Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

30 ans plus tard


Publié le 3 avril 2019 par Mélimélanie

Récemment j’ai fêté mes trente ans. Un cap,… que dis-je une péninsule (pardon je m’emballe).

Donc je te disais avoir récemment atteint cette âge présenté comme l’âge de tous les possibles dans nos très chères séries américaines.

On te présente la trentaine comme l’âge de la liberté, celui ou tu es un adulte capable de s’assumer seul. Tu as l’argent, les amis, un travail. Tout le loisir de construire ta carrière et ta vie personnelle.

En bref, le bel âge.

Oui mais…

Ce n’est qu’une vision télévisuelle. J’en pense quoi de l’adulte que je suis moi?

Et la Mélimélanie enfant? Quel serait son regard sur la personne que je suis devenue?

Crédit photo : photosforyou (CreativeCommons)

Les aspirations de mini Mélimélanie

Je n’ai pas aimé mon enfance. Clairement ce n’est pas une partie de ma vie dont je suis nostalgique. Je me suis donc très vite projetée dans ma vie d’adulte, ce que je voulais faire, ce que je voulais accomplir, qui je serais.

Quand j’avais 6 ans lors de la traditionnelle question de « Que veux tu faire plus tard » j’ai répondu : « Polytechnique pour devenir ingénieur en informatique ». Véridique.

Bon mon père a fait un parcours similaire ce qui expliquait mes connaissances dans le sujet.

Et alors trente ans après?

Et ba check! Je suis bien ingénieur en informatique. Bon je n’ai pas fait Polytechnique mais c’est uniquement parce que le sport et moi ça fait deux 😉 (non sans déconner un trekking de plusieurs heures en forêt avec un sac énorme sur le dos ils ont craqué ou c’est moi?…).

Je voulais me marier tôt (comme mes parents) et avoir deux filles rapprochées (on ne sent pas du tout l’influence du schéma familiale…)

Chek aussi! Mariée a 25 ans et doublement maman avant mes 30 ans. Et je mesure ma chance d’avoir trouvé l’homme de ma vie si tôt et de pouvoir avoir pu faire mes enfants assez facilement. Au final c’est la projection de moi que je pouvais le moins contrôler et pourtant celle qui me permet de me sentir le plus à l’aise dans ma vie… paradoxale non?

Je voulais avoir un animal de compagnie. J’en avais été privée toute mon enfance parce que ce n’était vraiment pas le truc des mes parents et qu’en plus mon père est allergique. De préférence un chat ou un lapin!

Check: j’ai une magnifique paupiette féline que j’ai récupéré dans un refuge il y a 5 ans maintenant. Elle est pénible et ultra attachante mais je suis vraiment heureuse de l’avoir eu à un moment ou on avait toutes les deux besoin d’aide.

Et la femme que je voulais être?

Forte, indépendante, honnête, juste.

Je ne voulais pas avoir a écraser pour réussir : je me suis toujours tenue à cette ligne directrice et j’en suis fière.

Je suis contre le mensonge et la manipulation : on me reproche mon honnêteté donc c’est que je ne dois pas être trop mal.

Je voulais être capable de prendre soin de moi sans personne : encore une fois une des choses qui blesse le plus mon entourage. Je n’ai besoin de rien ni de personne. A part mes fils qui sont une partie de moi je suis capable de tout lâcher sans me retourner. J’aime Monsieur Génial plus que tout mais il me reproche souvent d’avoir l’impression de n’être qu’accessoire dans ma vie. C’est faux bien entendu, c’est l’amour de ma vie, bien évidemment il est important… mais si un jour (je ne nous le souhaite pas) ça ne fonctionnait plus entre nous je suis en capacité de tout faire sans lui.

Et forte alors?

Crédit photo : stux (CreativeCommons)

J’ai essuyé des ouragans. J’ai vécu des choses difficiles. J’ai su tenir dans des situations ou on pensait me voir céder facilement. Du harcèlement, des maladies chroniques, des imprévus de la vie… je m’en suis sortie (souvent sans aide) toujours grandie. Donc on pourrait dire que je suis forte mais…

Et puis l’hypersensibilité

J’avais déjà commencé à écrire cet article quand je suis tombée par l’intermédiaire d’une amie sur les réseaux sociaux sur un article du Huffington Post sur l’hypersensibilité au quotidien.

Et cette article m’a mis une claque. Chaque mot, chaque phrase, chaque ressenti je m’y suis retrouvée.

Mon dégoût de l’humanité, ma relation avec ma famille, toutes ces petites réflexions que j’ai eu dans le monde du travail récemment sur mon hyper-réactivité (que je ne peux plus continuer à ignorer…).

