Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Scène de ménage


Publié le 21 mars 2018 par Madame Givrée

Il est 20h et je n’ai pas envie de faire à manger. Ni une, ni deux, nous nous retrouvons dans un restaurant à quelques minutes de chez nous. Ils sont assis à table, elle, les bras croisés sur sa poitrine, la tête baissée, lui, le dos appuyé contre la chaise, les jambes croisées, les deux mains posées sur la table.

Je leur souris quand je rentre. J’essaie de ne pas écouter leur conversation, mais c’est difficile, parce que la salle est petite, il parle fort, et nous ne sommes que quatre dans la salle. Elle est gênée et lui dit sans arrêt que leur conversation ne nous regarde pas, alors je fais un effort particulier pour me concentrer sur ma conversation avec mon mari.

Crédits photos (creative commons): StockSnap

Elle est très énervée, mais elle a peur qu’il ne l’aime plus. Il lui dit qu’elle a tort de ressentir ce qu’elle ressent et qu’il est en colère, parce qu’elle ne le respecte pas quand elle dit qu’elle n’est pas d’accord avec lui, qu’il a tout de même le droit de demander à passer avant le reste de sa famille. Il veut bien lui accorder que son fils est la chair de sa chair et passe peut-être un peu avant lui. Mais ses parents, sa sœur, ses tantes, non, il ne faut tout de même pas exagérer. Il la respecte énormément, et ce n’est pas normal qu’il doive lui demander de prouver son amour.

D’ailleurs, c’est chouette ce moment qu’ils passent ensemble. Ils ont passé un bon week-end dans son appartement, n’est-ce pas ? Elle est belle. Elle a des yeux magnifiques. Non, vraiment, il faut qu’elle apprenne à accepter un compliment. C’est vraiment un problème qu’elle ne s’aime pas, alors qu’il l’aime comme un fou.

Elle est vraiment obligée d’aller passer ces trois jours à Paris la semaine prochaine ? Elle ne pourrait pas envoyer valser l’amie qu’elle doit rejoindre, et rester avec lui, parce qu’il l’aime comme un fou ? C’est bien elle, de l’abandonner comme ça. Elle lui enverra un message en partant ? Et dans le train ? Et en arrivant ? Et dans la journée ? Elle part à quelle heure ? Elle arrive à quelle heure ? Il n’a pas l’adresse de son amie. Comment ça, il en demande trop ? Mais elle est son âme sœur. C’est dommage qu’elle soit têtue. Et facilement blessée. C’est pas son problème si elle a été blessée par son ex. Il la respecte énormément. Quand est-ce qu’ils s’installent ensemble ? Elle pourrait s’impliquer un peu plus quand même. Et arrêter d’être un problème ambulant. De toute façon elle est énervante, elle a pas grand chose pour elle, elle a de la chance qu’il voie toutes ces qualités chez elle.

Des fois, il aurait presque peur, mais bon, elle ne se comporte pas comme son ex, c’est déjà ça. Des femmes, il en a eues, mais il n’a jamais vécu ça avec personne, elle est tellement mieux que toutes les autres. Bien sûr il n’aurait pas de mal à la remplacer, mais c’est quand même pas mal avec elle. De toute façon, il est toujours en contact avec son ex-femme. Elle ne dirait pas non… Mais elle est vraiment, vraiment, mieux que toutes les autres… Quand elle veut bien être sympa et ne pas pleurer, il faut qu’elle arrête, un peu, ils discutent, c’est tout.

Crédits photos (creative commons): makunin

Bien sûr, il a essayé de l’isoler de sa mère, il en est désolé, mais elle est toxique pour leur relation: elles se voient une fois par semaine. Evidemment, ce n’est pas sa faute s’il a fait pression sur elle pour qu’elle laisse la garde de son fils à son ex-mari, il ne faudrait pas que le petit vienne se mettre en travers de leur amour naissant. Oh, certes, il lui a balancé quelques méchancetés qui l’ont fait pleurer à chaudes larmes pendant tout l’après-midi, mais c’est ce qui se passe quand les caractères s’affûtent, que les gens s’habituent l’un à l’autre. Et puis ce n’est pas sa faute s’il n’a pas envie qu’elle voie ses amies. Il l’aime comme un fou. Bien sûr, il la veut rien que pour lui. C »est normal, puisqu’il tient énormément à elle. Ce n’est décidément pas sa faute si elle ne comprend rien, et veut n’en faire qu’à sa tête en gardant les gens de sa vie d’avant dans son quotidien.

