Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Peut-on (encore) rire de tout ?


Publié le 15 avril 2019 par Doupiou

C’est lors de la visualisation d’un zapping des moments cultes des émissions de télévision que Mari Barbu et moi avons eu cette réflexion : peut-on, en 2019, rire de tout ?

Lors de cette émission, il était question de propos sexistes, d’alcool consommé en direct sur le plateau,de blagues racistes, d’humiliation… Tout cela se déroulait dans les années 1990 et ni le public, ni les invités des différentes émissions retransmises ne semblaient s’offusquer.

C’est alors que Mari Barbu m’a dit cette phrase : « tu t’imagines des situations comme celles-là, maintenant ? » Bien sûr, le paysage télévisuel français a bien changé et je ne vais pas ici faire un état des lieux de ce qui est possible de dire ou de faire à la télévision, mais dans la vie de tous les jours, tu crois qu’on peut rire de tout ?

Attention, tout cet article tourne autour d’une vraie question. Type BAC de philo ! J’espère que les commentaires seront riches et argumentés pour tenter de construire un vrai débat !

Le sans filtre des anciens

Quand j’étais plus jeune, comprends une grosse quinzaine d’années en arrière, je ne me souviens pas que les adultes étaient mesurés dans leurs propos. Au-delà du cercle familial, je me souviens avoir entendu des proches tenir des propos homophobes ou racistes sans la moindre gêne.

Est-ce que cela me posait soucis ? Je ne crois pas. Je pense que je ne mesurais pas encore la violence de tels propos et je n’avais pas une réflexion aussi construite que l’adulte que je suis aujourd’hui. Je me souviens que ce type de réflexions faisaient un peu « partie du paysage ». Est-ce que pour autant je suis devenue raciste et homophobe ? Heureusement que non !

Les adultes de jadis sont devenus les anciens de maintenant et c’est encore courant (surtout dans ma campagne), d’entendre beugler, dans le bar du village ou au marché hebdomadaire, un individu de cette génération en tenant des propos sexistes.

Tu vois où je veux en venir : sous le couvert de l’humour.

Sous le couvert de l’humour, on peut délibérément faire des réflexions très déplacées sur le nouvel immigré qui arrive dans la commune, on peut sans soucis tenir des propos sexistes à la serveuse du restaurant, on peut facilement insulter cet homme un peu efféminé… mais c’est pour rigoler…

Alors non. Les anciens on ne leur dit jamais rien parce qu’on pense qu’il est trop tard pour faire changer les mentalités. Par contre on remarque que leurs « blagues » ne font jamais rire ceux qui en sont la cible. Mais ça, ils te répondront que c’est parce qu’ils sont trop susceptibles.

Je ne sais pas si tu te rappelles, mais il y a quelques années, les blagues sur les blondes étaient la grande tendance. Bon, cela ne m’a jamais fait rire mais je conçois tout à fait que d’autres puissent être amusés. Il y avait d’ailleurs même des BD qui étaient sorties. Tu imagines cela maintenant ? Des caricatures sexistes (elles étaient représentées avec des seins démesurés) dans lesquelles la femme était illustrée avec le cerveau d’une huître ?

crédit photo : OmarMedinaFilms (Pixabay)

On y va avec des pincettes

Moi, j’adore rigoler. J’adore les blagues et j’aime bien avoir le petit mot qui va faire rire un ami ou un collègue.

Je ne dépasse jamais le « politiquement correct ». Ce qui veut dire que je n’utilise aucun des thèmes cités précédemment pour tenter de faire rire. Et surtout, je sais avec quelles personnes faire quel type de blague. Jamais cela ne te viendrais à l’idée de faire une boutade de fesse avec ton grand patron hein ? Pourtant je suis de moins en moins à l’aise pour tenter quelques traits d’humour. J’évite les sujets que je sens un peu casse-figure mais je me trouve aussi moins spontanée.

