Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Pourquoi j’adore vieillir


Publié le 5 janvier 2016 par Nya

Pas mal de personnes sont angoissées à l’idée de vieillir. C’est normal, car avec le grand âge viennent les problèmes de santé, la perte d’autonomie, la dégradation physique ou mentale et, finalement, la mort. Pas très réjouissant, tout ça.

Mais à mon niveau, je dois te dire que j’ai adoré passer le cap des 30 ans. Et si j’arrive à faire de ma décennie de la trentaine une période aussi passionnante que celle de la vingtaine, alors oui, je pourrai le dire : j’adore vieillir.

Il semblerait qu’à mon âge, on dise plutôt « mûrir » pour embellir les choses, les enrober d’un langage rassurant qui ne suinte pas l’inéluctable. Mais je prends le parti de parler de vieillir, d’une part parce que c’est exactement ce qui arrive, et d’autre part, pour tenter de dédramatiser ce processus qui nous concerne tous et qu’on aborde avec plus ou moins de sérénité.

Je suis consciente que j’en parlerai probablement moins légèrement à l’approche de caps plus décisifs, ceux où on quitte définitivement la jeunesse, mais pour l’instant, je suis relativement en paix avec le fait de prendre de l’âge.

Vieille dame

Crédits photo (creative commons) : romana klee

J’ai gagné en confiance

Je suis une ancienne timide à HQI potentiel, de ce genre de vilain petit canard inadapté qui stresse pendant littéralement deux semaines avant un exposé au lycée, qui prend des calmants pour l’oral du bac, qui a des insomnies avant ses entretiens professionnels…

Maintenant, ça va mieux. Je peux aller à un événement de réseautage toute seule comme une grande, engager la conversation avec des inconnus dans une auberge de jeunesse, et même – chose impensable il y a quelques années – passer un coup de téléphone sans notes !

Et tout ça parce que j’ai appris à avoir confiance en moi avec le temps, à me comporter de la bonne façon en milieu professionnel, à être sûre que mes capacités sont appréciées et que le syndrome de l’imposteur dont je souffre toujours (j’y travaille encore) ne m’empêche pas de réussir ce que j’entreprends. Et plus je réussis à mener à bien mes projets, plus je prends confiance. C’est un cercle vertueux.

Je me comprends mieux

Avoir gagné en confiance m’a aussi permis de mieux me comprendre : je sais comment je réagis dans telle ou telle situation.

Je sais que si je suis triste, j’irai mieux après une simple nuit de sommeil (fût-elle perturbée). Que si je suis énervée à cause de mon mari, mieux vaut que j’aille courir plutôt que d’essayer d’engager tout de suite la discussion avec le principal intéressé. Que si je stresse à l’idée de prendre l’avion, je serai euphorique une fois arrivée à bon port.

Bref, j’ai appris à reconnaître mes réactions et mes états d’âme, et c’est aussi fascinant qu’utile. Je ne sais pas forcément « qui je suis » (une phrase encore abstraite à mes yeux) mais je sais ce qui me convient, ce qui ne me convient pas, à la fois dans les grandes largeurs et dans les petits détails, et ça m’aide énormément à mener une vie que je trouve gratifiante.

Je comprends mieux le monde et les autres

De la même manière, j’ai appris à ne plus mettre les gens dans des cases, à mieux comprendre certaines choses dont je n’avais pas encore fait l’expérience étant plus jeune, comme le deuil, la solitude, la maladie…

Je ne juge plus autant mes grands-parents sur leur vie, je comprends mieux certains tenants et aboutissants de la vie en société. C’est toujours imparfait, je fais toujours des erreurs de jugement, fatalement, car on apprend pendant toute sa vie, mais ma vision du monde est beaucoup moins étriquée qu’à mes 20 ans.

Vieillir, c’est aussi s’en prendre plein la tête, c’est souffrir. Mais tout cela nous rend plus forts, au final. Vieillir et mûrir nous permettent aussi de rencontrer toujours plus de gens et d’élargir nos perspectives, de parler avec des personnes qui, elles, ont de l’expérience, et d’apprendre à les écouter.

Je vais gagner le respect

Le respect a deux facettes :

Tout d’abord, mes choix vont être de plus en plus respectés (a priori en tout cas, dans un monde de bisounours – je sais bien qu’on n’empêchera pas les gens de juger les autres pour des choix différents des leurs) : mes proches vont voir que mes convictions tiennent sur la durée (déjà huit ans de végétarisme et toute une vie de féminisme). Même si je fais de nouveaux choix sujets à controverse dans ma famille, comme me faire tatouer ou commencer à fumer (exemples fictifs), j’imagine qu’ils seront respectés puisque… qui pourrait bien m’en empêcher ?

Ensuite, j’aurai probablement droit à plus de respect grâce à mon statut de « vieille » par rapport aux gens qui m’entoureront. Par exemple, on m’appelle de moins en moins « Mademoiselle », un titre que je déteste de tout mon cœur. On ne me considère plus comme une petite jeunette inexpérimentée, ce qui est précieux en milieu professionnel. C’est une avancée que je savoure, car elle signifie que j’ai moins besoin de me battre pour des choses qui devraient être acquises.