Il n’est pas inquiet. Elle finira bien par voir qu’il a raison. Il insulte subtilement son intelligence, diminue son ressenti, lui coupe la parole, répète tout haut ce qu’elle dit tout bas pour mieux lui dire qu’elle a tort, lui dit qu’elle est trop sensible, qu’elle ne devrait pas avoir honte, qu’on se fiche des gens autour, qu’elle est en train de devenir un peu folle. Il l’accuse d’avoir une relation avec un autre homme: il a bien vu qu’elle envoyait un mail à quelqu’un vendredi après-midi. Elle se met à pleurer : elle travaille à distance, c’était un mail professionnel. Il lui dit de se calmer, de se mettre à sa place: évidemment, il a pensé au pire, puisqu’elle n’a jamais le bon positionnement vis à vis de lui. Elle ne veut même pas annuler ses vacances avec son amie. Elle ne veut même pas arrêter de parler à sa mère.

Il le dit, il le répète, il l’aime comme un fou, il tient énormément à elle, il ne peut pas vivre sans elle. Mais son visage reste impassible quand il déclame son amour. Il arbore un sourire en coin quand elle pleure, il lève les yeux au ciel quand elle dit qu’elle est triste. Jamais il ne décroise les jambes. Il ne fait aucun geste vers elle, l’accuse de ressentir des émotions qu’il provoque, ne se met jamais à sa place, ne parle que de lui. Il se concentre sur les erreurs qu’elle a faites et lui répète à quel point elle a tort de penser de telles choses, de dire de telles choses, de se comporter de la sorte. Elle l’ennuie. Il a des idéaux, lui, il veut être respecté, adoré, il veut être le seul et l’unique. Et qu’elle ne s’avise pas de tourner un peu cinglée pour toutes les autres, il n’en peut plus que toutes les femmes de sa vie soient cinglées.

Crédits photos (creative commons): czu_czu_PL

En parlant de ça, elle ne voudrait pas se laisser pousser les cheveux ? Et porter du maquillage aussi, ça serait bien, ça. Et puis cette manie de ne porter que du noir… Il ne l’a jamais vue avec une jupe. Et ces chaussures, c’est une horreur.

Enfin, tout ça pour dire qu’il faut qu’elle fasse attention. Un jour, il y aura une autre dispute, mais celle-là sera la dernière. Oui, oui, il le sait, elle le lui a dit hier. Mais comment ose-t-elle le menacer de la sorte ? Mais non, il ne vient pas de suggérer qu’il pourrait la quitter ! Comment peut-elle croire une chose pareille ? C’est fou de tout mal interpréter et de faire semblant de mal comprendre comme ça !

Tu as la chair de poule à la lecture de ce récit ? Ta sonnette d’alarme intérieure s’est déclenchée ? La mienne, oui.

Je crois bien que nous avons mangé à côté d’un pervers narcissique en pleine action. Pendant tout le repas, je me suis demandé quoi faire, quoi dire. Est-ce que je devais dire quelque chose ? Intervenir ? Mon instinct me disait d’aller voir la dame et de lui dire « sauvez-vous, maintenant, tant que vous le pouvez encore » ou « quittez-le tant qu’il ne vous a pas encore fait trop de mal » ou encore « vous n’êtes pas folle, vous n’avez pas tort, et si vous pensez que cette relation n’est pas bonne pour vous, ne restez pas. » Mais… si je me trompais ?

Et puis… de quoi je me mêle ? Ils étaient vraiment plus âgés que moi, et je ne me voyais pas intervenir. J’ai eu peur, et je ne savais pas comment m’y prendre. Quand nous sommes partis, pendant que Sir Givré payait, je me suis retournée et je l’ai regardée. Elle a croisé mon regard: le sien était triste, fatigué, vidé – et vide. Mon cœur s’est serré. J’ai vu sur son visage le fantôme du visage de personnes que j’aime et qui ont vécu une relation abusive. J’ai mémorisé son visage. Le monde est petit, les opportunités infinies. Un jour, peut-être, nos chemins se croiseront à nouveau. Ce jour-là, j’aurai peut-être le courage de lui parler. En attendant, je lui ai souri chaudement, je lui ai mentalement envoyé des ondes de courage, et j’ai prié pour qu’elle se sorte de là. Vite.

