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Suis-je immigrée, expatriée ou autre chose encore ?


Publié le 25 juin 2015 par Claire Gezillig

Il y a bien longtemps que je mûris cet article. Rappelle-toi, je t’en ai parlé il y a plusieurs mois déjà

Alors quand, il y a quelques semaines, j’ai entendu parler du débat « Pourquoi parle-t-on d’expat’ pour les blancs et d’immigrés pour les autres ? », je me suis dit que finalement je n’étais pas une linguiste un peu folle c’était une question qui pouvait t’intéresser aussi, et qu’on pouvait avoir des discussions fertiles à ce propos.

Bon, bon, pour t’expliquer mes réflexions, il va falloir que je te raconte un peu ma vie.

Valise dans une gare

Crédits photo (creative commons) : Strange Luke

La différence entre vivre et voyager dans un pays

Parfois, quand mes amis restés en France parlent de moi, ils disent que je suis une grande voyageuse. Je ne me reconnais pas dans ce qualificatif, parce que je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait beaucoup de voyages. J’adore ça, les voyages, j’ai plein d’idées d’endroits que j’aimerais visiter. Mais pour le moment, je n’ai pas eu tellement l’occasion (et les moyens) d’en faire beaucoup ! Par contre, je trouve que, du haut de mes 27 ans, j’ai vécu dans pas mal de pays.

Je considère que j’ai vécu/habité dans six pays : la France, l’Irlande, l’Angleterre, le Burkina Faso, l’Allemagne et les Pays-Bas. Pourtant, pour certains, je n’y ai pas passé plus longtemps que le temps des vacances : huit semaines en Irlande, quatre au Burkina Faso.

(On pourrait aussi éventuellement ajouter à cette liste la Colombie. Où je bats tous les records avec dix jours, alors que je devais y vivre six mois. L’aventure colombienne fut très particulière, laissons-la de côté, peut-être un jour te raconterai-je, on verra… Cinq ans après, je me demande si j’ai assez de recul, ou si je n’en ai pas trop, pour y mettre des mots.)

Alors qu’est-ce que c’est pour moi vivre dans un pays ?

Vivre dans un pays, c’est y aller pour avoir une vie quotidienne, pas pour faire du tourisme et visiter. En Irlande, j’étais jeune fille au pair pendant les vacances d’été. Au Burkina Faso, j’ai apporté ma petite pierre à l’édifice d’un projet de solidarité. Donc oui, j’ai vécu là-bas.

Bien sûr, j’ai toujours profité de la chance d’être dans un nouveau pays pour faire des visites, découvrir (enfin, au Burkina, autant qu’il est possible quand on est au milieu de nulle part et qu’il n’y a dans la ville que deux véhicules motorisés…). Je considère que j’ai vécu dans ces pays parce que j’y ai travaillé, eu une mission autre que découvrir. Ce n’étaient pas des vacances…

Mais dans tous les pays où j’ai vécu avant les Pays-Bas, je savais dans quelle case me mettre :

  • en Irlande, j’étais au pair,
  • en Angleterre, j’étais assistante de français,
  • au Burkina, j’étais bénévole en projet de solidarité,
  • en Allemagne, j’étais stagiaire Erasmus.

À chaque fois, j’étais une jeune fille qui appartient à un type particulièrement répandu aujourd’hui chez les européens : les jeunes qui vont voir ailleurs pour quelques mois. La génération Auberge Espagnole. Une génération qui part et revient et repart, éventuellement. Des gens qui « vadrouillent avant de se poser ».

Sauf qu’aujourd’hui, bon, je suis plus proche des 30 ans que des 20, je suis mariée, je n’accepterais plus de vivre en chambre décrépie ou en colocation (enfin, j’ai signé une colocation à vie et exclusive avec Monsieur Gezellig). J’ai un travail qui me permet de vivre décemment et on peut même dire un début de carrière ! (Non, sérieusement, moi, une carrière ??)

Suis-je expatriée ou immigrée ?

Aujourd’hui, du coup, les gens ont plutôt tendance à vouloir me mettre dans la case des expatriés.

Sauf que moi, je ne m’y reconnais pas, mais alors pas du tout.

On construit tous nos clichés à partir de stéréotypes. Tu sais, ces étiquettes qu’on colle sur le monde parce qu’on a besoin d’ordre. Donc pour moi, les expatriés, ce sont ces familles envoyées par le boulot (de Monsieur généralement) dans un pays étranger pour un temps défini. Ils sont payés grassement, ils vivent entre eux et ne prennent pas beaucoup la peine de connaitre le pays d’accueil.

Pas moi du tout, du tout, cette image.

Mais bon, le problème des stéréotypes, ce n’est pas qu’ils sont totalement faux mais c’est surtout qu’ils sont majoritairement incomplets (si ce sujet t’intéresse, va écouter ce Ted-talk : c’est en anglais mais tu peux mettre les sous-titres en français). Donc, bon, peut-être que mon image, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg des expatriés…

Alors qu’est-ce que c’est, vraiment, un expatrié ? Le dictionnaire dit seulement : « Qui a quitté sa patrie ». Bon, bon, si c’est juste ça, il y en a beaucoup, des expat’ !

Mais quelle différence, alors, avec un immigré ? Là, le dictionnaire est un peu plus précis : « Qui est venu dans un pays étranger pour y trouver un métier et s’y établir plus ou moins durablement »

Bon, donc un immigré ne viendrait pas pour un boulot qu’il aurait trouvé avant. Et serait bien parti pour rester…

Parce que, oui, c’est vrai que derrière le mot expatrié (par opposition à immigré), on a souvent l’idée de retour au pays prévu à plus ou moins court terme, ou de changement de pays, en tout cas pas d’une installation très durable.