Je vais pouvoir devenir excentrique en toute impunité

À entendre les gens qui m’entourent, il semblerait que j’aie un côté décalé (est-ce le fait d’être végétarienne, immigrée, de ne pas porter de soutif ou autre chose… ?). Il est vrai que j’adore empêcher gentiment le conformisme de tourner en rond et bousculer la normalité. Vieillir m’offre aussi d’autres occasions de contester certaines idées reçues ou attentes sociales dans lesquelles je ne me reconnais pas.

Un exemple futile : je ne fais plus de henné et je retrouve lentement ma couleur naturelle. Assortie de quelques cheveux blancs. Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai hâte d’avoir les cheveux gris ! Tout comme le non-port de soutien-gorge, j’ai envie de brandir mes cheveux comme un refus des contraintes qui pèsent sur la femme et d’arborer une belle chevelure argentée. Cela, seule la vieillesse peut me donner l’occasion (et la force de caractère ?) de le faire.

Ce n’est qu’un exemple : je me vois aussi très bien dans le rôle de la vieille dame excentrique qui dit tout fort ce qu’elle pense et qu’on ne peut pas remettre à sa place du fait de son grand âge, justement !

Et toi, tu aimes vieillir/mûrir ? Tu redoutes de prendre de l’âge ? Que t’a appris l’expérience ? Raconte !

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Commentaires

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Miss Chat

Personnellement, ce qui m’inquiète dans le fait de vieillir, c’est plutôt l’incapacité physique qui finira par s’installer : ne plus pouvoir bouger comme tu veux, ne plus pouvoir voyager de la même façon, etc. Le fait d’être physiquement limité m’inquiète.
Mais vu que j’ai presque 27 ans, ce n’est pas pour tout de suite ! :p Donc non, pour l’instant, je n’ai pas peur de vieillir, au contraire. Je suis d’accord avec ton discours : vieillir/mûrir (sémantique, quand tu nous tiens !) m’apporte chaque jour de nouvelles expériences qui m’enrichissent petit à petit. Je pense honnêtement que c’est quelque chose de merveilleux : tu es chaque jour un être un peu plus complexe, un peu plus riche 😉

le 05/01/2016 à 10h07 | Répondre

Virginie

En fait, j’ai vécu un peu la même chose à mes 30 ans, je les ai accueillis avec très très bonne humeur. Je me disais : ça y est, la vingtaine c’est fini. Petit bilan, j’ai fait le point à cette occasion avec certaines personnes pour régler une bonne fois pour toutes certains désaccord ou corriger certains regrets. Puis, j’ai décidé que, à partir de maintenant, je dirai tout ce que j’ai à dire, bien sûr en y mettant les formes mais ce serait dit. Après tout, je trouve qu’on est bien mieux dans sa tête lorsque l’on dit ce que nous trotte dans la tête sans le laisser nous pourrir la vie. Les non-dits, j’ai dit, c’est fini !
Ensuite, je suis d’accord avec toi. A 30 ans, je me suis dit aussi que je n’avais plus rien à prouver physiquement. Fini les complexes, je suis faite comme ça et n’y puis rien changé 🙂 Et ça, mine de rien, ça libère grave. Mieux dans son corps, mieux dans sa tête.
Du coup, je me suis sentie plus épanouie.

Là où je ne te suis pas c’est que je ne considère pas que c’est vieillir, ok j’ai aussi des cheveux gris et franchement je m’en fous 🙂 mais je pense que 30 ans est un âge d’or. On en reparlera à 50 ! Parce que, quand même, vieillir c’est surtout pour moi le vieillissement du corps, le reste c’est dans la tête. Or, contre le vieillissement du corps, même si on s’entretient, on n’y peut pas grand-chose. Les petites douleurs quotidiennes et tout ça, je ne suis pas pressée ^^

le 05/01/2016 à 10h59 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je trouve ton article extrêmement positif ! J’aimerais partager autant de liberté mais je crois que je me limite encore trop. Pas forcément à cause mon âge, mais comme toi je souffre d’un syndrome de l’imposteur même si j’y travaille aussi, ce n’est pas facile de s’en débarrasser. Au delà de ça la vieillesse me fait pas particulièrement peur, j’ai plus d’inquiétudes sur la mort, la maladie en général.

le 05/01/2016 à 11h24 | Répondre

Charlène

Cet article tombe à pic ! Demain c’est mon anniversaire. 30 ans déjà… Je flippe un peu vas savoir pourquoi…
Merci pour cet article 🙂

le 05/01/2016 à 17h44 | Répondre

Mme Pétillante

Décidément j’aime beaucoup tes articles Nya!
J’avoue que pour ma part, j’ai assez peur de vieillir, mais c’est surtout la peur de perdre l’autonomie, de ne plus pouvoir bouger comme je veux, la maladie, alzheimer, la mort, toussa toussa quoi… lol
Pour le moment je vais sur mes 30 ans et je le vis plutôt très bien, j’ai même hâte de rejoindre les trentenaires ! Tout comme toi, je veux gagner le respect et ne plus être considéré comme la « petite jeune », et surtout, j’aimerais que ça m’aide dans mes projets professionnels, afin d’être plus crédible sur les postes que je vise.

le 06/01/2016 à 22h26 | Répondre

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