Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Quand arrivent mes règles


Publié le 4 juin 2018 par Nya

Pas besoin d’appli pour savoir quand vont arriver mes règles. J’ai mon syndrome prémenstruel pour ça.

Tout commence par une petite baisse de régime. Des réveils un peu plus difficiles que d’habitude encore. Un petit coup de blues peut-être. Un peu d’irritabilité. Je me dis que je n’ai pas assez dormi, que j’ai trop de travail. Je n’y pense plus, je poursuis ma vie normalement.

Pas si normalement, en fait.

Quand arrivent mes règles, mes idées font des nœuds. Pas des petits nœuds propres, ceux qu’on défait facilement en faisant autre chose. Des nœuds gordiens, des nœuds sur d’autres nœuds, eux-mêmes noués dans d’autres questions. Mes idées patinent et n’avancent plus, elles tournent en rond et ne trouvent pas de réponse. Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Qu’est-ce qu’on regarde au ciné ? À quoi sert la vie, l’Univers et le reste ? Pas plus de réponse ici que là.

Quand arrivent mes règles, je bouffe. Fini, la retenue habituelle des deux carrés de chocolat ; bonjour les douze biscuits engloutis sans même savoir à quoi ils sont. Bonjour les plâtrées immondes de tout ce qui me tombe sous la main, bonjour le grignotage en continu, bonjour la haine de soi avec l’estomac retourné et le cœur au bord des lèvres.

Quand arrivent mes règles, je ne supporte plus la moindre remarque, la moindre pique, le moindre trait d’humour me hérisse. J’ai eu d’énormes conflits avec mon entourage parce que je ne sais plus me retenir, que je suis une cocotte-minute, et qu’un mot trop haut au mauvais moment peut mettre le feu aux poudres.

Photo (creative commons) : DianaraSHERRY

Quand arrivent mes règles, je suis une fontaine, je pleure pour un rien, pour une remarque de travers dont je me rends compte, un peu tard, qu’elle était injuste pour mon interlocuteur. Je broie du noir, ressasse mes échecs au lieu de célébrer mes victoires, je suis paralysée, incapable d’avancer.

Quand arrivent mes règles, j’ai quelques boutons et la peau luisante, mais c’est bien le cadet de mes soucis face à mes envies de fuite, de départ, de tout quitter, de me rouler en boule et de jouer au fœtus devant ma charge de travail, mes responsabilités, mon couple, mes animaux, les relations humaines, les contacts avec le monde.

Quand arrivent mes règles, je ne suis plus sûre d’avoir envie d’être une femme. Cela fait vingt ans que je saigne chaque mois, que je n’ai d’autre choix que de me vider de ma substance et de ma personnalité parce que notre société en fait le « beau symbole » de la « féminité » et que là où on sait soulager les inconvénients chroniques de la vie courante comme des maux de tête, des maux de dos ou des troubles de l’érection, les femmes qui ne souhaitent pas avoir leurs règles n’ont qu’à se résigner et endurer pendant quarante ans. Je le revendique, ovuler ne me sert à rien, saigner ne me sert à rien, je ne veux plus avoir mes règles.

Quand arrivent mes règles, je ne sais plus si j’ai envie d’être un être humain. J’en veux à la Terre entière pour le sexisme, le racisme, les inégalités, les injustices.

Avec tout ça, ai-je vraiment besoin d’une appli pour surveiller mes règles ? Pas vraiment. Il suffit de survivre à ces quelques jours, et mes règles, même si elles s’apparentent invariablement aux chutes du Niagara, sembleront presque bien douces par rapport à ce méli-mélo cérébral mensuel.

Et toi, tu rêves aussi de ne plus jamais saigner mensuellement ? Les règles te sont indifférentes ? Tu as un syndrome pré-menstruel gratiné ? Viens me raconter dans les commentaires !

Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Héhue

Bonjour Nya, pourquoi ne prends tu pas la pilule en continu? J´ai fait ça entre ma dernière grossesse et celle-ci et franchement ćétait génial de ne plus avoir de règles! De +, si tu souffres autant, c’est que ta contraception ne doit pas être adaptée, on dirait même que tu n‘en a pas??

le 04/06/2018 à 09h43 | Répondre

Nya (voir son site)

En écrivant cet article, j’avais un stérilet au cuivre, et je suis passée au stérilet hormonal depuis. Je refusais les hormones et j’ai bien dû m’y remettre – mais je hais la pilule qui m’oblige à penser à ma contraception tous les jours alors que je voudrais l’oublier, d’où le choix du stérilet hormonal. En gros, c’était ça ou la stérilisation volontaire, et mon médecin a préféré attendre de voir comment je réagissais avec le Mirena. Je n’ai pas encore assez de recul pour en parler, cela ne fait que deux cycles.
Cela dit, j’appliquais ton conseil à l’époque où je prenais la pilule (avant… 2009) et quelle joie de ne plus saigner.

le 04/06/2018 à 13h31 | Répondre

Viviane

Le même Mirena pendant 11 ans le pied intégral et la surprise d’apprendre ‘lors d’une visite de contrôle que la ménopause s’était installée tranquille à 49 ans. Je confirme que la contraception sans règles et sans y penser c’est la perfection !

le 10/06/2018 à 07h59 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Bonjour Nya ! Ça faisait longtemps tu me manques 😉 . Voilà un point commun entre nous : je souffre terriblement de mon SPM, notamment psychologiquement. Du coup comme Héhue, j’ai décidé de choisir un mode de contraception adapté… et depuis je revis. Ce n’est pas une option pour toi ? Bien sûr ça implique de prendre des produits chimiques quotidiennement mais je vois presque ça comme un médicament dans mon cas… Et pour justement en prendre le moins possible une sage-femme m’a proposé récemment le stérilet hormonal. Je pense que je vais essayer…

le 04/06/2018 à 10h55 | Répondre

Nya (voir son site)

Coucou FranFran, tu me manques aussi 🙂 Je ne peux pas dire que je revis depuis que je suis passée au stérilet hormonal faute de recul, mais mes sautes d’humeur sont légèrement moindres depuis deux cycles. Je crois que mon stérilet au cuivre essayait de me tuer, entre les pertes hémorragiques et le SPM de l’horreur. J’aime bien l’idée de voir les hormones comme un remède à mes souffrances, finalement, si elles finissent pas me libérer bel et bien de mon SPM.

le 04/06/2018 à 13h35 | Répondre

Sarah

Mes symptomes ne sont clairement pas du même niveau que toi mais j’ai redécouvert le spm quand je suis passée au stérilet en cuivre ! Dire que les hormones m’avaient cachées tout ce joli monde 😀 le pire c’est que je ne réalise pas tout de suite que mon irritabilité et ma goinfrerie sont dus à ça, c’est souvent quand les règles apparaissent que je fais le lien .Tous les mois. Un vrai poisson rouge ! Du coup j’ai quand même une appli, non pas pour les règles ou la fertilité mais pour me prévenir que je vais muter dans quelques jours. Ca m’aide à me ressaisir et me dire que c’est juste passager et si je peux je prevois des trucs en phase avec mon caractère ces jours là pour que ca passe plus vite ; )

le 04/06/2018 à 11h35 | Répondre

Nya (voir son site)

C’est exactement pour ça que je me suis mise à une appli de « fertilité » – on devrait l’appeler une appli de SPM (et imaginer une interface remplie de feu, de dragons et de démons au lieu de toutes ces applis de fertilité niaises avec des fleurs et du rose partout…) (fin de l’aparté)

Maintenant je commence à avoir l’habitude, mais j’ai vraiment mis du temps avant de comprendre que grosses fringales + humeur exécrable (variant de « je ressasse des trucs qu’on m’a dits » à « j’ai envie de mourir » à « j’ai envie d’anéantir l’humanité » selon les cycles) = règles la semaine suivante. Personne ne m’avait prévenue de cet effet secondaire de l’absence d’hormones. Mais je bénis mon appli qui m’aide à faire la part des choses, j’espère qu’elle te soulage toi aussi.