L’immigré, c’est plutôt celui qui a quitté son pays par nécessité, qui vient s’installer pour trouver comment gagner et construire sa vie… sans savoir s’il voudra/pourra revoir son pays.

Bon, ben du coup, je ne me reconnais pas vraiment non plus dans le descriptif de l’immigré. Je suis bien arrivée dans un pays sans date de fin, mais à aucun moment, je ne me suis dit : « Bon, je vais essayer de construire quelque chose pour rester toute ma vie ici. » Et puis, j’ai cherché et trouvé du boulot avant d’arriver. Enfin, potentiellement, je peux revenir en France très facilement.

Seulement, voilà, je n’ai aucun plan, ni de réelle envie de revenir à la mère patrie. Pas plus que je n’avais dans l’idée de m’installer durablement aux Pays-Bas. Je ne me suis pas posé la question de savoir pour combien de temps j’allais rester. Je voulais juste être avec l’Amoureux, il était là à ce moment-là, on ne se projetait pas au delà de quelques mois.

J’ai choisi mon métier de professeur de Français Langue Étrangère pour pouvoir bouger, vivre dans plusieurs pays. Mais le fait est que nous semblons nous installer dans la durée aux Pays-Bas. J’y ai même créé ma petite entreprise ! (Et je commence à envisager que, peut-être, on puisse un jour y acheter une maison… moi la phobique de la sédentarisation, qui n’ai pas voulu faire de liste de mariage pour ne pas m’encombrer de trucs et pouvoir bouger facilement !)

On peut donc dire que je suis expatriée, et on peut aussi dire que je suis immigrée. Tout ça est vrai. Mais non, vraiment, je n’ai pas envie, spontanément, de me présenter sous ces étiquettes. À cause, justement, des images que les gens y associent.

Que suis-je ?

Je suis une jeune femme qui a eu la chance de naître dans un pays qui donne accès à un passeport assez magique… Un passeport qui permet de voyager et même d’habiter à plein d’endroits sur ce globe.

Je suis aux Pays-Bas pour une durée indéterminée. J’ai épousé un néerlandais. Même si je le pourrai très bientôt, je n’ai aucune intention de demander la nationalité néerlandaise, parce que je ne m’y reconnais pas et que j’ai ce luxe de ne pas en avoir besoin pour rester ici.

Je suis française. J’ai la chance d’avoir un métier où, à l’étranger, on attend de moi que j’agisse comme une française (« chance » parce que l’adaptation, ce n’est pas toujours facile… on en reparlera). Je ne tire pas vraiment de fierté d’être française, ni de honte d’ailleurs. Mais je sais, pour avoir habité hors de mon pays, que ça fait partie de mon identité. Je sais que je dois à la France ma culture et mon éducation. Même si j’aime aussi l’idée d’être européenne et citoyenne du monde.

Alors, voilà, c’est ça, mon étiquette à moi, celle que je choisis s’il faut me présenter : « française vivant (actuellement) aux Pays-Bas ».

Je ne tranche pas entre « expatriée » ou « immigrée », parce que ça donnerait l’impression que je sais ce que l’avenir me réserve… Ce serait, au vu de l’interprétation que je donne à ces mots, marquer une volonté de « rentrer/repartir un jour » ou de « rester » à ma démarche de base. Et ce serait mentir. Je n’ai pas réfléchi à où je serais dans cinq, dix, vingt, trente, cinquante ans. Je ne sais toujours pas.

Je sais d’où je viens, et où je suis. C’est déjà pas mal.

Et toi, tu vis, tu as vécu à l’étranger ? Quelle étiquette te parle ? Donne-nous ton avis !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

50   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Merci Claire des nous faire partager ta vision de ta vie.
Je trouve qu’en effet, les gens ont tendance à coller une étiquette afin de pouvoir « comprendre » des chemins de vie différents. Ma meilleure amie est dans une situation identique à la tienne, je ne la considère jamais ni comme une immigrée ou une expatriée ! Plutôt comme une personne dont les choix l’ont amené à vivre et découvrir de nombreux pays. Et c’est ce qui fait sa richesse aussi !

le 25/06/2015 à 08h53 | Répondre

Claire Gezillig

Coller des étiquettes, c’est humain, ça aide à comprendre le monde.
Après, faut juste ne pas oublier qu’une étiquette n’est qu’un point de vue qu’on colle sur les choses et que ce n’est pas forcément LA vérité 🙂

le 25/06/2015 à 09h37 | Répondre

Mlle Girafe

C’est drôle je pensais écrire un article sur le même sujet! Je me reconnais dans la peur de la sédentarisation (on a choisi le FLE pour les mêmes raisons, mais j’ai fait moins de pays que toi) même avec un bébé et une maison à nous je me dis que si on veut bouger un jour on pourra le faire.
Je n’aime pas le mot expatrié parce que ça implique l’idée d’avoir quitté sa patrie. Je suis française mais pas patriotique pour un sou. L’idée de la mère patrie me hérisse un peu les poils

le 25/06/2015 à 08h59 | Répondre

Claire Gezillig

C’est rigolo de voir qu’on ne met pas tous les mêmes images derrière les mêmes mots ! Pour moi, j’associe pas forcément expatrié à l’idée de patrie (même si j’ai l’image de quelqu’un qui ne cherche pas à s’adapter au nouveau pays…)