Et toi, comment aurait-tu réagi ? Tu as déjà été témoin de ce genre de situation ? Tu as déjà été victime de ce type de comportement ?

Commentaires

22   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virg

Oh là là au secours le dilemne moral ! C’est un véritable cas de conscience qui t’es arrivé là. Sincèrement, je pense que j’aurai fini par m’en mêler, sans rentrer dans le conflit conjugal mais sur son attitude vis-à-vis des autres clients du resto. Après, je me serais sûrement retrouvée devant le même dilemne : et si en le remettant à sa place devant elle, il allait reporter sa colère sur elle …
Non, vraiment, je suis bien aise de ne pas avoir eu à entendre ça. Humilier quelqu’un, je ne supporte pas et, comme toi sans doute, je garderai son visage dans un coin de ma tête en priant pour ne jamais le voir dans un fait divers. J’ai lu beaucoup de témoignages sur le sujet et je dois avouer qu’une idée récurrente me hante : les gens savaient mais ils disaient que ça ne les regardait pas.

le 21/03/2018 à 07h31 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Mais oui, c’est ça, à quel moment tu t’en mêles, et comment, quoi ? C’est vraiment difficile à jauger !

le 25/03/2018 à 20h21 | Répondre

sarah (voir son site)

heuuuuuu, dur dur la situation en effet. intérieurement je rêve d’avoir le courage d’aller voir la dame en pretextant un truc pourri pour la faire sortir de la salle ou aller aux WC et lui parler seule à seule. mais en réalité je sais que j’en serais bien incapable…

le 21/03/2018 à 08h13 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

A la limite, je me serais sentie de faire ça dans un endroit blindé de monde, où il y aurait eu de grands toilettes. Mais l’endroit où on était, c’est une toute petite salle avec un seul toilette, donc pas de possibilité comme ça.

le 25/03/2018 à 20h22 | Répondre

Poppy Pomfrey

J’ai connu ce qu’elle a vécu, ça a été difficile.
Pourtant il y avait des indices avant : le mec qui n’avait jamais vécu en couple à 34 ans, pas de relation longue avant…
Pour me plaire, il s’est fait passer pour un autre, pour lui plaire j’ai fait semblant d’être une autre. Les dés étaient pipés depuis le départ.
Et puis au fil du temps il a montré son vrai visage, s’engouffrant dans mes failles, les agrandissant. Ca a été progressif mais je pensais être celle qui le changerait, qui le « sublimerait ». Quelle naïve j’ai été…
Il a cherché à me couper de ma famille pas assez bien pour lui, de mes amis qu’il disait trouver insignifiants alors que tous sont plus brillants que lui…
Quand je suis tombée enceinte de notre aînée, après le cap fatidique des 3 mois il a renforcé son emprise. Après la naissance de la puce, j’ai envisagé de partir mais ma 2eme fille s’est annoncée, un rapport ce mois-là ‘pour être tranquille » et le petit + fatidique. Je n’ai pas réussi à me convaincre d’avorter.
J’ai pris un amant qui vivait lui aussi une relation abusive, ça m’a aidée à supporter le quotidien pendant la belle année où ça a duré. Puis mon bourreau a renforcé son emprise, demandant une mutation en Chine que j’ai fait foirer dans son dos par instinct de survie, il a ensuite voulu aller vivre à 500 kms, soit à 900 kms de mes parents. A cette époque, en plus de ce dont tu as parlé plus haut, j’avais aussi le droit aux coups depuis quelques temps.
A ce moment-là mon ex-amant est revenu dans ma vie, 3 semaines avant le déménagement, il avait réussi à se sortir de sa relation toxique et m’a fait prendre conscience que si lui avait pu y arriver je pourrais peut-être le faire moi aussi. Il m’a forcé à en parler à mes parents, il m’a secouée en me montrant qu’un autre avenir était possible.
3 semaines après le déménagement j’annonçais à mon ex ma décision de le quitter.
Je me suis installée chez mon ex-amant, mon meilleur ami. La première année a été difficile, j’ai dû me battre pour obtenir la garde de mes enfants et je suis tombée enceinte de mon nouveau chéri. Nous avons décidé de le garder et j’ai fait 1000 kms un week-end sur deux enceinte pour voir mes enfants.
Au final j’ai eu la garde des puces, je l’ai sû quelques jours seulement avant que mon fils ne vienne au monde. Quand il a eu 2 mois son père et moi nous nous sommes pacsés, et mariés quand il avait 2 ans.
La relation avec mon ex est toujours hyper difficile, il manipule les filles et leur a raconté les pires horreurs sur moi.
Il y a 1 an et demi j’ai compris qu’une de mes amis vivait le même genre de situation que celle que j’avais connu. On en a parlé longuement, elle savait que ma porte lui était ouverte comme celle de beaucoup. 3 jours avant qu’elle n’ait son nouvel appartement, elle a été tuée par son ex. Ca aurait pu être moi, ça pourrait être n’importe quelle femme victime : les bourreaux n’aiment pas que leurs jouets s’en aillent…

