Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon expérience du monde du travail – Partie 2


Publié le 9 mai 2018 par Mélimélanie

Me revoilà pour te raconter la suite!

La dernière fois je t’avais laissé suite à l’éclatement d’une situation nocive depuis plusieurs mois et au fait qu’on venait de me changer d’équipe pour me protéger de mon ancien chef de projet.

Alors, avis aux employeurs qui se retrouveraient dans ce genre de situation:

Demander à une salariée de déplacer, à la première heure, toutes ses affaires dans un autre bureau, et de changer d’équipe sans aucune préparation ça ne protège personne. Ah si peut être… le manager harceleur.

Non parce que devoir ensuite expliquer à tout le monde pourquoi on se retrouve catapultée du jour au lendemain dans une autre équipe c’est juste pire que tout.

Surtout quand on n’est pas une saloperie finie et qu’on décide de ne pas ébruiter les évènements pour éviter de créer plus de tensions.

Quand le problème devient physique

Tu t’en doutes après ces évènements ma vision de ma société à complètement basculée.

Je suis devenue physiquement malade d’aller au bureau.

Le matin mes nausées commençaient quand j’arrivais sur le parking.

Les hormones de grossesse me faisaient parfois me demander si je pouvais réussir à tuer quelqu’un avec le crayon en papier sur mon bureau (quand je voyais passer mon ancien chef dans mon open-space).

Il s’est passé un peu plus de deux mois après cette histoire avant que je sois arrêtée pour raison médicale. Et encore parce qu’on ne m’a plus donné le choix (ma médecin souhaitait m’arrêter bien plus tôt face à mon état psychologique se dégradant nettement depuis des semaines).

J’ai fait un pacte avec ma médecin traitant. Elle me laissait finir proprement mon travail dans ma société et je lui jurais de trouver un autre travail pendant mon congé maternité.

Je suis parti fin février 2017 en vidant complètement mon bureau. Soulagée d’un poids de savoir que pour le moment je ne devais pas revenir et espérant très fort ne plus avoir à revenir DU TOUT.

Contrairement à ma première grossesse ou je donnais souvent des nouvelles et ou je passais régulièrement au bureau cette fois ci je ne voulais plus entendre parler de mes collègues.

Crédit Photo : Concord90 (CreativeCommons)

A la recherche d’une porte de sortie

Je me suis mise à rechercher (aussi sérieusement que possible quand on est enceinte et en arrêt…) un nouveau travail.

Au début j’étais sereine, j’avais du temps.

Puis Juin est arrivé et toujours rien…

Honnêtement mon moral à recommencé à flancher. J’en avais mal au ventre d’imaginer retourner travailler la bas.

Puis j’ai fait de nouveaux entretiens qui se sont extrêmement bien passés. J’y croyais je voyais enfin ma porte de sortie.

Et puis non. Le dernier entretien pour le poste que « j’avais dans la poche » (d’après la RH) était avec le mari de ma secrétaire de direction… le MARI quoi. Appelle-moi Madame Poisse.

Bien évidemment ma recherche d’emploi qui était restée « secrète » depuis lors (Oui apparemment même quand tu dis clairement haut et fort et plusieurs fois: « j’en peux plus je cherche ailleurs je veux démissionner au plus vite » les gens ne comprennent pas vu qu’ils tombent des nues quand ils apprennent 6 mois après que tu passes des entretiens…) ne l’a plus été.

Et mon entreprise s’est gentiment chargée de faire capoter ma potentielle embauche (en s’en cachant à peine…).

Juillet est arrivé. Je devais reprendre en octobre (après un prolongement d’un mois proposé par ma médecin).

Clairement niveau moral c’était difficile. Je me voyais retourner au travail et devoir supporter, en plus, des réflexions sur ma recherche d’emploi (oui parce qu’en plus le mari s’était chargé de dévoiler le contenu de l’entretien malgré la demande de confidentialité de son chef…).

Puis nous partons dans le Sud pour le mariage de ma sœur (hiiiiiii). Et un jour alors que j’allaitais calmement mon fils dans le canapé de la maison loué pour l’occasion je reçois un mail:

« Bonjour Mélimélanie,

Pour information, suite aux différents entretiens que vous avez passés, chez …., je déclenche ce jour une demande d’embauche.