le 04/06/2018 à 13h40 | Répondre

Anne

Idem ici et après quelques années sous pilule qui fonctionnait parfaitement pour tous ces troubles, je suis passée au stérilet hormonal.
Impossible pour moi de continuer la pilule, je n’arrivais plus à avaler ce tout petit cachet aux hormones à haute dose. Le stérilet est beaucoup moins dosé et je ne m’en soucis pas. Mais qui dit moins dosé dit aussi moins efficace mais suffisamment quand même 😉 et pour les fringales et grignotage, vive l’homéopathie! Ça me sauve tous les mois trimestre! Et oui avec le stérilet, les règles sont beaucoup moins régulières…. et une fois par trimestre c’est mieux que tous les mois 🤣😉

le 04/06/2018 à 12h07 | Répondre

sweetday

Je te comprends tellement ! J’ai un SPM très fort depuis… toujours mais je m’en rends vraiment compte depuis 10 ans. Et cela peut commencer jusqu’à 10 jours avant les règles, qui en plus sont la plupart du temps (très) douloureuses… Je songe sérieusement à reprendre une pilule en continu (ce que j’avais abandonné depuis mes 2 grossesses, pour voir si mon corps se régulait seul) alors même que je ne voulais plus d’hormones de synthèse. Comme toi durant cette période je vois tout en noir, je suis hypersensible (encore plus que d’habitude), mon mari et mes enfants en font les frais… et la balance aussi vu l’appétit d’ogre qui va avec ! Dans tous les cas je te souhaite de trouver une solution…

le 04/06/2018 à 13h27 | Répondre

Madame Pinpon

Comme je m’y retrouve !
Les fringales, l’irritabilité (désolée chéri !), les soucis de peau, en plus du mal de ventre évidemment… et des poils qui poussent plus vite aussi !!
Avant de prendre la pilule, je vomissais de douleur pendant mes règles.
J’ai arrêté la pilule il y a un an pour avoir un bébé (qui se fait attendre) et j’avais très peur de voir les grosses douleurs arriver, mais non, je touche du bois, je supporte plutôt bien. Par contre, les autres symptômes se décuplent, et honnêtement je ne me sens pas du tout sexy depuis l’arrêt de la pilule. Moi qui n’aime pas vraiment l’idée de la prise d’hormones, je me dis que finalement elle réglait bien quelques soucis, cette petite chose… :/
Et autre chose qui arrivent avec les règles, les protections. Adieu les tampons injectés aux dioxines et furanes, bonjour la Cup mais je ne la trouve tellement pas pratique quand on bosse sur chantier ou quand je dois me lever rapidement (voir mon pseudo) en pleine nuit !

le 04/06/2018 à 14h58 | Répondre

Madame Colombe

Un souci d’endometriose et un traitement hormonal en continu me  » prive » de mes règles depuis presque dix ans.
Au début cela me faisait bizarre d’autant que mon SPM était très fort ( proportionnel aux douleurs durant les règles) mais je m’y suis vite habitué et ne regrette absolument pas cette période.

Je compatis donc aux douleurs pendant cet avant les règles. L’homéopathie peut être bénéfique pour certains symptômes.

le 04/06/2018 à 18h13 | Répondre

Doris

Ah là là, je pense comme toi! Si seulement on pouvait choisir!
Je ne veux pas d’enfants et à chaque fois que mes règles arrivent je peste contre le monde. A ce moment-là, je ne veux plus être une femme ou alors seulement si le bouton « ne pas avoir ses règles » existe xD

le 05/06/2018 à 11h05 | Répondre

Sabrina

Je vivais la même chose , j avais un sterilé en plus un de celui qui fait bien saigner donc plus de fer , un jour j en n ai eu marre , j ai pensé au journée a la mer impossible car je ne porte pas de tampon alors j ai décidé que maintenant c est fini et je me suis fais posé un sterilé hormonale et quel soulagement plus de douleur , plus du tout de règle rien de rien la belle vie et pour rien au monde je ne retournerai en arrière

le 06/06/2018 à 00h57 | Répondre

Sabrina

Moi j ai choisie le sterilé hormonal et c est la belle vie

le 06/06/2018 à 01h02 | Répondre

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