le 21/03/2018 à 09h15 | Répondre

Choupichette (voir son site)

ton témoignage m’a fait me retourner l’estomac
Je suis à la fois heureuse que tu ais pu t’en sortir, et terriblement attristée pour ton amie 🙁

le 21/03/2018 à 10h20 | Répondre

Lana

Bonjour,

Quel témoignage … Bravo pour avoir trouvé la ressource en toi pour vivre … C’est parfois si compliqué …

Juste une question si tu me le permets. Comment aurais-tu aimé qu’une personne dans la situation de Madame Givrée réagisse si elle s’était retrouvé à côté de toi et de ton ex au restaurant ?
J’avoue que je ne saurais pas du tout comment réagir mais je pense que ça serait intéressant d’avoir un retour d’une personne qui l’a malheureusement vécu. Ca peut arriver à n’importe qui de se retrouver à côté d’une femme dans une telle situation de mal être …
Après, selon l’emprise, je ne sais pas si ça pourrait être utile mais sait-on jamais, ça pourrait sauver ne serait-ce qu’une personne.
Pour l’anecdote, mes Grand-Parents connaissent la mère d’une mariée qui était exactement dans la même situation. La mère était évidemment contre son gendre mais sa fille voulait à tout prix l’épouser. Le jour des noces, tout le monde arrive à la mairie et la mariée trébuche dans les escaliers (truc bête, une robe de mariée, il y a vite fait de trébucher). Le marié l’a aidé à se relever puis … lui a mis une gifle. Ils s’apprêtaient à continuer à monter les escaliers mais la mariée a vu dans le regard de l’adjointe un tel choc que ça lui a provoqué un électrochoc et qu’elle est repartie avec sa mère.
Il suffit d’un rien … Peut être que Madame Givrée, ton regard a suffi … Alors si Poppy, tu pourrais nous dire ce que, avec du recul, on aurait pu te dire dans ce cas, peut être que ça pourrait aider une autre femme …

le 21/03/2018 à 11h17 | Répondre

Virg

+1 j’aimerais aussi connaître cette réponse si c’est possible

le 21/03/2018 à 12h38 | Répondre

Poppy Pomfrey

Merci les filles.
Dans mon propre cas ça a été très long parce que cette situation s’installe de manière insidieuse. D’abord je lui cherchais des excuses à lui et dans un second temps je me raccrochais à des éléments matériels pour ne pas partir (maison que nous possédions, garde des enfants). J’avais peur d’être seule et de ce qu’il pourrait me faire.
Il paraît qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et quand on est entre les griffes de ces hommes on a du mal à être lucides. On sait qu’on ne vit pas une situation normale mais on a du mal à s’en sortir seule.
Dans le cas de cette femme, si elle avait été dans une phase de déni elle n’aurait rien pu entendre, en tout cas lui semble avoir le pouvoir et suffisamment de confiance en lui pour lui dire quoi faire. Je vois quand même un point positif dans le récit fait : elle ne se laisse pas isoler socialement, du moins pas encore. Il ne l’a visiblement pas totalement sous sa coupe.
Par contre il ose trop de choses, ça me rappelle de mauvais souvenirs : dire qui elle doit ou pas fréquenter, contrôler l’emploi du temps, contrôler l’apparence aussi.
Elle a peur qu’il ne l’aime plus ? Mais il ne l’a jamais aimée, elle ne sera jamais assez bien à ses yeux même quand elle sera devenue une coquille vide à force de lui obéir. Ces gens-là sont incapables d’aimer et ne sont satisfaits que quand on rentre totalement dans leurs critères, au moment où il diront que l’on manque de personnalité. C’est le propre du pervers narcissique : ils n’aiment pas nos yeux mais leur reflet dans le regard de l’autre.