Et du coup, tu peux écrire l’article que tu avais en tête, tu diras sans doute des choses différentes super intéressantes 🙂

(Et oui, on peut toujours bouger si on le veut vraiment :))

le 25/06/2015 à 09h43 | Répondre

Louise

J’adore ton article et tout ce que tu as pu dire. Ça me parle beaucoup même si je n’ai pas autant voyagé que toi je me sens autant citoyenne du monde que française et j’ai aussi ce goût pour les voyages, pour la decouverte d’autres cultures et contrées. Pour l’instant en France, je suis incapable de me dire sur je vais rester ici pdt x temps. Et d’ailleurs, j’ai tendance à bouger tous les 3-4 ans. Pourtant, j’ai bien envie de me poser quelque part, de construire notre petit nid, surtout qu’on sera bientôt 3. Mais où ? Il y a des personnes pour qui c’est une évidence, de mon côté je n’ai pas encore trouvé l’endroit où je peux dire c’est ici que je me sens chez moi et pas ailleurs parce que je me lasse et j’ai toujours besoin de bouger. Mon commentaire est un peu hors sujet peut être mais en ce qui concerne expatrié ou immigré, pourquoi vouloir toujours tout mettre dans des cases c’est vrai que les 2 sont associés à des images qui ne correspondent pas à tous. C’est pour ça que j’adore l’expression citoyenne du monde.

le 25/06/2015 à 09h03 | Répondre

Claire Gezillig

Tu n’as pas non plus besoin de te décider de rester… les choses peuvent aussi se faire d’elles-mêmes…
J’en suis venue à penser que finalement ce n’est pas si important de choisir l’endroit où on habite… dans le sens où mes belles aventures, je les ai vécues dans des lieux que les opportunités ont un peu choisi pour moi !

le 25/06/2015 à 09h51 | Répondre

Louise

Je suis en plein dans cette réflexion : j’ai toujours suivi les destinations où les opportunités m’emmenaient et aujourd’hui j’ai envie de choisir, je sais aussi que tôt ou tard j’aurais de nouveau envie de bouger, mais il y a différentes manières de le faire. J’ai envie d’avoir notre chez nous à plus ou moins long terme. c’est vrai qu’aujourd’hui on aspire à devenir propriétaire et pour cela ça demande de se poser un minimum mais je sais que ce ne sera pas là ou on vit actuellement, ça me fait flipper et j’arrive plus à me projeter ailleurs. On a quelques pistes, après seul l’avenir nous dira car ça dépend comme tu dis des opportunités.

le 25/06/2015 à 12h12 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Un article dans lequel je me reconnais également bien sur ! Comme toi impossible de trancher entre tous ces termes et aucun ne me correspond vraiment. Sinon j’aime bien « allemande d’adoption » :). Ah et en revanche j’ai une question : pourquoi pas la nationalité hollandaise ? Moi je m’interroge, j’aurai droit à la double nationalité cette année… La naissance de mon fils et le fait que je travaille pour la fonction publique ici m’attirent vers cette option. Et d’un autre côté pourrais je assumer être vraiment allemande ?

le 25/06/2015 à 09h25 | Répondre

Claire Gezillig

Bonne question de la nationalité…
Pour le moment, je n’en ai pas besoin et je ne m’y reconnais pas. Donc je n’en ai pas envie.
Je me dis que peut-être dans quelques années, si on reste bien ici, si on décide d’acheter une maison par exemple et que nos enfants grandissent ici, peut-être… Pour pouvoir participer à la vie citoyenne du pays où je vis (voter pour les élections autres que régionales et municipales). Mais pour le moment, je n’ai même pas le niveau de néerlandais pour me permettre de suivre à ce niveau. (Je pense que le niveau dans la langue du pays doit pas mal jouer)
Et je ne sens pas que je développe non plus une identité néerlandaise… Donc j’en suis encore loin 😉

le 25/06/2015 à 10h50 | Répondre

MmeExpat

Même question ici. Cela fait 11 ans que je vis en Allemagne donc j’ai droit à la nationalité depuis un moment. Et comme je suis mariée avec un Allemand depuis 4 ans donc j’y ai doublement droit!

Je m’étais dit que je la demanderai pour mes 10 ans ici et puis je ne l’ai pas fait. Un jour peut-être pour avoir la double-nationalité comme mon fils.

Jusqu’à maintenant, le seul Avantage que je voyais à la double-nationalité, c’est de pouvoir voter à toutes les élections allemandes (et pas seulement à une toute petite partie comme actuellement) et puis récemment mon papa m’a fait une réflexion qui m’a fait réfléchir. Il m’a dit que si j’avais un problème à l’étranger, avoir 2 pays qui s’occupaient de me faire rapatrier/libérér (otages…), c’était toujours mieux qu’un seul. Alors, oui, vu que je ne voyage pas vraiment loin, c’est peu probable que ça arrive, mais c’est pas bête du tout comme idée (je n’y avais jamais pensé avant!).

