Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Tu n’es plus là


Publié le 28 mars 2018 par Mélimélanie

On est con quand on est jeune.

On est capable de partir sans se retourner.

De laisser tout le monde de côté parce qu’on se sent étouffer dans cette ville qui nous a vue grandir.

On veut changer de peau, se réinventer, et on se dit qu’on ne peut y arriver qu’en plaquant tout le monde derrière nous.

Ça tombe bien on vient de se prendre la tête avec une partie de nos plus proches amis. Les autres payeront les pots-cassés.

C’est ça la maturité non? Pouvoir partir seul, sans aucune attache, en ne regrettant personne.

Être capable de vivre et de se construire sans les autres.

Non.

Au début on se sent libre. On a réussi. On n’a plus aucun contact avec notre vie d’avant et ça nous plaît.

Et puis on se rends compte que le monde est petit. Que ce pote qu’on rencontre a plus de 500 km de chez nous connaît la même personne que nous.

Une de celle qu’on avait géré avec les dommages collatéraux. Qui n’avait rien demandé mais qui avait compris notre démarche et qui avait suivi le courant.

On reprend contact. On rigole. C’est fou que mon binôme de l’école ai été son binôme de fac.

On a grandi, on réalise que certains pans, certaines personnes de notre ancienne vie nous manque.

On se promet de se revoir, de garder contact de ne pas se perdre à nouveau plusieurs années.

Et puis…

Credit Photo : Tama66 (Creative Commons)

Et puis le temps passe.

La vie se déroule avec son lots de bons et de mauvais moments.

Presque dix ans ont passé. Depuis ce jour ou on a tout plaqué. Depuis ce jour ou on est parti sans se retourner.

Entre temps on a renoué des contacts mais sans vraiment se donner la peine. Les réseaux sociaux ne peuvent pas compenser le manque d’implication.

Et puis on a vieilli. On commence à parler de nos années lycées avec nostalgie.

On raconte nos soirées, nos bêtises, nos rires et nos larmes. On raconte à des gens qui ne connaissent rien de nous à l’époque.

On raconte à des gens qui ne connaissent rien de toi. Nos souvenirs heureux, nos engueulades, notre façon de te voir et le souvenir de notre relation.

On raconte et on regrette.

Alors on se jure mentalement de t’écrire par un de nos très chers réseaux sociaux.

On se le promet : maintenant on le sait que nos choix de l’époque nous ont poussé à laisser derrière nous des choses qu’on ne voulait pas.

A 20 ans on est impulsif, on vit au jour le jour, 30 ans nous parait loin.

Et puis revoilà le temps qui passe:

  • Un jour
  • Une semaine
  • Un mois
  • Une année…

Après tout, ça n’est rien, après cinq ans sans contact on n’est pas a quelques heures près non?

Et puis les enfants, le travail,…

On s’imagine qu’elle ne nous en voudra pas, elle doit être dans le même cas que nous. Prise par le tourbillon de la vie.

On est jeune encore, 30 ans, on a tout notre temps.

 

Un message sur un réseau social vient tout bouleverser un matin.

Tu n’es plus là.

 

J’ai trop attendu. Je n’enverrai jamais ce message pour te demander de tes nouvelles. Je ne pourrais pas te raconter cette anecdote dont je me suis souvenue récemment et qui m’a donné envie de te parler.

Tu n’es plus là.

 

A toi, lectrice (lecteur?) qui me lit. Ne fais pas comme moi. N’attends pas.

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

maelisa

Ton article résonne pour moi. J’ai coupé les ponts avec mon groupe du lycée, parce que la vie, la distance, l’éloignement avec nos relations amoureuses naissantes.
J’avais une très très bonne amie. Qui comptait beaucoup et pour qui je comptais. Mais nous n’avions plus la même vie.
Et il y a deux mois, j’ai retrouvé deux lettres d’elle que j’avais gardées. A cette époque, on écrivait beaucoup de lettres. Elles dataient de la fin du lycée. Le moment où nous étions si proches et avions si peur de nous éloigner. Mais elle l’écrivait qu’elle n’avait pas peur, que notre amitié serait toujours là.
Ce soir là, je lui ai écrit un long message. Désolée que notre amitié n’ait pas marché. Alors qu’elle comptait vraiment.
Elle m’a répondu 3 semaines plus tard. Que c’était la vie. Mais qu’on pouvait éventuellement s’appeler un jour.
Ça fait deux mois. Je n’ose pas.
Mais après t’avoir lue ce matin, je vais lui demander son numéro pour l’appeler.
Je suis vraiment désolée pour toi, j’imagine la lourde peine de savoir que c’est trop tard. Qu’il aurait suffit de peu. Mais même si tu n’as plus été présente, cette amie était dans tes pensées. Donc tu ne l’avais pas oubliée

le 28/03/2018 à 08h30 | Répondre

Mélimélanie

J’ai écrit cet article juste après avoir appris la nouvelle. Je gère très mal les deuils et celui ci m’a forcément renvoyé à ma propre mort ce qui le rend encore plus difficile à vivre. Après ça j’ai voulu « reprendre contact » avec certaines personnes et j’ai réalisé que c’était une mauvaise idée. J’adorerais revoir tout le monde une soirée pour savoir ce qu’ils sont devenu mais en fait j’ai surtout besoin de savoir que les gens que j’ai aimés sont heureux et ont réussi à construire la vie qu’il leur plaît. Peu importe que je sois encore présente dedans ou non.

le 29/03/2018 à 08h46 | Répondre

Madame Colombe

Ce que vous écrivez est très touchant et j’imagine que le regret doit vous envahir.