Vous devriez recevoir une proposition avant la fin du mois de juillet. »

Comment décrire mon état à ce moment-là?

Euphorique.

Hystérique.

J’en ai pleuré de joie en faisant des câlins à tous les membres de ma famille présents avec nous.

Le poids sur mes épaules s’est envolé.

J’allais ENFIN pouvoir démissionner.

La démission ou quand la blague se prolonge un peu trop

Dès la proposition d’embauche reçue j’ai contacté mon PDG pour lui demander si je pouvais le voir, dans l’optique de parler avec lui de la fin de mon contrat.

Fidèle au personnage j’ai reçu un mail accusateur comme quoi je dénigrais l’entreprise à l’extérieur après tout ce qu’ils avaient fait pour moi… et que ma demande ne l’étonnait donc pas mais qu’il n’avait pas que ça à faire…

Et face à ma demande d’écourter mon préavis de départ* j’ai reçu une réponse laconique me disant de faire ma demande et de prendre rendez-vous avec mon supérieur pour voir si ça serait accepté.

*Il est à savoir que le congé maternité et les arrêts maladies comptent dans le préavis. Donc en posant mon préavis au moment où je lui écrivais mon mail cela ne devait me faire revenir que 20 jours calendaires en entreprise. Ce que je trouvais être une aberration autant pour eux que pour moi.

J’espérais pouvoir avoir une discussion entre adultes. Revenir sur les raisons de mon départ. Leur donner des pistes sur ce qui faisait que je partais comme ça un peu « comme une voleuse » en espérant ne même pas passer leur dire au revoir.

Mais non.

Bon, après tout ma demande d’écourter le prévis est légitime. Tout le monde me dit que ça n’est à l’avantage de personne de m’obliger à le faire jusqu’au bout.

Sauf …

…sauf si ils veulent me faire chier.

Oui mais ce sont des adultes, on n’est plus à essayer d’emmerder l’autre, ils ne feront pas ça non?

Ha ba si en fait.

Mi-août j’ai une réunion avec mon supérieur pour discuter de la fin de mon contrat. Rien qu’en arrivant sur ce parking sur lequel je n’ai pas mis les pieds depuis presque 6 mois les nausées arrivent.

Ça ne m’étonne que peu étant donné que j’avais le ventre tout noué depuis plusieurs jours avant la réunion.

Durant l’entretien je donne le tout pour le tout. Je mens en disant que si je veux partir c’est uniquement à cause de moi et de la gestion de ma GEU (que j’avais « découvert » au travail). Je fais profil bas, j’explique ne plus me sentir à ma place après ce qu’il s’est passé en décembre. Je remets toute la faute sur moi en espérant que ça passe.

Mais comme je te le dis plus haut ça ne passe pas.

Mon supérieur se sent trahi par ma démission. Lui qui a de son point de vue toujours tout fait pour que je me sente bien.

Moi pour qui il a fait beaucoup plus que pour tous mes autres collègues.

Sa décision est définitive il « ne veut pas [me] faire de cadeaux » en me laissant partir plus tôt.

Je dois revenir 20 jours.

Me voilà donc début octobre debout devant la porte. Je me répète en boucle que ça va passer vite et que je peux le faire.

Ma médecin m’a proposé de prolonger mon arrêt jusqu’à la fin de mon préavis mais je n’ai pas voulu.

Ils veulent la jouer dégueulasse, je continuerai à jouer selon mes règles et à ne pas me laisser abattre. J’ai survécu à la prépa ce n’est pas 20 jours qui pourront m’affecter.

Le dernier rebondissement

J’aurai pu arrêter de raconter là ma démission. Te dire que j’avais fait mes vingt jours et puis c’est tout.

Malheureusement non.

Au bout d’une semaine et demie de reprise je suis convoquée dans le bureau de mon supérieur qui me reproche ma productivité « bien en dessous de ce qu’il me sait capable de faire ».

Il a atteint le point ou je n’ai plus aucun remord à partir, j’en suis arrivée à détester tout de cette entreprise. Je m’énerve en lui demandant à quoi il s’attendait en me faisant revenir 20 jours.

Il commence à me dire que si je suis revenue pour ne rien faire il ne fallait pas que je revienne. Je crois à une blague… où est la caméra cachée?