Et moi je me vois comme expatriée (mais je précise que je me suis « expatriée toute seule », aucune entreprise ne m’a envoyée ici).

le 25/06/2015 à 11h03 | Répondre

Mme Ebène

ça c’est vraiment très drôle parce que dans le cas ou on s’expatrie toute seule, on est tout autant immigrée non? Pour moi il y a lieu de faire la différence si seulement tu es toujours soumis au régime de ton pays d’origine (taxes, cotisations,…), comme est le cas des expat grassement payés dont parle Claire ;).

le 25/06/2015 à 11h23 | Répondre

MmeExpat

Certainement mais pour moi, comme l’explique Claire, un immigré, c’est quelqu’un qui est parti par nécessité, ce qui n’est pas mon cas.

le 25/06/2015 à 11h33 |

Mme Ebène

La nécessité c’est un peu autre chose je trouve, ça s’appelle alors un réfugié non?

le 25/06/2015 à 12h49 |

Claire Gezillig

J’ai répondu plus bas pour la question des gens qui payent ou non leurs impôts dans leur pays d’origine… Il y a tellement de situations variées.
La définition stricte d’un expatrié est très vague, c’est sans doute pour ça qu’on ne met pas tous la même chose derrière 😉

le 25/06/2015 à 13h32 |

Claire Gezillig

Et la nécessité, c’est aussi une notion vague : quand est-on « forcé » de partir ?
Les jeunes européens du sud qui se sentent obligés de partir voir plus au nord pour avoir une plus grande chance de trouver du boulot, ils sont pas réfugiés et pourtant, ils ont été poussés par une forme de nécessité, non ?
(J’aime bien embarquer les gens avec moi dans mes questions linguistiques ^^)

le 25/06/2015 à 13h36 |

Mme Ebène

ça devient du vrai brainstorming! Si on pousse le sens linguistique, on pourrait aussi dire que quand on émigre par amour c’est aussi en quelque sorte nécessaire?! :p

le 25/06/2015 à 14h52 |

Mme Ebène

Sujet compliqué! je trouve que c’est déjà bien de savoir se définir sans utiliser de « buzz worlds ». Moi c’est un peu plus compliqué… Africaine ayant immigrée en France pour mes études qui apparemment rentraient dans la case « immigration choisie », ce qui m’a permis d’obtenir assez facilement la nationalité française. Maintenant je travaille et vie en Belgique avec mon belge de mari pour un temps indéterminé avec un projet d’expatriation à moyen terme (Amérique latine ou Asie du sud). Du coup je crois que le seul terme qui marche pour moi est « citoyen du monde ».

le 25/06/2015 à 09h31 | Répondre

Claire Gezillig

S’il te convient, c’est parfait 😉
(La question de l’identité est toujours compliqué de toute façon ^^)

le 25/06/2015 à 10h52 | Répondre

Amélie C (voir son site)

Aaaahhh ça y est, l’article tant attendu sur ce sujet ! 🙂
Je partage entièrement tes réflexions. Surtout que j’ai grandi en tant qu’expatriée. Nous déménagions tous les quatre ans pour le travail de mon père, son entreprise l’envoyait dans le monde entier avec femme et enfants. Et ce statut d’expatrié n’a rien à voir avec une immigration, à long ou court terme dans un autre pays. Rien que sur les frais, par exemple ! Un expatrié aura son déménagement de payé, les billets d’avion pour lui et sa famille, et même souvent au cours du séjour à l’étranger.
Alors que moi, lorsque nous changeons de pays mon mari et moi, personne ne nous pait régulièrement notre billet pour aller en vacances en France ! Idem pour les cotisations retraite, nous ne cotisons plus en France.
En grosse flippée de la sédentatisation, je ne me reconnais pas non plus à fond dans le terme immigré, car pour moi cela a une connotation « long terme », mais il me semble le plus approprié tout de même.
Un vieil ami de la famille nous a un jour appelé mon mari et moi « vagabonds du monde ». Nous avons adoré cette expression et trouvons que c’est celle-ci qui nous caractérise le mieux ! 🙂
Dans ma tête, je suis « une française vivant à l’étranger ».
Bon je pourrais en écrire des tartines, mais ton article est bien assez complet ! 🙂

le 25/06/2015 à 09h38 | Répondre

Claire Gezillig

C’est étrange quand même cette image d’expatrié qu’on a (je la partage avec toi) puisque la définition de base veut juste dire « hors de son pays »…

Vagabond du monde, c’est joli… Mais ça ne me correspond pas à moi parce que je suis un peu trop dans le sédentaire à l’heure actuelle pour ça. Mais j’ai quelques rêves (aller à Istanbul en stop, traverser l’Amérique en camping car avec nos enfants…) qui font que peut-être un jour… On verra 🙂

le 25/06/2015 à 10h00 | Répondre

Mme Ebène

Moi je ne trouve pas ça étrange parce qu’au moins ce cas de figure mérite d’avoir un nom à lui :-). Parce que ces personnes là sont toujours payés et taxés selon la loi de leur pays d’origine et ne sont que très peu soumis aux règles d’usage dans leur pays d’accueil.

le 25/06/2015 à 11h32 | Répondre

Claire Gezillig

Il y a différents statues et situations, l’expat’ cliché a un peu vécu, aujourd’hui, il y a aussi pas mal de situations d’entre deux…
Je connais des gens qui sont ici envoyés par leur boulot mais à qui on a fait signer un contrat local et ils payent leurs impôts ici… même s’ils risquent de rebouger dans quelques années.
Il y a aussi des gens qui sont là plus ou moins définitivement mais qui vivent entre expat et n’ont aucune envie / aucun besoin de connaitre la langue, le pays…
(Et sinon, pour un des emplois que j’ai eu ici, j’ai payée mes impôts sur le revenu en France… Et pourtant, c’était pas vraiment avantageux !)

