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Mes 10 livres préférés de toute ma vie


Publié le 16 mars 2018 par Kitsuné

Comme d’autres chroniqueuses, j’aime lire, que dis-je, j’ADORE lire, je lis tout le temps, partout, je vis pour lire, pour ainsi dire.

Je me souviens de tous les livres que j’ai lus, mais tous ne sont pas bons, loin de là. Certains sont corrects, d’autres sont bien. Mais certains m’ont semblé exceptionnels et m’ont marquée à vie. Ils continuent à résonner dans ma tête, je les ai lus plein de fois, et j’ai beau les connaître presque par cœur, je voudrais les emporter sur une île déserte.

Je te propose donc de t’en parler ci-dessous. J’en ai choisi 10, de styles éclectiques, parfois anciens et parfois récents, parfois des classiques et parfois non. Surtout, il ne s’agit que de mes goûts, pas d’une vérité absolue. Alors, ces fameux petits trésors, ce sont (dans l’ordre de mon amour pour eux) …

Crédit photo : Izabela Pawlicka

Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar (1951)

Ce livre est une fausse autobiographie. Il est écrit comme si l’empereur Hadrien (qui a vécu et régné au IIe siècle après JC) écrivait ses propres mémoires. C’est un récit d’un homme sensible, passionné et courageux, qui parle d’aventure et de voyages, d’ambitions aussi, de ce que ça fait de se battre pour le pouvoir puis de l’exercer. Mais c’est aussi plein de « chair humaine », qui raconte les angoisses amoureuses, le chagrin, la solitude et toutes les sensations physiques de la vie d’un homme dans l’Antiquité.

J’ai été happé par cette lecture au lycée, car je me suis très fortement identifiée au héros, à ses états d’âmes, à ses interrogations, ses peines, ses fiertés et ses regrets. L’empereur Hadrien, en fait, c’est l’homme dont j’aurais voulu vivre la vie !

Jane Eyre, de Charlotte Brontë (1847)

C’est l’histoire d’une petite fille orpheline, maltraitée par son oncle et sa tante, placée dans un orphelinat où elle va nouer des amitiés intenses mais aussi souffrir de perdre une personne aimée. Elle va ensuite s’engager comme gouvernante de la protégée d’un homme riche et mystérieux, M. Rochester. Jane Eyre va vivre un amour douloureux, fait de trahison, d’humiliation même, de renoncement. Elle va hésiter entre la passion et la raison, vouloir être indépendante à tout prix dans cette société si patriarcale, tenter de recommencer sa vie à zéro. Mais l’amour sera plus fort que tout et l’histoire connaît une fin heureuse.

J’ai adoré ce livre étant enfant, puis je l’ai relu à l’adolescence et redécouvert récemment. Il peut se lire à tous les âges, c’est un magnifique récit de vie de femme, riche en émotions et en rebondissements. Jane Eyre, c’est un peu la femme que je suis devenue intérieurement.

La Confession d’un enfant du siècle, d’Alfred de Musset (1836)

Ce roman raconte d’histoire d’un jeune homme riche, qui vient de vivre une cruelle déception amoureuse et part se consoler à la campagne. Là, il rencontre une jeune veuve avec laquelle il se lie, et dont il tombe amoureux sans se l’avouer. Mais ils ne parviennent pas à être heureux ensemble. Ici, il est question des doutes incessants que l’on ressent quand on n’arrive pas à se projeter dans une histoire d’amour, de la sensation d’impuissance qui naît d’une relation qui n’aboutit à rien de concret, du dégoût de soi quand on se montre trop irrésolu ou paresseux. Un roman assez torturé c’est vrai, mais qui résonne de façon si exacte avec les sentiments pas toujours glorieux que l’on ressent dans la vraie vie. Les personnages, Octave et Brigitte, font comme partie de moi à présent !