S’en suis une nouvelle (et cette fois dernière) dispute ou je lui dis qu’ils sont tous bien gentils mais qu’au bout d’un moment je vais peut-être en avoir marre et aller voir les Prud’hommes pour harcèlement sur femme enceinte.

Que jusqu’à maintenant j’ai été sympa mais qu’il serait bien aimable de ne pas me prendre pour une conne.

Que je reprends après sept mois d’arrêt et que n’importe qui aurait une productivité moindre dans ces conditions.

Que de plus je reprends alors que je suis en démission et qu’on m’a fait revenir alors que je demandais à arrêter mon contrat plus tôt.

Mon supérieur se calme et réalise l’énormité de ce qu’il me reproche (enfin je crois). Puis il reconnaît que ça le fait clairement chier que je parte. Que oui ils ont eu des soucis de management avec moi mais qu’ils n’étaient pas tous de mon fait (j’aurai même dit pas du tout personnellement mais bon…). Et que surtout j’étais super productive comme rarement il en a croisé, que je comprends super vite et qu’il avait pleins d’idées pour utiliser mes capacités.

GAME OVER

Si vous vouliez me garder il fallait être moins cons (ouais j’en ai marre d’être consensuelle).

Un nouvel air

Ma démission s’est terminée dans un calme relatif.

J’ai réfréné mon envie de leur hurler « merde » à tous (bon j’ai chantonné « Libérée Délivrée » dans les couloirs les derniers jours…)

J’ai même fait un pot de départ… ou je n’ai même pas eu une carte signée par mes collègues (fallait bien finir en beauté pour être sûr que je n’aurai AUCUN regret).

Je suis partie sans me retourner et le sourire aux lèvres.

Et là le bonheur

Ma nouvelle entreprise est une grosse machine ou on est identifié par un matricule. Il y a des strates et des strates avant d’arriver au PDG.

Mais j’y suis bien!

Je viens de finir ma période d’essai et je le sens vraiment bien ce coup-ci.

Durant mon entretien de fin de période d’essai j’ai raconté une partie de mon expérience à mon nouveau chef, en lui expliquant que je ne voulais pas/plus me battre. Je voulais juste m’épanouir tranquillement en faisant mon travail.

Et mon chef a eu cette phrase « J’espère vraiment que ce nouveau poste va t’apporter l’apaisement que tu recherches. en tout cas on est sur la même longueur d’onde sur la vision du travail donc ça devrait super bien se passer ».

Et effectivement pour le moment tout se passe super bien. Alors bien évidemment il y a quelques soucis mais la façon dont ils sont gérés me prouve que l’équipe travaille dans un sens qui me convient.

Mes collègues sont adorables (beaucoup plus ouverts que dans ma précédente boite mais ça c’est juste un coup de chance), mon chef disponible et à l’écoute (je dirais même bienveillant : il comprend quand j’ai des soucis médicaux avec mes enfants et accepte des horaires raccourcis tant que le travail est fait), et la gestion des tâches à faire ne me laissera plus jamais en sous-charge (ce qui est le plus difficile à vivre pour moi :faire de la présence au travail sans avoir de travail à faire).

Depuis quatre mois je revis et ça fait du bien.

Et j’espère ne plus jamais avoir de nouveaux chapitres à écrire à cet article!

Et toi le monde du travail tu l’as découvert comment? Tu es contente de ton poste actuel? Tu cherches toi aussi a fuir une situation toxique?

Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

sarah

Mais c’est fou ça de vouloir te faire chier jusqu’à la fin ! tu n’en as pas parlé à la médecine du travail ou un syndicat histoire de les informer? tu n’es peut être pas la seule dans ce cas dans cette boite…
sinon c’est super si tu as enfin trouvé un job dans lequel tu t’épanouis ! c’est vrai que c’est hyper agréable de se lever le matin sans stress 🙂 je te souhaite que ce soit le début d’un bel épanouissement professionnel !

le 09/05/2018 à 08h14 | Répondre

Mélimélanie

J’étais allé voir la médecine du travail en début de grossesse. Avec échographie et mot du gynécologue à l’appuie en expliquant que j’étais usée et si ce n’était pas possible d’envisager un aménagement du temps de travail. La charmante médecin du travail que j’avais à l’époque m’a regardé dubitative et s’est fendue d’une lettre à mon médecin traitant débutant par la phrase « J’ai devant moi ce jour Mme XXX prétendant être enceinte… ». Donc voilà… (Elle était aussi complètement passé à côté du burn out d’une de mes collègues 1 an auparavant donc bon… une incompétente)

Et c’était une PME donc les syndicats bof. En plus de façon très égoïste je n’ai plus envie de me battre pour les autres. Je me suis sauvée moi.