Concernant cette femme, il aurait effectivement été judicieux de lui parler hors témoins mais selon son emprise elle aurait pu tout dire à son conjoint.

Je le répète, une victime de ces personnes-là ne peut à mon avis s’en sortir qu’en étant bien entourée et en étant isolée de son bourreau. Il y a trop de femmes qui quittent un conjoint manipulateur ou violent et finissent par revenir avec lui car on ne les a pas aidées à sortir de l’emprise. Je ne veux plus d’autres Jennifer…

le 21/03/2018 à 13h33 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

🙁 je suis vraiment triste de lire tout ce qui t’est arrivé.

le 25/03/2018 à 20h23 | Répondre

Choupichette (voir son site)

Ho mais quelle situation atroce…franchement j’ai ressenti une grande haine tout le long de la lecture de l’article…
Mais dans ces situations : comment réagir ? comment aider cette femme en quelques secondes, elle qui n’avait même pas l’air de demander de l’aide ? comment ne pas franchir la ligne fatidique entre « j’aide mon prochain » et « je me mêle de ce qui ne me regarde pas » ? c’est tellement délicat … encore plus quand ça concerne des violences psychologiques (plus lentes à être mises en place, invisibles…)

le 21/03/2018 à 10h19 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Ah oui et ce qui est insidieux et pervers en plus là dedans, c’est que tu en viens à douter de ta propre analyse. Je ne te dis pas le nombre de fois où je me suis demandé si ce n’était pas moi qui en faisais trop…

le 25/03/2018 à 20h24 | Répondre

LOUTRE

Je suis mortifiée. Qu’un tel personnage ai ce sentiment d’impunité, montre surtout le dénuement des témoins. En effet comment réagir face à une telle situation? Pourquoi n’osons nous pas intervenir? Je n’ai pas la réponse à ces questions et c’est bien la raison pour laquelle j’espère ne jamais y être confrontée.

le 21/03/2018 à 11h46 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

J’imagine qu’il y a bien une conduite à tenir que quelqu’un a trouvée quelque part. J’aimerais bien, à l’avenir, qu’on nous apprenne dès le plus jeune âge comment faire dans un certain nombre de situations. Il y en a tellement, des situations dans lesquelles on est démunis…

le 25/03/2018 à 20h25 | Répondre

Hellodie

Ton récit m’a fait froid dans le dos. Et a fait écho à mon histoire… 3 ans avec un pervers narcissique, il y a longtemps, presque dans une autre vie. J’ai ouvert les yeux lorsque les coups sont tombés, et que j’ ai fini aux urgences. Le médecin des urgences a eu les mots qui m’ont fait réagir, et m’a incité à porter plainte. La reconstruction a été longue, mais a l’instant, je viens d’aller voir mes bouts de chou qui dorment et d’envoyer un message à leur formidable papa. Je ne sais que te dire dans ta situation, car pour moi, il a fallu toute l’attention d’un professionnel qui doit bien malheureusement être confronté à cette situation régulièrement. En tout cas, il faut en parler, autant que possible, pour que toutes les femmes reconnaissent lorsque les choses ne sont pas normales, en ça bravo pour ta démarche ici.

le 21/03/2018 à 14h48 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Merci pour ton témoignage et tes encouragements. Je pense, comme toi, qu’il est essentiel d’en parler. C’est en ayant des conversations autour de ça qu’on développera une culture commune qui nous permettra de lutter contre ces comportements.

le 25/03/2018 à 20h26 | Répondre

Folie douce

Quelle horreur tout ça ! Aller au resto tranquille avec son mari pour être obligés d’entendre ça, ça doit être super désagréable ! Et je plains cette malheureuse. En te lisant je me suis dit que j’aurais vraiment eu envie d’aller lui parler. Mais est-ce que j’y serai vraiment arrivé ? C’est compliqué on n’a une mauvaise image des gens qui se mêlent des affaires des autre, on ne veut pas être indiscrets. Mais s’il fait exprès de parler fort pour que tout le monde entende, en plus d’être maltraitant avec elle il est incorrect avec les personnes présentes.

le 21/03/2018 à 17h24 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Oui, je pense que tu mets le doigt sur quelque chose de très important : l’image qu’on a des gens qui se mêlent des affaires des autres. Alors que là, ça aurait été empêcher une violence. Où est la limite ?