Et ainsi résonne l’écho infini des montagnes, de Khaled Hosseini (2013)

C’est le récit croisé de plusieurs personnages, entre Afghanistan, Grèce, France, et Etats-Unis, des années 50 à nos jours. C’est l’histoire de deux sœurs qui s’adorent et se jalousent, dont l’une est belle et l’autre non, dont l’une capte l’attention de l’homme dont l’autre est amoureuse. C’est l’histoire d’un homme qui doit faire un choix cruel entre ses enfants, pour tenter de sauver sa famille de la misère. C’est l’histoire d’un riche monsieur pas tout-à-fait conforme aux normes sociales, qui est contraint d’épouser une femme qu’il n’aime pas. C’est l’histoire de cette femme, qui s’ennuie et se désespère d’avoir enfin un enfant. C’est l’histoire d’une jeune fille qui ne sait pas d’où elle vient, et d’une petite fille défigurée. C’est une histoire de remords perpétuels, de cruauté du destin, de volonté de protéger ceux qu’on aime, mais aussi une histoire de guerre, d’obstination, de courage, et de bonté.

C’est un livre qui m’a « habitée » pendant des semaines, et même des mois après l’avoir lu, que j’ai offert plusieurs fois depuis, et auquel je repense très souvent. Mon rêve ultime en tant qu’écrivain serait d’écrire un livre comme celui-là.

Vent d’est, vent d’ouest, de Pearl Buck (1930)

C’est le court roman d’une jeune fille chinoise dans les années 1900-1920 (on ne sait pas trop), qui épouse l’homme choisi par ses parents, et qui découvre que cet homme, tout juste rentré des États-Unis où il a fait des études de médecine, se montre très critique à l’égard des traditions et veut introduire de la modernité dans leur vie. Une histoire simple mais très émouvante, avec une héroïne à laquelle on s’identifie très facilement. J’ai presque pleuré avec elle quand elle souffre tant de devoir débander ses pieds. Mais son mari est tellement gentil après tout, qu’on lui pardonne volontiers.

Une belle histoire sur la façon dont un couple, complice et amoureux contre toute attente, construit ensemble ses propres règles de vie malgré un environnement pesant.

Le Rouge et le Noir, de Stendhal (1830)

Voilà un livre qui m’a enflammée quand j’avais 15 ans ! Le jeune Julien Sorel, fils intelligent et éduqué d’une famille très « bas du front » au fond d’un bled paumé, veut « devenir quelqu’un ». Il commence par devenir précepteur des enfants d’une riche famille, mais ce n’est pas assez. Son esprit ambitieux et romantique le pousse à séduire la femme de son patron, à essayer de se faire une place à Paris, à séduire d’autres femmes encore … pour une fois, c’est un jeune homme qui couche pour réussir, haha.

Une aventure passionnante et assez jouissive, complètement amorale d’ailleurs, pour ne pas dire cynique. Mais, derrière son arrivisme, le héros fait preuve d’une passion tellement sincère, qu’on ne peut pas en tomber (au moins un petit peu) amoureuse. Julien Sorel, le bad boy qui m’aurait fait faire des tas de conneries si je l’avais rencontré en vrai !

Orgueil et préjugés, de Jane Austen (1813)

Ha mon Dieu, ne me dis pas que tu ne connais pas l’histoire ? Je vais être obligée de te la spoiler un peu : c’est l’histoire d’une jeune fille, Elizabeth Bennet, qui est la 2e de 5 soeurs, toutes à marier, et dont la mère n’a qu’une obsession justement : marier ses filles. Elizabeth rêve de l’amour, bien sûr, mais pas à n’importe quel prix. Elle veut un mari intelligent et drôle, avec lequel elle puisse nouer une belle relation d’estime et de confiance. Mais les hommes comme ça sont rares, et la jeune fille est aussi très fière et n’accepte pas les compromissions. Ses sœurs et elle trouveront-elles un mari qui saura les combler ?

C’est un roman véritablement intemporel, dont quasiment toute l’intrigue pourrait être transposée aujourd’hui. L’héroïne est sensible, intelligente, moqueuse et n’a pas la langue dans sa poche. Ça parle d’orgueil et de préjugés, donc, mais aussi de lâcheté, de naïveté, de cupidité, de vanité, de bêtise … le tout sur un ton pince-sans-rire vraiment délicieux. Et ça finit bien !

J’ajoute aussi que c’est un des romans les plus faciles à lire en anglais.

