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Comment réagir quand on pense qu’un enfant est maltraité ?


Publié le 12 novembre 2014 par Leaureine

Faire face à la maltraitance d’un enfant, cela peut nous arriver à tous. Un petit voisin, un enfant qu’on voit passer chaque jour à la boulangerie, les camarades de tes enfants, ceux que tu gardes, ceux à qui tu enseignes, à qui tu donnes des cours de danse…

La maltraitance à l’égard des enfants existe, elle est réelle, et ne doit pas être niée. Pour que chaque enfant puisse être protégé, il faut que chaque adulte soit en capacité de savoir quoi faire lorsqu’il est témoin de maltraitances sur un enfant.

Qu’entend-on par maltraitance ?

La maltraitance est un concept très large. Elle englobe différentes dimensions :

La maltraitance physique

C’est celle que l’on connait et que l’on « voit » le plus. Il s’agit d’agressions, de coups physiques portés à la personne, en l’occurrence à l’enfant.

La maltraitance psychologique

C’est une maltraitance insidieuse, difficile à démontrer et à prouver. Il s’agit de comportements dégradants, déstabilisants et profondément destructeurs à l’égard de l’enfant. Ce sont des petites phrases assassines, un parent qui rabaisse systématiquement son enfant, qui lui parle toujours de manière négative ou qui ne fait absolument pas cas de son enfant.

La maltraitance sexuelle

Il s’agit des cas d’agressions ou de violences sexuelles sur un enfant, dont font partie les attouchements, les viols, mais également les propos à caractère sexuel expressément prononcés à l’égard de l’enfant, ou encore les comportements sexualisés de l’adulte vers l’enfant (on parle de milieu de vie incestuel).

La négligence grave

La négligence grave est une maltraitance reconnue à l’égard des enfants. Il s’agit des cas où l’enfant n’est pas nourri correctement, n’a pas un rythme de vie qui lui est adapté, n’est pas correctement habillé et chaussé, ne reçoit pas les soins nécessaires…

vieil ours en peluche abîmé

Crédits photo (creative commons) : Frank Jacobi

Comment agir ?

Tu as des inquiétudes à l’égard d’un enfant, parce qu’il a des bleus, parce qu’il semble craintif à ton approche, parce qu’il tient des propos inquiétants par exemple. Tu te dis que tu ne peux pas juger ce que vit cet enfant alors que tu ne l’as vu qu’une ou deux fois, et tu crains ce qui pourrait se passer si tu décides de « faire quelque chose » pour cet enfant…

Mais ne vaut-il pas mieux « faire quelque chose » et se tromper que de ne rien faire et de laisser passer une situation dramatique ?

Lorsque tu soupçonnes une maltraitance sur un enfant, ou que tu t’inquiètes pour des enfants, il n’y a qu’une chose à faire : appeler le numéro national de protection des mineurs, le 119, qu’on appelle également « Allô enfance maltraitée ». C’est un numéro gratuit.

A l’autre bout du fil se trouvent des professionnels de l’écoute, engagés dans chaque département à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP). Il s’agit d’un dispositif départemental qui va recueillir tous les appels et tous les courriers faisant état d’inquiétudes ou d’informations préoccupantes à l’égard d’enfants.

Ces professionnels vont te demander si tu souhaites décliner ton identité, ou si tu souhaites rester anonyme. C’est ton droit. Toi seule peut décider si tu souhaites ou non que l’on sache d’où vient l’information. Ils vont recueillir ton témoignage, avec le plus de détails possibles, et notamment les nom, prénom, et éventuellement adresse de l’enfant. Puis, à la fin de votre conversation, tu raccrocheras ton téléphone.

Oui, mais après ?

Une fois que tu as raccroché, l’information ne s’arrête pas là. Les écoutants du 119 vont transmettre les éléments à l’Aide Sociale à l’Enfance du Conseil Général concerné. L’ASE va recevoir ce Recueil d’Informations Préoccupantes, et en fonction du lieu d’habitation de l’enfant, va se mettre en lien avec le service social de secteur. L’ASE va mandater l’assistante de service social de secteur pour effectuer une enquête sociale au sein de la famille, et évaluer le danger pour l’enfant.

L’assistante de service social, souvent en binôme, va se déplacer à plusieurs reprises au domicile pour rencontrer parents et enfants, et évoquer les éventuels dangers ou dysfonctionnements. Elle va également rencontrer l’ensemble des intervenants autour de l’enfant : école, club de sports … Tous les éléments que va recueillir l’assistante de service social vont lui permettre de dresser un portrait de la situation et éventuellement de proposer une aide à la famille.

Ces démarches peuvent prendre du temps, mais cela peut aussi aller très vite. Si la maltraitance ou la négligence grave sont avérées et immédiatement repérées par les professionnels, l’ASS, sous couvert de sa hiérarchie, contacte en urgence le procureur de la République, qui peut ordonner une Ordonnance de Placement Provisoire dans les minutes qui suivent, afin de protéger immédiatement les mineurs en danger.

