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Mon expérience dans une école anglaise


Publié le 1 décembre 2017 par Madame Givrée

J’avais toujours voulu partir vivre en Angleterre. J’en rêvais depuis l’enfance, et je m’étais promis de le faire, à l’âge adulte. Alors quand l’occasion s’est présentée au milieu de ma dernière année d’études, à 19-20 ans, tu peux imaginer que j’ai sauté sur l’occasion ! J’étais en fac d’anglais, et ce qui se fait beaucoup à la fin d’études de langues, c’est de partir un an à l’étranger pour faire de « l’assistanat », comprendre : aller travailler dans une école pour être assistant de professeur de langue, et faire profiter aux élèves de notre expérience en tant que natif du pays dont ils étudient la langue.

Ce qui est bien avec ce système, c’est que c’est la fac qui s’occupe de toute la partie recrutement: les entretiens et tests se font au sein de l’université, ce qui était un plus pour moi qui n’étais pas forcément très mobile à l’époque. Normalement, tes notes ne te sont pas communiquées mais il se trouve que les personnes qui m’ont reçue pour l’entretien en anglais, puis pour l’entretien en français, n’ont pas été très discrètes quand elle m’ont attribué une note et une place dans le classement, et j’ai vu que j’avais des « A » dans tous les domaines et que j’étais en haut de la liste. Je pense que c’est pour ça que j’ai obtenu un poste exactement comme je le souhaitais, et même au delà de mes espérances.

C’est comme ça qu’en août 2007, je suis montée dans un Eurostar direction l’Angleterre.

Crédits photos (creative commons): Free_Photos

Ma situation

J’avais demandé un poste dans une école en milieu rural, si possible vers le nord de l’Angleterre, je n’ai pas été déçue: j’ai obtenu un poste d’assistante dans une école privée située en haut d’une colline, aux abords d’une commune de 700 habitants dans le Leicestershire, c’est à dire… en plein milieu de nulle part.

Cette école était privée, catholique, et dotée d’un internat. Là où je disais que j’avais obtenu plus que ce que je pouvais espérer, c’est que l’école m’a proposé un accord très avantageux : l’emploi que je briguais, avec le salaire assorti (environ £750 par mois si ma mémoire est bonne,  ce qui, à l’époque, faisait environ 1200€), mais aussi… un grand logement meublé et équipé (cuisine, machine à laver, deux salles de bain…) à partager avec deux autres filles, et trois repas par jour pris à la cantine, en échange de deux soirées de travail par semaine à l’internat, et un weekend sur deux.

En plus de ça, elle me proposait un emploi d’août à juillet, alors que la plupart des postes d’assistant(e)s sont à pouvoir d’octobre à avril / mai. Une aubaine pour moi qui rêvais d’y passer du temps, beaucoup de temps !

En plus, le cadre était vraiment sympa !

Photos personnelles

Et je ne te parle même pas des équipements et avantages: une piscine, des terrains de football et de rugby, un espace pour jouer au cricket (jeu auquel je n’ai jamais rien compris) ainsi que des terrains de tennis et de netball, des classes à petits effectifs, des ordinateurs dans toutes les salles, un bâtiment entier équipé d’une salle informatique, de salles de travail individuelles et d’une bibliothèque rien pour les premières et les terminales, et deux voitures mises à disposition du personnel vivant sur place pour aller en ville, vu que nous étions en pleine campagne… Le top !

Le travail

Je travaillais douze heures par semaine auprès d’élèves de tous âges selon les besoins des profs. Et là, tu te dis que j’étais quand même super bien payée pour si peu d’heures de travail effectives, et tu as bien raison! Merci les accords entre le Royaume-Uni et la France. J’aurais dû avoir un emploi du temps fixe et des classes qui ne changeaient jamais, mais, en réalité, je travaillais beaucoup en fonction de ce que les professeurs me demandaient et des besoins des élèves. J’étais présente sur des plages horaires fixes qui s’étalaient tout le long de la semaine.

Certains professeurs me laissaient assez libre, ils m’envoyaient les élèves un par un ou deux par deux dans une salle à part, et dans ce cas je privilégiais la conversation, j’essayais de les connaître, de les faire pratiquer un vocabulaire simple mais qu’ils connaissaient normalement bien. D’autres me confiaient des terminales pour que je les aide à travailler sur leur « mémoire » de fin d’année (j’ai du mal à appeler ça autrement puisque ce n’était pas une dissertation, pas un exposé, mais bien un dossier complet à rendre et à présenter sur un point culturel de leur choix). Une enseignante en particulier m’imposait de préparer un examen de fin d’année avec ses élèves, et c’est ce que j’aimais le moins: ils devaient réciter un passage en français sur un thème donné (leur maison, leur école, leur famille, leurs amis…). C’était répétitif, bourré d’erreurs incorrigibles parce que les élèves avaient déjà tout appris par cœur, très peu fluide, et je suis certaine que la plupart des élèves n’avaient aucune idée de ce qu’ils récitaient.