La Guerre et la paix, de Léon Tolstoï (1865 – 1869)

C’est un très long roman, dont il est permis de sauter des pages (si, si) si on n’aime pas les descriptions de batailles napoléoniennes (comment ça, tu n’es pas fan des batailles napoléoniennes ?). Je l’ai adoré néanmoins car c’est une grande fresque familiale qui se passe en Russie vers 1810 – 1820, parmi la noblesse, avec plusieurs personnages très attachants, auxquels je me suis identifiée sans aucun mal. Il est question d’amour surtout, mais aussi de chance ou de malchance, de départ en guerre, de familles aimantes ou glaciales, d’une femme qui a peur d’accoucher, d’un homme qui regrette de s’être marié, d’une jeune fille qui aime un jeune homme trop riche pour elle, d’un père de famille trop généreux et dépensier, d’un autre père trop dur avec sa fille.

Cette foule de sentiments exacerbés et contradictoires, cette faculté qu’ont les personnages à être infidèles à leurs amours mais aussi tellement avides de bonheur, c’est l’ADN des romans de Tolstoï, et c’est ce qui rend cette saga si formidable à lire.

Une vie, de Guy de Maupassant (1883)

Un court roman un peu cynique, mais tout de même plein de sensibilité, qui fait le récit de la vie d’une femme de la petite noblesse normande, de sa sortie du couvent dans les années 1820 ou 30, à sa vieillesse dans les années 1860. L’héroïne, Jeanne, est naïve et avide d’amour. Elle se marie vite et mal, et ensuite, s’ennuie beaucoup, et connaît quelques chagrins cruels. En quelque sorte, il ne se passe rien, mais tous ses états d’âme sont décrits avec justesse, avec émotion, on ne peut pas s’empêcher de vouloir que ça se termine bien pour elle. Et ça donne aussi envie de visiter la Normandie, notamment autour d’Yport.

Jeanne, c’est celle que j’aurais pu être si je n’avais jamais lu Maupassant ! (merci Maupassant, donc).

Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé (2009)

Ce livre est un peu étrange. C’est l’histoire de trois femmes, grand-mère, mère et fille, dans un pays imaginaire d’Amérique Latine ou Centrale. Ces femmes ne sont pas riches, doivent travailler dur, et n’ont personne pour les soutenir. La plus jeune (Vera Candida) finit par quitter le village pour tenter sa chance ailleurs, mais tout ne se passe pas comme prévu. Les hommes sont souvent maltraitants voir criminels dans ce roman, et les femmes possède un courage et une force de caractère naturels et complètement contagieux. C’est un livre où il fait chaud (le seul de tous ceux que j’ai cités !), et qui emporte le lecteur sans qu’on s’en rende compte !

***

Voilà, j’espère que cette petite sélection t’a donné envie de lire ou de relire quelques romans.

Bonne lecture !

***

N. B. : Je remarque, non sans soulagement, que 5 de ces livres ont été écrits par des femmes ! Ouf , ma conscience féministe est sauve:-) (en vrai je ne l’avais pas fait exprès !). Il est vrai que les femmes auteures sont moins nombreuses, dans l’ensemble. Mais il faut croire que leur sensibilité me parle davantage, proportionnellement.

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Sarah (voir son site)

J’ai lu Une Vie récemment et ce roman m’a vraiment chamboulé. Au final ce livre dépeint la vie de beaucoup d’entre nous aujourd’hui, mariage, enfants… l’ennuie. la vie. Bref, tout ce dont je ne veux pas être ni devenir 🙂
Le rouge et le noir est aussi un beau classique (qui se passe par chez moi … 😉 ) et outre les lieux connus décrits dans ce roman j’ai aussi beaucoup aimé ces relations tortueuses.
Dans le même style j’ai adoré Les Liaisons dangereuses!

le 16/03/2018 à 08h19 | Répondre

Viviane

Heureusement on ne vit plus tout à fait comme Jeanne ! Je viens de relire une vie (pour la centième fois ?) et l’auteur de la préface émet l’idée que Maupassant a fait tomber toutes les catastrophes possibles sur la tête de Jeanne parce qu’il a mis 6 ans à écrire son livre et qu’il n’a jamais passé tant de temps avec une femme ! Mais c’est un très beau livre sur la condition féminine de l’époque.
Tu devrais adorer les Hauts de Hurlevent et en littérature féminine contemporaine je recommande Laura Kasichke (tout, mon préféré étant peut-être « en un monde parfait ».

le 18/03/2018 à 19h37 | Répondre

Lana

Vu ce que tu as l’air d’aimer, si ce n’est déjà fait, tu devrais lire Lady Chatterley de Lawrence 😉 Bonne lecture ! Et merci pour cette sélection 🙂

le 16/03/2018 à 10h42 | Répondre

Elo (voir son site)