le 25/03/2018 à 20h27 | Répondre

Folie douce

La frontière est floue c’est bien ça qui est traitre. Mais dans la mesure où il n’y avait aucune volonté de votre part d’entendre cette conversation mais qu’elle voua été imposée ce n’est pas une indiscrétion de votre part au contraire vous avez subi une incivilité de la part de cet homme.

le 25/03/2018 à 23h03 | Répondre

Hop

A la lecture de ton récit je suis passée d’un sourire tendre (« ah, les amoureux à leurs débuts ») à une peur viscérale pour cette femme. A travers les propos que tu rapportes on sent la violence en puissance qui émane de cet homme. La force de ses mots ne laissera la place qu’à celle de ses poings.
Et puis je me suis pris une gifle en pleine face quand j’ai lu « pervers narcissique ». J’en ai encore l’estomac au bord des lèvres. Parce que mon ex était cet homme. Je suis restée 3 ans avec lui. Notre rupture s’est faite avec perte et fracas et 10 ans après j’en cauchemarde encore la nuit. Mais jamais je n’ai pensé qu’il pouvait être un PN. Alors pourquoi quand je te lisais j’ai revu mon couple à cette époque ? Pourquoi je nous ai imaginé à cette table ? Pourquoi j’ai le souvenir d’un tas de discussions comme celle là ? Peut être qu’aujourd’hui j’ai un début de piste qui me permettra de panser quelques plaies.
Pour ma part j’aurais aimé qu’on vienne me voir, qu’on me dise « Attention, cet homme va vous détruire, mais vous êtes dans une telle spirale que vous en pouvez pas vous en rendre compte. Faites moi confiance, partez d’ici. Maintenant. Venez avec moi ». Peut être que je ne serai pas sortie, mais dans un moment de doute ultérieur j’aurais compris que je n’avais pas tort, que je n’étais pas seule à penser certaines choses. Et je serai peut être partie plus vite.

le 28/03/2018 à 13h22 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

Je t’envoie plein de compassion ! Je connais ce sentiment, quand tu lis un truc et que tu te retrouves tellement dedans que ça te fait comme un coup de poing à l’estomac. J’espère que tu vas bien et que tu es bien entourée. Prends soin de toi surtout !
Je te remercie d’avoir donné ton avis. Ca va me faire avancer dans ma réflexion et peut-être qu’une prochaine fois, j’aurai une attitude plus adaptée. Ou, en tout cas, je saurai comment agir.

le 28/03/2018 à 21h57 | Répondre

Hop

Merci Madame Givrée !
Ma vie a bien changée depuis ces années. Je suis en couple, j’ai des enfants, j’ai déménagé loin loin loin, et pourtant ces souvenirs me hantent régulièrement et quand je me réveille avec le goût amer d’un cauchemar je m’en veux de ne pas avoir réussi à tourner la page. J’ai pensé pendant un temps suivre une thérapie EMDR afin de m’aider à archiver cette période de ma vie. J’ai oublié beaucoup de choses de mon enfance en raison d’un père pervers narcissique (oui ça me poursuit cette histoire !) alors j’aimerais tellement y arriver de nouveau…
Dans tous les cas, je crois que j’y vois plus clair depuis 2 jours. Peut être que le simple fait d’en parler ici m’a aidée aussi. Me dire que je suis en quelque sorte une victime et non pas uniquement coupable de ne pas avoir su dire stop bien avant… Je vais laisser le temps au temps…
Merci en tout cas d’avoir partagé cela avec nous. Cela aura eu le mérite d’avoir un écho profond en moi. Un immense merci.

Et pour conclure, je crois qu’il ne faut pas hésiter à aller parler aux gens. Nos relations passent aujourd’hui de plus en plus par le virtuel alors que nous avons, au plus profond de nous, besoin de la communauté qui nous entoure dans la vie.
Personnellement je n’hésite pas dans un magasin à donner mon avis à une femme seule qui essaie des vêtements, à partager mon expérience avec un couple de jeunes parents qui achète son premier siège auto, à discuter avec une mamie qui patiente dans un même endroit…
Le regard extérieur peut être bienveillant et sans arrière pensée. Je crois en l’humain, en sa capacité à intervenir uniquement pour faire du bien aux autres.
Soyons des colibris…

le 30/03/2018 à 08h12 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?