le 25/06/2015 à 13h30 | Répondre

Mme Ebène

c’est vrai qu’il y a une multitude de cas, ne parlons même pas des diplomates, fonctionnaires européens et autres. Après réflexion, je crois que la différence entre expat et immigré n’est pas dans la signification des mots mais juste dans le fait que l’un est connoté positivement et l’autre négativement. Dans le fond un expatrié est immigré et vice-versa. En tout cas merci de m’avoir donné l’occasion de réfléchir à ça 😉

le 25/06/2015 à 13h45 |

Mme Ebène

c’est vrai qu’il y a une multitude de cas, ne parlons même pas des diplomates, fonctionnaires européens et autres. Après réflexion, je crois que la différence entre expat et immigré n’est pas dans la signification des mots mais juste dans le fait que l’un est connoté positivement et l’autre négativement. Dans le fond un expatrié est immigré et vice-versa. En tout cas super sujet de réflexion 😉

le 25/06/2015 à 13h46 |

MlleMora

nous aussi on veut traverser l’Amérique en camping car avec nos enfants 🙂 on s’y croisera peut-être un jour ! 🙂
je comprends bien ta vision ayant une amie qui a vécu plusieurs années hors de France, et aujourd’hui elle est de nouveau en France et même si elle est heureuse de retrouver famille et amis, cela lui fait bizarre, elle ne se sent plus aussi « française » qu’avant… mais pas non plus d’un autre pays…
J’ai un ami expatrié (grassement payé et dont les revenus ne sont imposables nulle part.. c’est un autre sujet), et lui se revendique expat par contre. il sait qu’il est dans un pays pour une durée déterminée, et qu’un jour il rentrera en France pour s’offrir sa maison cash…
Ta réflexion est saine je trouve, c’est toujours bien de se questionner sur le sens des mots et sur ce qui nous « définit » ou pas.
J’espère qu’un jour tu nous conteras ton expérience colombienne.

le 25/06/2015 à 11h36 | Répondre

Claire Gezillig

À bientôt sur la route donc !
Faut juste d’abord faire des gosses quoi 😉

le 25/06/2015 à 12h38 | Répondre

Ornella

En partant de cet article, je crois qu’en fait l’auteur et toi ne parler absolument pas de la même chose, parce que tu présentes cela comme un choix de statut. Pour moi tu oublies que très souvent le qualificatif, d’immigré ou d’expatrié, nous est plus souvent attribué par les autres que par soi même. On se lève pas souvent le matin en se sentant, immigré de seconde génération. Dans la mesure où ce sont les autres qui te l’attribuent, il dépend de ce que tu représentes pour eux au niveau de la société. Ce qui était d’ailleurs le propos de l’article, pourquoi les blancs sont perçus comme des expatriés et pas les autres, le propos de l’article ne portait en fait pas sur le ressenti personnel. Je suis noire fille d’expatrié (si je m’en tiens à ta définition de l’expatriation), et les gens se sont toujours référé à mes parents comme immigrés ( immigré, français de parents français mais immigré quand même). Et cela quel que soit le pays d’Afrique ( principalement de l’ouest ) ou d’Europe où on a vécu. Il serait plus judicieux de dire que la façon dont on se réfère à toi dépend plus de ton origine ethnique et de la représentation sociétal que l’on s’en fait. Tout ceci étant bien évidement politico-culturo-économique dépendant.
Pour moi la deuxième chose qui devrait rentrer dans le raisonnement est finalement l’attachement que l’on éprouve par rapport au pays d’où on a émigré. J’ai plein d’amis français qui ont quitté la France avec un boulot, mais qui n’y reviendront jamais , parce qu’ils n’aiment pas y vivre, ils feront leur vie ailleurs autant que possible sauf si ils n’ont pas le choix, ce qui finalement les rapprochent beaucoup plus du statut d’immigré. À l’inverse j’ai d’autres amis issue de « l’immigration » qui n’ont qu’une envie finir leurs jours dans le pays de leur parents. Le ressenti quant à son pays « d’origine » est finalement un paramètre important. Autant le ressenti de sa situation est finalement très libre, et on peut de trouver des termes, comme citoyen du monde, autant ta représentation dans la société se fait sur des critères différents, d’où le propos de l’article.
Après mon ressenti personnel, en ayant vécu au Togo, au bénin, au Ghana , au Sénégal, en côté d’ivoire, quelque années en Angleterre un peu Allemagne et un peu au Cambodge, est que je suis française mais pas que. J’aime bien le mais pas que, j’ai l’impression du coup de ne rien oublié.

le 25/06/2015 à 13h40 | Répondre

Claire Gezillig

Tu as raison, l’article que j’ai mis en lien au début et mon article ne parlent pas de la même perspective.
Je l’ai mis parce que cette polémique m’a rappelé que je me posais la question de savoir ce que j’étais et pourquoi je ne me reconnaissais pas dans les cases dans lesquelles on pouvait me mettre…

Après, oui, je n’ai pas évoqué la question de savoir dans quelle case te mettent les gens – sauf pour dire que mes amis avaient tendance à dire voyageuse et que ça ne me parlait pas…
D’ailleurs, y a aussi des gens restés en France qui ont maintenant tendance à m’assimiler au nouveau pays dans lequel je vis (avec des phrases du type « vous aux Pays-Bas, vous êtes plutôt… » ou en m’appelant « la hollandaise »).
La question de savoir dans quelle case les gens te mettent et pour quelles raisons politico-culturo-économiques est aussi bien sûr intéressante et même primordiale.
Et bien sûr qu’on construit son identité aussi par rapport à ce qu’on nous renvoie. Mais dans mon cas, je n’ai pas l’impression qu’on pense que je suis expatriée ou immigrée, c’est peut-être pour cela que je me suis posé cette question !

