Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon aventure entrepreneuriale : notre école a un an !


Publié le 6 septembre 2017 par Claire Gezillig

Il y a à peu près un an, je te racontais comment je m’étais lancée dans un gros projet entrepreneurial.

Et je t’avais promis la suite…

Mais j’ai été quelques peu occupée. Et d’un coup, d’un seul, L’école de français a eu un an !

Crédit photos : photo personnelle
Ça, c’est à l’apéro pour nos un an où nous avons investi un parc avec notre équipe et nos élèves de tous les âges…

C’est à la fois aller très vite et en même temps les débuts me paraissent tellement loin…

Mais je suis revenue aujourd’hui pour te raconter ce qui s’est passé depuis l’ouverture de notre école de français.

Et il s’en est passé des choses. Et tu sais quoi ? C’est hyper positif !

Nous avons rencontré notre public

Quand on se lance dans un projet de ce type, la question cruciale est : est-ce que ça va marcher ? C’est-à-dire, est-ce qu’on va avoir suffisamment de clients ?

Nous ne partions pas de zéro puisque nous avions chacune de notre côté, mon associée et moi, des clients. Mais là, il nous fallait former des groupes.
En ouvrant le 1er juillet, au début de la saison estivale, c’était un challenge d’ouvrir des cours dès le début. Nous avons fait les premiers cours avec des mini-groupes.

Mais nous nous sommes vite rendus compte que septembre allait remplir nos cours et que nous avions en effet bien besoin d’autres profs.

Au fur et à mesure des mois, les inscriptions pour les cours de groupe, les demandes de cours particuliers et de cours en entreprise ont commencé à affluer.
Et nous, nous nous sommes dit qu’il fallait peut-être que l’on arrête de faire des horaires de fou et à partir de janvier, nous avons cessé de donner des cours du soir de manière régulière pour pouvoir gérer tout le reste et ne pas s’épuiser au boulot. (En vrai, ça n’empêche pas de travail soirs et weekends mais de son canapé, c’est quand même beaucoup moins fatigant et ça apporte le luxe de la flexibilité).
J’ai même réussi à donner mes cours enfants du samedi matin à partir de janvier alors que j’y étais vraiment attachée.
Mais nous avons eu beaucoup de chance dans notre recrutement et déléguer devient bien plus facile quand on a 100% confiance en les personnes à qui on confie notre « bébé ».

Nous avons grandi

Tout s’est donc bien enchainé et les retours des clients sont vraiment positifs. Les gens se réinscrivent, le bouche-à-oreille marche et nous avons des cours complets… Et ça devient compliqué de jouer au Tétris avec notre salle et la demande de cours ainsi que les nombreux niveaux… Nous parlons dès le début de 2017 de s’agrandir en se disant que septembre serait une bonne opportunité.

Mais bien sûr, pour s’agrandir, il faut que je ce soit possible dans nos locaux (nous sommes dans un bâtiment composé de bureaux). En mars, nous croisons la propriétaire qui fait… visiter la salle à côté de la nôtre !

Mais, mais, elle se libère ?

Encore une fois, il faut prendre une décision rapidement ; savoir si c’est raisonnable ou pas… Comme on aime le risque (mesuré) et que de toute façon, on sent que l’on risque d’être coincé si on s’agrandit pas (pas assez de soirs pour proposer tous les niveaux en une semaine avec une seule salle), c’est parti !

Nous avons donc depuis le 1er avril deux salles de cours (salle Molière et Camus suite aux propositions de nos élèves et au vote sur les réseaux sociaux) !

Notre école compte donc aujourd’hui :

  • Deux fondatrices / directrices / profs de FLE
  • Une chargée de communication / aide à l’administration trilingue
  • cinq professeurs de Français langue étrangère (en plus de nous deux donc) qui travaillent plus ou moins suivant leurs disponibilités
  • un professeur de théâtre (comme la vie est bien faite, quand les parents d’ados francophones te disent qu’ils aimeraient bien qu’on propose autre chose que des cours de français classiques pour leurs enfants bilingues, on rencontre le pro parfait pour lancer des cours de théâtre pour enfants et adolescents francophones !)