Merci pour cette sélection! Je pense que je serais incapable de lister comme toi mes 10 livres préférés… je pense que cela dépend beaucoup de la période pendant laquelle je les ai lus. Bien sûr j’en ai parcouru certains plusieurs fois mais je trouve que les lister par ordre de préférence est un exercice très difficile! J’adore Maupassant! J’ai beaucoup aimé Une vie, comme toi (je pense que je l’ai lu deux fois), Pierre et Jean et (surtout) Le Horla. Je ne suis pas très Stendhal, j’ai lu le Rouge et le Noir mais sans grande passion… Il faudrait peut-être que je m’y replonge. Je suis plus Zola ou Balzac que Stendhal je crois (pour ce qui est des classiques). Concernant la littérature actuelle, j’aime beaucoup David Foenkinos, Amélie Nothomb (j’ai adoré Ni d’Eve ni d’Adam par exemple) et je suis une inconditionnelle de Douglas Kennedy. Et pour le style roman policier, je pense que j’ai lu pratiquement tous les Agatha Christie. Bref, j’adore lire même si malheureusement en ce moment j’ai un peu moins le temps de le faire!

le 16/03/2018 à 11h29 | Répondre

Béré

Merci pour cet article !
je vais me les mettre dans ma liste à lire sur la liseuse !
On dirait que parmi tes lectures marquantes beaucoup datent de ton adolescence !

Difficile de faire cet exercice , mais si je mets toute ma vie de lectrice en perspective, en me fixant comme critère un livre dont je me souviens encore de l’engouement, j’y mettrais :
la vie devant soi / emile Ajar
treize à la douzaine / ernestine et franck Gilbreth
La lecture d’une biographie de la reine Elizabeth 1ere au CM2 m’a aussi complètement absorbée et sans doute donner un goût prononcé pour le romain historique ! (mais impossible de retrouver les références de ce livre que j’avais à l’époque emprunté à la bibliothèque de l’école.
du coup le suivant :
Les pilliers de la Terre ken Follet (et tout le reste de KEN FOLLET !) et toutes les suites des milliers de pages …

ce sont mes ouvrages marquants de ma sélection à moi !

le 16/03/2018 à 12h02 | Répondre

konan

Merci pour cet article. En réalité c’est un stimulant pour nous replonger dans la lecture « des belles lettres ». Seulement je déploie votre carence en romans classiques des auteurs africains francophones.
Parlant de féminisme, une oeuvre comme « Une si longue lettre » de la Sénégalais Mariam Bâ vous apprendra beaucoup de la condition de la femme africaine francophone en substance. Aussi, voudrais je vous amener à lire « verre cassé  » d’Alain Mabanckou et « Climbié » de Bernard Binlin Dadié…. Moi j’ai beaucoup aimé  » Le petit prince » de Saint Expery…et « la gloire de mon père  » merci encore

le 17/03/2018 à 00h41 | Répondre

Claude (voir son site)

Bonjour. Quelle bonne idée de partager cette liste. Difficile de départager mes livres préférés.
J’adore Jane Austen et les auteurs anglo-saxons en général comme Wallace Stegner, R. Wilkie Collins, Joyce Carol Oates. Les auteurs Anita Nair, Chitra Bannerjee (Inde) Uzma Khan et tellement d’autres … sont de bons auteurs. Sans oublier Zola, Jean d’Ormesson …la liste est longue.

le 17/03/2018 à 08h52 | Répondre

MmeExpat

Merci pour cette sélection. Tu m’as donné envie de lire le roman de Pearl Buck, je viens de le commander ! 😉

le 17/03/2018 à 09h40 | Répondre

petitsruisseauxgrandesrivieres (voir son site)

Je partage ton avis pour Orgueil et Préjugés, Vent d’Est vent d’Ouest, une Vie, Jane Eyre… de grands romans que l’on oublie pas.
Tu me donnes envie de découvrir Mémoires d’Hadrien, qui m’avait toujours semblé rébarbatif ! Il prend la poussière dans ma bibliothèque 🙂

Les romans qui m’ont le plus marquée sont Siddartha d’Hermann Hesse, Amok de Zweig, plusieurs Gide et Mauriac, la trilogie du Vent de soir de Jean d’Ormesson…

le 17/03/2018 à 16h08 | Répondre

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