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Une histoire de tissu, de consommation et de rationalisation


Publié le 24 janvier 2020 par Bagsie

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours essayé de « fabriquer des trucs » avec des restes de tissus : déguisements improbables, vêtements de poupées ou de Barbie, accessoires plus ou moins utiles… et au lycée je me suis vraiment mise à la couture pour moi : robes, jupes, top…

A l’époque mon processus créatif était le suivant : passage chez Eurodif, craquage sur un tissu, puis craquage sur un patron, tentative d’association des deux, et c’est ainsi que je me suis retrouvée à coudre une jupe portefeuille en vichy jaune qui pique, ou une robe dos nu bleu turquoise avec des pois de tailles et couleurs différentes.

Mon bac en poche, j’ai déménagé et installé mes quartiers d’étudiante dans une chambre de bonne dans laquelle je n’avais plus de place pour coudre. J’ai donc commencé à rationaliser mes achats de tissu, ou du moins à diminuer le nombre de mes craquages. Autant te dire que ces bonnes résolutions sont parties en fumée le jour où je me suis installée en colocation avec une amie juste en face d’un magasin de tissu. 10 ans plus tard, ça y est, j’ai enfin fini d’utiliser les coupons de tissu achetés à cette époque.

Je n’ai commencé à me pencher sérieusement sur ma manière de coudre qu’il y a quelques années en découvrant le Wearability Project. Je n’ai pas mis en place un tel projet de façon aussi structurée dans ma garde-robe et mon placard à tissus, mais il m’a permis de commencer à me poser les bonnes questions.

Crédit photo (creative commons) : Mystic Art Design

Est-ce que je le porterai ?

Je rêve littéralement de robes et jupes longues et amples à taille haute. J’aime la silhouette qu’elles font, les pas dansants, le mouvement et le tombé du tissu mais… je porte peu de robes, encore moins de robes longues, et je ne porte de jupes longues qu’en été et jamais à taille haute parce qu’elles rapetissent encore plus mon buste pas très long, me donnant l’impression d’avoir les seins collés aux hanches. Bref, c’est très joli, mais non, je n’achèterai pas ces patrons.

De même, je ne porte d’imprimés qu’en blouse ou haut, très rarement en jupe ou pantalon. Exit donc les 2 mètres de jacquard à motif chatoyant pour un pantalon « parce que la photo de présentation était trop canon ».

C’est donc la première question que je me pose devant un coupon ou un patron : est-ce que cela correspond à ce que je porte habituellement ?

Est-ce que ça me va ?

En 15 ans de couture, j’ai eu le temps de tester pas mal de choses, d’autant que coudre ne m’a pas empêchée de faire du shopping entre temps. Autant dire que des formes, motifs et couleurs variés sont passés sous mon pied de biche, avec plus ou moins de succès.

J’ai fini par identifier des formes et couleurs qui me vont, d’autres qui me vont moins, et d’autres encore carrément à éviter.

Est-ce que j’ai déjà quelque chose qui y ressemble ?

La mode est souvent une histoire de recommencement, et c’est comme ça que tel patron de telle marque peut furieusement ressembler à un patron d’une autre marque sorti en même temps ou quelques années auparavant. Avant d’en acheter un je me demande donc soit si j’ai quelque chose qui ressemble et que je suis en mesure d’adapter, soit, et cela arrive, si j’ai quelque chose qui ressemble et qui dort dans un tiroir parce que je n’ai jamais pris le temps de le coudre. Si la réponse à l’une de ces questions est oui, alors je n’achète pas. 

J’applique le même raisonnement aux coupons de tissu : il m’a fallu quelques années pour arriver au bout d’une petite collection de coupons de coton unis bleu marine tous à la fois un peu similaires mais différents… autant te dire que maintenant j’évite de faire la même erreur et je commence par fouiller mon placard avant de cliquer sur « commander ».

Ces trois questions, qui peuvent paraître complètement anodines, m’ont permis avec le temps de rationaliser mes achats de couture pour moins craquer et construire peu à peu une garde-robe plus cohérente et plus adaptée à mon style de vie et à ce qui me va. Revers du miroir, elles ont fini par me rendre aussi très exigeante sur mes achats, au point parfois de chercher le mouton à cinq pattes.

Et toi ? Tu as mis en place une réflexion sur tes achats DIY ? Tu es engagée dans un processus de construction de garde robe cohérente ? Viens en parler en commentaires !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Colombine

Je me pose toutes ces questions quand je couds quelque chose.