En tout cas, merci de ton message qui me fait réfléchir plus en avant 🙂 Et peut-être mènera à un nouvel article (quel ressenti ai-je par rapport à mon pays, moi qui ne veux pas y retourner mais qui passe un peu mes journées à en être l’étendard…)

Mais si tu as le courage, toi, d’écrire un article pour développer tout ce que tu viens de mettre dans ce commentaire, je pense que ce serait super intéressant pour beaucoup 🙂 (et j’aimerais beaucoup le lire ^^)

le 25/06/2015 à 14h18 | Répondre

Ornella

Ce sont des sujets qui sont toujours en construction ou évolution dans ma petite tête, mais peut être qu’un jour ce sera suffisamment clair pour être couché par écrit.

le 25/06/2015 à 15h26 | Répondre

Claire Gezillig

Je comprends mais les interrogations et les incertitudes, ça fait aussi très bien des sujets d’articles… Et souvent, ça permet d’enrichir sa réflexion grâce aux remarques des autres (c’est le cas pour moi ici :))
Je ne te dis pas ça pour te « forcer » mais juste parce que j’adorerais lire ce type d’articles 😉

le 25/06/2015 à 15h41 | Répondre

Nya (voir son site)

Spontanément, j’utilise « expatrié » et « immigré » pour désigner plusieurs réalités :
-ma définition de l’expatrié recoupe un peu la tienne : des personnes envoyées par leur entreprise à l’étranger alors qu’elles n’avaient pas de projet de s’installer dans ce pays, qui sait qu’elles vont revenir à plus ou moins court terme. Une de mes amies travaille aux États-Unis pour une entreprise française sur un visa qui dépend de son entreprise (important ça aussi, le visa dont on dépend quand on est hors UE) : elle est certes intégrée, mais le jour où elle veut changer de travail, elle devra rentrer en France.
– l’immigré est celui qui a fait la démarche de s’installer plus ou moins durablement dans un pays, en qualité de résident permanent hors UE.
Après, il serait naïf de nier que l’usage général réserve surtout le terme « immigré » pour les immigrations économiques de personnes pauvres de pays en voie de développement vers les pays développés, et « expatrié » pour l’immigration » de confort (ni toi ni moi n’avons été poussées par la faim) de citoyens de pays développés vers le reste du monde, Occident ou non. Mais quand les personnes ne rentrent pas les cases : quid d’un pauvre Polonais qui s’installe au Portugal, ou d’un riche Yéménite qui vit en Norvège ? 😉 (bref, c’est complexe)
Nous restons cependant sur des impressions personnelles : comment SE qualifier. Mais la perception du pays d’accueil est tout aussi importante. Les blancs seront plus facilement considérés comme des expatriés (=positif) en Occident. Au Canada, nous sommes toutefois considérés comme des immigrants par les personnes que nous côtoyons et c’est le mot que j’utilise désormais. Sais-tu comment les Néerlandais te perçoivent ?

Quand au fait d’avoir vécu ou voyagé dans un pays, on met aussi ce qu’on veut dedans. J’ai deux expériences de bénévolat au Japon et en Finlande, pour autant je ne considère pas y avoir vécu, et ce même si j’étais dans la population, car j’y allais dans un but récréatif. La perception que j’avais de ce séjour fait toute la différence, j’imagine 🙂

le 25/06/2015 à 14h10 | Répondre

Claire Gezillig

Toutes tes remarques sont intéressantes…
Et heureusement que vous êtes toutes là, parce que j’ai réfléchi longtemps à « qu’est-ce que je suis ? » mais à aucun moment, je me suis clairement demandée « que suis-je pour les autres ? »
J’ai du mal à définir comment les néerlandais me définissent… si ce n’est « française » (on peut même utiliser l’adjectif en français en néerlandais)…
Le fait de ne pas avoir besoin de passeport et de visa pour être ici joue beaucoup dans le flottement, c’est certain. Dans ce cas, ça fait de moi une européenne en Europe…

Pour ce qui est de avoir vécu / avoir voyagé, c’est en effet beaucoup lié à la manière dont tu perçois le séjour, c’est sûr…
Et encore une fois, finalement, les cases, ce n’est pas si défini que ça 🙂

le 25/06/2015 à 14h56 | Répondre

Nya (voir son site)

Tout à fait d’accord sur le fait que l’immigration intra-européenne est vaguement différente de par l’absence de visa de résidence ou de démarches administratives à long terme : mais pour reprendre mon exemple, les Polonais ou les Hongrois seront probablement plus facilement considérés comme des immigrés que les Allemands ou les Suédois. Le facteur économique joue assurément sur le fait qu’un migrant (terme fourre-tout) sera perçu plutôt comme un expatrié ou un immigré.

