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A la une / témoignage

Comment je vis le confinement

Aujourd’hui, je ne vais pas faire dans l’originalité et t’expliquer comment je vis le confinement dans les conditions où je suis actuellement en terme de travail, de logement et de personnalité bien sûr.

Crédit photo (creative commons) : Ri_Ya

L’entrée dans le confinement

J’ai déjà expliqué sur ce blog mon caractère très anxieux. J’ai vu avec beaucoup d’inquiétude la situation empirer très vite en Italie puis en France, et les derniers jours avant le confinement, et les premiers jours ensuite ont été très difficiles pour moi. Comme beaucoup, je me suis sentie dépassée par les événements, inquiète de ne pas voir de limite à l’aggravation de l’épidémie, et dans l’inconnu par rapport à la situation économique future.

Au niveau personnel, je ne savais pas comment j’allais pouvoir travailler, m’occuper, j’avais bien sûr peur qu’un de mes proches tombe malade. Finalement, ce qui m’angoissait le plus dans cette situation, c’était l’inconnu. Au fur et à mesure, les interrogations que j’avais se sont amoindries et j’ai mis en place une certaine routine « rassurante », au niveau du travail et de la vie personnelle.

Travailler pendant le confinement

Comme tu as pu déjà le lire ici, je suis chercheur en biologie. Je ne travaille pas du tout sur les virus, et en ce moment la plupart des laboratoires publics (hors recherche sur le coronavirus) sont fermés. Le confinement implique donc que je ne peux pas me rendre sur mon lieu de travail, et que je ne peux pas assurer toute la partie technique que je fais normalement.

En effet, d’habitude, une partie de mon travail consiste à répondre à des hypothèses scientifiques en les vérifiant dans des modèles expérimentaux, ce qui implique par exemple la culture de cellules adaptées qu’on va traiter avec un médicament ou un agent extérieur qui va modifier leur comportement, et ensuite analyser cette réponse. Ce type d’expérimentation se fait dans des enceintes spécifiques avec un matériel tout aussi particulier qu’il est très difficile d’amener chez soi !

Heureusement, ces expériences ne constituent pas la totalité de mon travail, et pour le moment, j’arrive à travailler de chez moi sur d’autres choses : l’écriture d’une synthèse de la littérature sur un de mes sujets de recherche, des analyses qui se font sur ordinateur et des réunions et formations en ligne.

Je m’efforce de garder au maximum un rythme de travail normal : je commence mes journées entre 8h30 et 9h, je fais une vraie pause déjeuner d’une heure et j’arrête de travailler vers 18h et je ne touche plus à l’ordinateur ensuite. Dans mon métier, les gens sont plutôt habitués à travailler en partie de chez eux, mais pour moi ça a toujours été très difficile de travailler quand je ne suis pas dans l’environnement « normal ». Mes collègues et l’ambiance de travail me manquent et j’ai hâte de pouvoir retourner au laboratoire ! Ceci dit, je prends mon mal en patience et je profite de pouvoir avancer sur certaines choses, en gardant à l’esprit que j’ai la chance de pouvoir continuer à travailler à la maison quand beaucoup de gens se retrouvent au chômage forcé.

Vivre au quotidien pendant le confinement

Je vis en ville, dans un appartement assez grand avec un minuscule balcon. Nous sommes deux dans l’appartement, avec mon copain qui continue à se rendre sur son lieu de travail un ou deux jours par semaine. Et nous avons un chat qui est ravi d’avoir autant d’attentions ces jours-ci !

Je suis une personne plutôt introvertie et ce n’est pas trop compliqué pour moi de ne pas voir du monde, je serais plus embêtée si j’étais obligée de rester dans une foule H24… C’est un peu difficile de ne pas voir ma famille, mais pour l’instant j’arrive à me consoler en me disant qu’au moins tout le monde est en bonne santé, et que le temps passera vite jusqu’à nos retrouvailles.

Ce qui me manque le plus c’est de ne pas pouvoir être dehors, je rêve d’une balade à la plage ou en forêt ou même juste de pouvoir jardiner (mes plantes sur le balcon sont chouchoutées mais ce n’est pas pareil…). Sur ce dernier point, c’est en plus une question de mauvais timing car nous devons déménager dans quelques mois dans la maison dans laquelle nous faisons des travaux, qui possède une grande terrasse et un jardin.

Heureusement, je trouve aussi beaucoup de côtés positifs dans le confinement : mon côté introverti fait que finalement, je suis dans ma zone de confort en restant chez moi et en choisissant mes activités. J’ai la chance de vivre en couple, ne plus être dans le stress du quotidien nous fait beaucoup de bien et en même temps l’appartement est assez grand pour que nous puissions nous isoler quand le besoin s’en fait sentir.

