Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

A mon moi d’il y a 10 ans


Publié le 28 mai 2018 par Rigel

Chère moi,

Nous sommes en 2008. Tu as un peu plus de vingt ans, et tu ne penses pas encore à l’après. La page de l’enfance, tu l’as tourné il y a longtemps, celle de l’adolescence un peu moins. Tu as quitté sans regret les couettes de petite fille, et avec un peu plus de tristesse les jeux dans les arbres. Tu as laissé derrière toi l’acné, et les heures passées dans la cour du lycée à juger sévèrement les garçons. Tu as grandi (enfin, pas trop quand même, depuis tes 15 ans, tu culmines à 1,60m), et alors que tu es étudiante, tu ne sais pas trop de quoi demain sera fait. Je vais te raconter.

Tu vas finir tes études. Tu laisseras des gens derrière toi, finalement, ils ne comptaient pas tant que ça. Et tu vas rencontrer de supers amis.Tu as la tête dans le guidon, et tu ne vois en ces personnes que tu côtoies au quotidien que des bons potes pour papoter et faire la fête. Mais certains resteront. Vous ne vous verrez pas aussi souvent que vous le souhaitez, dans le futur, mais ils seront là pour les moments importants. Quand vous vous verrez, une fois par an au maximum, ça sera comme si vous vous étiez quittés la veille. Et ça, c’est le vrai signe de l’amitié.

Côté look, je sais que tu te dis sans arrêt que tu seras chic quand tu seras trentenaire. Scoop ! Même 10 ans après, tu n’aimes toujours pas porter des talons et des jolies robes. Tu t’habilles toujours avec l’incontournable jean-baskets. Oui. Et tu ne prends toujours pas le temps de te maquiller, parce que tu finis toujours par frotter tes yeux et ressembler à un panda en fin de journée. Tu as fait couper tes longs cheveux qui t’arrivaient au bas du dos. Ils étaient tout cassés de toute façon. Mais tu te les attaches toujours en queue de cheval, ou en chignon-vrac avec un crayon. Tu tiens toujours plus de Fifi Brindacier que de Bree Van de Kamp. Le chic, ça sera peut-être pour la prochaine décennie !

Crédit photo : PublicDomainArchive

Tu auras du mal à trouver ton premier travail. Tu vas galérer pendant 6 mois, mais finalement, tu réussiras. En plus, on te proposera deux emplois, simultanément. Et tu devras décider entre les deux : sécurité ou intérêt. Ta hantise. Choisir ! Ne t’inquiètes pas, tu feras un très bon choix. Et tu sais quoi ? Tu te paieras le luxe de démissionner pour un autre emploi ! Parce que tu as compris que c’est du gagnant-gagnant, et que si un patron te fait la faveur de t’embaucher, tu lui accordes l’honneur de travailler pour lui.

Tu croiras avoir trouvé l’amour, il partagera ta vie pendant quelque temps. Et tu auras un gros chagrin. Il te réduira le cœur en miettes et tu auras perdu pas mal d’illusions. Et puis, tu en rencontreras un autre, beau, intelligent, et avec qui tout sera simple. Tu te rendras compte qu’en fait, l’autre n’en valait pas la peine. Vraiment pas. Et tu n’en sauras que mieux apprécier la valeur de celui à qui tu diras oui, dans six ans. Parce que oui, tu te marieras ! C’est fou, hein ?

Tu voyageras. Tu choisiras les destinations, les programmes. Tu te rendras compte que les pires galères finissent par faire les meilleurs souvenirs. Tu prendras un coup de vieux quand tu te rendras compte que ton passeport est déjà périmé. Tu reviendras en France, de lointains pays, avec la certitude qu’on est bien à la maison. Qu’on a de la chance d’être là où on est. Et tu te diras malgré tout que c’est triste de devoir faire des milliers de kilomètres pour savoir apprécier ce qu’on a ici. Mais tu sauras que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, et tu te le répèteras les jours où tu as envie de tout plaquer.