le 25/06/2015 à 16h11 | Répondre

raphaelle

Merci pour ce partage!
Moi aussi j’ai beaucoup vécu à l’étranger (1 mois en Irlande, 2 mois en Californie, 1 an en Pologne, 1 an aux Pays-Bas (!) et maintenant depuis 4 ans en Belgique..). Pour moi, la définition d' »expatriée » m’a longtemps plu, surtout car je ne compte pas rentrer en France dans le court comme dans le long terme. Du coup pour moi le mot « expatriée » prenait tout son sens, ça faisait : « française vivant hors de France ». Mais en vivant à Bruxelles, le mot « expat », ici, ça renvoie surtout aux « eurocrates » qui vivent 4 jours par semaines en Belgique, ne sortent que dans leur quartier et ne parlent qu’anglais : du coup le mot a perdu son charme pour moi :-). Et en parallèle, j’ai un peu adopté la Belgique comme mon deuxième pays (l’accent aussi :-/) et je me sens bizarrement très Belge maintenant, quand je croise/parle à des français (en plus mon mari est belge)! Mais ayant récemment décidé de quitter la Belgique dans quelques années (pour une nouvelle destination encore à définir..), j’ai un peu du mal à me dire que c’est « mon pays ». Peut-être que ce sentiment d’appartenance arrive en effet quand on décide d’acheter un logement quelque part (et, comme souvent, d’y faire des enfants) ? Une telle décision sous entent tout de même une volonté de « construire » quelque chose dans ce pays, au propre comme au figuré… Du coup on devient immigré à proprement dit dans ce pays ? ou même citoyenne ? Etant encore dans le flou maintenant, sans avoir trouvé cet endroit qui me donne envie de « construire », j’aime bien « citoyenne européenne ». Pour le moment en tout cas 🙂

le 25/06/2015 à 15h44 | Répondre

MmeExpat

Je pense aussi que le fait d’acheter ancre un peu plus. Dans notre cas, on a acheté et surtout il est clair qu’on ne partira pas (sauf peut-être à la retraite) car mon mari est fonctionnaire donc perdrait son statut si on bougeait.

D’où la question de la double-nationalité (puisqu’on va rester ici au moins encore 25-30 ans!)

le 25/06/2015 à 16h38 | Répondre

Bibichu

Expat ou immigré… Dans quelle case se mettre… Nous sommes arrivés au Québec pour finir nos études et débuter nos carrières professionnelles. Alors de ce point de vue là nous sommes expat. MAIS, depuis monsieur travaille ici, moi aussi (de façon sporadique), nous payons nos impôts ici, nous consommons, vivons à la québécoise au quotidien (à comprendre nous ne vivons pas sur le plateau du Mont-Royal, quartier hautement français de France de Montréal, et nous avons toujours voulu éviter ce quartier). Donc immigrés de ce point de vue…
Et pourtant, nous rentrerons en Europe (je ne dit pas la France, parce qu’on ne sait pas), nous serons donc des immigrants de retour à ce moment là. Dur dur de savoir ou se mettre. Alors oui nous avons fait le choix de ne pas demander la résidence permanente canadienne (et encore moins la citoyenneté). Au Canada nous sommes considérés comme des immigrants temporaires, et ça nous convient très bien.

le 25/06/2015 à 16h38 | Répondre

Karine (voir son site)

Alors c’est marrant parce que je me considère plus comme expat qu’immgrée mais pas suivant ta définition d’expat!
On a fait 4 ans et demi en Suisse et là on est depuis Septembre en Californie (pour encore 1 an et demi probablement).
Pour la suisse, on est parti pour faire notre stage de fin d’étude puis ça a débouché sur un boulot. On avait aucune idée de combien de temps on resterait ici, mais pas indéfiniment (d’où le non sentiment d’immigration).
Pour la Californie, avec leur systeme de visas, il est de toute façon impossible de dire qu’on va rester indéfiniment. On a un visa pour 2 ans, extensible (quelques années de plus) mais pas mieux. Ici on a pas du tout un vie d’expat comme tu dis. J’ai effectivement suivi mon mari ici qui s’est fait embauché (mais pas un transfert au sein de sa boite), on a des amis français (et heureusement sinon j’aurai peté un boulon au début) mais on sort, on a des amis d’ici (américain ou pas), on visite, on découvre, on s’intègre à la population, je cherche un boulot, et mon mari n’est pas du tout grassement payé (on est meme plutot bas par rapport à la moyenne locale). Bref pas du tout le cliché de l’expat retranché derrière ses barrières de sécurité, avec que ses amis francais et son personnel de maison.
Mais je me sens pas immigrée puisque je sais qu’on va revenir en France (ou en Europe) d’ici 1 à 5 ans disons.

le 25/06/2015 à 17h18 | Répondre

Chaglam (voir son site)

Ah je ne comprends pas et je ne suis pas tout à fait d’accord avec ces définitions! A mon sens, l’expatriation est forcée voire subie alors que l’immigration est volontaire. Dans le mot « expatrié » j’entends l’arrachement à son pays, alors qu’immigrer se fait dans une démarche reflechie. Mes parents, mes grands parents, sont des expatriés. Et ils sont arrivés avec rien. Aucune sécurité dans l’expatriation.

le 25/06/2015 à 19h46 | Répondre

Claire Gezillig

Je n’ai pas dit que c’était des définitions ancrées dans le marbre, j’ai dit que c’était les images que j’avais associées plus ou moins consciemment à ces termes…
C’est intéressant de voir qu’on n’en a pas la même perception du coup. 🙂

le 26/06/2015 à 08h25 | Répondre

Elisabeth

Bonjour,
comme Mme Expat, je suis française de nationalité, je vis en Allemagne, suis mariée à un Allemand mais ne me qualifie pas d’expatriée, au sens strict, ni d’émigrée (de France) non plus que d’immigrée (en Allemagne).