C’est vraiment compliqué de se retenir de ne pas acheter plus de tissu. Pour faire du vide, j’ai fait beaucoup de furoshiki cette année : ça m’a bien éclusé une partie du stock de coupons trop petits/trop colorés/pas de la bonne texture pour faire des vêtements. De même, j’en ai utilisé une partie pour coudre des sacs à vrac, des panières, plein de choses faciles pour essayer d’éliminer le plastique de la maison.

Quant au choix de ce que je vais coudre, je sais normalement ce qui me va ou pas. Mais il arrive que je me trompe et que le succès ne soit pas au rendez-vous. Dans ce cas si c’est bien réalisé, je le donne à une association plutôt que de le laisser prendre la poussière.

le 24/01/2020 à 09h51 | Répondre

Bagsie

J’ai fini par m’astreindre à ne pas acheter de nouveau coupon tant que je n’en ai pas fini un, sinon j’avais du mal à restreindre mes achats tissus. Je ne déroge à cette règle que lorsqu’il me manque quelque chose de vraiment spécifique pour un projet précis (l’autre jour il m’a fallu de la gabardine pour faire un manteau par exemple).

J’ai un tiroir « recyclage » dans ma table à couture, dans lequel je mets mes petites chutes. Je les ressors quand j’ai besoin d’un petit coupon pour faire une doublure, des lingettes, des panières…

Et pour ce qui est de savoir ce qui me va, j’avoue que trois grossesses ont bien impacté ma morphologie, donc il me faut toujours un petit moment de réflexion avant de savoir si ce patron m’ira ou non. Et si ça ne me va pas, Emmaüs ou association, pareil.

le 24/01/2020 à 10h04 | Répondre

Vee

En te lisant je me rends compte que je n’achète presque jamais de coupons, parce que pour éviter de craquer sur tous les tissus, depuis quelques années je ne mets plus un pied au magasin sans avoir un projet précis en tête, ça aide bien ! Après souvent aussi les coupons sont trop petits pour ce que je fais (surtout des vêtements d’époque, des manteaux et des robes donc il faut quelques mètres généralement), c’est peut-être aussi pour ça.
Ce qui me frustre aussi c’est qu’autant on peut trouver des habits un peu durables, made in France ou en coton bio, autant pour les tissus je trouve que c’est difficile de connaître leur provenance, souvent l’étiquette est pas très bavarde et du coup je ne sais pas trop comment faire pour « consommer » mieux mes tissus…

le 24/01/2020 à 10h39 | Répondre

Bagsie

J’essaie aussi d’aller dans les magasins avec un projet précis en tête, mais je me suis rendu compte qu’en fait de ça, j’arrivais avec un projet précis, et mon coupon finissait par servir à autre chose. J’y vais plutôt maintenant en me disant « je m’autorise un ou deux craquages, mais pour le reste, il me faudrait de quoi faire X blouses, robes, jupes, pantalons… »

Et je te rejoins assez sur l’origine des tissus. Cela commence à bouger, mais on a relativement peu d’informations.

le 24/01/2020 à 10h55 | Répondre

Madame Fleur

J’ai comme toi beaucoup craqué lors de mes débuts en couture (ce qui n’est pas si vieux non plus). Du coup, au moment de mon déménagement, j’ai fais un énorme tri pour savoir ce que j’avais et ce qu’il me restait.
Du coup maintenant, j’ai des projets pour chaque tissu dans mon stock (va juste falloir attendre la fin de grossesse pour coudre tout ça). Pour les tissus qui en fait ne me plaisent plus, je vais participer à un vide atelier ou les mettre sur le site internet vide-atelier. Pareil pour les patrons, si je l’ai cousu et qu’il ne m’allait pas, je le revends.
Pour les choses cousues qui finalement ne vont pas, je recycle, les boutons et fermetures si vraiment c’est pas top et j’utilise le tissu pour autre chose.
Je n’avais pas pensé à les donner mais c’est en effet une bonne idée.

le 24/01/2020 à 10h50 | Répondre

Bagsie

Je ne connaissais pas le site vide-atelier. Je note !

le 24/01/2020 à 10h56 | Répondre

Colombine

Je ne connaissais pas non plus ! Merci beaucoup !

le 24/01/2020 à 13h11 | Répondre

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