Je remarque que c’est surtout sur les réseaux sociaux que l’exercice de l’humour devient très difficile. D’ailleurs je ne m’y aventure jamais. Mais il suffit de voir certains replay d’émissions de divertissement pour voir des commentaires indignés. Et parfois cela me questionne… Parfois certains sont très terre-à-terre, très premier degré. Ou alors, lorsqu’on regarde un sketch d’un humoriste, les réactions sont rarement neutres.

Je pense aussi que la parole se libère plus rapidement et facilement que par le passé. Il ne se passe pas une semaine sans qu’Internet relate un fait divers homophobe, raciste, sexiste ou discriminatoire. Mais là encore, on plaide l’humour. Je ne vais pas te citer un exemple, il y en a tellement…

J’ai l’impression qu’avec toute cette pression qu’il existe autour du « politiquement correct », je me sens imperméable à l’humour. Je ne trouve plus aucun humoriste qui me fasse sincèrement marrer. Je remarque que les réflexions des uns et des autres sont moins spontanées. Il ne faut blesser personne.

Pour l’instant, j’ai trouvé les meilleurs humoristes, ceux qui sont sans filtres mais politiquement correct : mes enfants !

Et toi ? Trouves-tu qu’il est difficile de rire de tout ? Penses-tu qu’on se mette une pression pour ne pas blesser ? Dis-nous tout !

Commentaires

19   Commentaires Laisser un commentaire ?

Pippa (voir son site)

Je n’ai pas passé le bac et n’ai jamais suivi un cours de philo de ma vie donc mon commentaire ne sera surement pas à la hauteur mais je me lance 😛

Contrairement à ton ressenti, je préfère nettement l’humour actuel.

Les « anciens » que tu décris sont des hommes, blancs, hétérosexuels, pas vrai ? Donc au « sommet » de la pyramide, devant les femmes, les personnes racisées et les homosexuels. Donc rarement (voir jamais) les « cibles de blagues ». En tout cas, dans mon entourage, c’était comme ça…

Je pense qu’aujourd’hui, on prend enfin conscience que certaines « blagues » peuvent être blessantes et entretiennent des stéréotypes (blague sur les blondes = besoin de réduire les femmes au rôle de pauvre chose ayant besoin d’un homme pour l’aider).

Ma forme d’humour favorite est l’ironie, que je pratiquais régulièrement jusqu’à ce que ma psy m’informe que l’ironie est une forme d’agression. Depuis, je l’évite au maximum car « faire rire la galerie » ne vaut pas la peine de blesser quelqu’un.

Quand je veux rire un bon coup, je joue avec mon chien, qui fait des bouilles trop comiques. 😛

le 15/04/2019 à 10h24 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Je suis entièrement d’accord avec le lien « homme blanc hétérosexuel » et avec le reste de ton commentaire. Je préfère amplement « maintenant » (même si ça n’est toujours pas parfait) qu’avant, où ces « blagues » me mettaient mal à l’aise (mais où on ne pouvait rien dire car ‘
« c’était de l’humour »).

le 15/04/2019 à 10h57 | Répondre

Emmanuelle Merteuil

Pareil, je suis bcp plus à l’aise maintenant ! Mon type d’humour favori : l’auto dérision, tout simplement. Ça fait rire mes proches, ils ne me considèrent pas moins bien qu’avant (ça fait du bien pour la confiance en soi) et ça les pousse à faire pareil. Résultat, on rigole de choses dont est sûrs que ça fait aussi rire la personne concernée.
Il y a des tas de sujets qu’on peut aborder sans blesser, en fait, et ça ouvre pas mal d’horizons de chercher à aller vers un humour plus respectueux 😉 faut juste le temps de s’y faire.

le 15/04/2019 à 11h27 | Répondre

Pippa (voir son site)

