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Qu’arrive-t-il à ton profil Facebook si tu meurs ?


Publié le 1 septembre 2014 par Madame Givrée

Il y a quelques mois, j’ai appris le décès d’un ancien ami du lycée. Nous nous étions perdus de vue depuis quelques années, mais avions eu l’occasion de nous croiser à l’occasion d’un mariage ou d’un baptême, ou simplement dans la rue quand je retournais dans ma région d’origine. Nous nous étions perdus de vue, donc, mais j’avais toujours plaisir à le retrouver et nous avions été plutôt proches au lycée.

J’ai appris son décès sur Facebook. Une de mes proches amies du lycée a posté un statut inquiétant, elle avait l’air d’aller très mal. Je lui ai envoyé un message privé et elle m’a annoncé que U. étais dans le coma après un accident de voiture et qu’il avait peu de chances de s’en sortir. Elle a promis de me donner des nouvelles dès qu’elle en aurait.

J’étais au travail un vendredi matin quand mon téléphone a sonné. Une notification Facebook Messenger m’annonçait le décès de U.

A peine une demi-heure plus tard, mon fil d’actualité était inondé de « RIP U. » et autres messages lui rendant hommage. A ces messages ont succédé d’autres statuts, un décompte avant la crémation, l’organisation de covoiturage pour s’y rendre, et des messages de détresse d’amis ayant pu se libérer pour rendre un dernier hommage à ce garçon disparu.

Je dois avouer que si ce déballage de ressentis, cette intrusion dans l’intimité d’une famille dans la douleur, m’ont mises très mal à l’aise, ce n’est pas ce dont je veux te parler aujourd’hui.

Non, la question qui m’intéresse, c’est… qu’est ce qu’il arrive à nos profils sur les réseaux sociaux, quand on meurt ?

Vois-tu, je suis de nature anxieuse. Je ne sais pas si c’est l’influence de ma famille, ou ma propre nature qui fait qu’au moins une fois par jour je pense à la question « et si je disparaissais ? », mais j’y pense… quotidiennement. Je ne suis ni dépressive, ni suicidaire, l’idée ne me séduit pas, mais c’est une question qui revient régulièrement dans mon esprit.

D’ailleurs, même si l’épreuve du tri est difficile pour moi, j’ai tendance à penser très sérieusement à faire le tri… « au cas où ». J’efface les emails et je me débarrasse des documents dont je ne suis pas très fière, parce que la trace que je vais laisser, le souvenir que les autres auront de moi, est une question qui me préoccupe beaucoup. Je t’en parlerai peut être un peu plus en détails plus tard.

Mais retournons à nos moutons. J’étais sur mon téléphone, ce jour-là, à lire tous ces statuts et ces commentaires quand je me suis demandé… qu’advient-il de notre vie virtuelle quand nous mourons ?

couronne de fleurs logo facebook

Crédits photo (creative commons) : mkhmarketing

Et ça tombe  bien : je n’étais pas la seule à me poser la question. Une équipe de geeks à WebpageFX a dressé une liste de chiffres sur notre seconde vie virtuelle.

La plupart des réseaux sociaux (Pinterest, Facebook…) gardent les profils des personnes décédées actifs, sauf si un membre de la famille fait une demande officielle et peut prouver son lien avec la personne décédée. Twitter détruit les comptes après 6 mois d’inutilisation. Il y a quelques temps, Facebook a développé une nouvelle fonctionnalité permettant aux utilisateurs de faire de la page de la personne décédée une espèce de mémorial, ce qui veut dire que la plupart des données de la personne restent en ligne, mais les utilisateurs ne peuvent plus la taguer sur des photos ou des statuts.

Mais ces geeks ont poussé la réflexion plus loin. Et ce que j’ai lu m’a pour le moins… perturbée.

Si le nombre d’utilisateurs de Facebook se met à stagner, le nombre d’utilisateurs décédés dépassera le nombre d’utilisateurs vivants en 2065. Si le nombre d’utilisateurs continue à augmenter, le nombre d’utilisateurs décédés dépassera le nombre d’utilisateurs vivants en 2130.

Quoi qu’il arrive, donc, arrivera un moment où Facebook ne sera quasiment plus qu’un immense cimetière virtuel, rempli de photos d’instants de vie joyeux et de statuts parlant de nourriture et de chats. C’est vraiment bizarre, quand on y pense. Je ne suis pas sûre d’avoir envie que mes amis, mes contacts, plus tard, se retrouvent autour de mes données personnelles sur Internet pour commémorer ma mémoire.

Si l’idée de laisser une trace sur Internet après ta mort te séduit (OK, ce n’est pas très séduisant comme idée de penser à ça, mais sait-on jamais), je te parlerai plus tard de ces drôles de services qui se développent avec l’avènement des réseaux sociaux et le développement d’une société où la vie privée n’est plus qu’une notion du passé. Si, comme moi, cette idée te fait très peur, je te parlerai des solutions qui existent pour contrer ça. Parce que laisser des morceaux de soi sur la Toile n’est pas une fatalité !

Et toi ? Tu fais attention à la trace que tu laisses sur Internet ? Tu t’es déjà posé la question ? La multiplication des hommages à un proche sur les réseaux sociaux te met mal à l’aise ? Viens en discuter !

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Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

sarah

Je m’étais aussi posé la question le jour ou dans mon fil d’actualité Linkedin est apparu le profil d’une ancienne collègue décédée.Ce jour là j’avais vraiment trouvé ca glauque et je m’étais renseigné aussi. Il semblerait que la seule solution pour vraiment fermer le profil d’un proche décédé soit de pouvoir prouver qu’il est vraiment décédé… pas forcément facile… ou d’avoir accès à son compte et de le fermer soit même. C’est pour ça qu’avec chéri nous avons chacun créé une liste de nos comptes internet (emails, facebook…) avec les mots de passe. Comme pour le moment on ne souhaite pas que l’autre ait libre accès aux profils de l’autre *petit jardin secret* on a mis cette liste dans un enveloppe fermée et au cas ou, on saura ou la retrouver et faire ce qu’il faut car je ne veut pas que mes données soit encore visibles après ma mort.

le 01/09/2014 à 09h15 | Répondre

Die Franzoesin

Super article très intéressant, j´ai hate de lire la suite ! Meme si ce n´est pas très joyeux, c´est vrai que c´est important. Et merci Sarah pour ton idée d´enveloppe, je crois que je vais en parler à mon mari dès ce soir !

le 01/09/2014 à 09h50 | Répondre

Miss Pop

Super article, mais flippant aussi!! les chiffres du lien que tu donnes font froid dans le dos…je trouve ça étrange toutes les pages RIP….et ce qu’on peut y lire dessus…peut être que le fait que la personne soit encore sur facebook donne l’impression aux gens qu’elle vit encore un peu…très intéressant en tous cas, mais tout comme toi, j’aimerais que mon compte soit supprimé si je meurs et que mes amis de la toile n’apprenne pas ma mort via facebook mais par des moyens plus traditionnels…

le 01/09/2014 à 21h46 | Répondre

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