L’hypersensibilité enfant je m’y faisais. On pouvait mettre ça sur une certaine immaturité. Une jeunesse impétueuse.

Et maintenant à 30 ans? J’en fais quoi de cette hypersensibilité?

Quand moi je trouve ça normal de m’énerver quand on me fait perdre plus d’une semaine de travail sur trois mois parce que « oups on a oublié de te prévenir de cette modification, ba trouve une solution de contournement si ça te bloque. Nous on ne te fourni pas la correction avant un mois ».

Parce que ces gens qui utilisent ce qu’ils ont vécu pour se comporter comme des enfoirés sous prétexte qu’ils ont vécu d’après eux pire que toi sans même te connaître (big up certaines femmes dans le monde du travail qui estiment que comme elles en ont bavé à l’époque c’est normal de te mettre des bâtons dans les roues) me font vriller.

Et oui j’aime chanter à tue tête dans ma voiture quand il fait beau parce que ça me rend heureuse et que je pourrais faire des câlins à tout le monde.

Autant profiter de mes excès de joie (je revois mon collègue abasourdi parce que j’étais un peu trop contente -de son point de vue- d’avoir des endives braisées à la cantine) étant donné que mes excès de peine peuvent être déclenchés en 10 secondes par tout et rien.

Je suis la fille qui chante à tue tête des chants de Noël et qui se met à pleurer en voyant la première phrase du livre de l’Etranger de Camus.

Celle qui ne va pas savoir gérer les shoots d’amour de son entourage qui la bouleversent tellement qu’elle veut s’enfuir sur une île déserte.

Celle qui se met dans une rage noir parce que les automobilistes ne pratiquent pas la règle d’une voiture/une voiture en cas de rétrécissement de voie.

Celle qui rigole d’une blague et qui va la minute d’après avoir le souffle coupé par un élément qui lui a rappelé un souvenir douloureux.

Celle qui n’oublie rien, qui ressasse, qui claque les portes, qui coupe les ponts, qui souffre avec toi, qui donne tout (qui donne trop), qui l’ouvre trop, qui aime trop fort, qui déteste trop vite, qui pleurs pour un rien, qui chante ses bonheurs.

Et je déteste ça.

J’espérais voir partir cette hypersensibilité avec l’âge. Mais je dois reconnaître qu’elle est toujours là et bien là.

J’ai commencé à apprendre à la maîtriser (je ne frappe plus les gens et j’arrive de mieux en mieux à contrôler mes larmes pour pleurer quelques minutes après histoire de le faire dans un endroit moins exposé).

Mais ça fait partie de moi.

Alors mon prochain défit sur cette dizaine c’est d’essayer d’apprendre à vivre avec. Pour en faire une force plutôt qu’une faiblesse.

 

A dans dix ans?

Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

Caroline (voir son site)

je me reconnais tellement dans ce que tu décris. mon mari aussi aimerait que je sois plus « dépendante » de lui 🙂 et ces émotions en montagnes russes, c’est difficile à gérer. Il y a une chose que je réalise depuis qq temps, et je m’informe sur le sujet, c’est aussi l’importance de notre cycle de femme. En observant bien,on peut dénoter que nous traversons des émotions différentes au cours de notre cycle et souvent similaires à chaque fois. Le connaitre ca aide aussi a l’accepter!

le 03/04/2019 à 08h47 | Répondre

Mélimélanie

J’avoue qu’étant sous hormones je ne me préoccupe pas trop de mon cycle. Je considère que la prise de la pilule limite quand même ce genre de changement d’humeur. Et malheureusement je suis toujours aussi susceptible peu importe le moment de mon cycle 😀

le 09/04/2019 à 07h28 | Répondre

Colombine

Contrairement à toi, j’ai adoré mon enfance et je n’avais pas forcément envie de grandir/vieillir. Je n’avais d’ailleurs pas vraiment d’attentes particulières. Je voulais faire mon métier de rêve (bibliothécaire) et être mariée et pas forcément avoir d’enfant. Et à 30 ans, mon métier était dû au hasard et cela ne faisait que 18 mois que j’étais avec Mon Chéri, ma plus longue relation. Bref, pas l’extase et j’ai assez mal vécu ce passage à la trentaine.

Là je vais avoir 40 ans et les choses me semblent plus simples : mon métier dû au hasard me correspond finalement très bien et j’ai envie d’y évoluer, je suis mariée. Et si je n’ai pas encore d’enfant, la famille que nous formons avec Belle-Fille est plus que je n’aurais espéré.