Tu as raison Emmanuelle, l’auto-dérision est vraiment top-top, surtout pour désamorcer un moment de gêne 😉

le 15/04/2019 à 11h37 | Répondre

Lirbis

Je suis désespérée du politiquement correct, du manque d’humour et de second degrés des gens.
Comme disait l’autre : « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Il faut bien sur faire attention de ne pas blesser les gens, mais leur susceptibilité est devenue exacerbée. Il y a même une police du politiquement correct, qui va te reprendre si tu oses faire une blague qui ne rentre pas dans leur code.
Ça fini par faire un monde pseudo bisounours, où tout le monde fait semblant d’aimer tout le monde. Plus de remise en question, plus de critiques. Que du positifs, du like et des compliments.
Je pense souvent à Patrick Timsit qui, dans un spectacle, avait mis en parallèle les trisomiques avec les crevettes : « Tout est bon, sauf la tête ».
Un père de trisomique a porté plainte. Timsit a monté une association avec ce mec. Résultat, ce cher papa est parti avec la caisse… Cela résume bien notre vie actuelle.
Et un autre point qui me chagrine au plus haut point. Tu ne peux faire des blagues douteuses seulement si tu es toi même concerné par la blague. Les noirs sur les noirs, les blondes sur les blondes, les handicapés sur les handicapés, les cathos sur les cathos. Ah non, on a l’exception qui confirme la règle, tout le monde a droit de taper sur les cathos, ils ont été trop affreusement méchants pendant des années. D’ailleurs, tout le monde a le droit de faire des blagues sur les « méchants dominateurs » dictés par notre société mais pas sur les « gentils dominés » dictés par cette même société. Le problème de l’humour, que tu soulèves à juste titre est un exemple flagrant de la victimisation de notre société et de sa dualité : il faut être une victime et être du côté des gentils. Et on peut « taper » et faire des blagues sur les méchants dominateurs et oppresseurs.
Ce commentaire est brouillon et part dans tous les sens, mais voilà en vrac mes premières pensées sur le manque d’humour de notre société

le 15/04/2019 à 10h31 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Je sens que tu as toi aussi été blessée par les blagues (sur les catholiques en l’occurrence). Pour moi, les blagues sur « les catholiques » ne valent pas mieux que toutes les autres blagues sur un groupe ou un autre donc je trouve cette blessure totalement logique et légitime.

le 15/04/2019 à 10h59 | Répondre

Emmanuelle Merteuil

Je vous rejoins aussi là-dessus (décidément !) : je ne trouve pas plus normal de se moquer des « dominants » sous prétexte qu’ils sont dominants. C’est un sujet qui divise bcp les mouvements féministes malheureusement. Je comprends que certaines personnes qui ont souffert n’aient « plus de pitié » (façon de parler) avec les groupes dominants, ça s’explique et je l’entends totalement.
Pour autant, je ne suis pas pour transformer les bourreaux en victimes (même si je suis totalement féministe et convaincue qu’il faut mettre fin à ces dominances, ce n’est pas le problème). Le but c’est que le respect, ça soit pour tout le monde…

le 15/04/2019 à 11h33 | Répondre

Lirbis

Je n’ai pas été blessée par les blagues sur les cathos. Certaines me font rire, d’autres non. J’admets que la notion d’humour est personelle, et je comprends que certaines blagues fassent rire certaines personnes et d’autres non. Mais, je ne vois pas pourquoi je serais blessée !
Je suis plutôt consternée par cette police de la bien pensance qui autorise ou non tel sujet de blague ou tel autre.
Je parle de dominants et de dominés pour coller au discours ambiant. Mais, je ne crois pas en cette théorie de l’oppression. Et donc de la victimisation.
Si un jour on arrive à se sortir de cette doctrine bidon qui doit potentiellement sauver le monde, ce jour là on pourra enfin rire de tout. Sans avoir peur de blesser quelqu’un.
Car, scoop du jour, on ne peut pas vivre sans jamais blesser personne.

le 15/04/2019 à 19h16 | Répondre

Pippa (voir son site)

Si tu ne t’es jamais sentie blessée par une blague, tant mieux pour toi mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Certains trouvent drôle de comparer une personne obèse à une baleine. « Pour rire. » C’est drôle ? Non. C’est de la bienpensance ? Non. Juste un manque de respect.

