difficilement) vie de mère et vie de femme active. Elle répète souvent : vous avez la chance d’avoir accès à la contraception. Je crois que Rosalie est prisonnière de son époque et regrette de ne pas avoir eu les mêmes droits que ceux dont les femmes d’aujourd’hui bénéficient.

Rosalie m’a inculqué des valeurs de la religion. Rosalie me demande de me poser et prendre du temps. Rosalie me dit que tout va trop vite de nos jours. Rosalie commence à fatiguer et je sais que quand elle le dit, c’est que la fin est proche…

Crédit photo (creative commons) : debowscyfoto

Ma grand-père paternelle : à l’opposée d’une époque

Appelons-la Olga. Elle est née en 1935 en Italie. Olga a fuit la guerre et le régime de Mussolini avec ses parents. Elle s’est retrouvée à Annecy où sa maman a commencé comme couturière. Quant à elle, c’est l’usine qui lui ouvre ses portes dès qu’elle est en âge de travailler.

Olga se marie et fait deux enfants (mon papa et ma tante). Mon grand-père, je ne l’ai jamais connu. Olga et lui divorceront quand mon papa a dix-sept ans. Il parait que j’ai vu mon grand-père deux fois : à la maternité pour la naissance de mes sœurs et moi et le jour de notre baptême. Mon grand-père décédera des suites d’une maladie en 2000. Mes grands-parents ne se voyaient plus. Olga me disait qu’il était violent.

Après son divorce, Olga brûle la chandelle par les deux bouts. Elle voyage beaucoup (Amérique Latine, Thaïlande, Grèce, Espagne…). Olga est fidèle a ses origines : elle adore le soleil et la chaleur. Soleil qu’elle rayonne tout autour d’elle. Olga aime se faire bronzer, aime plaire. Elle danse tous les samedis soirs et sors toutes les semaines au casino. Olga a de nombreux amants. C’est une vraie séductrice.

Dans son petit appartement, Olga adore garder ses cinq petits enfants. Je passais toutes mes vacances scolaires chez elle ou elle chez nous pour nous garder. J’ai d’innombrables souvenirs avec elle, depuis mon plus jeune âge.

On me répète très souvent ma ressemblance avec elle, et encore plus particulièrement avec sa maman ; mon arrière-grand-mère.

Olga m’a emmené me faire percer les oreilles la première fois, puis la deuxième. Olga est la première au courant quand j’ai perdu ma virginité. Olga m’a inculqué la religion aussi. Olga sent bon le parfum. Olga est très câline, elle me broie dans ses bras quand j’arrive chez elle. Olga est toujours prévenante avec ses petits-enfants.

Lorsqu’Olga fait les gnocchis, elle ferme la porte de la cuisine. Personne ne rentre. C’est une recette secrète. Mais le jour de mes seize ans, elle me laisse entrer. Je pleure de joie et de fierté.

Olga ne sait pas servir le whisky à Mari Barbu, elle remplit toujours le verre à ras-bord et Mari Barbu n’ose pas la vexer.

Olga me manque terriblement.

Cette année, cela fera cinq ans qu’Olga est décédée. Lorsqu’elle avait encore toute sa tête avant que cette terrible maladie ne l’emporte, je lui ai annoncé ma grossesse. Elle était tellement heureuse, elle savait que j’allais avoir une petite fille.

Olga veille sur ma fille de là-haut.

Parfois il m’arrive de sentir son parfum.

Olga m’a appris à profiter de la vie. On ne sait pas de quoi demain est fait. Olga dit que les homme sont tous des cons. Peut-être qu’elle n’était simplement pas faite pour être en couple. Olga pense que la vie vaut d’être vécue. Olga affirme que la famille est très important.

Mes deux grands-mères sont des personnes aux vie tellement différentes ! Mais il y a des expériences et des conseils à prendre des deux côtés. J’ai eu la chance de les avoir à mes côtés.

Alors belle fête des Grands-Mères à toutes !

Et toi ? Es-tu proche de tes grands-mères ? Est-ce qu’elles t’ont transmis des valeurs ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut ! Moi c'est Doupiou ! Je suis mariée et maman de 2 enfants. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! J'essaie toujours de positiver et je crois fort au karma ! Je viens te raconter ici notre projet de construction mais aussi quelques tranches de ma vie !

4 Commentaires

  • Emilie
    1 mars 2020 at 12 h 44 min

    Tu viens de me faire pleurer avec Olga.

    Reply
  • Emeline
    1 mars 2020 at 23 h 09 min

    Très touchant ! Merci pour ce bel article

    Reply
  • Cricri2j
    1 mars 2020 at 23 h 18 min

    Très émouvant. Je pense aujourd’hui à toutes nos grands mères celles ici et celles qui ne sont plus là.

    Reply
  • Doupiou
    2 mars 2020 at 16 h 43 min

    Merci pour vos commentaires

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