Merci je le souhaite aussi!

le 14/05/2018 à 09h02 | Répondre

Madame Nounours

On peut vraiment dire que ton ancienne entreprise était vraiment horrible au niveau du management. Franchement le coup de vouloir te faire revenir 20 jours alors que tu es démissionnaire. N’importe quel manager intelligent sait qu’un salarié démissionnaire ne fera pas un travail top moumoute surtout si il n’a pas obtenu un départ plus tôt comme dans ton cas. Sinon petite question, es-tu syndiqué ? je demande ça car personnellement avec les déboires que J’ai eu avec certains anciens employeurs je me suis syndiqué car je me dis que je serai un peu mieux protégé notamment en cas de licenciement. L’une de mes amies à fait pareil avec son ancienne entreprise et ça l’a beaucoup aidé au moment de son départ. Après C’est mon avis personnel et je peux comprendre que les personnes ne souhaitent pas adhérer à un syndicat. Quoiqu’il en soit je suis contente pour toi que ta situation professionnelle ce soit amélioré grandement et que tu te plaît dans ta nouvelle entreprise ^^.

le 09/05/2018 à 09h49 | Répondre

Mélimélanie

Je ne suis pas syndiqué et je pense que de toute façon dans mon ancienne boite cela ne m’aurai pas du tout aidé. Dans ma nouvelle boite qui est une énorme machine certains collègues commencent à me pousser doucement vers cette voie là mais pour le moment je n’ai pas vraiment envie. Je continue d’espérer que je puisse trouver un emploi ou je n’ai pas de raison de me battre et ou je m’épanouie sans heurts (oui je suis une éternelle optimiste)

le 14/05/2018 à 09h41 | Répondre

Madame Nounours

Je te comprends. Moi aussi je n’étais pas dans cet engagement syndical notamment au début de ma carrière professionnelle alors que ma mère m’avait recommandé d’y songé sérieusement mais mes deux dernières expériences professionnelles et en particulier la dernière avant mon poste actuel m’ont fait changé d’avis. Mais tu as raison de voir ce que l’avenir te réserve avant d’adhérer à X ou Y syndicat, je te souhaite de tout coeur que ton nouveau poste se passe comme tu le souhaites et que tu puisses s’épanouir.

le 16/05/2018 à 08h20 | Répondre

Virg

Simplement effarée que de tels abrutis existent encore en poste d’encadrement et navrée que tu aies dû vivre tout cela en parallèle d’une grossesse. J’espère que ça n’a pas trop altéré des premiers mois avec bébé.
Vu le temps que l’on passe au travail, il est impératif de s’y sentir bien.
Pleins d’ondes positives pour ta nouvelles boîtes, ça va le faire 😉

le 10/05/2018 à 13h28 | Répondre

Virg

C’est ce genre d’article qui me fait dire que je n’arriverai plus jamais à travailler en salariat

le 10/05/2018 à 13h29 | Répondre

Mélimélanie

J’étais complètement dans ma bulle avec bébé heureusement. Ça n’a rien gâché du tout. au contraire je ne me sentais plus du tout coupable de cette grossesse et de profiter de mon fils.

Et oui un manager peut faire beaucoup de mal. Je me demande parfois s’ils savent ce qu’ils font et continuent sans aucun remords ou s’ils ne réalisent juste pas les dégâts et parlent sans réfléchir.

Merci! Pour le moment dans ma nouvelle boite c’est top! En même temps avec le nombre d’employés si ça ne va pas avec un j’ai aucun problème pour l’éviter!

le 14/05/2018 à 09h45 | Répondre

KokaisoSweet (voir son site)

Quelle horrible boîte…
Heureusement que ça se passe beaucoup mieux dans ton nouveau job, j’espère que ça continuera en ce sens !

le 11/05/2018 à 21h11 | Répondre

Mélimélanie

« Horrible boîte » c’est bien résumé 😀
Oui pour le moment ça se passe vraiment hyper bien! Je croise aussi les doigts pour que ça continue dans ce sens!

le 14/05/2018 à 09h51 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?