Je fais partie des « privilégiées », sans doute comme une bonne partie d’entre nous qui avons le temps de lire et écrire bénévolement sur ce site. Comme toi, peu de blagues m’ont directement blessée. Mais cela ne m’empêche pas de comprendre que certaines blagues « premier degré » sont tout simplement immondes, humiliantes et non pas leur place dans une société égalitaire. Je ne vis pas dans un monde de Bisounours mais je n’ai aucune raison de blesser les gens différents de moi.

le 15/04/2019 à 20h57 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Plutôt que dominants / dominés, je préfère le terme privilégiés / non privilégiés :). Je le trouve plus approprié, même si dans le fond il y a un peu cette idée de classe dominante.

le 15/04/2019 à 22h32 | Répondre

Maye

Enfait, Le principe de l’humour, c’est de faire rire. J’imagine que les blagues de 1600 ne faisait plus rire en 1700, et les blagues de 1980 ne font plus rire en 2010. Est-ce si surprenant ? Ne fait-on pas la du « c’était mieux avant » ? C’est une vrai question.

Plus personnellement, se servir de clichés sur un groupe de personne pour faire rire ne me dérange pas… Dans une certaine mesure. Quand c’est quelque chose qui n’existe pas et dite par quelqu’un qui n’y croit pas (mon mari qui se moquerait de mon intelligence parce que je suis une femme), ça ne me gène pas. Ce moquer de quelque chose qui existe (un handicap) et pire, par quelqu’un qui y croit (une blague sur des personnes noires par un homme raciste) la non ça ne passe pas. Jamais. Et soyons honnête, la ligne n’est pas floue, on sais toujours quand c’est dit sans y croire ou non.

Il y a des tas d’humoriste qui me font hurler de rire sans pour autant se moquer lourdement de minorité en difficulté. Et alors le pire des humoristes a mes yeux sont ceux qui prennent une cible dans le public et l’humilie pendant tout le spectacle.

Sinon dans le pays où je vis le second degrés et l’ironie n’existe pas. Dur dur pour une française 😀

le 15/04/2019 à 10h56 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Dans un cercle privé, on sent effectivement la personne qui fait une blague mais n’y croit pas (pour moi, à ce moment là je me demande pourquoi faire cette blague alors ? mais je comprends ce que tu veux dire ^^).

C’est déjà plus compliqué quand c’est public, car ces blagues a priori anodines ancrent des stéréotypes aculés. En effet, il y a des tas de gens qui sont convaincus que « c’est vrai » et qui trouve donc une légitimité à leur vision raciste/sexiste/antireligion/homophobe/… Du coup à ce moment-là ça devient un vrai problème à mon sens (même si de prime abord ça semble anodin).

Puis je vais essayer de synthétiser ma pensée dans un commentaire à moi qui sera certainement trop long 😀

le 15/04/2019 à 11h04 | Répondre

Flora

On peut rire de tout oui mais se moquer des autres ne devrait tout simplement pas être drôle !
Les noirs peuvent se moquer des noirs etc parce qu’ils vont trouver des vannes réalistes pas juste des traits supposés et caricaturaux.
Ce qui est insupportable c’est se mettre dans une posture supérieur pour moquer quelqu’un qu’on suppose moins intelligent/organisé/cultivé/beau (pas de mention inutile), même si c’est pour rire.
Par exemple j’admets trouver les caricatures de Charlie Hebdo drôle mais je vois aussi en quoi c’est insultant envers les croyances des autres (sans cautionner qu’on puisse tuer pour ça), donc je préfère ne pas rire plutôt qu’offenser. C’est aussi simple que ça, le respect d’abord.

le 15/04/2019 à 14h11 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Je suis d’accord avec plein de remarques sur cet article en fait ^^. Merci d’évoquer les traits supposés et caricaturaux !

le 15/04/2019 à 22h31 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Tâchons de résumer ma pensée sur ce sujet épineux !