Crédits photos (creative common): Wokandapix

Côté internat, nous avions une routine bien définie: faire l’appel à l’heure du thé, dispatcher les élèves dans leurs groupes d’étude pour les deux heures à venir, faire l’appel au repas du soir, s’assurer que les petites retournaient à l’internat et que les grandes restaient dans les parages, et puis vérifier les chambres et faire éteindre les lumières aux heures désignées (plus ou moins tard selon l’âge des filles). Ensuite, je passais la nuit dans la chambre de garde à l’internat. Je réveillais les filles le matin, je faisais le tour des chambres, qui devaient être rangées avant de partir, je vérifiais leurs tenues (leurs uniformes : un chemisier blanc, une cravate de la couleur de leur « maison », une veste noire ou bleu marine, une jupe de la même couleur, des chaussures classiques, pas de bijoux sauf si c’était discret, ni maquillage ni vernis à ongles), et j’envoyais les élèves portant maquillage ou vernis à ma chef pour démaquillage / application de dissolvant. Je m’assurais que tout le monde descendait au petit déjeuner, et ma « garde » était finie.

Le weekend, la routine était différente: les filles avaient le droit de dormir un peu plus tard, et géraient seules leurs activités. Il y avait souvent des compétitions de sport et je devais simplement m’assurer que ma liste d’appel était à jour et que je savais qui était où. Souvent, des sorties étaient organisées (shopping, Mc Donald’s, visite d’une fabrique de chocolat, cinéma, bowling, karting…) et dans ce cas mon travail était… de les accompagner ! Quand je te dis que ce boulot était top !

Ce que ça m’a apporté

Vivre pendant toute une année dans une espèce de vase clos, dans un appartement au-dessus de l’école où je travaillais a été une sacrée expérience.

D’abord, ça a été une première pour moi: jusque là, je vivais chez mes parents. Et ça a été une première expérience professionnelle très enrichissante. Vivre sur place m’a apporté un regard sur le fonctionnement de l’école que je n’aurais pas eu si je m’étais contentée de venir pour mes douze heures hebdomadaires.

Comme je n’avais que très peu d’heures de cours dans un endroit en plein milieu de nulle part, j’ai mis à profit mon temps libre pour m’intégrer au sein de l’école et découvrir d’autres aspects : j’ai bien aimé découvrir le pôle « arts » et voir ce que les élèves réalisaient. J’ai beaucoup discuté littérature avec les professeurs d’anglais, il n’y a rien de tel qu’un spécialiste natif pour te donner une perspective toute particulière sur une oeuvre que tu es en train d’étudier. A l’époque, je commençais à préparer (tout doucement et sans grande motivation) le concours pour être enseignante en France. J’ai passé beaucoup de temps à l’infirmerie, parce que je m’étais liée d’amitié avec l’infirmière. L’infirmerie, pour les internes, c’est un peu le nerf de la guerre, là où les enfants vont un peu se faire plaindre et dorloter quand ils ont un coup au moral. J’ai tissé des liens très intéressants avec les personnes que j’ai croisées là bas. J’ai également assisté à quelques cours de mathématiques et de science, sur invitation des enseignants. Je crois que c’est ce qui m’a apporté le plus, professionnellement parlant, cette année-là. Des cours dans un domaine qui n’est pas le tien, dans une langue qui n’est pas ta langue maternelle, suivis d’explications sur les choix pédagogiques du professeur, c’est très enrichissant !

Comme j’étais très jeune (j’avais 20 ans quand je suis arrivée), je me suis liée d’amitié avec un certain nombre d’élèves. Une fois partie, ils ont repris contact avec moi sur Facebook et nous sommes toujours en contact maintenant. C’est une grande joie pour moi de les voir évoluer et grandir. Je suis particulièrement attachée à eux.

Je parlais déjà très correctement anglais quand je suis arrivée, mais, bien sûr, quand je suis partie, j’avais énormément progressé, et je suis rentrée… bilingue. Ce qui m’a permis de ne jamais, jamais être au chômage. Et comme dirait ma grand-mère « par les temps qui courent, c’est quand même quelque chose! »

Je dois dire que ça a été difficile de vivre loin de Sir Givré pendant si longtemps, mais ça en valait totalement la peine.

Et toi, tu as déjà eu une expérience à l’étranger? Tu y penses ? Tu aurais aimé partir et tu ne l’as pas fait ? Viens nous en parler dans les commentaires. 

Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Nya (voir son site)

Super ! La quasi-totalité de mes amies sont parties
en assistantes de langues en licence, ça me donne une meilleure idée de leur quotidien. Découvrir la campagne anglaise à 20 ans semble une fameuse expérience ! Es-tu repartie à long terme en Angleterre depuis ?

le 01/12/2017 à 21h38 | Répondre

Madame Givrée

Oui, j’y suis retournée ! Mais je garde les détails pour un prochain article 😉

le 06/12/2017 à 22h21 | Répondre

emma_chan

j ai trouvé cet article super intéressant, merci!! c est super original comme expérience

le 04/12/2017 à 16h48 | Répondre

Madame Givrée

Merci pour ton commentaire ! C’était en tout cas une expérience inoubliable ! 🙂

le 06/12/2017 à 22h29 | Répondre

Madeleine

En fait tu as été chez harry Potter pdt un an ! 😆

le 04/12/2017 à 22h41 | Répondre

Madame Givrée

Haha oui, c’est ce que je dis à mes élèves quand ils me posent des questions et que je leur en parle :D.

le 06/12/2017 à 22h31 | Répondre

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