Pas expatriée parce que personne ne m’a envoyée en Allemagne (j’y suis venue sans sollicitation externe…autre de celle de mon futur mari), pas émigrée parce que je n’ai pas quitté la France pour un question de survie individuelle (c’est un pays démocratique et libéral), pas immigrée parce que je n’ai pas quitté la France pour des raisons économiques (j’y ai laissé un cabinet libéral qui fonctionnait très bien).

Alors quoi, au reste ? Française résidente en Allemagne, comme il est écrit sur ma carte consulaire ? Oui, cette définition me va bien. Française de naissance vivant « en allemand » dans le pays de Goethe.

Vais-je opter pour la double nationalité dés que j’en aurai la possibilité ? Oui, pas pour profiter d’avantages quelconques mais parce que cette double appartenance fait sens pour moi : et française, comme ma famille d’origine, et allemande, comme la famille de mon époux qui m’a accueillie et intégrée.

Au fond cette problématique est double ou s’inscrit dans un double mouvement, de celui qui arrive et de celui qui accueille. L’arrivant cherche-t-il à s’intégrer à son nouvel espace de vie et l’accueillant cherche-t-il à intégrer le nouveau venu sur son sol? Sans ce double et concommittant mouvement, il n’y a selon moi, en effet, que des émigrés, immigrés ou expatriés.

Merci pour cet article très intéressant et toutes ces contributions

le 25/06/2015 à 21h40 | Répondre

Magnoelias

Je me reconnais completement dans ton témoignage (et j’habite aussi aux Pays Bas ;)). Nous avons une chance incroyable et le luxe de pouvoir simplement dire « je suis venue habiter à l’étranger » juste parce que j’en avais envie et que ça collait avec ma vie du moment. Tous n’ont malheureusement pas la même chance 🙁

le 26/06/2015 à 00h20 | Répondre

Claire Gezillig

Encore une française aux pays-bas et bien, on est assez nombreuses par ici 🙂
Et oui, on a une vraie chance, juste parce qu’on est né dans le pays adéquat de pouvoir venir ici sans se poser trop de questions finalement…

le 26/06/2015 à 11h18 | Répondre

Stella

Ce que tu dis me correspond bien, je suis a peu près dans le même cas que toi, Française mariée à un Belge et vivant en Belgique. Je ne me sens pas vraiment expat et pas vraiment immigré non plus, je suis juste moi, une niçoise à Bruxelles! lol

le 26/06/2015 à 21h55 | Répondre

Lady Rainbow

De mon côté, je suis francaise et j’habite en Angleterre avec mon mari français depuis 3 ans. On a acheté une maison et on travaille tous les deux dans des entreprises anglaises avec des contrats anglais et des salaires anglais en £. Je ne me considère pas du tout « immigrée » car effectivement pour moi les immigrés sont des gens qui ont quitté leur pays par nécessité (faim, guerre ou plus simplement pour de meilleures conditions de vie). Je ne me considere pas trop « expatriée » car j’y entends la notion « c’est temporaire, revenir en france après ». Du coup, je dis souvent que je suis « émigrée » : le « é » pour dire que je suis hors de France (de « ex », « hors de » en latin) et « migrée » car ce n’est pas une solution temporaire mais bien une situation stable qui va durer quelques années.

le 27/06/2015 à 09h13 | Répondre

Claire Gezillig

c’est intéressant, je n’avais pas pensé à celui-là… On l’attend peu finalement. Je vais y réfléchir tiens 😉

le 27/06/2015 à 12h56 | Répondre

larouge

Si ça ne te paraît pas indiscret comme question: quelle petite entreprise as-tu montée? Bonne journée.

le 27/06/2015 à 11h08 | Répondre

Claire Gezillig

Je suis devenue indépendante comme professeur de français langue étrangère (je continue de travailler pour certains de mes anciens employeurs en tant que prestataire de service et je développe ma clientèle directe de particuliers) ET (et ça, c’est nouveau), j’en profite pour faire autre chose que j’adore : de la rédaction, aide à la rédaction, relecture / correction. (J’ai toujours aimé écrire mais pouvoir en faire une part de mon activité pro, c’est génial…)
Je reviens peut-être vous parler de tout ça un de ces quatre dans un article tiens… 😉

le 27/06/2015 à 21h48 | Répondre

Celestine

Merci Claire pour cet article qui était très attendu !
Pour ma part, je suis mariée à un ivoirien et j’ai demandé la double nationalité très rapidement notamment pour pouvoir voyager en Afrique sans visa ! Mon mari étant régulièrement muté dans toute la sous région c’était un avantage presqu’indispensable !
J’ai la même perception que toi du terme expatrié.
Comme je vis en Côte d’Ivoire, les personnes qui ne me connaissent pas me prennent pour une touriste et je ne trouve pas de travail car les personnes qui ont ma qualification sont recrutés en France par des ONG et vivent une vie d’expat’ tout confort…
Quant aux contrats locaux…ils ne me permettent même pas de payer mon transport….
Du coup je ressens bien la fracture nord/sud au niveau de la perception que les autres ont de nous.

le 27/06/2015 à 20h00 | Répondre

Claire Gezillig

Je pense que la question a encore une autre dimension dans les pays du sud…
Tu veux pas venir nous parler de ta situation dans un article ? 😉

le 27/06/2015 à 21h49 | Répondre

Celestine

Pourquoi pas ! Je vais y réfléchir !

le 27/06/2015 à 23h25 | Répondre

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