Et comme il va y avoir encore plus de cours à la rentrée, deux ou trois professeurs encore devraient rejoindre l’équipe…

Nous avons appris

Ce bilan a l’air idyllique. Parce qu’il l’est.

Ça ne veut pas dire que ça a toujours été un long fleuve tranquille. On serait plutôt dans le genre rivière sauvage sur lequel on fait du rafting.

On a beaucoup travaillé cette année, beaucoup fait, beaucoup appris.

De base, ma formation, c’est donc professeur de français langue étrangère. Je n’ai pas été formée à :

  • faire et gérer des devis, factures, comptes, emplois du temps
  • répondre à des e-mails et des coups de téléphone en trois langues
  • utiliser des outils techniques de management
  • gérer et former une équipe
  • faire du marketing, de la communication et du réseautage
  • jongler entre disponibilité pour son entreprise et préserver sa vie personnelle et son état mental

Et donc j’ai appris. J’ai appris parfois en faisant des erreurs, parfois en ne me sentant pas très à l’aise. J’ai découvert que j’avais des qualités cachées, que certaines tâches me plaisaient bien (faire un emploi du temps avec des contraintes de salle, personnel etc, je trouve ça fun par exemple) et que je n’étais pas très à l’aise dans d’autres (aller à des événements pour représenter l’école, ce n’est pas ma tasse de thé).
J’ai passé du temps sur Internet à chercher des solutions techniques, j’ai lu différents articles d’entrepreneurs et puis, j’ai discuté avec d’autres. Et puis, j’ai fait des expériences.
Être deux, ça permet de se répartir les tâches mais surtout de ne pas prendre de décision sur un coup de tête, de réfléchir, d’en discuter, de trouver les arguments si on n’est pas d’accord.

Je suis fière et reconnaissante

Aujourd’hui, je suis fière de ce à quoi ressemble notre école.

Tout n’a pas toujours été parfait et ne l’est pas encore mais c’est une belle structure, qui tourne bien, des clients contents et une équipe épanouie.

Bien sûr, il y a eu des moments plus difficiles, des ratés, des tensions, des plaintes parfois et des moments de découragement.
Il y a eu des jours où je me suis un peu dit « mais qu’allais-je faire dans cette galère ? » – mais je sais qu’il ne faut pas se laisser avoir par les fourberies de Scapin de la vie (blague de littéraire, pardon). Parce que cette aventure, c’est surtout super chouette !

Notre chance, c’est, je crois, qu’il y a dans ce pays et à Amsterdam particulièrement une culture de l’entreprenariat, un élan général qui te pousse à tester tes idées, à te lancer dans des projets… Et où on ne te flagelle pas en cas d’erreur mais on admire l’énergie que tu mets dans ce que tu crois.

Si toi aussi, tu penses à te lancer dans un projet entrepreneurial ou si tu y es déjà et que tu as des doutes quand tout ne se passe pas comme tu le voudrais, j’ai envie de te dire comme je dis à mes élèves pour leur apprentissage du français « l’erreur fait partie du processus d’apprentissage ».

Si aujourd’hui je suis fière de ce que nous avons battu. Je suis aussi très reconnaissante de la chance que nous avons rencontrée.

Dans ce que j’ai appris, je voudrais aussi te transmettre ces quelques pensées de ce qui m’est apparu comme important au cours de cette première année d’aventure :