Je profite aussi d’avoir le temps de ranger et nettoyer, de lire, regarder des séries (ça faisait une éternité que je n’avais pas suivi de série par manque de temps). Je passe du temps sur mon balcon qui est exposé plein sud, et je profite des journées de soleil que nous avons en ce moment. Je suis au maximum une certaine routine quotidienne avec des horaires fixes de travail, un peu de ménage pendant la pause déjeuner, repas du midi et/ou goûter sur le balcon, une séance de sport ou de yoga en fin d’après-midi et détente en soirée avec un livre, une série ou une émission. Je fais aussi régulièrement des appels vidéos aux amis et collègues, et je suis en contact presque quotidien avec ma famille. Je descends les poubelles et vais voir le courrier pour continuer un peu d’exercice (j’habite au 4ème étage et il n’y a pas d’ascenseur dans mon immeuble). Je sors au minimum à l’extérieur, deux fois par semaine pour acheter du pain et aller chercher une commande de produits locaux. Mon conjoint s’occupe d’aller faire les courses au supermarché une fois par semaine. Comme beaucoup, j’étais assez stressée de comment allait se passer l’approvisionnement des magasins et l’organisation, mais finalement tout se passe bien et je continue à cuisiner de la même façon qu’avant.

Surmonter le stress de la période

Comme je le disais dans la première partie de mon article, j’ai été très stressée par le développement fulgurant de la maladie, en Europe et dans le monde entier finalement. Je le suis toujours : les cas continuent d’augmenter de manière exponentielle, et je suis très inquiète de la situation en Afrique et en Amérique du Sud où les infrastructures de santé sont très limitées et où le confinement ne sera pas possible…

Plus personnellement, nos grands-parents sont âgés et nos parents ont déjà eu des problèmes de santé les incluant dans les personnes à risque. Les dernières informations laissent penser que même si les personnes âgées sont les plus touchées, personne n’est potentiellement épargné par les formes graves. Malgré cela, j’essaie de ne pas angoisser plus que de raison (c’est finalement un très bon exercice) car ça ne change malheureusement rien à la situation. C’est peut-être égoïste, mais pendant cette période j’essaie de rester au maximum dans ma bulle : je ne regarde plus les informations, je fuis les réseaux sociaux ou les conversations entre amis qui ne tournent qu’autour de ce sujet. Pour l’instant, ça marche plutôt bien et j’arrive à être à peu près sereine. On en reparlera dans quelques jours ou semaines si le confinement se poursuit !

Et toi ? Comment vis-tu le confinement ? Peux-tu travailler ? Arrives-tu à t’occuper ? J’ai hâte de pouvoir échanger avec toi à ce sujet !

A propos de l’auteur

Trentenaire pleine de contradictions, je suis une scientifique qui adore lire et créer. Je viens te parler ici de mes lubies, mon métier et mes expériences de vie !

10 Commentaires

  • Maye
    11 avril 2020 at 8 h 04 min

    Bonjour ! Si je peux me permettre une question, pourquoi n’es-tu pas plutôt « chercheuse en biologie » ? La terminaison masculine alors que tu genre ton texte au féminin m’interpelle.

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    • Rosa Evril
      11 avril 2020 at 15 h 48 min

      Merci pour ton commentaire, à vrai dire pour moi il s’agit plutôt d’un mot neutre comme médecin mais en effet on peut dire chercheuse ou même chercheure si on veut !

      Reply
  • Madame Colombe
    11 avril 2020 at 9 h 51 min

    Bonjour Rosa. Merci pour votre chronique, et félicitations pour la façon dont vous gérez tout cela. Il n’y a pas de recette miracle, d’autant qu’on ne sait pas combien de temps cela va durer.

    Mais le fait de mettre en place une routine quotidienne est une bonne chose. Je suis en télétravail depuis le début du confinement, notre direction ayant été extrêmement réactive face à cette situation inédite. Alors bien sûr, il y a des moments où le moral décline un peu, mais comme vous, je liste les points positifs de ma situation, et ils sont nombreux.
    En revanche, je suis inquiète pour mes parents qui sont âgés, et pour les personnes vulnérables d’une manière générale ( SDF, personnes âgées ou isolées).
    Ce serait bien que vous fassiez une suite à cette chronique, je vous lirai avec intérêt.
    Bien à vous.

    Reply
    • Rosa Evril
      11 avril 2020 at 15 h 49 min

      Merci beaucoup pour votre commentaire et partage d’expérience. Si le confinement se poursuit pendant longtemps, j’aurais sans doute envie de m’exprimer de nouveau !

      Reply
  • Rusalka
    11 avril 2020 at 11 h 51 min

    Merci pour ce témoignage !
    Je ne suis pas de nature très anxieuse, mais je travaille avec une équipe qui l’est énormément. Cette équipe a fait rejaillir sur mooi une dose d’inquiétude extraordinaire le vendredi avant l’annonce du confinement, j’ai donc passé un horrible week-end, et les 2-3 jours qui ont suivi aussi.
    Puis j’ai décidé de me couper des fils d’actu anxiogènes, de mettre moi aussi en place une routine de télétravail à horaires fixes. Ca m’a fait beaucoup de bien !
    Je manque juste d’activité sportive, faire le tour de la maison et aller cherche le courrier, ce n’est pas folichon. Il faudrait vraiment que j’arrive à inclure un peu de gym/yoga dans ma routine.
    Bon courage pour les jours/semaines à venir !