Tu vas avoir des enfants. Oui, DES ! Deux exactement. Pour le moment. Et probablement pour toujours, mais je ne sais pas. Ça te fait peur, n’est-ce-pas ? Cette responsabilité qui te tombe dessus, le jour où tu n’es plus uniquement en charge de toi-même. Ils seront beaux, et tu seras capable de tout pour eux. Est-ce qu’ils seront bien élevés ? Je ne peux pas encore te le dire, il faudrait qu’on en reparle dans vingt ans.

Crédit photo : Atlantios

Chère moi d’il y a 10 ans, je voudrais te dire que tu n’auras pas de larmes, que tes dix prochaines années seront un long fleuve tranquille plutôt qu’un torrent au printemps. Que tu n’auras pas de moments de doutes, et que ta vie ne sera que joie. Que tu ne perdras pas des gens qui te sont chers. Je te mentirai si je te disais ça.

Ce que tu dois savoir, c’est que tu dois être indulgente avec toi-même. Dans 10 ans, tu commenceras à te trouver belle. Oui, tu auras des rides et du gras en plus. Mais tu t’en moqueras presque. Enfin, surtout des rides, le gras, tu lutteras contre. L’avis des autres ? Il comptera toujours, mais uniquement de la part de ceux qui comptent pour toi. Dans 10 ans, tu auras enfin à peu près confiance en toi, et tu sauras que peu de tes choix sont définitifs. Tu oseras essayer, et que tu auras moins peur de te tromper.

Chère moi d’il y a 10 ans, il faut que tu saches… Lève la tête et souris. N’aie pas peur. Tout va bien se passer parce que tout doit bien se passer. Pour les 10 prochaines années, et probablement pour les suivantes.

Et toi, qu’est ce que tu aurais envie de dire à la personne que tu étais il y a 10 ans ?

Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

La comtesse bleue (voir son site)

Chouette chemin parcouru ! C’est drôle parce que je m’étais dit pareil pour les jeans/baskets/maquillage/robe ! Rien n’avais changé jusqu’à petit Miracle mais la tendance s’inverse trèèèès lentement, alors la décennie suivante sera-t-elle celle du chic ?

le 28/05/2018 à 10h40 | Répondre

Rigel

Je me donne 3-4 décennies, le temps que la mode décide que le chic c’est jean baskets et pas de maquillage !

le 28/05/2018 à 18h43 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai écris il y a quelques années un texte sur le site « future me ». Et dans les grandes lignes je pense qu’il ressemble au tien 😊 mais à l’inverse.
J’ai repensé à ce que j’avais écris ça m’a fait sourire et émue aussi.

le 28/05/2018 à 16h50 | Répondre

Rigel

J’espère que tu préfères ton « toi actuel » 🙂 Je pense qu’on est toutes mieux qu’hier et moins bien que demain !

le 28/05/2018 à 18h50 | Répondre

Madame Colombe

J’aime beaucoup votre article et votre formule: « toutes mieux qu’hier et moins bien que demain »!!

Il y a dix ans, je me faisais une montagne de tout un tas de choses. Et finalement, l’impact a été moindre.

Aujourd’hui ( à presque 40 ans) je prends énormément de recul. La vie est trop courte après tout.

Merci pour cet article. Je me demande si la Mme Colombe d’aujourd’hui ne va pas écrire à la Mlle Colombe lycéenne d’il y a 20 ans. Cela pourrait être drôle.

le 29/05/2018 à 12h18 | Répondre

Rigel

C’est un bon exercice parce que quand on a la tête dans le guidon, on ne se rend pas (ou plus) forcément compte du chemin parcouru. Et en fait… on se débrouille bien ! J’écrirai peut être à mon « moi » de dans 10 ans 🙂

le 29/05/2018 à 18h55 | Répondre

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