C’est un sujet qui me tient pas mal à coeur, à dire vrai, donc déjà merci pour cet article.

Peut-on rire de tout ? Oui, si nous avions une société réellement égalitaire (ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut). Etant donné que notre société n’est pas égalitaire, il y a tout un tas de sujets sur lesquels non, on ne peut pas rire, et non ça ne veut pas dire qu’on n’a pas d’humour.

Pour moi, le souci c’est ce que véhicule l’humour sous cette forme (celle qui perpétue des stéréotypes et des comportements violents – oui je vais jusque-là -).

A mon sens, l’humour est une forme d’expression du « socle commun de connaissance » sur lequel nous nous reposons. C’est une forme d’expression, qui dit beaucoup de choses des gens eux-mêmes.

Le problème majeur, soulevé quelques commentaires plus haut, c’est que ce « socle commun » est complètement biaisé. C’est un socle qui correspond à une vision patriarcale, hétéro-centrée, occidento-centrée, caucasio-centrée (vous me comprenez quand j’invente des mots, n’est-ce pas ?) donc qui exclue naturellement tout un tas de personnes. Du coup, quand on est femme / de couleur / croyant / non binaire / homosexuel / toute autre sexualité, on entend à longueur de journée c’est foutu stéréotypes donc quand on l’entend ENCORE une fois ben… Comment dire c’est trop.

Par exemple, tout récemment je vois une campagne de pub pour une appli de pari de foot en ligne qui reprend des codes de jeux vidéos. Que des hommes, sauf une femme qui fait la bimbo et qui « n’aime pas le foot mais aime l’argent du foot ». Ca ne me fait pas rire, et même ça me fait mal car je SAIS que certaines personnes sont convaincues que « les femmes n’aiment pas le foot, et qu’elles sont vénales et superficielles ».

On peut étendre même plus loin… Les blagues sur les enfants teintées de violences / sous entendus sexuels / violences éducatives ordinaires me rendent malade.

Mais au final, ce qui est gênant c’est que ceux qui véhiculent ces blagues ne s’interrogent en général pas sur ce qu’ils ont intégré dans leur « socle commun ».

Propager ce type d’humour revient à banaliser des propos sexistes / racistes / anti-religions / violents / nocifs / dangereux / … Après tout, si on peut tout dire du moment qu’on précise que « c’est une blague voyons ! », c’est bien que finalement ça n’est pas si grave non ?

Par exemple, une blague sur un enfant qui prend une gifle / une fessée parce qu’il a fait je ne sais quoi (je n’ai aucun exemple en tête), « ça va c’est de l’humour ! », et puis finalement en questionnant on arrive souvent à « oui ben les enfants ne comprennent pas autrement ».

J’ai du mal à clarifier ma pensée ^^

L’humour (comme beaucoup de choses) est politique.

Là où il me dérange, c’est lorsqu’il est l’expression de tout ce qu’il reste à faire pour arriver à une société égalitaire, parce qu’il me fait ressentir avec une acuité terrible à quel point la majeure partie des gens (en tout cas de ceux que je côtoient) ne comprend pas « où est le mal ».

Du coup, pour moi si on souffre de se trouver moins spontané c’est parce qu’on se rend compte de ce que l’on raconte, et que l’on peut amorcer une réflexion pour déconstruire les stéréotypes que l’on a ancrés dans notre « socle culturel commun ». Réflexion de fond qui peut mener très loin…

Oh, et je vais très peu voir de comiques car je sais que souvent je suis hyper mal à l’aise face à leur spectacle.