Dans ce cas, l’enfant est confié, temporairement avant une décision judiciaire, aux services de l’Aide Sociale à l’Enfance, en famille d’accueil ou en foyer.

Une fois de plus, mieux vaut s’inquiéter pour rien, se tromper sur une situation, que de ne rien faire par peur du qu’en-dira-t-on ou des représailles. Les enfants victimes de maltraitance ne peuvent souvent pas dire ce qu’ils vivent au quotidien, et ne savent parfois même pas qu’une autre façon de vivre est possible.

Certains parents, en grande difficulté avec leurs enfants, ne savent plus agir autrement qu’en maltraitant leurs enfants, parfois parce qu’eux-mêmes ont été élevés « comme ça »… En interpellant les professionnels adéquats, tu peux aider ces enfants, les protéger, leur offrir la possibilité de dire ce qu’ils vivent au quotidien.

En cas d’inquiétudes pour des enfants, un seul geste à faire : décroche ton téléphone et appelle le 119 !

Commentaires

5   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marina

Très bonne idée cet article, merci ! C’est effectivement un dispositif efficace, ce n’est pas un gadget..

le 12/11/2014 à 19h52 | Répondre

Madame Médicis

Merci pour tout ce que tu partages avec nous c’est instructif et même capital comme ici. J’ai le souvenir qu’en primaire on nous expliquait ce qu’un adulte avait le droit de faire ou non à l’égard des enfants et franchement je crois que c’est utile. Ca permet aux enfants maltraités d’avoir conscience que quelque chose ne va pas. Cette prise de conscience est capitale pour les cas de maltraitance invisible, c’est la première étape pour qu’ils osent parler.

le 13/11/2014 à 09h59 | Répondre

Tomasini

Bonjour

Je n’ai pas eu la chance de connaître cette sensibilisation durant mon enfance !
Et j’en aurais eu besoin
En effet, jai ete maltraitée physiquement et psychologiquement !
Personne m’a aidé ! Pourtant tout les voisins entendaient voyaient ma souffrance !!
Aujourd’hui j’ai presque 20ans cela fait presque trois ans que je ne suis plus dans les bras de mes parents ! Et pourtant les souffrances sont toujours la !
Le traumatisme est la ! Et à guérir cela est bien compliqué !

Alors continue à sensibiliser ceci est important !
Quand on est jeune nous sommes naïf et nous prenons exemples sur nos parents donc se qu’ils peuvent nous faire nous partait « normal »

le 26/03/2017 à 20h09 | Répondre

SANDRINE

Bonjour,

j’ai déjà appelé ce numéro, et sans preuve claire malheureusement ils ne font rien du tout. Les conseils ne sont pas adéquats non plus. C’est difficile d’intervenir lorsqu’on remarque des choses ! Malheureusement, on peut difficilement aider ses enfants.

le 05/10/2017 à 20h13 | Répondre

F.B

Bonjour,

Bien que l’article soit important, je rejoins le fait que sans preuve il est difficil d’agir. Je me trouve d’ailleurs dans cette situation en ce moment meme.
Une maman de 4 enfants qui néglige littérallement l’un d’entre eux : celui qui est handicapé.
A sa façon de marcher (jambes a moitié recroquevillés quand il est debout) et pour parler on voit qu’ils a des problémes au niveau physique et pour communiquer.
Je sais qu’il est epuisant de s’occuper d’un enfant handicapé. Et qu’on ne peut pas etre a 100% au top.
Mais voila 3 heures que je le vois appellé sa mere ainsi que les amiesnde celle ci. Toutes l’ignores. Elles ne repondent pas. Peut etre a t’il faim/soif ou veut de l’aide pour allez au toilette ?
Comment le savoir vue qu’elles l’ignore.
Trois heures a le voir tenter desesperement qu’on le regarde, qu’on lui parle, réponde.
Sans compter que personne ne l’aide a remonter son pantalon qui descend et rend sa marche encore plus difficile.
Voir sa mere ejecter sa main si il la touche, la voir lui dire de degager pour que les autres enfants viennent pres d’elle. La voir lui crier dessus sans prendre le temps de lui expliquer les choses calmement..
Quand ils ont finis par tous partir, je pensais qu’elle l’aiderait a marcher.
Mais elle lui donnait juste la main, sans appuis réel, le trainant et le tirant… elle marchait si vite qu’il ne suivait pas le rythme.

Alors oui d’accord, appeller le 119 c’est bien.
Mais cette scène s’est passée dans un aéroport. Dans une ville à l’opposé d’ou je vie. Je ne connais ni leur nom/prénom/adresse… et mise à part ce que j’ai vue, je n’ai pas de preuve.

Donc mise a part un sentiment de culpabilité…

le 01/11/2017 à 17h12 | Répondre

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