Malheureusement, beaucoup d’entre nous perdent contact avec des amis d’enfance, de lycée…
Le tourbillon de la vie, les déménagements, les changements de situation sociale ou privée ne résistent parfois pas au temps qui passe.
Quand j’étais plus jeune, mes parents me le disaient souvent.

Je ne les croyais pas. A l’approche de la quarantaine, je vois les choses différemment.
Une amitié est souvent liée à un contexte et lorsque ce contexte change, cela peut devenir compliqué de maintenir le lien.
Essayez de ne pas trop culpabiliser. Bon courage à vous.

le 28/03/2018 à 12h10 | Répondre

Mélimélanie

Je ne culpabilise plus. Vue la situation ce n’est pas mon message a deux semaines près qui aurai changé quelque chose. Je l’ai réalisé maintenant.
Ce qui fait le plus mal en fait c’est de me dire que cette amie si géniale qui méritait une si belle vie n’ai pas eu la chance de l’avoir.
Tout ça ramène à l’injustice de la vie.

le 29/03/2018 à 08h48 | Répondre

Virg

C’est ce que j’ai fait dans ma trentième année où j’ai trouvé nécessaire de faire un point de la dernière décennie pour débuter la nouvelle de bonne manière. En ce qui concerne les « perdus de vue » j’étais prête à couper les ponts avec tous, sauf 2. J’en ai retrouvé qu’une mais vraiment je ne regrette pas un instant d’avoir repris contact.
+1 c’est maintenant qu’il faut prendre le temps.

le 28/03/2018 à 19h00 | Répondre

Mélimélanie

Ce que j’en retiens c’est effectivement que ce qui me tiens à cœur je ne dois pas me trouver des excuses pour le repousser. On a tendance à se dire qu’on a le temps et au final on gâche beaucoup de choses.

le 29/03/2018 à 08h50 | Répondre

Audrey

J’ai vécu exactement la même chose donc je comprends bien. Je me sens coupable de ne pas avoir repris contact avant que cette personne ne soit plus là. Son absence, même si cette personne n’était pas essentielle à ma vie après tout j’ai grandi sans elle, me perturbe énormément… Peut-être parce que ce qui nous avait rapproché enfant c’était notre date d’anniversaire commune. Aujourd’hui je ne peux passer un de mes anniversaires sans me dire qu’elle n’est plus là pour le fêter, qu’elle a disparu trop jeune, que la vie est une belle enfoirée, qu’elle ne méritait pas ça…
Le point positif, c’est que cet évènement tragique m’a énormément rapprochée d’une autre amie qui la connaissait également. Sa disparition nous a fait un choc, et nos mères ne comprenaient pas pourquoi : après tout nous ne nous parlions plus, on n’avait pas vraiment besoin de la pleurer. Elles ne comprenaient pas le choc que ça pouvait nous faire de s’être dit toute ces années « on aura bien le temps, les réseaux sociaux sont là », et de se rendre compte qu’on avait laissé le temps filé et qu’il n’y avait plus personne…
Bref, il faut rester en contact, c’est une dure leçon que j’ai apprise.

le 29/03/2018 à 16h44 | Répondre

La comtesse bleue (voir son site)

Il y a déjà 10 ans, une amie m’avait appelée car elle vivait une période difficile. J’étais moi aussi dans une phase très compliquée et alors que nous envisagions de nous voir, j’ai repoussé notre éventuelle rencontre pour me concentrer sur mes propres soucis. Un mois plus tard, je l’ai contacté mais avant même de savoir, j’avais un pressentiment… Pourtant, nous ne nous appelions pas souvent. C’est son cousin qui m’a répondu, elle avait finalement eu l’impression que la vie était trop dure… (la veille de mon appel…) Nous étions du même mois de l’année, je fréquentais souvent ses parents et je passais régulièrement devant sa maison. A chaque étape de ma vie elle me manque, je lui parle et j’espère qu’elle est quelque part pour voir tout ce que j’aurais aimé lui raconter. Comme toi, je me suis sentie coupable mais, même si j’avais appelé un jour plus tôt, cela n’aurait probablement fait que repousser l’échéance, du moins c’est ce que je me dis. Ce qui me peine le plus c’est qu’elle a dû être terriblement triste et seule, et j’en veux surtout à la personne par qui cette période était compliquée pour moi de ne pas m’avoir permis d’être présente pour mon amie. Le temps m’a apaisée, mais j’ai toujours l’impression que tout ça a eu lieu l’année dernière.

le 30/03/2018 à 10h51 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je me reconnais tellement en te lisant…
Ta triste expérience me touche beaucoup et je vais arrêter d’attendre pour envoyer ce fameux message… Promis, je le fais cette semaine 🙂

le 09/04/2018 à 13h37 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?