(je suis désolée, ça n’est pas structuré comme chaque fois qu’un sujet me tient à coeur)

le 15/04/2019 à 22h50 | Répondre

Ornella

Merci beaucoup Nathalie,

Je partage une grande partie de tes réflexions et je n’ai même pas voulu me lancer dans une réponse tellement cela aurait été vain. Oui on peut probablement rire de tout dans son petit monde de privilégiés et s’offusquer des “délires” racistes, sexistes, homophobes, validistes et j’en passe.
Je préfère me remettre en question, m’excuser si je blesse, trouver un compromis. L’humour ne peut se résumer à un laisser passer pour heurter sous peine de perdre en créativité, mais c’est probablement plutôt une excuse d’humouriste médiocre.

le 18/04/2019 à 07h48 | Répondre

Sarah

J’estime qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. De toute façon n’importe quelle blague peut potentiellement être blessante/choquante pour qqun. Le politiquement correct de l’époque et la victimisation permanentes sont franchement pénibles. Surtout sur les réseaux sociaux, ça peut vite partir dans un délire et dans des hauts cris au racisme, misogynie, homophobie et tout le tintouin. On perd de plus en plus le sens du second degré. L’argument comme quoi on ne peut pas faire des blagues jouant sur les stéréotypes sous peine de les cautionner et que des gens y adhérant y verraient confirmation de leurs préjugés ne tient pas. C’est justement en partie par l’humour qu’on peut contrer les préjugés. Un site comme le Gorafeuj par exemple publie des fake news façon Gorafi en jouant sur les préjugés antisémites (les juifs ont de l’argent, dominent le monde..etc) C’est très drôle et c’est la preuve du contraire par l’absurde. Le film de Roberto Benigni « La vie est belle » en est un formidable exemple. Est-ce que les auteurs devraient s’abstenir sous prétexte que ça va conforter les antisémites ? Quand au socle culturel commun, il est normal et présent dans tous les pays. Oui il faut le remettre en question sur certains points, mais faut-il pour autant essayer de le détruire complètement, en niant d’où on vient et toute notre culture ? C’est une impasse qui mènerait à un politiquement correct mondialisé sans plus aucune substance, aucune subtilité et zéro humour. Ce qui fait rire dans un pays ne fait pas rire dans un autre. A chacun de s’adapter à son public. Pour ma part, je défendrai toujours la blague, même si cela ne me fait pas rire.

le 16/04/2019 à 11h25 | Répondre

Sarah

Alors pour apporter ma petite touche, je pense qu’on peut encore rire de tout, mais ça passera plus ou moins bien selon le style d’humour employé. Les blagues grasses, beaufs, humiliantes et pas drôle, non je ne comprends pas et je n’appelle même pas ça de l’humour.
L’humour c’est comme tout, ça ne se recycle pas indéfiniment et j’ai vraiment l’impression qu’on a fait le tour de l’humour tel qu’on le connait aujourd’hui et dans lequel je ne me retrouve plus.
A contrario, il y a des sketchs très drôles sur des sujets difficiles à aborder, parce que ces humoristes savent manier l’humour de façon intelligente, en faisant des mots d’esprits.
Donc pour répondre à ta question de philo, je conclurais en disant qu’il n’y a pas de mauvais humour, juste des mauvais humoristes 🙂

le 17/04/2019 à 21h02 | Répondre

Virg

Loin de moi l’idée de philosopher, je pense que tout est dans l’intention. Si la personne plaisante en toute bienveillance, je pense que c’est bien pris. D’ailleurs, ce genre d’humour est plutôt dans la caricature, donc se moque de la généralité des propos « extrêmes ». Ça depend aussi du plaisantin, s’il fait aussi bien dans l’auto-derision que la caricature, l’humilité qui en ressort rassure, on sent bien que le plaisantin n’est pas dans l’agression, la discrimination ou autres sympathies du genre.
Après, ça dépend aussi du public. Selon ce qui t’arrives dans la vie, certains sujets vont te toucher… ou pas ou de loin.
C’est vrai que c’est compliqué ton sujet !

le 18/04/2019 à 10h25 | Répondre

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