  • entoure-toi de gens qui partage ta vision et tes valeurs. Nous avons pas mal recruté pendant cette année et rapidement, je me suis rendue compte que le conseil qu’on m’avait donné « fais attention au feeling, l’expérience et la formation des gens sont des points à prendre en compte mais beaucoup de compétences s’apprennent, moins une certaine philosophie du travail » est vraiment pertinent.
  • N’hésite pas à demander de l’aide quand tu ne t’en sors pas. Crée-toi un réseau, aujourd’hui avec les réseaux sociaux, il est assez simple de trouver des groupes d’entraide où on peut au moins discuter et trouver des conseils ou des professionnels vers qui se tourner.
  • prends soin de toi, ton corps et ton mental sont tes premiers outils vitaux pour pouvoir arriver à faire quelque chose !
    Au début, j’avais tendance à me faire des to do lists pour la journée assez conséquences et je ne m’arrêtais pas avant d’être arrivée au bout, aujourd’hui, je me fixe une limite horaire dans ma journée, et même s’il y a beaucoup de tâches urgentes, j’essaie de différencier le très urgent du juste relativement urgent et je remets à demain.
    Et j’ai aussi appris à me déconnecter. Nous avons des cours à l’école potentiellement tous les jours de 8h à 21h45 et aussi le samedi, et les mails arrivent tous les jours même le dimanche. Comme directrices, nous nous devons d’être joignables en cas de problème (« Help, Claire, la fenêtre est cassée ») mais si ça veut dire garder avec soi son téléphone, ça ne veut pas dire être tout le temps connecté avec les notifications mails et whatsapp de l’école…
  • N’oublie pas ce qui t’a poussée à cette aventure et ce qui te fait vibrer dans ton entreprise.
    Aujourd’hui, notre école tourne bien, mais nous sommes surtout riches d’une vie professionnelle riche et belle… Et les jours où la tête tourne des responsabilités et du travail à faire, je regarde ce qu’est aujourd’hui notre entreprise, je vois à quel point notre équipe se sent épanouie d’y travailler, à quel point les cours qui y sont donnés correspondent exactement à ce en quoi je crois en tant qu’enseignante, et ça, ça n’a pas de prix !

Et maintenant ?

Un an, c’est tout jeune, c’est encore qu’un début. Il y a encore mille défis à relever (celui qui m’occupe actuellement : remplir tous nos cours de septembre avec nos deux salles de cours).

Et enfin, il y a aussi l’équilibre qui est en train de s’installer entre cette vie professionnelle exigeante et riche et une vie personnelle qui reprend ses droits après les débuts chronophages.
Un équilibre sur lequel je vais devoir travailler avec une nouvelle perspective puisque le projet qui m’occupe beaucoup actuellement, c’est celui de la maternité… Mais ma vie de (future) maman entrepreneuse, c’est sur Dans ma tribu que je te la raconte !

Et toi, tu es entrepreneuse ? Comment ça se passe ? Raconte !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Melinda

Félicitations pour ce beau bilan ! Je suis admirative de votre évolution en si peu de temps. Il est intéressant de voir que vous avez su prendre des risques tout en restant prudentes. Ça donne envie de se lancer un jour… Reste à trouver l’idée ! 😅

le 06/09/2017 à 09h08 | Répondre

Nathalie

Merci pour ce retour ! C’est très intéressant et ça donne envie de se lancer dans des projets repoussés parce qu’on pense qu’on n’y arrivera pas (même si ce n’est qu’apprendre un instrument 😉) !

le 06/09/2017 à 09h23 | Répondre

Claire Gezillig

Il n’y a pas de petits projets si ça nous fait envie… Ce qui fait la différence entre les personnes entreprenantes et les autres, ce n’est pas souvent les idées ; des idées tout le monde en a, c’est le fait d’oser franchir le pas.
Quel instrument tu souhaites apprendre ?

le 29/09/2017 à 17h04 | Répondre

MmeExpat

Bravo pour tout ce que vous avez accompli à deux cette année, vous pouvez être fière de vous, toutes les deux et de votre « bébé » commun. Chapeau!

le 06/09/2017 à 10h33 | Répondre

Folie douce

C’est un plaisir de lire la suite de ton aventure professionnelle après avoir suivi celle de ton mariage (et en parallèle celle de future maman , tu verras c’est une aventure eextraordinaire!). Et j’adore la blague en référence à Molière sachant qu’une des 2 salles porte son nom 😆

le 06/09/2017 à 11h16 | Répondre

Penelope

C’est beau, ce bilan 🙂
Et forcément je me reconnais dans beaucoup de choses (sauf pour le recrutement mais qui sait…) Vous avez une vraie chance d’être deux, et je vous souhaite une belle continuation !!

le 06/09/2017 à 11h43 | Répondre

Claire (voir son site)