    Reply
    • Rosa Evril
      11 avril 2020 at 15 h 51 min

      Merci pour ton commentaire ! Concernant le sport j’ai commencé seule mais j’avais du mal à trouver la motivation, j’en fais maintenant avec des vidéos soit gym direct sur la 8 (en replay) soit sur internet. Ce n’est pas évident de se motiver seule !

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  • Madame Fleur
    11 avril 2020 at 13 h 16 min

    J’ai eu quelques moments pas folichons (notamment avec quelques mauvaises nouvelles), mais globalement je ne me sens pas très angoissée. En revanche, on a pas encore réussi à mettre en route une quelconque routine (pas facile avec un nouveau né et l’aînée de presque 3 ans). Du coup chez nous c’est un peu au jour le jour et ça crée quelques tensions parfois dans le couple.
    Mais comme toi je vais essayer de me centrer sur les côtés positifs.

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    • Rosa Evril
      11 avril 2020 at 15 h 53 min

      Merci pour ton commentaire ! Tout d’abord félicitations pour la naissance et je suis désolée pour les mauvaises nouvelles. Sinon, c’est bien normal de ne pas réussir à trouver ses marques tout de suite après un évènement aussi important que la naissance d’un enfant, confinement ou pas d’ailleurs.

      Reply
  • Sarah
    11 avril 2020 at 15 h 52 min

    Merco pour ton retour, c’est toujours intéressant de voir comment les autres vivent ces moments particuliers.
    De mon côté j’avoue avoir été plus dans le déni pendant très longtemps, que dans la peur. On avait un voyage prévu en Sicile pour Pâques et alors que tous les signes étaient au rouge, mi mars je pensais encore qu’on pourrait y aller.
    Vu ce qu’il se passait en Chine et en Italie, je pensais que le gouvernement avait pu anticiper si jamais on se retrouvait dans la même situation … Je trouvais qu’on faisait beaucoup de bruit pour une maladie dont le meilleur moyen de protection est de respecter les gestes barrières.
    Et quand ma boite nous a tous mis en télétravail 1 semaine avant le confinement officiel pour suspicion de cas dans la boite, je trouvais ça exagéré mais plutôt chouette parce qu’au moins je n’avais plus le temps de trajet à faire.
    Puis très vite le virus est arrivé dans ma région, et les hôpitaux se sont retrouvés saturés. Et là j’ai capté que c’était pas cool du tout mais n’étant pas à risque et ayant depuis un moment fait la paix avec le fait de devoir mourir un jour, ça ne m’inquiète pas trop, si c’est mon tour c’est comme ça, c’est la vie.
    Et surtout quand je compare à d’autres pays, je nous trouve vachement chanceux. On n’a qu’à se barricader chez nous et attendre que ça passe.
    Bref, chez moi ça ne change pas grand chose à ma vie, mes parents et ma famille font très attention donc je ne crains pas pour eux non plus. J’étais très casanière donc ma routine n’a que très peu changée.
    Et par contre déjà que je suivait beaucoup les infos avant, là c’est pire. J’ai besoin de lire tous les articles et de recouper toutes les info de plusieurs sources, même étrangères car déjà vu le nombre de fake news à la minute sur internet ça fait peur (et encore plus le nombre de personne qui y croient) et deuxio c’est dans ces moment là qu’il est important de comprendre le jeu des politiques pour savoir à qui faire « confiance », qui fait de la récupération politique, qui fait volontairement de la désintox … cette crise comptera pour beaucoup pour les prochaines présidentielles donc c’est important pour moi d’avoir un œil très critique sur ce qu’il se passe en ce moment.
    Dans tous les cas, bon courage à toi !

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    • Rosa Evril
      13 avril 2020 at 18 h 00 min

      Merci pour ton commentaire et bon courage à toi aussi !
      J’avoue que j’ai été dans le déni pendant un bon moment aussi, même en tant que scientifique. J’avais l’impression que c’était plus les médias qui faisaient en sorte qu’on ait peur plutôt qu’une inquiétude réelle à avoir. C’est la vitesse de propagation en Italie qui m’a fait me rendre compte du fait que ça touchait tout le monde et que la mortalité était plus élevée que pour une « simple » grippe.
      Et je te rejoins sur le fait qu’on est très chanceux. Pour les personnes les plus démunies qui ont l’habitude de vivre au jour le jour cette situation est dramatique.
      Si tu veux je serais intéressée pour lire tes conclusions au niveau politique sur cette crise, pour ma part je n’ai pas et je ne pense pas que j’aurai assez de recul sur la situation pour en conclure quelque chose.

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