Et pour ma part, ce n’est pas l’hypersensibilité mais le stress qui me pourri la vie : ta phrase « Alors mon prochain défit sur cette dizaine c’est d’essayer d’apprendre à vivre avec » me parle beaucoup !

le 03/04/2019 à 10h53 | Répondre

Mélimélanie

Quand j’en parle autour de moi je réalise qu’avoir détesté son enfance n’est effectivement pas la norme (et c’est pas plus mal).

J’avoue me dire que j’ai énormément de chance de pouvoir en être là a 30 ans. Mon travail, ma famille, ma maison, mes amis. Parfois je me demande si je ne vais pas violemment me prendre un revers. Ma vie n’est pas parfaite. Il y a des hauts et des bas. Mais le bonheur qu’elle m’apporte est tellement élevée que j’ai peur de ce qu’on pourrait me reprendre.

Je te souhaite de réussir ton challenge de gestion de stress pour cette prochaine dizaine. Si tu as un coup de mou tu sais que tu peux venir m’en parler ;-). qu’on s’aide entre « challengeuse »

le 09/04/2019 à 07h35 | Répondre

El

Indépendance et sens aigu de la justice ? Hum… ton article m’a parlé, jusqu’à ce que je lise le mot qui explique beaucoup : hypersensibilité. Comme toi, je suis hypersensible. Pas encore la trentaine, je l’ai compris très récemment. Comme toi, je travaille dans un monde d’hommes pas toujours très compréhensifs (« oh, elle est trop sensible, il faut qu’elle s’endurcisse… »)
Et tout comme toi, j’essaie d’apprivoiser ces émotions hyper présentes, car au delà de mettre des difficultés sur notre manière de vivre les choses au quotidien… c’est une FORCE ! (dieu merci, tu l’évoques aussi par cette phrase en fin d’article).

Oui, nous sommes de celles qui peuvent nous émouvoir d’un soleil qui décline, entre les immeubles, sur le chemin du retour à la maison.
Oui, nous sommes de celles qui sont capables d’écouter, de saisir, de capter les signaux faibles de nos collègues.
Oui, nous vivons les petits bonheurs puissance 10 – et c’est AUSSI une vraie chance de pouvoir kiffer la vie à ce point !

Dans ton cheminement, je te recommande le livre « Hypersensibles, mieux se comprendre » d’Elaine Aaron. Un cadeau à soi-même pour mieux s’apprivoiser 🙂 (c’est mon livre thérapie du moment – même si je déteste ce terme)

Je salue ton big up à ces femmes qui nous font payer leurs difficultés passées, au lieu de tendre la main…

Belle prochaine décennie à toi ! (cela se sent, tu le mérites)

le 03/04/2019 à 13h46 | Répondre

Mélimélanie

Ton message m’a énormément touché! Merci!

Je prend bien note du livre que tu me conseilles!

Je te souhaite un très beau passage à la trentaine et que tu continues à vivre tous ces petits bonheurs du quotidien avec aucun d’intensité!

le 09/04/2019 à 07h37 | Répondre

Doupiou

Moi aussi j’ai très bien vécu mon enfance ! Contrairement à toi j’avais beaucoup de mal à me projeter à la trentaine. Du coup je suis assez surprise de rentrer dans ma dernière année de vingtaine en étant déjà mariée, doublement maman et propriétaire !

le 04/04/2019 à 13h38 | Répondre

Mélimélanie

Heureusement il est plus fréquent de bien vivre son enfance que l’inverse!

Tu as été surprise dans le bon sens alors! Tu es prête pour la trentaine épanouie!

le 09/04/2019 à 08h03 | Répondre

Virg

Je me retrouve bien dans toutes tes réactions, pourtant, j’appelle ça être entière et je le vis très bien. Je ne vois pas où est le mal. Seulement en vieillissant, mes réactions sont les mêmes mais moins violentes. Surtout, je me force toujours à verbaliser ce que je ressens : je suis choquée, je suis heureuse, c’est super beau ce ciel tu as vu ? Ça m’énerve, je suis en colère, fatiguée, dépitée, déçue, vexée, etc. La palette des adjectifs est suffisamment grande. Je te le conseille, les autres le vivent mieux 😉

le 05/04/2019 à 09h48 | Répondre

Mélimélanie

Le problème c’est que mes réactions ne sont pas moins violentes avec l’âge (je dirais même qu’elle s’empire maintenant que je sais que ce n’est pas juste de l’immaturité).
Et même en verbalisant beaucoup les autres ne comprennent pas forcément beaucoup mieux pourquoi je « sur-réagit » comme ça. Même si je suis capable de donner pleins d’arguments et d’adjectifs sur les raisons de mon état.

le 09/04/2019 à 08h07 | Répondre

Virg

Non mais ils ne font aucun effort pour comprendre aussi ! 😜

le 09/04/2019 à 09h15 | Répondre

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