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Je suis secrétaire de rédaction


Publié le 8 mars 2020 par Azu


Aujourd’hui, je te fais découvrir ce qu’est le métier de secrétaire de rédaction. Paradoxalement, ça n’a rien à voir avec le secrétariat comme on pourrait le penser au premier abord, mais genre pas du tout du tout !

Allez viens, je t’emmène donc faire un tour d’horizon des métiers dédiés à l’édition et la presse, et plus précisément du mien !

Crédits photo (creative commons) : Kaboompics.com

Les métiers de l’édition

Quand on pense au domaine de l’édition, forcément le premier métier qui vient en tête c’est celui d’éditeur. Mais ce n’est qu’un chaînon de la chaîne de production de l’édition. 

Petite explication. En premier lieu, il y a un auteur qui va envoyer son manuscrit. Ce manuscrit va être “lu” (oui entre guillemets car on ne lit pas tout : le début et la fin généralement) par, roulement de tambour, un stagiaire, parfois au mieux l’assistant d’édition. Je sais, tu dois te dire qu’il est possible que le stagiaire laisse passer quelques merveilles… je me suis fait la même réflexion en découvrant le milieu. Les livres sélectionnés vont ensuite passer entre les mains d’un comité de lecture qui va décider ce qui va être publié. Le manuscrit revient chez l’éditeur qui va demander à l’auteur de retravailler son texte, couper certaines parties, en rajouter, etc. À la fin de ce processus, le manuscrit final sera envoyé en correction chez un correcteur qualifié.

Pendant ce temps, un graphiste va travailler sur la couverture, ou alors une recherche iconographique sera confiée à l’assistant d’édition. Au retour du manuscrit corrigé, ce dernier est envoyé en composition : un maquettiste va le monter en maquette. Le manuscrit devient une épreuve, qui va être relue par l’auteur, l’éditeur, l’assistant d’édition, et dans une maison d’édition un peu sérieuse, envoyé une deuxième fois en correction (spoiler : c’est de moins en moins le cas). Une fois toutes les corrections intégrées par le maquettiste, l’épreuve se transforme en BAT (Bon à tirer). Il est envoyé une dernière fois à l’auteur, qui donne sa validation : le livre est “bon à tirer”. C’est au fabricant de prendre la relève, c’est lui qui va choisir le papier (en accord avec l’éditeur bien sûr) et qui est en relation avec l’imprimeur. 

Ça c’est ce qui se passe quand tu travailles dans les maisons d’édition. Dans la presse ça se passe un peu différemment, suis-moi !

Crédits photo (creative commons) : StockSnap

Les métiers de la presse

Dans la presse c’est un peu différent. Et j’ai appris un peu sur le tas, car à l’origine je me destinais au métier d’éditeur. Mes différentes expériences m’ont amenées petit à petit du côté de la presse. 

Pour comparer les choses, on pourrait mettre en parallèle le métier de secrétaire de rédaction et celui d’éditeur. Le premier dans la presse, le second dans l’édition.

Dans la presse, tout commence par une réunion de comité de rédaction annuelle, qui va établir, temporairement, les thèmes abordés tout au long de l’année. Ça permet de dresser un calendrier rédactionnel. On appelle certains sujets des marronniers, ce sont ceux qui reviennent tous les ans sans exception : Noël, les vacances d’hiver, la rentrée des classes, etc. pour ne t’en citer que quelques uns (il y en a une tonne en vrai).

Par la suite, il y aura d’autres comités de rédaction : un par mois pour les mensuels, tous les jours pour les quotidiens etc. bref, tu comprends le topo. Chaque fois, le calendrier est revu, adapté, tronqué selon l’actualité. Ensuite, charge aux journalistes d’écrire leurs articles, qui va atterrir entre les mains d’un secrétaire de rédaction. Ce poste permet de faire l’interface avec les intervenants du produit éditorial. Mais avant tout, le secrétaire de rédaction est là pour garantir la ligne éditoriale (comme l’est l’éditeur en maison d’édition). Il peut donc arriver que le secrétaire réécrive complètement l’article, change la titraille. Il va aussi s’occuper de vérifier les références, calibrer le texte. Quand il n’y a pas de maquettiste c’est également lui qui s’occupe de la mise en page. Le texte sera relu, par le rédacteur en chef, et corrigé par un correcteur (c’est de moins en moins souvent le cas et souvent le SR se retrouve à prendre en charge la correction également). Une fois tout calé et bien relu, c’est envoyé chez l’imprimeur. 

Crédits photo (creative commons) : Britta Jackson

Je ne suis pas secrétaire

Être secrétaire de rédaction, ça ne veut donc pas du tout dire que je m’occupe du secrétariat comme expliqué au-dessus. Je ne réponds pas au téléphone, je n’écris pas les courriers de mes supérieurs, ni ne prends rendez-vous pour eux. Ce sont des choses qui m’ont beaucoup hérissées quand je cherchais du travail car les gens me contactaient en ayant besoin d’une secrétaire. Et ça m’énervait grandement car clairement les personnes s’étaient juste arrêtées au titre de mon poste sans aller voir mon CV. 

Il y a assez peu de personnes qui savent exactement en quoi consiste mon métier, et c’est toujours un peu laborieux à expliquer, surtout quand les gens n’ont aucune connaissance du milieu de l’édition/presse.

Ce que j’aime dans ce métier, c’est l’impression d’être le point de repère de tous les intervenants. Que ce soit les journalistes, les rédacteurs, les auteurs, les correcteurs, les fabricants. On est l’interface entre toutes ces personnes, et on les coordonne entre elles. On lit, relit, réécrit, on peaufine le texte, le retravaille afin d’obtenir au bout du compte un produit parfait (ou presque). Pour être secrétaire de rédaction, il faut être un minimum perfectionniste et ne pas être ennuyé de devoir relire un texte de nombreuses fois après chaque passage d’un intervenant. Petite fierté de ma société, nous avons à demeure une équipe de correcteurs, ce qui de nos jours devient de plus en plus rare. C’est en parti ce qui signe la qualité de nos publications totalement harmonisées sur ce point-là, d’autant que nous sommes spécialisés dans les publications juridiques. 

La prochaine fois, je reviens te parler du métier de mon mari. Coïncidence, nous faisons presque le même, mais au lieu de composer des textes, lui s’occupe de composer des images !

Et toi quel es ton métier ? Viens me raconter en commentaire ce qui te plaît dans ta profession !

Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Emilie

Il est chouette comme tout ton article je ne connaissais pas du tout ton métier. Donc merci pour cette découverte.
Pour ma part j’exerce le métier de planificateur/ordonnanceur. En fonction de prévisions de ventes, des niveaux de stocks, des capacités de production je définis les quantités à produire et établis les plannings de production. C’est un métier industriel orienté logistique qui me plait pour la réactivité qu’il demande. Il nécessite un excellent sens du contact car on s’adresse à tous les services de l’entreprise et on négocie beaucoup.

le 08/03/2020 à 14h26 | Répondre

Nathalie (voir son site)

Super intéressant, merci !

le 08/03/2020 à 19h15 | Répondre

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