C’est super chouette ce bilan très positif!
Bon anniversaire à ton école 🙂

le 06/09/2017 à 12h47 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Quel beau bilan !
Bravo tu peux être fière de toi !
Je vous souhaite une belle et longue aventure entrepreunariale !!!

le 06/09/2017 à 13h32 | Répondre

MlleMora

Vraiment bravo ! Tu as de quoi être fière, j’admire ta détermination, ton courage, ta passion ! Avec toute cette volonté, ça ne peut que perdurer ! Encore bravo !

le 06/09/2017 à 14h35 | Répondre

Miss Chat

Félicitations ! Vous l’avez bien mérité 😉 Je trouve ça fou la vitesse à laquelle votre école a décollé en tout cas ! Est-ce que vous vous attendiez à cela ? (au-delà de l’aspect « youpie notre entreprise fonctionne bien ! » je veux dire)
Aaah le réseautage, je n’aime pas ça non plus… (pas de bol, c’est une partie de mon boulot aussi)
J’avais une question pratique (tu pourras crier à la déformation professionnelle !) : vos professeurs sont des indépendants ou des employés ? Comment cela fonctionne-t-il si ce n’est pas indiscret ?

Quand je lis des témoignages comme le tien, ça me semble si loin de ce que je fais, alors que je suis entrepreneur aussi au final. C’est tellement pas le même niveau ! ^^ J’aime beaucoup ce que je fais en tant que freelance mais ce n’est pas une passion et je me suis lancée dedans un peu par hasard alors je ne ressens pas non plus cet élan d’enthousiasme qu’on peut avoir (je pense) quand on regarde son entreprise, son bébé, grandir. Quand je regarde mon activité, je vois surtout : « revenu intéressant » (en mode super vénale, la fille).
Mais je retrouve tout de même beaucoup de choses que tu cites : j’ai fini par développer des compétences en finance et compta que je n’avais pas, je cible de plus en plus les gens avec qui je travaille en fonction de nos valeurs communes (ou non !), j’équilibre mon temps vie privé et vie pro et j’avoue avoir une petite pointe de fierté quand je constate qu’à présent, j’ai suffisamment de poids et d’expérience pour qu’on me propose des missions sans que je doive courir après 🙂

le 06/09/2017 à 16h16 | Répondre

Claire Gezillig

Ah non, on ne s’attendait pas à cette réussite si rapide. Dans notre business plan on avait évoqué le fait de prendre un prof de plus, notamment dans le cas de maternité. On a vite vu que ça irait plus vite que ça… Mais de là à avoir deux salles un an après et presque 200 personnes qui prennent des cours chez nous cette rentrée (je viens juste de faire le compte)…

Pour le moment, nous travaillons avec des indépendants. Trois de nos profs travaillaient quasiment à plein temps chez nous actuellement mais pour le moment, on n’arrive pas à trouver comment leur donner un contrat car notre activité est très dépendante des saisons et que le secteur de l’enseignement ne permet pas d’annualiser les heures… Mais on creuse toujours car on aimerait bien leur offrir plus de sécurité.
Cela dit, c’est dur aussi pour nous de prévoir et après en avoir parlé avec ces 3 profs là, elles sont contentes en fait de pouvoir dire non, partir en vacances quand elles veulent et bosser ailleurs aussi… Donc bon, on essaie de ne pas tomber dans l’ubérisation mais dans le monde du FLE, c’est monnaie courante d’être indépendant (ou d’avoir un contrat zéro heure, ce que je trouve une arnaque mais bref…)

Sinon, je pense qu’il y a en effet beaucoup de profils d’entrepreneur. Moi pour le coup, pour le moment, je me paye moins que quand je donnais des cours ailleurs (en tant qu’employée ou free-lance) et je travaille plus mais oui, il y a une satisfaction différente (et puis je sais que ce que je peux me payer va augmenter avec le temps si tout va bien)

le 29/09/2017 à 17h18 | Répondre

Claire Gezillig

Merci à tout le monde des compliments 🙂 ça me fait chaud au cœur 😉

le 29/09/2017 à 17h06 | Répondre

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